Kronen Zeitung

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La Kronen Zeitung, aussi connue sous le nom de Krone est le plus important (en termes de tirage) quotidien d'information autrichien. Selon une étude de l'Österreichische Media-Analyse, parue en 2007, le nombre journalier moyen de lecteurs est de 2 970 000, ce qui correspond à 43,8 % de tous les lecteurs de journaux du pays[1]. Selon le Österreichische Auflagenkontrolle (ÖAK), le tirage dépassait le million d'exemplaires quotidiens le premier semestre 2004. Elle est caractérisée par la simplicité de sa langue et la brièveté de ses articles, ce qui montre bien qu'elle vise à conquérir le public le plus populaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le premier numéro de la Kronen Zeitung parut le 2 janvier 1900. L'ancien officier Gustav Davis, en est considéré comme le fondateur. Le titre ne rendait pas hommage à la monarchie, mais faisait allusion au prix d'achat : une couronne par mois. Ce prix bon marché avait été rendu possible par l'abolition du droit de timbre sur les journaux le 31 décembre 1899.

Le journal subsista tant bien que mal pendant trois ans jusqu'à ce que le reportage sur « L'assassinat du roi à Belgrade » eût été un événement dans la presse, valant au journal une popularité énorme. La Krone se fit connaître pour ses romans-feuilletons faciles à lire. Elle passe également pour avoir inventé l'art de fidéliser le lecteur grâce à des jeux de chasse au trésor. En 1906 pour la première fois le tirage dépassa 100 000 exemplaires. Franz Lehár écrivit une valse en l'honneur du dix-millième numéro le 27 novembre 1927.

Sa mise au pas par les nazis et sa suppression le 31 août 1944 parurent sceller le destin de la Kronen Zeitung.

Résurrection de la Krone[modifier | modifier le code]

En 1959, le journaliste autrichien Hans Dichand, jusque là le rédacteur en chef du Zeitung Kurier acheta les droits sur le titre Kronen Zeitung et ressuscita le quotidien sous l'appellation de Neue Kronen Zeitung.

Au début des années soixante Fritz Molden envisagea d'acheter la couronne. La Credit Anstalt lui refusa cependant les fonds nécessaires, comme l'écrit Hans Dichand dans ses mémoires.

À ce jour, le financement de la reprise de l'exploitation du journal n'est pas entièrement élucidé. Un politicien très influent du Parti social-démocrate d'Autriche, Franz Olah, alors vice-président de la Confédération autrichienne des syndicats (ÖGB), mit en relations l'homme d'affaires allemand Ferdinand Karpik avec Dichand, pour un partage à 50 pour cent du journal. Aux côtés de Dichand l'investisseur allemand plaça un spécialiste de la publicité nommé Kurt Falk (qui devait devenir éditeur du plus important hebdomadaire d'Autriche, l'Autriche, Die ganze Woche). La Krone connut un développement rapide pour devenir bientôt le journal autrichien le plus lu.

Au milieu des années 1960, l'ÖGB augmenta brusquement ses prétentions sur la propriété du Krone. La Confédération accusa l'ancien vice-président d'avoir détourné des fonds du syndicat pour acheter le journal, en utilisant l'investisseur allemand comme homme de paille. Le journal répondit par une campagne de dénigrement envers le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ), considérée comme la première campagne du journal ayant réussi. Un procès a suivi, opposant le journal et la confédération, et qui a duré plusieurs années. L'ÖGB a finalement trouvé un accord en laissant une compensation de 11 millions de schillings, et Kurt Falk reprit les 50 pour cent de Ferdinand Karpik.

Kurt Falk quitta le journal après une long lutte avec Dichand dans les 1980. Il vend ses parts au groupe allemand de médias WAZ, proche du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). En 1989, Hans Mahr, conseiller de Dichand depuis 1983, devient directeur.

Méthodes utilisées[modifier | modifier le code]

Après son rétablissement, le Krone a utilisé des méthodes particulières contre la compétition.

  • Kurt Falk est considéré comme l'inventeur de la « Sonntagsstandln », des sacs en plastique contenant l'édition dominicale, fixés sur des poteaux dans les rues par un petit boîtier. Mettre la somme d'argent nécessaire dans ledit boitier met le journal à disposition de l'acheteur. Cela permet de vendre le journal le dimanche alors que la plupart des magasins du pays sont fermés. Cette idée, d'abord tournée en dérision par la concurrence, est très populaire aujourd'hui.
  • En 1963, Kurt Falk passe un accord avec le concurrent Kleines Volksblatt, afin que les deux journaux passent du petit format au grand format. La Kleines Volksblatt passe effectivement en grand format, mais pas la Krone, qui y gagne 40 000 nouveaux lecteurs.
  • En 1970, Falk et Dichand achète le tabloïd Express, et le ferme ensuite.
  • En 1972, l'une des plus importante imprimerie autrichienne, la Pressehaus, est vendue à la banque BAWAG (qui a alors des liens étroits avec l'ÖGB). La Krone menace alors de construire sa propre imprimerie et force la BAWAG de lui vendre cette acquisition.
  • En 1995, la Krone poursuit le journal viennois Falter, pour plusieurs millions de schillings, l'accusant d'avoir voilé la législation sur la concurrence dans l'organisation d'un jeu. Le Falter échappe à peine à la ruine financière. La Krone est soupçonnée d'avoir voulu couler son concurrent en raison de sa couverture critique à son égard. Au sein du Conseil national autrichien, le Vert Karl Öllinger parle d'une atteinte à la liberté de la presse.
  • Après la diffusion par la chaîne franco-allemande Arte du documentaire critique Krone, l'Autriche entre les lignes (Kronen Zeitung – Tag für Tag ein Boulevardstück), la chaîne disparaît des pages télévision du Krone. La chaîne nationale ORF n'a pas diffusé pas le programme, probablement pour éviter un conflit. Toutefois, quand la chaîne autrichienne privée ATV+ le diffuse, aucune action n'est menée de la part du journal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Rundfunk und Telekom Regulierungs-GmbH, Ergebnis der Erhebung der Reichweiten und Versorgungsgrade gemäß § 11 PrTV-G, mars 2007