Kouzma Petrov-Vodkine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Petrov.

Kouzma Sergueïevitch Petrov-Vodkine

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

autoportrait février 1918

Nom de naissance Кузьма Сергеевич Петров-Водкин
Naissance 1878
Empire russe
Khvalynsk (oblast de Saratov
Décès 1939
URSS
Leningrad
Nationalité russe
Activités Peintre
Autres activités professeur
Formation École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou
Mouvement artistique symbolisme russe
Influencé par Matisse, Art byzantin

Œuvres réputées

Cheval rouge au bain


Kouzma Sergueïevitch Petrov-Vodkine (en russe : Кузьма Сергеевич Петров-Водкин) est un peintre, graphiste et décorateur de théâtre russe puis soviétique né à Khvalynsk (oblast de Saratov) en 1878 et mort à Léningrad en 1939.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petrov-Vodkine a réalisé des scènes de genre, des portraits (dont celui d'Anna Akhmatova), des natures mortes, des paysages. Il étudie à l'école de peinture et de dessin F. E. Bourov à Samara de 1893 à 1895, à l'école de dessin technique du baron A.L. Stieglitz de Saint-Pétersbourg de 1895 à 1897, à l'École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou de 1897 à 1905, puis encore à l'atelier d'Azbe à Munich en 1901 et dans des académies privées parisiennes parmi lesquelles l'Académie Colarossi de 1905 à 1908. Il voyage en Italie, en Grèce, en France et en Afrique, et participe à son retour à des expositions à partir de 1906 : celles de Mir Iskousstva, Salon d'automne et de la Section d'Or. À partir de 1907, il participe au mouvement des symbolistes de «Rose bleue (groupe d'artistes)». Il expose (avec un autre nouveau-venu, Robert Falk) lors du deuxième salon organisé par la Toison d'or en 1909.

Il devient le premier président de l'association des peintres de Léningrad en 1932, puis député du Conseil des députés pour les ouvriers paysans et soldats de l'Armée rouge. Petrov-Vodkine fut également représentant émérite des arts de la RSFSR[1].

Kuzma petrov-vodkin, jeunes filles sur la Volga, 1915

Œuvre[modifier | modifier le code]

Certains tableaux de Kouzma Petrov-Vodkine ont un caractère religieux, c'est le cas de : La Madone de la Compassion qui touche le cœur des plus mauvais de 1914-1915, Musée russe, Saint-Pétersbourg. D'autres comme : La Mère ou Petrograd. 1918 traitent de sujets laics mais n'en sont pas moins empreints de spiritualité[2]. Ainsi que l'a dit John Milner : son enthousiasme pour les œuvres de Matisse et des cubistes fit place à son admiration pour l'art traditionnel des icônes et le résultat fut une série de peintures où la puissance et la précision des icônes s'allient à un caractère narratif prononcé[3]. Il est le créateur du mouvement symboliste à Pétrograd où il enseigna.

Petrov-Vodkine était très imprégné de l'influence de ses maîtres : Masaccio, Giovanni Bellini , Piero della Francesca, Arnold Böcklin , Puvis de Chavannes. Ses tableaux de visages féminins, se reconnaissent à la forme des visages empruntée à la Renaissance italienne. Ses garçons qui jouent rappellent par l'étirement de leurs corps l'expressionisme allemand. Le Bain du cheval rouge rappelle Matisse par l'absence de relief et l'éclat des couleurs. Selon l'historienne d'art Valentine Marcadé, Petrov-Vodkine, malgré sa technique picturale excellente, n'a pas vraiment pu se dégager des influences et faire œuvre personnelle au sein d'un univers propre[4]. Certaines de ses toiles ont un contenu religieux (comme « Vierge de compassion qui touche les cœurs des plus mauvais » (1914—1915)). D'autres, des motifs laïcs, emprunts de spiritualité (comme la mère ou 1918 à Petrograd )[5]. Cheval rouge au bain (1912) est une de ses œuvres les plus ouvertement symboliste[6]. Ses natures mortes telles que nature morte matinale (1918) se démarquent de la production de l'époque. Il proclamait volontiers « la nouvelle vision des choses se marque par l'absence de lignes horizontales et verticales ». Dans nature morte matinale la tension de la composition vient du recours à un espace incliné. La « perspective sphérique » l'emporte[7].


Les garçons qui jouent (1911) illustrent par l'utilisation de la couleur en aplat l'influence de l'art byzantin et de Matisse. Le peintre partage avec ce dernier un sentiment panthéiste de la nature et aussi le secret de la combinaison des bleus et des verts. Ce tableau illustre encore la construction de ses œuvres fondée sur un fond en courbe doucement ascendante derrière des personnages, comme suspendus dans l'espace. Cette construction devint, après lui, une constante de l'art russe[8]. Petrov-Vodkine laisse également une œuvre littéraire dont Samarkandia, Khlynovsk et Espace d'Euclide entre autres[9].


Petrov-Vodkine joua un rôle important dans l'histoire de la peinture moderne russe. Devenu maître de l'académie de dessin de Leningrad après la révolution, il contribua à former les goûts des peintres soviétiques de la première génération

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue,la Russie à l'Avant-Garde 1900-1935, Europalia. Russie, biographies:Galina Krétchina
  2. Peter Leek, La peinture russe, édition Parkstone p. 103
  3. John Milner, A dictionary of Russian and Soviets artists 1420-1970.
  4. Valentine Marcadé, Le renouveau de l'art pictural russe 1863-1914, édition L'âge d'homme, Lausanne 1971,p. 171
  5. Peter Leek, La peinture russe du XVIIIe siècle au XXe siècle édition Parkstone, 1999 p. 103 (ISBN 1-85995-356-5)
  6. Peter Leek, op. cit. p. 105
  7. Peter Leek, op. cit. p. 143
  8. Camilla Gray, L'avant-garde russe dans l'art moderne 1863-1922, éditions Thames et Hudson, Paris 2003, p. 91 (ISBN 2-87811-218-0)
  9. Les collections russes, d'une révolution à l'autre, Christina Burrus, Editions du Chêne

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :