Korowai

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Korowai

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Un homme korowai.

Populations significatives par région
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 2 868 (2010)
Autres
Régions d’origine

Nouvelle-Guinée

Langues

Korowai

Les Korowai, aussi appelés Kolufaup, sont une population du sud-est de la province indonésienne Papouasie en Nouvelle-Guinée occidentale. Leur nombre est estimé à environ 2 868 (2010). Ils vivent dans la région de la côte méridionale, au nord de Boma et à l'est de Senggo, dans le kabupaten de Merauke. Ils étaient entièrement reclus du monde jusque dans les années 1970. Seuls quelques individus sont alphabétisés.

Langue[modifier | modifier le code]

Leur langue appartient au groupe awyu-dumut de la famille des langues de Trans-Nouvelle Guinée. Une grammaire et un dictionnaire ont été produits par un missionnaire et linguiste néerlandais.

Société[modifier | modifier le code]

Habitat[modifier | modifier le code]

Maison korowai

La majorité des clans korowai vit dans des maisons de bois, bambou et feuilles, construites à la cime des arbres.les clairiaires autour sont rasee dans le but de voir l'ennemi arriver et pour éviter de se faire surprendre par un serpent ou un sanglier

Un clan, établi dans une clairière, peut construire d’une à cinq maisons à une hauteur moyenne de huit à douze mètres. Certaines maisons peuvent se nicher jusqu’à 40 mètres de haut.

La construction d’une maison dans les arbres s’effectue en choisissant un arbre vigoureux (des Banyan ou des Wanbom ) pour constituer un pilier central. Travaillant à partir d'échafaudages temporaire autour de l'arbre, le plancher est alors assemblé en s’appuyant sur plusieurs arbres secondaires ou des branches maitresses. La structure du plancher est composée de petits rondins assemblés avec des lianes de rotin puis recouvert d'écorce de sagoutier. Les murs sont constitués d’écorce ou de feuillages tressés. Le toit est recouvert de palme. Les maisons perchées ont un plan rectangulaire, compartimenté sommairement en deux ou trois pièces, dont au moins une est réservée aux femmes. Chaque espace dispose se son propre foyer. Afin de ne pas risquer de voir le feu se propager à la maison, les foyers sont déposés sur une structure en branche recouverte d’argile et suspendue au-dessus du vide avec des liens en osiers, facile à trancher en cas de problèmes.

Les matériaux nécessaires à la construction des maisons sont prélevés dans l’environnement immédiat, la zone est déforestée et élargie sur un cercle de quelques dizaines à une centaine de mètre, afin de rendre visible toute arrivée d’intrus. Cet espace est sommairement utilisé pour faire pousser quelques fruits ou légumes, mais sans culture organisée. On accède aux maisons par un petit tronc, aisément rétractable, entaillé d’encoches qui sert d'échelle.

Les maisons sont construites en un ou deux jours et durent 3 à 5 ans. Une nouvelle maison est construite dans la même clairière lorsque le clan s’agrandit et tant que la forêt environnante subvient aux besoins alimentaires des familles présentes. Quand le nombre de sagoutiers diminue, le clan recherche un emplacement plus prolifique dans leur territoire de chasse et reconstruisent des huttes perchées. La durée de vie des maisons constitue la référence calendaire essentielle des Korowai. La vie s’écoule en comptant le nombre de maisons habitées.

En langue Korowai ces maisons se nomment "chem" (ou kchaim). Les maisons longues construites au niveau du sol, à l’occasion des fête sont des cha-le (ou khaü)


Depuis 1980, certains se sont établis dans des villages nouvellement construits par le gouvernement indonésien, ce qui les éloigne de leurs traditions et les rapproche de la civilisation moderne.

Structures sociales[modifier | modifier le code]

La patrilinéarité est la structure de base de l'organisation sociale, économique et politique. Dans la société korowai, des liens du type lévirat existent. Le modèle du mariage est celui de l'exogamie et la polygynie est pratiquée.

Bien qu'égalitaire à la base, l'organisation sociale au sein des clans, est en fait dominée par l'homme le plus charismatique et physiquement le plus fort. Il n'existe pas d'organisation au dessus du clan composé de quelques familles vivant sur le même lieu.

Des rixes entre clans apparaissent principalement en raison de mauvais sorts jetés sur un individus ou une communauté et justifiés par des actes de sorcellerie. La conjuration des maléfices pouvait conduire à des pratiques d' anthropophagie.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Les Korowai pratiquent l'animisme et vénèrent particulièrement l'esprit des ancêtres. L'esprit créateur, Ginol Silamtena, ne revêt cependant pas un rôle important dans leur vie quotidienne.

Un clan Korowai doit organiser de temps en temps une fête rituelle autour d'un banquet à base de larves de capricorne qui se développent dans les troncs de palmiers sagoutier abattus. L'origine de ces pratiques était de stimuler la prospérité et la fertilité. En période de trouble, ils sacrifient aux esprits des ancêtres des cochons domestiqués.

Les Korowai sont dotés d'une riche tradition orale. Avec respect pour la mort et l'au-delà, ils croient en l'existence d'un type réciproque de réincarnation : ceux qui meurent peuvent être renvoyés n'importe quand dans le monde des vivants, par leurs parents dans le monde de la mort, dans le but d'être réincarné dans un nouveau-né de leur propre clan.

Cannibalisme[modifier | modifier le code]

Il a été rapporté que les Korowai ont pratiqué l'anthropophagie jusqu'à une période récente. Cependant, des anthropologues pensent qu'ils ne pratiquent plus le cannibalisme, les clans ayant eu des contacts fréquents avec les étrangers, et que cela ferait maintenant partie de leur folklore et non plus de leurs pratiques. Le rituel voulait que ceux qui étaient considérés comme « possédés » par un khakhua (docteur sorcier secret) soient torturés, tués puis mangés. Ce rituel aurait été pratiqué uniquement par les hommes.

Économie[modifier | modifier le code]

Les Korowai sont des chasseurs-cueilleurs et pratiquent un peu d'[horticulture]] en agriculture itinérante. Ce sont par ailleurs d'excellents chasseurs et pêcheurs. Leur alimentation de base en féculents provient du palmier sagoutier et les protéines, des insectes collectés dans la forêt et surtout des larves de capricornes Qui se retrouve dans les souches des sagoutier coupés

Certains individus ont lancé depuis le début des années 1990 des excursions touristiques dans la région des Korowai, leur procurant ainsi des revenus.

Contact avec les Occidentaux

À la fin des années 1970, des missionnaires néerlandais auraient vécu parmi les Korowai. Les Korowai ont toutefois longtemps résisté à la conversion religieuse, les premiers convertis au christianisme ayant été baptisés à la fin des années 1990. En 2003, une petite équipe de traducteurs de la Bible, membres de SIL International, s'établit à Yaniruma.

En 2006, des Australiens tournent un documentaire à leur sujet. En 2009, c'est l'émission Rendez-vous en terre inconnue produite par France Télévisions qui envoie la chanteuse Zazie vivre quelques jours dans un clan traditionnel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]