Korneï Tchoukovski

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Portait de Korneï Tchoukovski par Ilia Repine (1910).

Korneï Ivanovitch Tchoukovski (en russe : Корне́й Ива́нович Чуко́вский), né Nikolaï Vassilievitch Korneïtchoukov (Никола́й Васи́льевич Корнейчуко́в) le 19 mars du calendrier julien / à Saint-Pétersbourg et mort le à Moscou, était un journaliste, poète, critique littéraire, traducteur et professeur de littérature russe, plutôt célèbre comme auteur de poèmes pour enfants, et père du fameux Docteur Aïbolit. Il a reçu le Prix Lénine en 1962 pour ses études critiques sur Nikolaï Nekrassov.

Biographie[modifier | modifier le code]

Korneï Tchoukovski (à droite) et Boris Pasternak (à gauche) au premier congrès des écrivains soviétique en 1934.

Issu d'une famille pauvre, Korneï[1] Tchoukovski débute comme journaliste à Odessa, ensuite comme correspondant du Odesskie novosti (Les Nouvelles d'Odessa) à Londres de 1903 à 1905, puis rédacteur du journal satirique Signal et critique littéraire. Sur le conseil de Maxime Gorki, il se lance dans l'écriture pour enfants en 1916 et publie son premier livre pour enfants en 1921.

Il est le père de Lydia Tchoukovskaïa (1907-1996).

La littérature pour enfants n'échappe pas aux débats idéologiques de l'époque. Le , le poème Crocodile essuya les foudres de la Pravda : la veuve de Lénine, Nadejda Kroupskaia fustigeait l'écrivain et son célèbre poème en des termes brutaux : « Au lieu d'un récit sur la vie des crocodiles, [les enfants] entendront un galimatias incroyable sur le sujet ». Tchoukovski fut accusé de « représenter le peuple de façon extrêmement haineuse » et de faire la propagande de « la voie bourgeoise[2] ».

Les aventures du Docteur Aïbolit ("Aïejémal") et de ses bêtes sauvages sont encore largement diffusées en Russie, sous forme de livres ou de dessins animés. Elles constituent le substrat culturel de tous les Soviétiques nés avant 1991.

La maison de Tchoukovski, à Peredelkino, voisine de celles de Boris Pasternak et de Boulat Okoudjava (mises sous la protection du ministère de la culture), se visite. C'est là que Tchoukovski organisait, l'été venu, ses « feux de camp » dans un théâtre de verdure dévolu aux enfants. C'est là également que trouva refuge Alexandre Soljenitsyne en 1965, après la saisie de ses archives par le KGB, puis à plusieurs reprises avant son expulsion d'URSS. Certaines premières œuvres de Soljénitsyne portent - à la demande de l'écrivain - des corrections de la main de Tchoukovski et de sa femme Elena Tchoukovskaïa[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Répine lisant dans son atelier l'annonce de la mort de Tolstoï en présence de sa femme et de Tchoukovski (photographie de Karl Bulla).

Les œuvres majeures de Korneï Tchoukovski sont :

  • Le Crocodile (en russe «Крокодил», 1916)
  • Principes de la traduction artistiqueПринципы художественного перевода», 1919)
  • MoïdodyrМойдодыр», 1923)
  • Le CafardТараканище», 1923)
  • La Mouche TsokotoucheМуха-Цокотуха», 1924)
  • BarmaleïБармалей», 1925)
  • Le TéléphoneТелефон», 1926)
  • Docteur AïbolitДоктор Айболит», Le Docteur Aïbobo / Docteur Aïe-ça-fait-mal 1929)
  • L'Art de traduireИскусство перевода», 1930)
  • De deux à cinqОт двух до пяти», 1933)
  • La Peine de PhilomèneФедорино горе», 1968)
  • La Tour de Babel et autres légendes anciennesВавилонская башня и другие древние легенды», 1968)

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Tchoukovski avec Mandelstam, Livchitz et Annenkov en 1914 (photographie de Karl Bulla)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kornei se traduit en français par le vieux prénom Corneille.
  2. Cité par Clara Strade Janovic in Efim Etkind, Histoire de la littérature russe, tome 6 : « Le XXe siècle : Gels et Dégels », p. 294, Fayard
  3. Georges Nivat, Alexandre Soljenitsyne. Le courage d'écrire, p. 67, Éditions des Syrtes, 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Abril, Anthologie de la poésie russe pour enfants, (édition bilingue, traduction et présentation d'Henri Abril), Éditions Circé, 2006, 184 p. , (ISBN 2-84242-216-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]