Konstantin Rokossovski

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Konstantin Rokossovski
Image illustrative de l'article Konstantin Rokossovski

Naissance 21 décembre 1896
Varsovie, Empire russe (auj. Pologne)
Décès 3 août 1968 (à 71 ans)
Moscou, URSS
Origine Polonais, Soviétique
Allégeance Drapeau de l'Empire russe Empire russe (1914-1917)
Drapeau de l'URSS URSS (1917-1949)
Drapeau de la Pologne Pologne (1949-1956)
Drapeau de l'URSS URSS (1956-1968)
Arme Armée impériale puis Armée rouge
Grade Maréchal de l'Union soviétique et maréchal de Pologne
Années de service 1914 – 1962
Conflits Première Guerre mondiale
Guerre civile russe
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Hero of the Soviet Union medal.pngHero of the Soviet Union medal.pngOrder of Red Banner.pngOrder of Victory.jpgVirtuti Militari Grand Cross.jpgOrder Krzyża Grunwaldu kl. I-awers.jpgOrder of the Bath DSC05151.JPGOffizierskreuz.jpg
Autres fonctions Ministre de la Défense de Pologne

Konstantin Konstantinovitch Rokossovski (en russe : Константин Константинович Рокоссовский ; en polonais : Konstanty Rokossowski), né le 21 décembre 1896 à Varsovie (selon le recensement de 1920) ou à Velikié Louki (selon son autobiographie), mort le 3 août 1968, est un officier supérieur soviétique qui fut commandant dans l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale et ministre de la Défense en Pologne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Josef Xavier Rokossovski (1853-1902), inspecteur des chemins de fer, et de Antonina Ovsyannikov (?-1911) enseignante, il est issu d'une famille polonaise ayant perdu ses titres de noblesse au milieu du XIXe siècle mais d'où sont issus plusieurs officiers de Cavalerie. Orphelin à 14 ans, Konstantin commence à travailler dans la construction[1].

Première Guerre mondiale et Révolution russe[modifier | modifier le code]

Lors de la Première Guerre mondiale, il s'engage comme volontaire dans l'armée tsariste et est incorporé au 5e régiment de dragons de Kargopol. Plusieurs fois décoré de l'ordre de Saint-Georges, il est nommé officier en 1917.

À la fin de la même année, il devient membre de la Garde rouge puis de l'Armée rouge. Le 7 mars 1919, il entre au parti bolchevik (numéro de carte de membre 239).

Pendant la guerre civile russe, à la tête de la 5e brigade de cavalerie, il affronte les troupes de l'amiral Koltchak sur le front est. En 1921, il reçoit la plus haute distinction militaire soviétique : l'Ordre du Drapeau rouge.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après la guerre civile, Rokossovski exerce différents commandements en Extrême-Orient.

Le 30 avril 1923, il épouse Ioulia Petrovna Barmina.

Il sert comme instructeur en Mongolie de 1926 à 1928. En 1929, il suit les cours de l'Académie militaire Frounzé, où il découvre les théories de Toukhatchevski et notamment le concept d'« opération en profondeur ». En 1930, il prend le commandement de la 7e division de cavalerie de Samara dont un des commandants de brigades n'est autre que Joukov. En 1936, il est nommé à la tête du 5e corps de cavalerie à Pskov.

Grandes Purges[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 1937, il est exclu du parti communiste pour « baisse de vigilance ». Le 22 juillet, il est renvoyé de l'Armée rouge pour « écart de service ». Le 17 aout 1937, il est arrêté pour sabotage et espionnage au profit de la Pologne et du Japon — il aurait été dénoncé pour avoir rencontré le chef de la mission militaire japonaise à Harbin en 1932.

Après avoir été torturé (perte de 9 dents, arrachage des ongles, 3 côtes brisées, 3 simulacres d'exécution), il est emprisonné à la prison Kresty de Léningrad. Il est finalement libéré le 22 mars 1940 sur intervention du maréchal Chapochnikov pour être réintégré dans l'Armée rouge, comme de nombreux officiers supérieurs arrêtés pendant les Grandes Purges.

Cette réhabilitation est évoquée dans le roman Vie et Destin de Vassili Grossman (Deuxième partie, chapitre 4).

Après avoir participé à l'occupation de la Bessarabie à la tête du 5e corps de cavalerie au printemps 1940, il prend le commandement du IXe corps mécanisé en novembre 1940 avec le grade de major général, qu'il a reçu le 4 juin, dans le district militaire de Kiev sous le commandement de Mikhaïl Kirponos.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1941, après l'attaque allemande, Rokossovski participe à la grande bataille de chars de Loutsk - Doubno - Brody qui permet de ralentir l'avance des troupes de Von Rundstedt en Ukraine.

Il est promu à la tête de la 4e armée sous le commandement de Timochenko et participe à la bataille de Smolensk où l'intervention de ses blindés permet d'ouvrir un corridor par lequel une partie des troupes soviétiques encerclées parvient à s'échapper.

En septembre, il prend la tête de la 16e armée (qui deviendra plus tard la 11e armée de la garde), dont il assure le commandement jusqu'en juillet 1942, sous l'autorité de Joukov. Ses troupes, positionnées sur l'axe principal de progression allemand, jouent un rôle-clé dans la défense de Moscou, ce qui lui vaut d'être décoré de l'ordre de Lénine. Tout comme lors de la bataille de Doubno, Rokossovski s'oppose aux ordres de Joukov.

Gravement blessé par un éclat d'obus le 8 mars 1942, il doit subir plusieurs mois de convalescence.

De retour au front, il est promu lieutenant-général et prend le commandement du front de Briansk en juillet 1942. Fin septembre 1942, lors de la mise en place de l’opération Uranus, il est nommé à la tête du front du Don[2], qui a pour mission de contenir les forces allemandes encerclées dans Stalingrad, puis de reconquérir la ville (opération Koltso). Il reçoit la reddition du maréchal Paulus, chef de la VIe Armée, le 31 janvier 1943. Il est décoré de l'Ordre de Souvorov le 28 janvier 1943.

Le 28 avril 1943, il est nommé général d'armée et participe avec son front, renommé front central, à la bataille de Koursk.

Il est un des principaux artisans du plan de bataille soviétique en deux étapes : défensive puis offensive, les positions défensives qu'il a mises en place seront d'une telle efficacité qu'il stoppe quasi immédiatement l'offensive allemande sur le flanc nord du saillant et peut même mettre une partie de ses réserve à disposition de Vatoutine en difficulté sur le flanc sud. Il dirige ensuite la contre offensive sur Orel.

En octobre 1943, il devient chef du front biélorusse, qui devient le premier front biélorusse en février 1944.

Il est l'un des principaux concepteurs avec Joukov et Vassilievski de l'opération Bagration.

Il est nommé maréchal de l'Union soviétique le 29 juin 1944 et reçoit l'étoile de héros de l'Union soviétique le 30 juin.

De novembre 1944 à juin 1945, il commande le deuxième front biélorusse, avec lequel il joue un rôle majeur dans les opérations de Prusse-Orientale et de Poméranie. Il prend le nord de Berlin en coopération avec Joukov et Koniev et fait la jonction avec les troupes de Montgomery fin avril.

Le 1er juin 1945, Rokossovski reçoit sa seconde étoile de héros de l'Union soviétique.

Il a l'honneur de commander la parade de la victoire sur la place Rouge le 24 juin 1945.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Staline le nomme commandant en chef des troupes soviétiques en Pologne, puis, en 1949, intervient pour le faire nommer ministre de la Défense et vice-président du Conseil des Ministres, à cause de ses origines polonaises ; cependant, il parle mieux le russe que le polonais et il est considéré comme soviétique par les Polonais. En 1956, au cours de l'Octobre Polonais, il demande à Khrouchtchev l'intervention de l'Armée rouge contre les manifestants, ce que le nouveau dirigeant du PC polonais, Gomułka réussit à empêcher. Finalement, Gomułka obtient également le départ de Rokossovski. Rentré en Union soviétique en 1957, celui-ci est rétabli dans son grade soviétique, nommé vice-ministre de la Défense et commandant du district militaire de Transcaucasie, puis inspecteur du ministère de la Défense, jusqu'à sa retraite en 1962.

À sa mort, en 1968, son urne funéraire a été scellée dans le mur du Kremlin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Edwin Palmer Hoyt, Stalin's war: tragedy and triumph, 1941-1945, Cooper Square Press, 2003, p. 249.
  2. Jean Lopez, Stalingrad : la bataille au bord du gouffre, éditions Economica, coll. « Campagnes & stratégies »,‎ 1er octobre 2008, 1e éd., broché, 460 p. (ISBN 978-2717856385) : Grâce à l’appui de Vassilievski et Joukov qui réussissent à convaincre Staline qui lui préférait Gordov.

Bibliographie[modifier | modifier le code]