Kon Ichikawa

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Kon Ichikawa

Description de l'image  Kon Ichikawa.jpg.
Naissance
Ise, Japon
Nationalité Drapeau du Japon Japonais
Décès (à 92 ans)
Ise, Japon
Profession Réalisateur
Films notables La Harpe de Birmanie,
Le Pavillon d'or
La Vengeance d'un acteur

Kon Ichikawa (市川 崑, Ichikawa Kon?, né le à Ise, nouveau nom de Ujiyamada dans la préfecture de Mie - mort le dans sa ville natale) est l'un des plus célèbres réalisateurs japonais.

Il a réalisé un grand nombre de films, des années 1940 à nos jours, et, bien que peu d'entre eux furent diffusés en Occident, leur reconnaissance (nomination, parfois récompense) dans des festivals internationaux parmi les plus prisés comme le Mostra de Venise ou le Festival de Cannes lui valurent une notoriété internationale. Son style a beaucoup varié durant sa longue carrière, mais on notera qu'il privilégia souvent les objectifs grand angle et le cinémascope pour restituer une esthétique visuelle proche du théâtre kabuki, et qu'il revint fréquemment à des thèmes pacifistes nuancés d'humour noir.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

En 1933, après des études de commerce à Osaka[1], Kon Ichikawa trouva un emploi dans la section animation de la société Jenkins-Osawa, à Kyoto, où il devint ensuite assistant de réalisateurs tels que Tamizo Ishida, Yutaka Abe et Nobuo Aoyagi[2]. Au début des années 1940, les studios Jenkins-Osawa fusionnèrent avec les sociétés de production Toho et Photo Chemical Laboratories (P.C.L.)[3]. Kon Ichikawa rejoignit Tōkyō à cette occasion. Il y rencontra Natto Wada (和田 夏十, Natto Wada?, parfois transcrit en Natsuto Wada[4]), alors traductrice pour la Toho, qui deviendra sa femme et écrira les scénarios de la plupart de ses films réalisés entre 1949 et 1965.

En 1946, la Toho[5] lui donna l'opportunité de réaliser un premier film, La Fille du temple Dojo (Musume Dojoji), une animation tournée avec des marionnettes et adaptée d'une pièce de bunraku. Kon Ichikawa ne présenta pas le script du film au comité de censure de l'occupant américain[6] avant de le réaliser (peut-être parce qu'il avait peu de chances d'être accepté ? les thèmes trop « médiévaux » étaient généralement rejetés[7]) ; en conséquence, les autorités américaines confisquèrent les bobines, empêchant la diffusion. Longtemps perdu, on l'a cru détruit, mais le film est désormais retrouvé (et conservé, notamment, par la Cinémathèque française).

Affirmation cinématographique et politique[modifier | modifier le code]

Le contrôle et la censure des médias par les forces d'occupation avaient des effets très sensibles sur l'industrie cinématographique japonaise[8], et se traduisirent notamment, dans l'immédiat après-guerre, par une montée en puissance des syndicats et l'apparition de conflits sociaux dans les sociétés de productions. Fondé le 5 décembre 1945[9] (seulement quatre mois après la fin de la guerre) le syndicat de la Toho était l'un des plus actifs, et organisa d'importantes grèves et manifestations dès le début 1946. À partir de l'automne 1946, un mouvement de grève plus radical provoqua une scission parmi les employés de la Toho et aboutit à la création en mars 1947[10] d'une nouvelle société de production sous la bannière anticommuniste, la Shintōhō . S'étant opposé aux grévistes, Kon Ichikawa rejoignit la Shintōhō. Ce parti pris n'était pas sans conséquences pratiques : il était à l'abri des « chasses aux sorcières » anticommunistes (qui commencèrent en 1948 lorsque les américains changèrent radicalement leur politique à cet égard[11]) mais se trouvait désormais dans une société de production sans grands moyens financiers, privée de « tête d'affiche » (comme Mikio Naruse et Akira Kurosawa, qui étaient restés à la Toho) et qui se trouvait par conséquent contrainte de produire un cinéma grand public. C'est pourquoi, jusqu'au début des années 1950, Kon Ichikawa dut réaliser des films à vocations plus commerciales qu'artistiques.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Kon Ichikawa meurt le 13 février 2008 à l'âge de 92 ans.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1946 : La Fille du temple Dojo (娘道場寺, Musume Dojoji)
  • 1947 : Mille et une nuits avec la Toho (Toho Senichiya)
  • 1948 : La Fleur éclose (花開く-待ち焦より, Hana hiraku - Machiko yori)
  • 1948 : 365 nuits I-II (Sambyakurokujugo ya I-II)
  • 1949 : Portrait d'un être humain (Ningen moyo)
  • 1949 : Passion sans frein (Hateshinaki jonetsu)
  • 1950 : Sanshirô de Ginza (Ginza Sanshirô)
  • 1950 : Terre chaude (Netsudeichi)
  • 1950 : Poursuite à l'aube (Akatsuki no tsuiseki)
  • 1951 : L'Amant (Koibito)
  • 1951 : L'Amour volé (Nusumareta koi)
  • 1951 : Fleur de nuit aka Le Parfum de la nuit (Yaraiko)
  • 1951 : L'Homme sans nationalité (Mukokuseki mono)
  • 1951 : Coule la rivière Solo (Bungawan Solo)
  • 1951 : La Marche nuptiale (Kekkon koshinkyoku)
  • 1952 : Les Jeunes gens (Wakai hito)
  • 1952 : Monsieur Lucky (Rakki-san)
  • 1952 : Par ci, par là (Anote konote)
  • 1952 : La Femme qui a touché les jambes (Ashi ni sawatta onna)
  • 1953 : Monsieur Pû (Pû-san)
  • 1953 : Les Amants (Aijin)
  • 1953 : La Révolution bleue (Aoiro kakumei)
  • 1953 : La Jeunesse de Heiji Zenigata (Seishun Zenigata Heiji)
  • 1954 : Un Milliardaire (Okuman choja)
  • 1954 : Tout sur moi (Watashi no subete o)
  • 1954 : Douze chapitres sur les femmes (Josei ni kansuru junisho)
  • 1955 : Le Pauvre cœur des hommes (Kokoro)
  • 1955 : Histoire de fantômes de la jeunesse (Seishun kaidan)
  • 1956 : La Chambre des exécutions aka La Chambre de punition (Shokei no heya), adaptation d'un roman de Shintarô Ishihara
  • 1956 : Nihonbashi aka Le Pont du Japon (Nihonbashi)
  • 1956 : La Harpe de Birmanie (Biruma no Tategoto)
  • 1957 : Le Trou (Ana) avec Shintarô Ishihara comme acteur
  • 1957 : Le Train bondé (Manin densha)
  • 1957 : Les Hommes de Tohoku (Tohoku no zunmutachi), court métrage
  • 1958 : Le Pavillon d'or ou Le Brasier (炎上, Enjô), adaptation du roman de Yukio Mishima
  • 1959 : La Confession impudique ou L'Étrange obsession (, Kagi), adaptation du roman de Junichiro Tanizaki
  • 1959 : Les Feux dans la plaine (野火, Nobi)
  • 1959 : Les Mots de nos rencontres : au revoir, bonjour (Anata to watashi no aikotoba : sayonara, konnichiwa)
  • 1960 : Tendre et folle adolescence (Ototo)
  • 1960 : Le Fils de famille (Bonchi)
  • 1960 : Testaments de femmes, second épisode (Jokyo : Mono o takaku uritsukeru onna)
  • 1961 : Dix femmes en noir (Kuroi junin no onna)
  • 1962 : J'ai deux ans (私は二歳, Watashi wa nisai)
  • 1962 : Le Serment rompu (Hakai)
  • 1963 : La Vengeance d'un acteur (雪之丞変化, Yukinojô henge)
  • 1963 : Seul sur l'océan Pacifique (太平洋ひとりぼっち, Taiheiyo hitori-botchi) avec Yûjirô Ishihara
  • 1964 : La Danse du grisbi aka La Puissance de l'argent (Dokonjo monogatari - zeni no odori)
  • 1965 : Tokyo Olympiades (Tokyo Orinpikku)
  • 1965-1966 : Le Dit du Genji (Genji monogatari), téléfilm
  • 1967 : Kyoto (Kyoto)
  • 1967 : La Guerre des boutons de Toppo Jijo (Toppo Jijo no botan senso)
  • 1968 : La Jeunesse (Seishun)
  • 1970 : Le Japon et les Japonais (Nihon to Nihonjin)
  • 1971 : Pourquoi ? (Ai futatabi)
  • 1973 : Errances (Matatabi)
  • 1973 : Temps arrête-toi, tu es belle (Tokiyo tomare - kimi wa utsukushii)
  • 1973 : The Fastest, segment dans le film collectif Visions of Eight
  • 1975 : Je suis un chat (吾輩は猫である, Wagahai wa neko de aru), adaptation du roman de Sôseki Natsume
  • 1976 : Le Complot de la famille Inugami aka La Famille Inugami (Inugami-ke no ichizoku)
  • 1976 : Entre l'épouse et la femme (Tsuma to onna no aida), coréalisé avec Shirō Toyoda
  • 1977 : L'Île de la prison (Gokumon-to)
  • 1977 : La Ballade du diable aka La Ritournelle du démon (Akuma no temari-uta)
  • 1978 : La Reine des abeilles (Jobachi)
  • 1978 : Le Phénix (Hi no tori)
  • 1979 : La Maison du pendu (Byoinzaka no kubikukuri no ie)
  • 1979 : Le Train de la voie lactée 999 (Ginga Tetsudo 999)
  • 1980 : Koto aka L'ancienne capitale (Koto)
  • 1981 : Le Bonheur (Kofuku)
  • 1983 : Les Quatre sœurs Makioka (Sasame-yuki)
  • 1984 : O-han (おはん, Ohan)
  • 1985 : La Harpe de Birmanie (Biruma no Tategoto), remake
  • 1986 : Le Palais des fêtes (Rokumeikan )
  • 1986 : Le Conte des chatons (Koneko monogatari), téléfilm
  • 1987 : L'Actrice (映画女優, Eiga joyû)
  • 1987 : La Princesse de la lune (Taketori monogatari)
  • 1988 : La Grue (Tsuru)
  • 1991 : L'Affaire du meurtre de la légende de Tenga (Tenkawa densetsu satsujin jiken)
  • 1993 : Fusa
  • 1993 : Le Retour de Monjiro Kogarashi (Kaette kitta Kogarashi Monjiro)
  • 1993 : Shinjitsu ichiro, téléfilm
  • 1994 : Les 47 ronins (Shijushichinin no shikaku)
  • 1996 : Le Village aux huit tombes (Yatsu haka mura)
  • 2000 : Doraheita
  • 2000 : Shinsengumi
  • 2001 : Big Mama (Kah-chan)
  • 2002 : Tobo, téléfilm
  • 2003 : Musume no kekkon
  • 2006 : Les Inugamis (Inugamike no ichizoku)

Filmographie (producteur)[modifier | modifier le code]

  • 1960 : La Femme qui a touché les jambes (足にさわった女, Ashi ni sawatta onna)
  • 1962 : J'ai deux ans (私は二歳, Watashi wa nisai)
  • 1963 : La Vengeance d'un acteur (雪之丞変化, Yukinojô henge)
  • 1965 : Tokyo Olympiades (東京オリンピック, Tokyo orimpikku)
  • 1967 : La Guerre des boutons de Toppo Jijo (トッポ・ジージョのボタン戦争, Toppo Jijo no botan senso)
  • 1968 : (, kyo)
  • 1977 : La Ballade du diable aka La Ritournelle du démon (悪魔の手毬唄, Akuma no temariuta)
  • 1977 : L'Île de la prison (獄門島, Gokumontô)
  • 1979 : La Maison du pendu (病院坂の首縊りの家, Byoinzaka no kubikukuri no ie)
  • 1983 : Les Quatre sœurs Makioka (細雪, Sasameyuki)
  • 1984 : O-han (おはん, Ohan)
  • 1987 : L'Actrice (映画女優, Eiga joyû)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Max Tessier, Le Cinéma japonais au présent, Paris, Lherminier,‎ 1980 (réimpr. 1984), 219 p. (ISBN 2-86244-028-0)
  • Tadao Sato (trad. Karine Chesneau et al.), Le Cinéma japonais, Tome II, Paris, Cinéma/pluriel et Centre Georges Pompidou,‎ 1997, 324 p. (ISBN 2-85850-930-1)
  • Donald Richie (trad. Romain Slocombe), Le Cinéma japonais, Paris, Édition du rocher,‎ 2005, 402 p. (ISBN 2-268-05237-0)
  • (en) James Quandt (dir.), Kon Ichikawa, Toronto, Cinematheque Ontario,‎ 2001, 445 p. (ISBN 0-9682969-3-9)
    L'ouvrage de référence sur Kon Ichikawa, dont les articles sont écrits par de célèbres auteurs ou réalisateurs (tels que Yukio Mishima ou Yasuzo Masumura), des experts renommés du cinéma japonais (Tadao Sato, Donald Richie, Max Tessier, Aaron Gerow) ou des proches du réalisateur (y compris sa femme, Natto Wada et lui-même).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon l'article Ichikawa Kon de l'Encyclopædia Britannica.
  2. Cf. la fiche biographique des lauréats du prix Akira Kurosawa au Festival international du film de Tokyo, Akira Kurosawa Award for 2006 Winers
  3. Selon de nombreuses sources, par exemple : Kon Ichikawa Biography, Jonathan Crow, All Movie Guide [(en) lire en ligne].
  4. L'écriture Natto Wada est généralement adoptée, y compris dans les ouvrages de référence. Il s'agit d'un nom d'artiste, son vrai nom de jeune fille est Yumiko Mogi (et après mariage, Yumiko Ichikawa).
  5. Certaines sources, en particulier l'Encyclopædia Britannica indiquent que ce film fut tourné pour les studios Shintōhō. C'est un anachronisme : les studios Shintōhō n'existent pas encore en 1946, ils ne seront fondés que l'année suivante, en 1947 (ce que Britannica confirme par ailleurs).
  6. Cf. Tadao Sato, op. cit., p. 10 et Jonathan Crow, op. cit.
  7. Voir par exemple Donald Richie, op. cit, p. 133, ou Tadao Sato, op. cit, p. 12.
  8. Donald Richie indique à ce sujet que le général Douglas MacArthur s'investit lui-même dans la réforme du cinéma japonais, dès 1945 ! (op. cit., p. 133).
  9. Tadao Sato, op. cit., p. 23.
  10. Tadao Sato, op. cit., p. 25.
  11. Cf. Donald Richie, op. cit., p. 143.

Liens externes[modifier | modifier le code]