Kobzar

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Les kobzari Kravchenko et Drevchenko en 1902

Un kobzar (en ukrainien : кобзар ; pl. kobzars ou kobzari , en ukrainien : кобзарі) est un barde itinérant en Ukraine, qui chante en s'accompagnant lui-même.

La tradition des kobzari[modifier | modifier le code]

La tradition des kobzari est prédominante au XIXe siècle en Ukraine. Le terme 'kobzar signifie littéralement joueur de kobza, la kobza étant un instrument traditionnel à cordes de la famille du luth[1]. Dans une acception plus large, un kobzar est un artiste dont l'œuvre s'apparente à la tradition des kobzari. Les kobzari sont par ailleurs souvent aveugles.

La tradition des kobzari remonte à l'Hetmanat cosaque, autour du XVIe siècle en Ukraine. Les kobzari accompagnent leur chant en jouant de la kobza, de la bandura ou de la lyre. Leur répertoire consiste en des psaumes « para-liturgiques » et des « kanty », ainsi qu'en un chant épique, la douma (en ukrainien : дума, pluriel dumy). Le déclin de l'Hetmanat marque également un déclin dans le statut des kobzari, qui ont recours à la mendicité et jouent sur les marchés[1].

Au début du XIXe siècle, on compte trois différentes styles de kobzari : le style de Chernihiv, le style de Poltava et celui de Sloboda Ukraine, dont les différences résident dans le répertoire et la façon de jouer. Parmi les kobzari célèbres, on peut citer Ostap Veresai[2] ou Petro Drevchenko. Les chants des kobzari ont notamment été collectés par Mykola Lysenko à la fin du XIXe siècle[3].

Les guildes de kobzari[modifier | modifier le code]

En Ukraine, les kobzari s'organisent en guildes régionales, ou fraternités appelées tsekhs (en ukrainien : Цех). Ils développent un système d'apprentissage rigoureux (qui dure souvent près de trois ans), et se terminant par un examen pour devenir kobzar. Ces guildes reprennent le schéma des fraternités de l'Église orthodoxe, dans la mesure où chaque guilde est liée à une église particulière. Ces guildes prennent ainsi soin d'une icône, ou achètent des nouveaux ornements pour leur église d'affiliation. Cependant, l'Église orthodoxe sera souvent réticente voire hostile aux kobzari.

La fin des kobzari[modifier | modifier le code]

L'institution des kobzari prend fin dans la République socialiste soviétique d'Ukraine des années 1930, avec la transformation radicale de la société rurale décidée par Staline, qui passe notamment par la persécution des kobzari d'Ukraine. Les performances musicales des kobzari sont remplacées par des représentations de musique folklorique et classique à la bandura.

Renouveau de la tradition[modifier | modifier le code]

Un renouveau de l'intérêt pour le kobzar traditionnel prend forme aujourd'hui, avec notamment le rétablissement de la Guilde des kobzari et un retour au style traditionnel.

Autres significations[modifier | modifier le code]

Kobzar est également le titre d'un recueil de poèmes du poète national ukrainien Tarass Chevtchenko[4].

La dénomination « kobzar » est parfois utilisée pour désigner les joueurs de vielle à roue en Biélorussie (où l'instrument est nommé « kobza ») ainsi que pour les joueurs de cornemuse (« kobza » ou « koza ») en Pologne.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Discographie[modifier | modifier le code]

  • Julian Kytasty, Black Sea Winds - The Kobzari of Ukraine, November Music, Londres, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Kobzars », sur Encyclopedia of Ukraine (consulté le 28 novembre 2011)
  2. (en) « Veresai, Ostap », sur Encyclopedia of Ukraine (consulté le 28 novembre 2011)
  3. (en) « Lysenko, Mykola », sur Encyclopedia of Ukraine (consulté le 28 novembre 2011)
  4. (en) « Kobzar de Tarass Chevtchenko », sur Encyclopedia of Ukraine (consulté le 29 octobre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) Fiche sur les kobzari sur le site Encyclopedia of Ukraine
  • the last kobzar, un portait d'OSTAP KINDRACHUK, film de Vincent Moon