Klevener de Heiligenstein

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48° 25′ 38″ N 7° 27′ 32″ E / 48.42722, 7.45889 ()

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Klevener de Heiligenstein
Désignation(s) Klevener de Heiligenstein
Appellation(s) principale(s) alsace[N 1]
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis 1971
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Bas-Rhin
Climat tempéré continental
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 637 heures par an[1]
Superficie totale 97 hectares
Superficie plantée 42 hectares en 2009[2]
Cépages dominants savagnin rose Rs (appelé klevener de Heiligenstein)[N 2]
Vins produits blancs
Production 2 893 hectolitres en 2009[2]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds à l'hectare
Rendement moyen à l'hectare maximum 80 hectolitres par hectare[3]

Le klevener de Heiligenstein, ou alsace kleverner de Heiligenstein[N 1], est un vin blanc français produit dans le vignoble d'Alsace autour de Heiligenstein, à partir du cépage savagnin rose Rs[N 2]. Il s'agit non seulement d'une dénomination de cépage au sein de l'appellation alsace[N 1], mais aussi d'une dénomination géographique, la première au sein de l'appellation[4].

Parmi les vins d'Alsace, c'est un vin blanc particulièrement aromatique, même s'il l'est moins que le gewurztraminer. Il n'est pas habituellement classé parmi les « cépages nobles » alsaciens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le savagnin rose Rs, aussi appelé klevener de Heiligenstein en Alsace, est un cépage parent du traminer (alias rotedel ou edelrose). Ce dernier, dont le nom est en rapport avec le village de Tramin dans le Tyrol italien, était présent en Alsace dès le XVIe siècle[5]. En 1742, un procès oppose Heiligenstein, représenté par son bourgmestre Ehrhardt Wantz, et les trois villages voisins auprès du conseil des échevins de Strasbourg à propos de l'appartenance du lieu-dit Auboden ; ayant gagné, Heiligenstein est autorisé à planter du klevener sur cette terre, mesure doublée en 1753 par une extension du vignoble. Désormais, le village devait payer sa dîme en klevener.

Au milieu du XIXe siècle, le gewurztraminer Rs, beaucoup plus aromatique, remplace totalement le traminer et, à la fin du siècle, les vignes sont ravagées par le phylloxéra. Le cépage savagnin rose tombe rapidement dans l'oubli.

L'appellation d'origine « vins d'Alsace » est créée par l'ordonnance du [6], puis devient appellation d'origine contrôlée par le décret du [7], avant que ne soient définis des dénominations de cépage en 1971[8] ainsi que le cahier des charges de la production et de la commercialisation (décrets du et du ) achevé par l'obligation de la mise en bouteille (loi du ) dans des flûtes (décret du ).

Mais en 1970, il ne restait que trois hectares de savagnin rose Rs en production. Le décret du introduit à titre permanent la dénomination klevener de Heiligenstein au sein de l'appellation alsace et celui du [9] définit son aire de production.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La dénomination porte le nom de la région, dont la signification donne lieu à plusieurs théories. En alsacien, « Alsace » se dit Elsass anciennement écrit Elsaß :

  • 'El- vient de l'alémanique Ell qui signifie l'Ill, la principale rivière alsacienne qui traverse la région du sud au nord.
  • Saß vient du verbe sitzen (se trouver, être assis).

Littéralement, Elsass signifierait donc « le lieu où se trouve l'Ill » soit le « Pays de l'Ill »[10].

Quant au nom de « klevener de Heiligenstein », le Klevener désigne un type de raisin en langue allemande, le Heiligensteiner Klevener (c'est le surnom alsacien du savagnin rose Rs), tandis que Heiligenstein désigne la commune principale de l'aire de production.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

illustration couleur du relief du bassin rhénan entouré des Vosges et de la Forêt Noire. Les principales villes sont mentionnées.
Carte du relief de l'Alsace.

Le klevener de Heiligenstein est produit en France, dans la région Alsace, plus précisément dans le département du Bas-Rhin, autour du village de Heiligenstein, à 35 kilomètres au sud-sud-ouest de Strasbourg.

Géologie et orographie[modifier | modifier le code]

[11].

Climatologie[modifier | modifier le code]

À l'ouest, les Vosges protègent du vent et de la pluie la région de production des vins d'Alsace. Les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental des Vosges et parviennent sous forme de foehn, secs et chauds, dans la plaine d'Alsace. La quantité moyenne de précipitations est la plus faible de tous les vignobles français.

De ce fait, le climat est bien plus sec (Colmar est la station la plus sèche de France) et un peu plus chaud (avec une température annuelle moyenne plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude. Le climat est continental et sec avec des printemps chauds, des étés secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids.

Articles détaillés : climat du Bas-Rhin et climat du Haut-Rhin.

La station météo de Strasbourg (150 mètres d'altitude) se trouve à l'extrémité nord de l'aire d'appellation, mais au bord du Rhin. Ses valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :

Relevés à Strasbourg 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -1,7 -0,9 1,6 4,6 8,6 11,7 13,4 13,1 10,3 6,5 2,1 -0,7 5,7
Température moyenne (°C) 0,9 2,5 6 9,6 13,8 17 19,1 18,6 15,5 10,6 5,2 1,9 10,1
Température maximale moyenne (°C) 3,5 5,8 10,4 14,6 19 22,2 24,7 24,2 20,8 14,7 8,2 4,5 14,4
Ensoleillement (h) 42 78 122 161 197 212 240 215 168 101 58 43 1 637
Précipitations (mm) 33,1 34,3 36,6 48 74,5 74,6 56,8 67,8 55,5 43 46,6 39,9 610,5
Source : www.infoclimat.fr : Strasbourg-Entzheim (1961-1990)[1].


Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Carte de l'aire d'appellation.

L'aire de production couvre une partie des communes de Bourgheim, de Gertwiller, de Goxwiller, de Heiligenstein et d'Obernai, sur 42 hectares (soit 0,3 % de la surface plantée de l'appellation alsace).

Les meilleures parcelles sont celles entre Heiligenstein et Goxwiller, correspondant aux lieux-dits « Heiligensteiner Au » et « Aue » : c'est un coteau exposé au sud-est, planté à une altitude variant de 175 à 260 mètres.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Grappes de savagnin rose Rs, ici dans le Rheingau.

Le klevener de Heiligenstein est produit en mono-cépage à partir du savagnin rose Rs, surnommé klevener de Heiligenstein en Alsace. Il s'agit d'un proche parent du savagnin B du Jura, de l'ancien traminer et du gewurztraminer Rs[N 2].

Ce cépage ne doit pas être confondu avec le klevner, qui est le surnom alsacien du pinot blanc B.

Rendements[modifier | modifier le code]

En 2009, les rendements autorisés étaient de 80 hectolitres par hectare, sans plafond limite de classement[12].

Le rendement réel est un peu inférieur, il était en moyenne de 68 hectolitres par hectare[N 3] en 2009.

Vins[modifier | modifier le code]

La production de klevener de Heiligenstein au sein de l'appellation alsace est de 2 893 hectolitres en 2009, ce qui fait sur un total de 868 334 hectolitres de vin une part très faible de 0,3 %.

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : vin blanc.

Le jour de la vendange, à l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Pour ce travail, les pressoirs pneumatiques remplacent progressivement les pressoirs horizontaux à plateau. Puis le moût est mis en cuve pour le débourbage, qui est le soutirage du jus sans les bourbes, soit par filtrage, soit par décantation en attendant qu'elles se déposent au fond de la cuve.

La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage : cette opération transforme le sucre du raisin en alcool. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit. La fermentation achevée au bout d'un mois, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage pour conserver son acidité au vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne.

Le vin est soutiré, puis généralement de nouveau filtré avant le conditionnement en bouteilles, dès février ou mars[13].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Verre de klevener de Heiligenstein

Le klevener de Heiligenstein est un vin blanc à la robe jaune dorée, avec un nez et une bouche au fruité marqué.

Le klevener de Heiligenstein s'accorde classiquement avec la cuisine alsacienne, son bouquet accompagnant les plats un peu relevés.

Article détaillé : gastronomie en Alsace.

Économie[modifier | modifier le code]

Type de bouteilles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : flûte d'Alsace.

Les vins d'Alsace doivent être mis en bouteille uniquement dans des flûtes, bouteilles du type « vin du Rhin » de 75 centilitres, règlementées par des décrets[14].

Fête promotionnelle[modifier | modifier le code]

Une fête est organisée chaque année dans le village de Heiligenstein, en 2010 il s'agissait du 7 au 9 août : des dégustations de vins sont proposées, avec diverses animations notamment musicales.

Liste de producteurs[modifier | modifier le code]

  • Cave vinicole d'Andlau et environs, à Barr[15] ;
  • Noëlle Bachert, à Barr[16] ;
  • Charles Boch, à Heiligenstein[17] ;
  • Paul Dock, à Heiligenstein ;
  • André Dock et fils, à Heiligenstein ;
  • Jean-Michel Durr, à Heiligenstein ;
  • Gérard Goepp, à Heiligenstein ;
  • Chrétien Goepp, à Heiligenstein ;
  • Gabriel Rosfelder, à Gertwiller ;
  • Alain et Paul Habsinger, à Gertwiller[18] ;
  • Jean et Hubert Heywang, à Heiligenstein[19] ;
  • Pierre Hutt, à Heiligenstein ;
  • Klipfel à Barr ;
  • Cathy et Gilbert Lang à Bernardswiller[20] ;
  • Leipp-Leninger, à Barr ;
  • Lutz à Bourgheim ;
  • Jean-Luc Meckert, à Heiligenstein ;
  • R. Meckert & fils, à Heiligenstein ;
  • Fritz Nebinger, à Heiligenstein ;
  • Jean et Nadine Nebinger, à Heiligenstein ;
  • Daniel Ruff, à Heiligenstein ;
  • Philippe Schaeffer, à Epfig ;
  • Frey-Sohler à Scherwiller ;
  • Rietsch à Mittelbergheim ;
  • Raymond Wolff, à Heiligenstein[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. a, b et c Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. Le rendement réel moyen du klevener-de-heiligenstein est calculé simplement en divisant le volume de production par la surface : 2893 / 42 = 68,88 hectolitres par hectare.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Archives climatologiques mensuelles de Strasbourg-Entzheim de 1961 à 1990 », sur http://www.infoclimat.fr.
  2. a et b Collectif, Le guide Hachette des vins 2011 : des vins pour tous les goût, à tous les prix, Paris, Hachette livre,‎ 2010, 1402 p. (ISBN 978-2-01-237681-6), p. 73
  3. [PDF] Direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, « Cahier des charges de l'appellation », sur http://agriculture.gouv.fr/, homologué par le « décret no 2011-1373 du 25 octobre 2011 modifiant l'ordonnance n° 45-2675 du 2 novembre 1945 relative à la définition des appellations d'origine contrôlées des vins d'Alsace et homologuant les cahiers des charges des appellations d'origine contrôlées « Alsace » ou « Vin d'Alsace » et « Crémant d'Alsace » et des cinquante et une appellations « Alsace grand cru » », JORF, no 0251,‎ 28 octobre 2011, p. 18196.
  4. Depuis le décret du 25 octobre 2011, onze dénominations géographiques sont reconnues au sein de l'appellation Alsace : « Demande de modification du cahier des charges de l'appellation alsace auprès de l'INAO, 21 octobre 2010 », sur http://www.inao.gouv.fr [PDF] et décret 2011-1373 du 25 octobre 2011 - décret no 2011-1373 du 25 octobre 2011
  5. Jérôme Bock, Kräuterbuch,‎ 1551.
  6. Secrétariat général du gouvernement français, « Ordonnance no 45-2675 du 2 novembre 1945 relative à la définition des appellations d'origine des vins d'Alsace », sur http://www.legifrance.gouv.fr/.
  7. [PDF] Décret du 3 octobre 1962 concernant l'appellation contrôlée vins d'Alsace ou alsace : obligation de mentionner appellation contrôlée sur les vins d'Alsace, publié au « JORF du 7 octobre 1962 », sur http://www.legifrance.gouv.fr.
  8. [PDF] Décret no 71-554 du 30 juin 1971 qui modifie l'ordonnance no 45-2675 du 2 novembre 1945, publié au « JORF du 11 juillet 1971 », sur http://www.legifrance.gouv.fr/.
  9. Secrétariat général du gouvernement français, « Décret du 4 février 1997 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Vin d'Alsace » ou « Alsace » », sur http://www.legifrance.gouv.fr.
  10. [PDF] « L'étymologie est expliqué dans l'introduction de ce document officiel - Un SIG alsacien », sur http://www.geomag.fr.
  11. Carte géologique centrée sur le Heiligensteiner Au sur Géoportail.
  12. [PDF] « Fiche sur l'appellation », sur http://www.vinsalsace.com.
  13. « La vinification en blanc », http://www.vinsalsace.com (consulté le 16 février 2011).
  14. [PDF] Décret no 55.673 du 20 mai 1955 sur l'emploi de la bouteille type vin du Rhin, arrêté du 13 mai 1959 et décret no 63-295 du 19 mars 1963 relatif aux caractéristiques des bouteilles susceptibles de servir de récipients mesures dans le commerce de certains liquides, consultables sur http://www.legifrance.gouv.fr.
  15. « Site de la cave de Barr », sur http://www.cave-obernai.com.
  16. « Site du domaine Bachert », sur http://www.bachert.fr.
  17. « Site du domaine Charles Boch », sur http://www.boch-vins-alsace-chambresdhotes.com.
  18. « Site du domaine Alain et Paul Habsinger », sur http://www.alsace-habsiger.fr.
  19. « Site du domaine Jean et Hubert Heywang », sur http://www.spip.heywang-vins.fr.
  20. « Site de Cathy et Gilbert Lang », sur http://www.vins-lang.com/.
  21. La liste des producteurs, réalisée en mars 2011, incomplète, a été réalisé à partir des listes du site http://www.heiligenstein.fr, du site http://www.alsace-route-des-vins.com et du Guide Hachette des vins 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Fanet, Les terroirs du vin, Paris, éditions Hachette,‎ 2008, 240 p. (ISBN 978-2-01-237501-7).
  • Vignoble d'Alsace, Paris, éditions Benoît France et CIVA,‎ 2007, carte 88 x 55 cm au 1/120000 (ISBN 978-2-84354-158-2).
  • Vins d'Alsace : carte touristique, Paris, Institut géographique nationale,‎ 2006, carte 96 x 66 cm au 1/125000 (ISBN 978-2-7585-0182-4).
  • Robert Oz Clarke et Margaret Rand, Guide des cépages, Paris, éditions Gallimard,‎ 2005, 320 p. (ISBN 2-74-241643-9).
  • Jacques-Louis Delpal, Les vins d'Alsace, une promenade viticole et les meilleures adresses, Chamalières, éditions Artémis,‎ 2004, 159 p. (ISBN 978-2844162502).
  • Claude Muller, Les vins d'Alsace, histoire d'un vignoble, Strasbourg, éditions Coprur,‎ 1999, 192 p. (ISBN 978-2842080082).
  • Le vignoble d'Alsace : la route des vins, Illkirch, Mitra productions,‎ 1995, carte 90 x 34 cm au 1/180000 (notice BnF no FRBNF40658287).
  • Jean-Louis Stolz, L'ampélographie des vins d'Alsace, Strasbourg, édition Coprur,‎ 1994, 199 p. (ISBN 2-903297-82-7).
  • (de) Jean-Louis Stolz, Einleitung zum Elementar-Handbuch des elsässischen Ackerbauers, Strassburg,‎ 1863, 8 pages in-octavo (notice BnF no FRBNF31410323).
  • Jean-Louis Stolz, Ampélographie rhénane : ou Description caractéristique, historique, synonymique, agronomique et économique des cépages les plus estimés et les plus cultivés dans la vallée du Rhin, depuis Bâle jusqu'à Coblence et dans plusieurs contrées viticoles de l'Allemagne méridionale, Paris,‎ 1852, in-quarto, 264 p. (notice BnF no FRBNF31410321).
  • Jean-Louis Stolz, Manuel élémentaire du cultivateur alsacien, Strasbourg,‎ 1842, in-12, 479 p. (notice BnF no FRBNF31410325).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]