Kitarō Nishida

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Kitarō Nishida

Philosophe japonais

Époque moderne

alt=Description de l'image Kitaro Nishidain in Feb. 1943.jpg.
Naissance 1870
Décès 7 juin 1945
Nationalité Drapeau du Japon Japonais
A influencé Hajime Tanabe, Keiji Nishitani
Célèbre pour fondateur de l'École de Kyōto

Kitarō Nishida (西田 幾多郎, Nishida Kitarō?, 1870 - 1945) est un philosophe japonais, fondateur de l'École de Kyōto, une école philosophique japonaise, qui a cherché à marier la philosophie occidentale avec la spiritualité issue des traditions extrême-orientales. Il introduisit la phénoménologie de Husserl au Japon. Ses disciples directs sont Hajime Tanabe et Keiji Nishitani.

Suite à l'importation sur le sol nippon de la philosophie occidentale lors de l'Ère Meiji, le projet de Nishida consistait à approfondir les intuitions de la pensée orientale à travers le cadre et le vocabulaire de la philosophie occidentale (Hegel, Husserl, etc.). Il s'agit de surmonter la pensée occidentale par la pensée orientale afin de créer une pensée réellement universelle. Néanmoins, l'évaluation de la réussite ou de l'échec de son projet est sujet à controverse dans la littérature contemporaine.

Le zen, qu'il pratiqua intensivement, eut une influence considérable sur sa pensée. Daisetz Teitaro Suzuki fut un ami de Nishida. Ils se rencontrèrent durant leur jeunesse, avant que Daisetz Teitaro Suzuki ne devienne l'un des érudits les plus respectés de son temps concernant la pensée zen, particulièrement après qu'il se fut installé aux États-Unis.

Son disciple et autre penseur influent de l'École de Kyōto, Nishitani Keiji, écrivit une biographie intellectuelle de son maître à penser, sobrement intitulée Kitarō Nishida.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études sur le Bien (善の研究)[modifier | modifier le code]

Études sur le Bien est le premier ouvrage de Nishida, qu'il écrivit à la fin de l'Ère Meiji. Cet ouvrage présente un système philosophique complet centré sur la notion d'expérience pure (純粋経験, junsui keiken?). Nishida reprend en fait le concept d'expérience pure aux psychologues occidentaux du XIXe siècle tel que Wilhelm Wundt ou encore William James. Mais s’il emprunte ce terme à la psychologie, c'est afin de le réinterpréter dans le cadre de la pensée zen. Cependant, s'il est clairement influencé par sa pratique de cette forme de méditation, il n'en parle jamais explicitement dans son ouvrage: il ne cite aucun terme technique, ni aucun penseur, issu de cette tradition japonaise du bouddhisme. Dans ce premier ouvrage, son projet semble être donc de tout reformuler dans le vocabulaire de la philosophie occidentale.

L'expérience pure est à la fois le départ de son ouvrage et le point vers lequel toutes les réflexions du philosophe nippon retournent. Il s'agit d'une expérience qui se situe avant toute différentiation entre le sujet et l'objet, avant toute pensée réflexive. Il s'agit d'une attention immédiate au réel tel qu'il est.

Cet ouvrage aurait suffi à positionner Nishida comme un penseur majeur de son époque. Cependant son œuvre continua durant de longues années et son système s'orienta vers les notions de logique du Lieu (場所, basho?).

Kyōto[modifier | modifier le code]

À Kyōto, il est possible de parcourir le « chemin de la philosophie », chemin qu'empruntait Kitarō Nishida tous les jours, afin de réfléchir.

Travaux[modifier | modifier le code]

Ouvrages originaux[modifier | modifier le code]

  • (1911) Études sur le Bien (善の研究, Zen no kenkyū)
  • (1915) Thinking and Experience (思索と体験, Shisaku to taiken)
  • (1913–17) Intuition and Reflection in Self-consciousness (自覚に於ける直観と反省, Jikaku-ni okeru chokkan to taiken)
  • (1918–9) The Problem of Consciousness (意識の問題, Ishiki no Mondai)
  • (1920–23) Art and Morality (芸術と道徳, Geijutsu to dōtoku)
  • (1923–27) From the Acting to the Seeing (働くものから見るものへ, Hatarakumono-kara mirumono-e)
  • (1928–29) The System of Universals in Self-Awareness (一般者の自覚的体系, Ippansha-no jikakuteki taikei)
  • (1930–32) The Self-conscious Determination of the Nothingness (無の自覚的限定, Mu-no jikakuteki gentei)

Ouvrage traduit en français[modifier | modifier le code]

  • L'expérience pure, la réalité : Essai sur le bien, chapitre I & II, Osiris,‎ 1995, 95 p. (ISBN 978-2905460332), traduction de Hitoshi Oshima
  • Logique du lieu et vision religieuse du monde, Osiris,‎ 2000, 92 p. (ISBN 978-2905460363)
  • L'éveil à soi, CNRS,‎ 2003, 400 p. (ISBN 978-2271061850), traduction, introduction et notes de Jacynthe Tremblay
Tombe de Nishida à Kamakura

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Littérature secondaire en français[modifier | modifier le code]

  • James W. Heisig, Les philosophes du Néant - Un essai sur l'école de Kyōto, Cerf, Paris, 2008.
  • Bernard Stevens, Invitation à la philosophie japonaise autour de Nishida, 233 p., CNRS Éditions, Paris, 2005, (ISBN 2-271-06336-1)
  • Bernard Stevens, Topologie du néant. Une approche de l'École de Kyōto, Peeters, 2000, (ISBN 978-90-429-0811-6) (Voir la fiche de l'éditeur)
  • Bernard Stevens, Nishida, in Revue philosophique de Louvain, vol. 97, no 4, novembre 1999, pp.
  • Sylvain Isaac. (2003). "Basho et individu chez Nishida", in Philosophie, no 79.
  • Thorsten Botz-Bornstein, "L'expérience pure et la conscience du jeu : Nishida Kitarô et William James" dans L’Art du Comprendre 16, Paris, Vrin, 2007.

Littérature secondaire en anglais[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]