Kinder, Küche, Kirche

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L'allitération, Kinder, Küche und Kirche, que l'on traduit en français par « enfants, cuisine et église », également connue sous l'expression « les trois K », se veut une représentation des valeurs traditionnelles dévolues aux femmes en Allemagne. Le but de ce discours visait à décrire le rôle de la femme dans la société et la famille. Elles devaient, selon cette définition assurer l'éducation des enfants, cuisiner pour la famille, selon les préceptes et la morale séculaire de l'Église.

Origine et conséquences[modifier | modifier le code]

La Ehrenkreuz der deutschen Mutter.

L'origine de la formule est généralement attribuée au Kaiser Guillaume II, décrivant le rôle des femmes au sein de la société du XIXe siècle. Bien que la phrase soit antérieure à l'avènement du régime nazi, elle demeure associée au Troisième Reich. Dans un discours de septembre 1934, à l'« Organisation des femmes nationales socialistes » (en allemand : Nationalsozialistischen Frauenorganisation), Adolf Hitler affirma que pour la femme allemande son « Univers est son mari, sa famille, ses enfants et son foyer »[1], une politique qui fut résumée par le Kinder et Küche par la propagande, et par la remise de la Ehrenkreuz der deutschen Mutter (en français : « croix d'honneur de la mère allemande ») aux mères ayant mis au monde plus de quatre enfants.

Lorsque Hitler accéda au pouvoir en 1933, il initia une loi d'encouragement au mariage, qui accordait aux nouveaux couples un prêt de 1 000 RM (ce qui représentait alors environ 9 mois de salaire). À leur premier enfant, ils pouvaient conserver 250 RM, puis à nouveau 250 RM pour le second et la totalité de la somme lors de la naissance du quatrième.

Durant cette période, les femmes qui travaillaient furent discriminées et contraintes à la démission pour bénéficier d'avantages sociaux. La médecine, le droit et les postes de l'administration étaient des professions réservées aux seuls hommes[2]. Par la suite, les femmes furent à nouveau bienvenues dans les usines lorsque les pertes humaines des forces armées et le manque d'équipements se firent sentir sur le front.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert Eccleshall, Political ideologies an introduction, London ; New York : Routledge, 2003. (OCLC 53175780)
  • (de) Susan Jane Gilman, Keine Kinder, keine Küche, keine Kirche! : so leben die Töchter der Emanzipation, Kreuzlingen ; München : Hugendubel, 2003. (OCLC 76469594)
  • (de) Franca Rame; Dario Fo; Renate Chotjewitz-Häfner, Nur Kinder, Küche, Kirche, Berlin : Rotbuch-Verl., 1989. (OCLC 46159487)
  • (en) Naomi Weisstein, Kinder, Kuche, Kirche as scientific law : psychology constructs the female, Boston, Mass. : New England Free Press, 1968. (OCLC 26871241)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eccleshall, p. 37
  2. (en) Women in Nazi Germany, Spartacus Educational, consulté le 1er février 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]