Kimon Georgiev

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Kimon Georgiev
Image illustrative de l'article Kimon Georgiev
Fonctions
Premier ministre du Royaume de Bulgarie
Premier ministre de la République populaire de Bulgarie
19 mai 193422 janvier 1935
9 septembre 194423 novembre 1946
Biographie
Date de naissance 1 août 1882
Lieu de naissance Pazardjik
Date de décès 28 septembre 1969
Lieu de décès Sofia
Nationalité Bulgare

Kimon Georgiev Stoyanov (prononcer « Gueorguiev ») (Кимон Георгиев Стоянов 11 août 1882 - 28 septembre 1969) militaire et homme politique bulgare, Premier ministre de Royaume de Bulgarie et dictateur d'extrême droite du 19 mai 1934 au 22 janvier 1935 puis Premier ministre communiste du 9 septembre 1944 au 23 novembre 1946.

Un militaire[modifier | modifier le code]

Né le 11 août 1882 à Pazardjik, Kimon Georgiev achève ses études en 1902 à l’École militaire de Sofia. Capitaine lors des guerres balkaniques en 1912-1913, il devient commandant pendant la Première Guerre mondiale où, en 1916, il est grièvement blessé. En 1918, l’armistice est signé et la Bulgarie essuie de nouveau un échec militaire… Deux ans plus tard, Georgiev quitte l’armée avec le grade de lieutenant-colonel et décide de se consacrer à la ligue militaire qu’il vient de créer l’année précédente.

Ses débuts en politique[modifier | modifier le code]

En 1920, Alexandre Stambolijski instaure en Bulgarie une "dictature" paysanne provoquant le mécontentement de la bourgeoisie. En 1922, Georgiev rejoint le « Bloc constitutionnel », principal groupe de l’opposition mené par Alexandre Tsankov. Tous ensemble, ils préparent un coup d'État qui renversera le gouvernement. Le coup d'État du 9 juin 1923 éclate et les meneurs reçoivent le soutien de la police et de l’armée.

Le coup d’État, sanglant, est une véritable réussite et Alexandre Tsankov devient Premier ministre. Kimon Georgiev est dès lors élu député à l’Assemblée nationale jusqu’en 1931. Il occupera même dans le premier gouvernement de Andrey Lyapchev du 4 janvier 1926 au 3 mars 1928, le poste de ministre des Chemins de Fer, Postes et Télégraphes.

Son parti politique le « Zveno » et l’instauration de la dictature[modifier | modifier le code]

En 1927, Georgiev crée avec le colonel Damian Velchev le « Zveno » (« le Maillon »), un parti politique dont le but est de lutter contre la corruption se trouvant dans « le système politique ». Cette organisation qui rassemble essentiellement des militaires, prend le pouvoir le 19 mai 1934 à la suite d’un coup d’État. Kimon Georgiev devient alors Premier ministre, et occupe quelques postes ministériels tels que : le ministère de la Guerre (le 19 mai 1934), le ministère des Affaires étrangères (du 19 mai 1934 au 23 mai 1934) et le ministère de la Justice (du 23 mai 1934 au 22 janvier 1935).

Sa première décision est de suspendre la constitution, de dissoudre l’Assemblée nationale, d’interdire tous les partis et d'établir la censure. Instaurant une véritable dictature, Georgiev déclare alors l’armée seule institution indemne de la corruption. Le nouveau gouvernement installe comme dans de nombreux pays européens, un régime corporatiste caractéristique de l'entre-deux-guerres. Mais à la différence que Georgiev désire sortir son pays de l’isolement diplomatique et se rapprocher des démocraties occidentales. Il établit même les premières relations diplomatiques entre la Bulgarie et l’URSS en juillet 1934.

Une chute aboutissant à la monarchie absolue[modifier | modifier le code]

Sa façon d’optimiser l’administration d’État est un réel succès économique. Georgiev se lance alors dans son grand projet : établir une république. Ne cachant pas ses idées, il prévoit l’adoption d’une nouvelle constitution abolissant la monarchie. Boris III, se sentant menacé, prit les devant et le 22 janvier 1935, chasse les « républicains » en provoquant une insurrection. Reprenant les bases du régime autoritaire qu’a installé Georgiev, le tsar vient, en plus de sauver la royauté, de restaurer le pouvoir suprême, devenant ainsi un monarque absolu.

Un militant antifasciste, un retour au pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1940, Georgiev se fait remarquer pour son opposition à l’entrée de la Bulgarie au côté de l’Axe. Il fera partie du Front de la patrie regroupant tous les opposants à la collaboration de la Bulgarie avec l’Axe. Et dès 1944, le « Zveno » rejoint les sociaux-démocrates, les radicaux, les agrariens, les communistes et les intellectuels indépendants dans le « Front Patriotique ». Ce rassemblement antifasciste prépare activement la résistance.

Le 9 septembre 1944, alors que les troupes soviétiques entrent dans le pays, un nouveau coup d’État éclate et Kimon Georgiev se retrouve de nouveau président du Conseil. Tout de suite un armistice est signé avec l’URSS et la Bulgarie rejoint les Alliés. La constitution et les droits politiques sont remis en vigueur et le conseil de régence du jeune tsar Siméon II (Boris III étant décédé le 28 août 1943), est remplacé. Le 28 octobre 1944, l’armistice est signé avec le Royaume-Uni et les États-Unis.

De 1944 à 1945, de nombreuses purges ont lieu dans les milieux de l'enseignement, judiciaire, politique et militaire faisant plus de 16 000 fusillés sans procès.

Le 18 novembre 1945, Georgiev constitue, à la suite de législatives truquées, un nouveau gouvernement entièrement communiste et le 8 septembre 1946, l’Assemblée nationale organise un référendum sur le sort de la monarchie : plus de 4 500 000 voix en faveur de la république contre 175 000 pour la monarchie. Le 15 septembre, la République populaire de Bulgarie est proclamée.

Un « héros » communiste[modifier | modifier le code]

Du 25 septembre au 23 novembre 1946, Georgiev est ministre temporaire de la Guerre avec le grade de colonel-général. Et le 23 novembre 1946, il laisse son poste de Premier ministre à un communiste, Georgi Mikhailov Dimitrov. Élu constamment député de 1945 à 1965, il ne quitte pas pour autant les postes ministériels :

Membre du Présidium de l’Assemblée nationale à partir de 1962, héros du travail, Kimon Georgiev décède le 28 septembre 1969 à Sofia.

Sources[modifier | modifier le code]