Khieu Samphân
| Khieu Samphân | |
Khieu Samphân, en décembre 2011. |
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| Fonctions | |
|---|---|
| Président du présidium d'État du Kampuchéa démocratique | |
| 11 avril 1976 – 7 janvier 1979 (2 ans, 8 mois et 26 jours) |
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| Premier ministre | Pol Pot |
| Prédécesseur | Norodom Sihanouk |
| Successeur | Heng Samrin |
| Premier ministre du Kampuchéa Démocratique (intérim) |
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| 4 – 14 avril 1976 | |
| Prédécesseur | Penn Nouth |
| Successeur | Pol Pot |
| Secrétaire d'État au Commerce | |
| 1962 – 1967 | |
| Biographie | |
| Date de naissance | 27 juillet 1931 |
| Lieu de naissance | Province de Svay Rieng, Protectorat du Cambodge, Indochine française |
| Parti politique | Parti communiste du Kampuchéa |
| Profession | enseignant |
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Khieu Samphân, né le 27 juillet 1931 est un homme politique cambodgien, chef de l'État du Kampuchéa démocratique de 1976 à 1979.
Il est un des dirigeants les plus importants du gouvernement khmer rouge, bien que Pol Pot soit le véritable leader du mouvement. Il est l'un des théoriciens et des dirigeants du Parti communiste du Kampuchéa (alias l'Angkar), l'organisation suprême, responsable entre 1975 et 1979 de la mort d'environ 1,7 million de Cambodgiens[1].
Sommaire |
Premières années [modifier]
Né le 27 juillet 1931 à Svay Rieng, Khieu Samphân, fils d'un fonctionnaire de la classe moyenne, passe son enfance dans la province de Kampong Cham. En 1954, après des études au lycée Sisowath de Phnom Penh, il obtient une bourse du gouvernement cambodgien pour venir étudier le droit et l'économie en France[2].
Après une licence obtenue en 1955 à l'Université de Montpellier, il monte à Paris préparer une thèse en sciences économiques[3].
Action politique [modifier]
Dans la capitale française, il se lie avec d'autres étudiants cambodgiens tels Saloth Sâr, qui ne s'appelle pas encore Pol Pot, Son Sen ou Ieng Thirith. Il se rapproche également du PCF et d'autres militants anticolonialistes, dont un certain Jacques Vergès[4].
La thèse, dédiée à Norodom Sihanouk, est soutenu en 1959. La paysannerie et la politique cambodgienne en sont le sujet et on peut déjà trouver certains aspects de l'utopie meurtrière qui va frapper le Cambodge dans la seconde moitié des années 1970 : il met en cause le développement des villes et les compare à un fardeau pour les campagnes[5].
De retour au Cambodge, il fonde l'Observateur, un hebdomadaire en langue française, qui s'opposait à la politique du prince Sihanouk. Il sera passé à tabac en pleine rue ; peu après, le journal sera fermé et Khieu Samphân sera emprisonné pendant un mois. En 1962, il est élu député avant d'être nommé, la même année, secrétaire d'État au Commerce, poste dont il démissionnera le 1er juillet 1963[6].
Au fil du temps, Il avait gagné une réputation d’homme austère et intègre, deux qualités peu répandues sur les bancs de l’Assemblée et dans les ministères. Samphân vivait alors avec sa mère, veuve, et consacrait ses soirées à la lecture. Des personnes proches de lui à l’époque confirmaient ses hautes qualités morales, mais ne se rappelaient pas l’avoir vu rire et le présentaient comme quelqu’un semblant souffrir d’une sorte d’« inaptitude à être heureux ». Ses articles dans l'Observateur montraient une certaine sècheresse et une sérieuse intransigeance dans les propos, mais contrebalancées par une empathie qui semblait sincère pour les plus pauvres de ses compatriotes. Après son élection, sa situation de famille, sa réserve et l’intolérance des autres parlementaires à son égard incita certains députés à laisser entendre qu’il était au choix impuissant ou homosexuel. Son aspect studieux, solitaire et son dévouement sans faille à une cause – le communisme dans son cas – étaient si peu répandus dans le Cambodge des années 1960 qu’il était magnifié par le uns et voué aux gémonies par les autres[7].
Il sera réélu à l'assemblée nationale lors des élections de 1966, mais, craignant pour sa sécurité, il rejoint en 1967, les maquis khmers rouges de la province de Kampong Spoe[8].
Après la prise du pouvoir par les partisans de Pol Pot, il est vice-Premier ministre et ministre de la Défense jusqu'en 1975, époque où il devient le véritable chef de l'État du Kampuchéa démocratique, Le nouveau nom donné au Cambodge. De par sa fonction, il porte une responsabilité importante dans la déportation des habitants des villes vers les campagnes et les massacres des militaires vaincus que le procès qui s'est ouvert tente de déterminer[9]. Cette déportation s'est accompagnée de ce que d'aucuns qualifient de « génocide cambodgien » et qui, d'après le programme d'étude de l'université Yale aurait entraîné la mort de 1,7 million de Cambodgiens[1].
Après la chute des Khmers rouges en 1979, Khieu Samphân dirige un gouvernement rebelle qui conserve une reconnaissance internationale. À ce titre il participe à plusieurs missions diplomatiques[10].
En 1987, il organise la mise à la retraite de Pol Pot et lui succède officiellement comme chef des Khmers rouges, titre qu'il garde jusqu’à sa reddition au gouvernement cambodgien en 1998. Toujours en 1987, il confie le commandement des forces armées à Ta Mok et confirme aussi à son poste Lok Wan accusé par les organisations humanitaires d'innombrables crimes contre l'humanité. À l'automne 1988, il oblige des milliers de prisonniers à ravitailler les troupes des Khmers rouges sous le feu de l'artillerie vietnamienne, plus d'un demi-millier d'entre eux seront massacrés.[réf. nécessaire]
En juillet et août 1989, il représente le Kampuchéa démocratique lors de la Conférence internationale sur le Cambodge, organisée à Paris, et en 1991, il signe avec Son Sen les accords de Paris, mais son mouvement ne les respecte pas[11].
Il accompagne Pol Pot jusqu'à sa mort en 1998. Il vit réfugié dans la campagne cambodgienne jusqu'au 29 décembre 1998, date à laquelle il se rend en compagnie de Nuon Chea au forces gouvernementales[12].
En novembre 2007 il est arrêté en vue de son procès[13].
Son point de vue [modifier]
Khieu Samphân ne nie pas les morts et les exécutions mais il minimise ses responsabilités, affirmant qu'il n'était pas au courant et reportant la responsabilité sur Pol Pot[14].
Il continue de glorifier l'action des Khmers rouges qui ont lutté contre l'invasion vietnamienne.[réf. nécessaire]
Jugement [modifier]
Khieu Samphân résidait à Pailin, l'un des anciens bastions des Khmers rouges dans le nord-ouest du Cambodge[15].
Il a été arrêté le lundi 19 novembre 2007 et mis en examen pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, chargé de juger les crimes du régime Khmer rouge. Il est défendu, entre autres, par l'avocat français Jacques Vergès qu'il avait connu dans les années 1950 lorsque tous deux étaient étudiants à Paris[16].
Le 27 juin 2011 son procès s'ouvre à Phnom Penh, avec 3 autres dirigeants khmers rouges : Nuon Chea, Ieng Sary et Ieng Thirith[17].
Ouvrages [modifier]
- Khieu Samphân : L'économie cambodgienne et les problèmes de son industrialisation ; thèse de doctorat, 1959
- Khieu Samphân : L'histoire récente du Cambodge et mes prises de position, Editions L'Harmattan (2004) ISBN 978-2-7475-5947-8
Filmographie [modifier]
- Cambodge : face au génocide, film documentaire de David Aronowitsch et Staffan Lindberg, Suède/Norvège, 2010, 60 min (entretiens avec Khieu Samphân filmés en 2006-2007)
- L'important c'est de rester vivant, film documentaire de Roshane Saidnattar, France, 2009, 1 h 37 (Roshane Saidnattar, rescapée du massacre du peuple khmer,rencontre et interroge le chef théoricien du pouvoir Khmer rouge, Kieu Samphân)
Liens externes [modifier]
| Précédé par | Président du Kampuchea démocratique | Suivi par | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Norodom Sihanouk |
|
Heng Samrin (Président de la République Populaire du Kampuchéa) |
Notes et références [modifier]
- (en) Université Yale, « Programme d'étude des génocides », sur http://www.yale.edu. Consulté le 3 avril 2013[ ]
- (en) Khieu Samphân, « Underdevelopment in Cambodia », Indochina Chronicle, Septembre - Novembre 1976 [texte intégral (page consultée le 2 avril 2013)]
- (fr) KHIEU Samphan alias "Hem", Qui est Qui au Cambodge ?, sur http://cambodge.free.fr. Consulté le 2 avril 2013
- (fr) Marcel Lemonde et Jean Reynaud, un juge face aux khmers rouges, Seuil, 2 janvier 2013, 250 p. (ISBN 978-2021055740) [présentation en ligne], p. 90
- (fr) Khieu Samphân, L'économie du Cambodge et ses problèmes d'industrialisation, Université de Paris, 1959, 198 p.
- (fr) Marcel Lemonde et Jean Reynaud, un juge face aux khmers rouges, Seuil, 2 janvier 2013, 250 p. (ISBN 978-2021055740) [présentation en ligne], p. 63
- (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press, 2 août 1993, 414 p. (ISBN 978-0300057522) [présentation en ligne], chap. 4 (« Cambodia clouds over 1963 – 1966 »), p. 129
- (fr) Les dirigeants Khmers rouges, Biographies, sur http://www.justicepourlecambodge.org. Consulté le 2 avril 2013
- (fr) « Khmers rouges : le procès de Khieu Sampan s'est ouvert », L'Express, 23 avril 2008 [texte intégral (page consultée le 2 avril 2013)]
- (fr) Marcel Lemonde et Jean Reynaud, un juge face aux khmers rouges, Seuil, 2 janvier 2013, 250 p. (ISBN 978-2021055740) [présentation en ligne], p. 91
- (fr) Khieu Samphan, Profils, sur http://www.trial-ch.org/fr. Consulté le 3 avril 2013
- (fr) Marie Desnos, « Khmers rouges: le deuxième procès historique », Paris Match, 27 juin 2011 [texte intégral (page consultée le 3 avril 2013)]
- (fr) Stéphanie Gee, « Arrestation de Khieu Samphan », Radio France internationale, 19 novembre 2007 [texte intégral (page consultée le 3 avril 2013)]
- (fr) « Cambodge: l'ex-président khmer rouge Khieu Samphan inculpé par le tribunal spécial de l'ONU », La Dépêche du Midi, 19 novembre 2007 [texte intégral (page consultée le 3 avril 2013)]
- (fr) Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, « Khieu Samphan », biographies, sur http://www.eccc.gov.kh/fr. Consulté le 3 avril 2013
- (fr) « Jacques Vergès assurera la défense de Khieu Samphan », Le Nouvel Observateur, 27 juillet 2007 [texte intégral (page consultée le 2 avril 2013)]
- (fr) Dominique Lagarde, « Khieu Samphan, le Khmer rouge qui nie tout crime », L'Express, 27 juin 2011 [texte intégral (page consultée le 3 avril 2013)]