Khara-Khoto

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Khara Khoto
Localisation
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Coordonnées 41° 46′ 00″ N 101° 09′ 00″ E / 41.766667, 101.1541° 46′ 00″ Nord 101° 09′ 00″ Est / 41.766667, 101.15  

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Khara Khoto
Khara Khoto

Khara Khoto (mongol : Khar Khot : "ville noire"; chinois : 黑城 Hēichéng : "ville noire" ou 黑水城 Hēishuǐchéng : "ville de l'eau noire") est une ville médiévale tangoute en Mongolie-Intérieure de la ligue d'Alxa près de l'ancien lac Juyan. Elle disparut à la fin du XIVe siècle à la suite de la prise de la ville par les Chinois. C'était une citadelle réputée imprenable de par ses murs de 10 mètres de haut.

Géographie & histoire[modifier | modifier le code]

En plein désert de Gobi, la vie a été possible grâce à l'eau de la "Rivière Noire" (qui a donné son nom à la ville) qui coule depuis l'Himalaya. La fonte des neiges à chaque printemps permettait d'abreuver de nombreuses oasis au fil des cours d'eau. Les peuplades nomades du désert, pour la plupart turco-mongols ont ainsi pu se fixer à ces oasis pour cultiver la terre et élever des bêtes. Des canaux d'irrigation ont permis l'établissement d'un nombre toujours plus grand de populations. Située sur la route de la soie, la ville était une riche place commerçante aux portes de la Chine impériale. Peuplée au début de peuplades sino-mongoles, la ville a été prise d'assaut par les Mongols de Gengis Khan au XIIIe siècle. La ville n'a pas été rasé, mais les Mongols s'y sont installés et y ont profité des richesses du commerce par la suite. Ils ont agrandi la ville et les remparts. C'est l'âge d'or de Khara-Koto. Marco Polo la cite dans son Devisement du monde sous le nom d'Eçina[1].

Vue extérieure de Khara-khoto sur la partie nord-ouest de la muraille

Mais alors que la ville est opulente et fortifiée à son paroxysme, un nouvel ennemi se pointe à l'horizon : les Chinois désireux de se débarrasser du voisinage hostile des Mongols décident de réduire la place-forte et de raser la ville ! Dans un premier temps les remparts empêchent toute victoire chinoise. Mais le général chinois comprend vite que la ville sans ses canaux d'irrigation ne peut pas résister à un siège. Son armée remplit le canal principal d'une digue de sable (visible encore aujourd'hui) de plus de 20 mètres de haut. La cité meurt de soif et de maladies diverses... les Chinois prennent facilement la place et la ville ne sera plus jamais réoccupée.

Bien que les Chinois aient détruit la ville, on peut se demander comment un site si exceptionnel a pu rester vide... Les géologues l'expliquent par un âge de glaciation qui intervint à la fin du XIVe siècle : la fonte des glaces de l'Himalaya était "gelée", l'eau ne coulant plus aussi abondamment qu'avant... de plus, il semble que les oasis en amont de Khara-Khoto (entre la ville et l'Himalaya) aient connu une hausse de leur population, incluant une hausse des prélèvements en eau... Peu à peu, l'eau ne circula plus dans l'oasis de Khara-Khoto et bientôt ce fut le lac de Juyan (à 20 km de la ville) qui s'assécha à son tour.

Aujourd'hui le sable est partout et seuls les vestiges des canaux et des remparts (avec leurs tours magnifiques) rappellent que ce lieu fut le siège d'une cité splendide et opulente.

Reportages[modifier | modifier le code]

  • "Aux frontières de la Chine : Khara Khoto : citadelle des sables", de Serge Tignères, 54 minutes, fait en 2010.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Pelliot, Notes on Marco Polo, vol. II, pp. 637-638