Keystone Pipeline

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Le tracé en 2014 et le doublement prévu (dit phase IV, tracé en vert).
Camion transportant des longueurs de pipeline de 36 pouces de diamètre servant à la construction du tronçon de la phase II (extension Keystone-Cushing) au sud-est de Peabody au Kansas, États-Unis. Photo prise le 10 juillet 2010.

Le Keystone Pipeline est un oléoduc de TransCanada long de 3 461 km entre le Canada et les États-Unis. Partant de la région des sables bitumineux de l'Athabasca, dans le Nord-Est de la province canadienne de l'Alberta, il dessert plusieurs destinations aux États-Unis, dont des raffineries du sud de l'Illinois (Wood River et Patoka) et de Cushing en Oklahoma. Une branche rejoint la côte texane du golfe du Mexique[1]. L'oléoduc transporte des hydrocarbures synthétiques et du bitume dilué depuis les sables bitumineux de l'Alberta mais également du pétrole brut du bassin de Willinston (en) du Montana et du Dakota du Nord[1].

Trois phases de ce pipeline sont opérationnelles en 2014 et une quatrième, contestée, est en projet et attend l'accord du président américain. La phase I, un pipeline courant de Hardisty dans l'Alberta vers Steele City (en) (Nebraska), Wood River et Patoka (Illinois), fut achevé à l'été 2010. La phase II, l'extension Keystone-Cushing, fut achevée en février 2011 avec un pipeline de Steele City vers les installations de stockage et de distribution de Cushing dans l'Oklahoma. L'ensemble a une capacité de 590 000 barils par jour (94 000 m3/j) vers les raffineries américaines du Midwest. La phase III, l'extension vers le golfe du Mexique, a été ouverte en janvier 2014 et a une capacité de 700 000 barils par jour (110 000 m3/j).

En 2008, la phase IV, un doublement d'une partie du pipeline sur environ 1 900 km, est projeté. Connu sous le nom de Keystone XL, ce doublement, sur un tracé différent et plus direct, relierait Hardisty dans l'Alberta à Steele City[2] dans le Nebraska. Ce projet est soutenu, aux États-Unis, par le Parti républicain, tandis que les associations environnementales canadiennes et américaines s'y opposent vivement.

Historique du Keystone Pipeline[modifier | modifier le code]

L'oléoduc Keystone Pipeline est proposé en février 2005[3]. Après deux ans de construction, il est opérationnel en juin 2010[4] et mesure 3 461 km de long[5].

Historique du projet Keystone XL[modifier | modifier le code]

Extension du Keystone Pipeline[modifier | modifier le code]

Manifestation contre le projet Keystone devant le Ronald Reagan Building le 7 octobre 2011

Une extension du Keystone Pipeline est proposée en 2008 par la firme TransCanada et vise à transporter des hydrocarbures synthétiques et du bitume dilué depuis la région des sables bitumineux de l'Athabasca, dans le Nord-Est de l'Alberta, au Canada, vers plusieurs destinations aux États-Unis, dont des raffineries en Illinois et à Cushing en Oklahoma[6], en réduisant ce trajet de moitié par rapport à celui du Keystone Pipeline[7].

L'extension Keystone-Cushing correspond à la phase II du projet initial, tandis que les phases III et IV constituent Keystone XL, d'une longueur d'environ 1 900 km. Elles sont proposées par l'exploitant dans le but de transporter du pétrole d'origine canadienne vers Baker au Montana et Cushing en Oklahoma[6],[8]. Ces « rallonges » auraient une capacité de transport de 830 000 barils par jour, qui s'ajoutent à la capacité existante de 590 000 b/j[9],[7]. Le coût du projet, extensions comprises, est évalué à 7 milliards de dollars[10],[11].

Enjeux environnementaux et climatiques[modifier | modifier le code]

Le président Obama a dit qu'il approuverait le pipeline que s’il "n'aggrave pas de manière significative le problème de la pollution de carbone".

Selon une étude publiée mi-2014 dans la revue Nature (Nature Climate Change), le projet d'oléoduc Keystone XL « pourrait augmenter de manière significative les émissions de gaz à effet de serre » et selon le modèle économique de cette analyse, cet apport d’hydrocarbures devrait diminuer les prix, encourager la consommation, mais aussi générer « l'équivalent de 110 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an », soit 1,7% du total des émissions de GES des États-Unis en 2012, premier producteur au monde (selon l'Agence américaine de protection de l'environnement) et « chaque baril de pétrole supplémentaire produit à partir de Keystone XL augmentera la consommation globale de 0,6 barils ». Cette nouvelle estimation dépasse (de presque 4 fois) celle précédemment faite par le Département d'État américain qui a conclu que Keystone XL augmenterait les émissions de « seulement » 1,3 millions de tonnes à 27,4 millions de tonnes de CO2 par an[12]. Les auteurs de cette étude reconnaissent qu’on ne peut prédire le comportement des pétroliers, mais plaident pour que les choix soient basés sur une analyse du cout global du projet[12].
Erickson et Michael Lazare son co-auteurs de cette étude expliquent cette différente par le fait que le modèle économique du département d'Etat n'a pas eu à tenir compte de l'effet du pipeline sur les prix mondiaux du pétrole, et donc sur la relance de la consommation[12]. Il n’avait en outre pas révélé les détails de son modèle, en particulier les variables prises en compte pour l'analyse du gouvernement. Un porte-parole du département d'Etat a refusé de commenter l’article de Nature Climate Change[12].

A l'Université de Californie, David Victor, spécialiste des politiques climatiques estime que même si le pipe-line ne se fait pas, les pétroliers exploiteront le pétrole des sables bitumineux du Canada en le transportant par chemin de fer, à un prix un peu plus cher que par pipeline[12]. Leur profit n’en sera que légèrement réduit (mais un prix plus élevé pourrait encourager les économies d’énergie et faire durer le gisement plus longtemps)[12]. Maximilien Auffhammer, économiste de l'environnement à l'Université de Californie, estime que l’intérêt bien compris des pétroliers pourrait être de limiter leur production pour rendre le pétrole rare et augmenter son prix, ce qui pourrait « en principe, réduire la consommation et les émissions »[12].

Ken Caldeira, scientifique spécialistes de l’atmosphère à la « Carnegie Institution for Science » de Stanford (Californie) critique le projet Keystone XL « pas tant pour l'augmentation des émissions causées par Keystone XL, mais parce que Keystone XL fait partie d'une tendance comportementale plus générale »[12]. Selon lui annuler ce projet permettrait de « donner au marché le signal que des projets polluants de ce type ne seront plus approuvés »[12].

Contestation[modifier | modifier le code]

Mais l'expansion de l'oléduc est fortement contestée, tant par des groupes environnementaux canadiens qu'américains. Au nom de l'intérêt national, le Département d'État des États-Unis a repoussé en 2013 son approbation pour prolonger l'oléduc[13]. Selon Michael Geist, l'approbation de ce ministère américain dépend fortement de la mise en vigueur d'une loi canadienne sur le copyright[14].

Le 6 novembre 2011, 12 000 manifestants se rendent à la Maison-Blanche pour protester contre le projet de pipeline. Le 10 novembre 2011, le Département d'État des États-Unis ordonne une révision immédiate de l’itinéraire de Keystone XL afin que celui-ci évite la zone sensible de Sandhills (Nebraska) dans le Nebraska, une zone humide fragile qui pourrait être menacée par un déversement de pétrole[15].

En janvier 2012, Barack Obama signe le rejet du projet Keystone XL, en raison du calendrier arbitraire et précipité imposé par les républicains du congrès. Le 27 février 2012, la société Keystone annonce la scission du projet en deux parties, une partie du pipeline devant être construite uniquement sur le territoire des États-Unis pour réduire la complexité des démarches administratives[16].

Le 17 février 2013, entre 30 000 et 35 000 personnes (selon les organisateurs) se rassemblent au National Mall à l'appel du Sierra Club notamment, principalement pour manifester contre le projet de pipeline. Ce après que le gouverneur du Nebraska Dave Heineman accepte fin janvier un nouveau tracé pour le pipeline et alors que Barack Obama s'est engagé quelques jours auparavant à lutter contre le réchauffement climatique[17],[18],[19],[20].

Le Parti républicain appuie fortement le projet et tente même, le 22 mai 2013, de forcer la main au président Obama[11].

En août 2013, un rapport de l'agence responsable des parcs aux États-Unis émet des craintes quant à l'impact négatif de ce pipeline sur la vie sauvage en raison des bruits et de la lumière qu'il engendrerait[21]. En revanche, le rapport final du département d’État américain, déposé le 31 janvier 2014, conclut que ce pipeline « n’augmenterait pas de façon importante la production de pétrole des sables bitumineux au Canada »[22].

Lors du sommet de Mexico, le 19 février 2014, le premier ministre du Canada Stephen Harper invoque ce rapport auprès du président Obama pour tenter de le convaincre d'accélérer le processus de décision au sujet du pipeline, mais sans succès[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Keystone Pipeline » (voir la liste des auteurs)

  1. a et b Modèle:Cite report
  2. « :Keystone XL Pipeline: About the project », TransCanada
  3. (en) « TransCanada Proposes Keystone Oil Pipeline Project », sur transcanada.com,‎ 9 février 2005 (consulté le 4 février 2014)
  4. (en) Ken Newton, « Oil Flows Through Keystone », sur downstreamtoday.com,‎ 9 juin 2010 (consulté le 4 février 2014)
  5. (en) « Keystone Pipeline System », sur prod-http-80-800498448.us-east-1.elb.amazonaws.com,‎ février 2011 (consulté le 4 février 2014)
  6. a et b [PDF] (en) TransCanada, Keystone Pipeline System, TransCanada,‎ février 2011 (lire en ligne)
  7. a et b Audrey Garric, « Cinq questions sur Keystone XL, l'oléoduc qui embarrasse Obama », sur lemonde.fr,‎ 4 février 2014 (consulté le 4 février 2014)
  8. [PDF] {{Lien web[url=http://keystone-xl.com/wp-content/uploads/2012/11/Keystone_Pipeline_System_2013-02-20.pdf%7Ctitre=Carte du Keystone Pipeline et de Keystone XL|site=keystone-xl.com|consulté le=4 février 2013}}
  9. (en) Gulf Coast Pipeline Project, TransCanada
  10. (en) TransCanada Corp., « TransCanada, ConocoPhillips To Expand Keystone To Gulf Coast », sur downstreamtoday.com,‎ 16 juillet 2008 (consulté le 4 février 2014)
  11. a et b « Keystone XL : la mesure du Congrès sera rejetée, dit l'administration », Radio-Canada.ca,‎ 23 mai 2013 (lire en ligne)
  12. a, b, c, d, e, f, g, h et i Russo G (2014) Pipeline emissions up to four times worse than predicted Analysis suggests Keystone XL's greenhouse-gas emissions have been underestimated by US government ; Nature News 10 aout 2014
  13. La Presse canadienne, « TransCanada pourrait construire un premier tronçon du pipeline Keystone XL dès l'an prochain », Le Devoir,‎ 17 novembre 2011 (lire en ligne)
  14. (en) Michael Geist, « Keystone XL and the Future of Bill C-11 », Michael Geist's Blog,‎ 14 novembre 2011 (lire en ligne) : « the pipeline approval was linked to copyright reform (as in, there is no chance of a change to the digital lock rules since it is part of the price for pipeline approval »
  15. http://www.greenetvert.fr/2011/11/24/le-projet-keystone-xl-reporte-apres-les-elections-presidentielles/39395
  16. Agence France-Presse, « Keystone XL - Le projet d'oléoduc scindé en deux pour lancer les travaux rapidement », Le Devoir,‎ 28 février 2012 (lire en ligne)
  17. (en) « Thousands at climate rally in Washington call on Obama to reject Keystone pipeline », sur reuters.com,‎ 17 février 2013
  18. « Des milliers d'Américains manifestent contre Keystone XL », sur radio-canada.ca,‎ 17 février 2013
  19. « Obama appelle le Congrès à agir sur l'économie et le climat », sur lemonde.fr,‎ 13 février 2013
  20. Sylvain Cypel, « L'oléoduc Keystone XL, premier test du mandat sur le front de l'environnement », sur lemonde.fr,‎ 18 février 2013
  21. (en) The Globe and Mail, 16 août 2013, Keystone faces wilderness noise complaint
  22. Le pipeline Keystone XL reçoit le sceau du département d’État américain,Le Devoir, 1er février 2014
  23. (en) Obama unswayed on Keystone as Harper rebuffed in Mexico, The Globe and Mail, 19 février 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]