John Maynard Keynes
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| John Maynard Keynes (à droite) avec le peintre Duncan Grant | |
| Naissance | 5 juin 1883 Cambridge en Angleterre (Royaume-Uni) |
|---|---|
| Décès | 21 avril 1946 Firle dans le Sussex (Royaume-Uni) |
| Nationalité | britannique |
| Champs | Économie |
| Institution | King's College |
| Diplômé | Eton College, King's College |
| Célèbre pour | son ouvrage la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie |
| Distinctions | fait membre en 1942 de la chambre des Lords avec le titre de Baron Keynes de Tilton. |
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John Maynard Keynes (5 juin 1883 - 21 avril 1946), est un économiste britannique de notoriété mondiale pour lequel les marchés ne s'équilibrent pas automatiquement ce qui justifie le recours à des politiques économiques conjoncturelles. Le keynésianisme, la nouvelle économie keynésienne, le néo-keynésianisme ou le post-keynésianisme plus interventionniste sont des concepts et des courants de pensée issus de l'oeuvre de Keynes.
Considéré comme l'un des plus importants théoriciens de l'économie du XXe siècle[1], Keynes, en tant que conseiller officiel ou officieux de nombreux hommes politiques, fut l'un des acteurs principaux des accords de Bretton Woods.
Il a aussi été un auteur à succès avec l'écriture d'un livre sur le traité de Versailles intitulé Les Conséquences économiques de la paix publié en 1919 et la rédaction d'articles pour les journaux.
Sa première somme théorique fut le Traité sur la monnaie, mais son œuvre majeure est sans conteste la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936) , qui permit de combler un manque en fournissant notamment aux nouveaux libéraux anglais une théorie économique adaptée, apte à remettre en cause la loi de Say, à souligner les limites du laissez-faire depuis la fin XIXe siècle, et à dégager les outils conceptuels nécessaires à la mise en place de politiques économiques alternatives. Ses travaux ont ainsi été utilisés après la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de la mise en place de l'État-providence. Selon Kenneth R. Hoover[2], Keynes[N 1] aurait eu à son époque une position « centriste » entre d'une part Friedrich Hayek et d'autre part Harold Laski, un des inspirateurs de l'aile gauche du parti travailliste.
La pensée de Keynes, notamment le courant keynésien dit de la synthèse néoclassique longtemps dominant aux États-Unis[3], a perdu une large part de son influence à partir du début des années 1980 avec la montée en puissance du monétarisme et de la nouvelle économie classique. Cependant, la crise économique de 2008-2009 a semblé marquer un regain d'intérêt pour la pensée de Keynes tant dans la version plutôt sociale libérale de la nouvelle économie keynésienne que dans des versions plus hétérodoxes, telles que le post-keynésianisme ou, en France, l'économie des conventions.
[modifier] Biographie : les éléments notables
John Maynard Keynes est né dans une famille d'universitaires appartenant à la bourgeoisie victorienne[N 2]. Son père, John Neville Keynes, maître de conférences à l'Université de Cambridge où il enseignait la logique et l'économie politique, est l'auteur d'un ouvrage classique de méthodologie économique : The Scope and Method of Political Economy paru en 1890. Très tôt le père est fasciné par son fils comme en témoigne le journal qu'il tenait[4]. La mère de John Maynard, Florence Ada Brown était un auteur à succès et une pionnière des réformes sociales. Elle fait également de la politique et est élue maire de Cambridge en 1932. Outre John, le couple Keynes eut un autre fils, le futur Sir Geoffrey Keynes (1887–1982), chirurgien et bibliophile, et une fille, Margaret.
[modifier] Formation et carrière
À sept ans, John Maynard Keynes entre à l'école primaire de St Faith's (Preparatory School) où il fait preuve d'un certain talent en mathématiques[5]. Un an plus tard, il intégre le collège d'Eton. Brillant élève, il obtient de nombreux prix (10 en première année, 18 en seconde année, 11 en troisième année). Il se montre particulièrement doué en mathématiques où il obtient tous les premiers prix[6]. En 1902, il entre au King's College de Cambridge. En 1903, il devient membre de la société des Cambridge Apostles grâce à Lytton Strachey et Leonard Woolf ; le club se consacre à « la poursuite de la vérité avec une absolue dévotion et sans réserve, par un groupe d'amis intimes[7] ». Ces trois personnages sont également les cofondateurs du groupe de Bloomsbury. Il y rencontre Henry Sidgwick, Bertrand Russell, Lowes Dickinson et George Edward Moore, dont le livre Principia Ethica exerce sur Keynes une influence durable[8]. Diplômé en mathématiques de Cambridge en 1905, il se prépare ensuite[9] au concours de la haute fonction publique anglaise. C'est à Cambridge qu'il fait la connaissance des meilleurs économistes de son époque : Francis Ysidro Edgeworth, puis plus tard Joan Robinson, Piero Sraffa, Richard Kahn, James Meade ou encore Bertil Ohlin.
En 1907, il commence une carrière au service de l'État britannique, mais arrivé second au concours[10] il ne peut intégrer le Trésor. Il est affecté à l' Indian Office (ministère de l'Inde). Au bout de deux ans, il commence à s'ennuyer[11] et début 1908, il postule sans succès à un prize fellowship (bourse d'étude) pour le King's College de Cambridge et entreprend des études d'économie sous la direction d'Alfred Marshall. Quand Arthur Cecil Pigou est élu à la chaire d’Alfred Marshall, le bureau d'économie et de politique, présidé par John Neville Keynes, crée deux postes de maître de conférences dont l’un est attribué à John Maynard Keynes[12]. En 1908, il commence à travailler sur le Treatise on Probability (Traité sur la probabilité) et en 1913, il publie son premier livre d'économie, l' Indian Currency and Finance le meilleur ouvrage anglais sur l’étalon de change-or, selon Schumpeter ; le succès de l’ouvrage lui vaut la réputation de maîtriser aussi bien les problèmes techniques que politiques et humains[13]. Grâce à ce livre, il est nommé membre de la Royal Commission on Indian and Currency (1913-1914)[14].
Peu de temps après le début de la Première Guerre mondiale, il quitte Cambridge pour intégrer le Trésor. À cette époque, il est proche d'Herbert Henry Asquith, alors premier ministre libéral[N 3] (1908-1916). Keynes demeure très lié à cette famille politique toute sa vie durant. Au trésor, il connaît une rapide promotion et devient en 1919 le principal représentant de ce ministère aux négociations de paix à Versailles. Il donne sa démission suite à son désaccord sur le traité de Versailles. Il revient alors à Cambridge et se tourne vers le journalisme (collaborant notamment au Manchester Guardian[15]) et la finance[16] où il connait de grands succès mais aussi des revers sérieux[17]. Au début des années vingt le succès financier de son livre Les conséquences économiques de la paix l'aide à compenser des placements malheureux. Parallèlement, il est, de 1911 à 1937, un collaborateur important de l'Economic Journal[18], une revue économique prestigieuse.
Keynes désire que son pays adopte l’équivalent du National Bureau Of Economic Research fondé en 1920 par Wesley Clair Mitchell aux États-Unis. A cette fin, il crée avec Herbert Henderson et William Beveridge de la London School of Economics, le London and Cambridge Economic Service[19]. En 1938, il devient membre du conseil d’administration et gouverneur du nouveau National Institute on Social Resarch. Sa vie durant, Keynes fait partie de groupes d'experts chargés d'analyser les problèmes économiques du moment, comme conseiller du parti libéral et plus fréquemment du gouvernement. En 1941, il succède à Lord Stamp décédé lors d'un bombardement, comme membre du conseil des directeurs de la Banque d'Angleterre[20].
Keynes meurt le 21 avril 1946 d'un infarctus, ses problèmes cardiaques s'étant aggravés suite à la charge de travail occasionnée par sa participation aux accords de Bretton Woods et son implication dans les problèmes financiers internationaux de l'après-guerre. Il ne laisse pas de descendance.
[modifier] Keynes, l'art et le groupe de Bloomsbury
La vie de Keynes sera toujours double : d’un côté l’homme privé, esthète, lié au groupe de Bloomsbury et de l’autre l’homme public, économiste et conseiller politique[21]. Certains de ses amis, tel Walter Lippmann, ne sauront jamais concilier cette ambiguïté ou préféreront s'en tenir à l’homme public[22]. Le groupe de Bloomsbury compte notamment le peintre Duncan Grant[23], Lytton Strachey, E. M. Forster et Virginia Woolf. Malgré son homosexualité affichée, Keynes épouse en 1925 la ballerine russe Lydia Lopokova (danseuse étoile de la compagnie des Ballets russes de Serge Diaghilev). Toute sa vie, Keynes manifeste un grand intérêt pour l'Opéra (Covent Garden) et la Danse qu'il aide financièrement. Durant la guerre, il est membre du Comité pour la promotion de la musique et des arts (CEMA).
L'intervention de Keynes sera importante en matière de politique publique en faveur des arts et de la culture. Lui et les membres du groupe de Bloomsbury initieront des structures coopératives ou associatives (Hogarth Press, The London Artists' Association) destinées à donner un cadre stable à des artistes prêts à se plier à des règles minimales, qui ne toucheront pas à leur liberté de création, en échange de revenus plus réguliers. Dans le secteur privé, une de leurs réalisations majeure fut la Contemporary Art Society, fonctionnant comme une autorité de certification d'artistes contemporains afin d'éduquer le goût du public et de rassurer les acheteurs potientiels sur la qualité de leurs achats[24]. Ce rôle fut repris, et considérablement étendu, avec la fondation après la Seconde guerre mondiale du British Arts Council, dont Keynes fut l'un des premiers directeurs.
Keynes est un grand collectionneur de livres et partage cette passion avec Friedrich Hayek, philosophe et économiste libéral classique avec lequel il entretient une certaine amitié bien qu'ils soient en profond désaccord en matière d'économie. Il réunit ainsi dans sa collection de nombreux manuscrits d'Isaac Newton sur l'alchimie[25] et les notes de John Conduitt. Une des dernières publications de Keynes est Newton, l'Homme (Newton, The Man) parue pour le tricentenaire de la naissance du physicien (1942).
[modifier] Keynes et la politique
Selon Gilles Dostaler, Keynes pense que « les grands hommes d'Etat ont pour tâche, entre autres, de prévenir les révolutions[26] » et il considère que « les caractéristiques psychologiques des individus qui sont en position d'agir sur les évènements ont [...] une grande importance dans l'histoire ». Lui-même ne sera jamais un politique et décline le poste de député de l'Université de Cambridge (à l'époque cette université élit un député au Parlement). Malgré tout il reste extrêmement actif en tant que conseiller — pas assez écouté à son gré — et comme auteur tant d'articles de journaux que d'articles plus scientifiques.
Sur le plan des idées politiques, Keynes[27] subit l'influence d'Edmund Burke et des nouveaux libéraux, notamment de Leonard Trelawny Hobhouse qu'il ne cite pourtant jamais. Concernant le premier, il a écrit en 1904, un manuscrit inédit intitulé The Political Doctrine of Edmund Burke[28]. Selon Dostaler, Keynes en décrivant Burke semble se dépeindre : il trouve qu'il est plein de contradictions « simultanément conservateur et libéral, libre-échangiste et impérialiste, apôtre de la Révolution anglaise et adversaire de la Révolution française[29] ». Par ailleurs, il lui trouve un certain égotisme pas déplaisant chez les grands hommes. Deux traits de la pensée d'Edmund Burke provoquent son adhésion : d'une part comme lui, il pense qu'il est dangereux de sacrifier un bien présent pour un bien futur tant le futur est incertain ; d'autre part il considère que « le titre de gloire de Burke dans le domaine de la politique est la doctrine de l'"expediency" »[30]. Toutefois contre Burke, il est pour une intervention du gouvernement et de la loi dans l'économie et il est très critique envers les inégalités[31].
Malgré tout, pour Dostaler, il existe chez Keynes une certaine pente technocratique et élitiste. « Pour Keynes en effet, à l'image de la société, un parti doit être dirigé par une élite éclairée plus précisément par l'union d'un leadership fort et de conseillers d'élite ». Cette pente aristocratique irritera Harry Dexter White à Bretton Woods, tout comme le premier ministre travailliste Ramsay MacDonald se sent vexé lorsqu'à la sortie d'une réunion il lui déclare « qu'il se considére comme le seul véritable socialiste présent ! ». A rebours, elle a facilité ses contacts avec Winston Churchill durant la seconde guerre mondiale.
[modifier] Keynes : un homme aux prises avec les problèmes de son temps
La période qui s'étend de l'entre-deux-guerres à Bretton Woods est le théâtre de profonds bouleversements tant politiques qu'économiques. La grande guerre a mis à mal le système monétaire international et entrainé des dévaluations massives des monnaies européennes. Les troubles monétaires sévères sont fréquents avec des épisodes d'hyperinflation en Russie au moment de la révolution puis en Autriche et en Allemagne.
Sur le plan international et monétaire, le Royaume-Uni, qui avait été au XIXe siècle la puissance dominante, voit ce rôle décliner au profit des États-Unis qui hésitent dans un premier temps à assumer un rôle international de premier plan. Toutefois, le dollar américain prend rang comme égal de la livre sterling dans le système d'étalon de change or (gold exchange standard) mis en place lors de la conférence de Gênes au début des années 1920.
La crise de 1929 est exceptionnellement dure et impose un changement des mentalités.
Sur le plan politique, la première moitié du XXe siècle voit la mise en œuvre de nouvelles doctrines politico-économiques : communisme en URSS, fascisme en Italie et en Allemagne ; même dans le monde libéral, l'Etat accentue partout ses interventions économiques et législatives dans un but social, ainsi le New Deal aux États-Unis et les réformes du front populaire en France.
À travers les écrits de Keynes, acteur influent du débat politique et économique, il est possible de cerner les questions qui se posent alors et de mieux comprendre le contexte dans lequel émerge son œuvre majeure, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie[N 4].
[modifier] Les Conséquences économiques de la paix
En 1919, Keynes participe à la conférence de la Paix de Paris en tant que délégué du Trésor britannique. Il se fait l’avocat d’un traité de paix aux conditions généreuses mais il n'est pas écouté et démissionne trois jours avant la signature du traité[N 5].
La même année, il publie Les Conséquences économiques de la paix qui devient vite un best-seller international avec 200 000 exemplaires vendus[32]. Schumpeter le résume en ces termes : « le capitalisme du laissez-faire, cet épisode extraordinaire, a rendu l’âme en 1914[33]. »
Dans Les conséquences économiques, Keynes compare le Traité de Versailles à une « paix carthaginoise », par référence à la rigueur du traité de paix qui a mis un terme à la Deuxième Guerre punique. Il critique à la fois les clauses du traité, qu'il estime irréalistes, l'impasse faite sur la dimension économique du problème et le comportement des principaux acteurs de cette conférence :
« Paris était un cauchemar et tout le monde y était mal à l'aise. Le sentiment d'une catastrophe imminente dominant la frivolité du spectacle, — la vanité et la petitesse de l'homme en face des grands événements, qui s'opposent à lui, — le sens confus et l'inexistence des décisions, — la légèreté, l'aveuglement, l'arrogance, les cris confus de l'extérieur, — tous les éléments de l'ancienne tragédie y étaient. En vérité, celui qui était assis au milieu des ornements théâtraux des salons officiels français pouvait se demander si les figures extraordinaires de Wilson et de Clemenceau, avec leur aspect et leurs signes distinctifs si marqués, étaient en réalité des visages véritables et non les masques tragico-comiques de quelque drame ou de quelque guignol », J. M. Keynes, Les Conséquences économiques de la paix, Introduction.
Keynes dresse des portraits au vitriol de certains des acteurs du traité, notamment du président Woodrow Wilson. Il dénonce le poids des réparations « exorbitantes » auxquelles va faire face l'Allemagne et prédit la ruine de l'économie allemande[N 6].
En France, le livre est immédiatement critiqué, notamment par Jacques Bainville (Les Conséquences politiques de la paix)[N 7] dès 1920, et ses détracteurs ne désarment pas puisqu'en 1946 Étienne Mantoux fait encore paraître une critique de l’ouvrage.
Son livre joue un certain rôle dans le refus américain de ratifier le traité et de participer à la Société des Nations notamment à travers les extraits que Walter Lippmann[34] en fait paraître dans le New Republic. Plus tard Lippmann regrettera son rôle dans cette affaire.
Quoi qu'il en soit, le succès du livre établit rapidement la réputation de Keynes et lui vaut une grande célébrité en Europe et aux États-Unis[35]. Par contre, ce livre fut mal perçu en France car il se prononçait contre les réparations ce qui fit que pour Charles Kindleberger[N 8] les économistes français ne s'intéressèrent vraiment à son œuvre qu'à partir de la seconde guerre mondiale.
[modifier] Le Keynes de La fin du laissez-faire et de Suis-je un libéral ?
Au milieu des années 1920, le Parti libéral anglais, qui, avec le Parti tory, constitue l'une des deux grandes forces politiques ayant dominé la vie politique anglaise durant la seconde partie du XIXe siècle, est sur le déclin et sur le point d'être dépassé par le Parti travailliste. Keynes, alors membre du Parti libéral, ne se sent réellement de sympathie ni pour l'aile dure du Parti conservateur ni pour la frange la plus radicale du Parti travailliste dont il craint qu'elles ne soient en passe de dominer la scène politique britannique[36]. Il s'interroge dans deux articles sur ce que pourrait être un libéralisme adapté à l'époque.
Dans La fin du laissez-faire, issu d'une communication prononcée le 6 novembre 1924 à la conférence annuelle de la Sidney Ball Foundation à Oxford, puis à l'université de Berlin en juin 1926, il affirme : « une page de l'histoire anglaise et occidentale a été irrémédiablement tournée au seuil du XXe siècle ; celle qui avait consacré un consensus autour du laissez-faire comme unique moyen d'accéder à la prospérité[37] ». S'interrogeant sur les raisons de l'« autorité du laissez-faire » au XIXe siècle, il émet plusieurs hypothèses :
- l'influence de l'école de Manchester et « les histoires éducatives de Miss Martineau et Mrs Marcet qui impriment dans les mentalités populaires l'idée que le laissez-faire est la conclusion pratique de l'économie orthodoxe ». Sur ce point il estime que « l'expression la plus outrée et la plus dithyrambique de la religion de l'économie » se trouve dans le livre de Frédéric Bastiat[38], Les Harmonies économiques ;
- le parallélisme étroit entre le laissez-faire et le darwinisme qu'Herbert Spencer est le premier auteur connu à observer[39] ;
- les insuffisances scientifiques du protectionnisme d'une part et du socialisme marxiste d'autre part[40].
Au niveau des solutions, Keynes propose certaines pistes. Pour les grandes entreprises d'utilité publique, il préfère des entités autonomes (telles que les grandes universités) ou semi-autonomes à des organismes placés sous la responsabilité directe des ministères d'État[41]. S'il est contre le socialisme d'État qui pour lui découle des théories de Jeremy Bentham[42], il assigne quand même quatre nouvelles responsabilités[43] aux pouvoirs publics : le « contrôle délibéré de la monnaie et du crédit », la « collecte de données relatives à l'état des affaires et leur diffusion à grande échelle », la détermination du niveau de l'épargne et de l'investissement et une « politique réfléchie touchant la taille de la population ».
À la Liberal Summer School qui se tient à Cambridge en août 1925, Keynes prononce un discours intitulé Suis-je un libéral ?, publié dans The Nation et l’ Atheneum les 8 et 15 août 1925. Dans cette communication il déclare : « il n'y a pas place, sinon à l'aile gauche du Parti Conservateur, pour ceux qui sont attachés avec ferveur à l'individualisme à l'ancienne et au laissez-faire dans toute leur rigueur bien qu'ils aient grandement contribué au succès du XIXe siècle »[44]. Il pense qu'à l'avenir, le gouvernement devrait assumer de nombreuses tâches qu'il conviendrait de décentraliser et de déléguer à des sociétés et à des organes administratifs semi-indépendants auxquels seraient confiées les responsabilités gouvernementales, anciennes et nouvelles - sans pour autant porter atteinte au principe démocratique ou à la souveraineté qui restait en dernier ressort au Parlement[45].
Keynes suit John Rogers Commons qui distingue trois ordres économiques successifs : l'ère de la rareté, celle de l'abondance (dont il situe l'apogée au XIXe siècle) et enfin l'ère de la stabilisation dans laquelle les deux hommes pensent entrer[46]. Cette troisième période est marquée par une diminution de la liberté individuelle liée surtout à la montée en puissance des grandes entreprises et des cartels, des corporations et des syndicats. Dans ces circonstances, pour lui, la véritable mission du nouveau libéralisme est d'arriver à « contrôler et à diriger les forces économiques dans l'intérêt de la justice et de la stabilité sociale[47] », aussi en appelle-t-il à la définition d'« une politique nouvelle et d’instruments nouveaux pour adapter et contrôler le jeu des forces économiques, de façon que celles-ci ne heurtent pas brutalement ce qu'on regarde aujourd'hui comme normal en matière de stabilité et de justice sociale[48] ».
[modifier] Les conséquences économiques de M. Churchill
Membre du Parti libéral depuis 1912, Keynes écrit de nombreux articles pour la presse proche de ce parti, principalement pour le Manchester Guardian, journal pour lequel il couvre la conférence monétaire internationale de Gênes en 1922. À partir des articles qu'il rédige à cette occasion, il compose son Tract on Monetary Reform (Essai sur la réforme monétaire) (1923), où il critique la théorie monétaire classique et se prononce contre le retour de la Grande-Bretagne au système de l'étalon-or.
Aux élections de 1923, le Parti libéral est battu, et un gouvernement travailliste, dirigé par Ramsay MacDonald, lui succède. Le nouveau chancelier de l'Échiquier, Snowdon, est favorable au retour à l'étalon-or[49]. Ce cabinet ne reste que sept mois au pouvoir avant d’être remplacé par un gouvernement conservateur dirigé par Stanley Baldwin avec Winston Churchill comme chancelier de l'Échiquier. Lorsque ce dernier[N 9]annonce le retour à l'étalon-or à la parité d'avant-guerre, Keynes écrit Les Conséquences économiques de M. Churchill (1925) où il prédit que cette parité sera impossible à maintenir et propose pour résorber le chômage une politique de grands travaux, quitte à aller vers un déficit budgétaire. La politique de Winston Churchill déclenche une grève dure des mineurs auxquels on veut imposer une baisse des salaires en contre-partie de la réévaluation de la livre sterling. Le gouvernement de Stanley Baldwin vient à bout de cette grève après huit jours, mais cela provoque une très forte tension à l'intérieur du Parti libéral entre Herbert Henry Asquith, favorable à la ligne de Stanley Baldwin, et Lloyd George, favorable à une position plus conciliante. Ces dissensions encouragent Keynes à s'éloigner d'Herbert Henry Asquith et à se rapprocher de Lloyd George[50]. En 1927, Keynes participe à la rédaction du « Livre jaune » du Parti libéral, intitulé Britain's Industrial Future. En 1928, il rédige avec Hubert Henderson une brochure intitulée Can Lloyd George Do It (Est-ce que LLoyd George a des chances de réussir ?) pour soutenir les mesures prévues dans le document du parti libéral, We can Conquer Unemployment (Nous pouvons vaincre le chômage)[51]. Finalement, le Parti libéral perd les élections et c'est le travailliste Ramsay MacDonald qui revient au pouvoir en 1929 avec Snowdon comme chancelier de l'Échiquier. La politique déflationniste menée par Winston Churchill ne sera définitivement abandonnée qu'en 1931[52].
[modifier] Keynes l'économiste : la trilogie
Keynes, en introduction du livre d'Hubert Henderson intitulé Supply and Demand[N 10], écrit en 1922 : « la théorie économique ne fournit pas un corps de conclusions établies immédiatement applicables à la politique. C'est une méthode plus qu'une doctrine, c'est une tournure d'esprit, une technique de pensée qui aide son possesseur à formuler des conclusions correctes... Avant Adam Smith cette tournure d'esprit n'existait pratiquement pas ». Pourtant Keynes n'abordera vraiment la théorie économique que relativement tard avec ce que Don Patinkin[53] nomme la « trilogie de Keynes », à savoir les deux tomes du Traité sur la monnaie (1930) et la Théorie générale (1936), son ouvrage majeur.
[modifier] Les deux tomes du Traité sur la monnaie
Le Traité sur la monnaie (A Treatise on Money) paraît en 1930. Pour Don Patinkin[54], Keynes qui est alors membre du Comité Macmillan chargé de « conseiller » le gouvernement de Ramsay MacDonald, n'aurait pas eu le temps de soumettre ses écrits à la critique d'autres économistes ni de réellement les réviser comme il l'aurait voulu. L'ouvrage se compose de deux volumes. Dans le premier intitulé La Théorie pure de la monnaie, Keynes définit d'abord la nature de la monnaie puis décrit ses origines historiques avant de présenter une théorie de la monnaie qui aborde à la fois les aspects statiques et dynamiques de la question[55]. Dans le volume deux intitulé La Théorie de la monnaie appliquée, Keynes procède d'abord à une étude empirique des variables critiques de sa théorie puis se focalise sur les grandes caractéristiques institutionnelles qui leur servent de cadre[56]. Enfin il expose les politiques monétaires dont les grands traits pour Don Patinkin[57] « découlent directement de son analyse théorique ». « Si le "cycle du crédit" est généré par l'altération des prix en lien avec les problèmes de coûts qui provoquent des profits (ou des pertes) puis une hausse ou (une baisse) de la production et de l'emploi alors, proclamait Keynes (comme avant lui Wicksell, Fisher, Pigou et après lui l'école de Chicago des années trente...) le moyen de stabiliser l'économie était de stabiliser les prix. Et, poursuit Keynes, la variable majeure pour atteindre cet objectif est le taux directeur de la banque centrale qui doit être augmenté quand les prix montent et abaissé quand ils baissent ».
Ce livre qui comprend quelques-uns des grands traits de ce qui deviendra la préférence pour la liquidité dans la Théorie générale[58] sera critiqué à sa sortie. Pour certains comme Gunnar Myrdal, Keynes reprendrait des thèses exposées depuis déjà longtemps par Knut Wicksell[59]. Don Patinkin met surtout l'accent sur deux points : les équations sont des tautologies et si « le livre a expliqué les forces qui provoquent l'expansion ou la contraction de la production.... [il] n'a pas explicité ce qui détermine le niveau réel à chaque période ». En préface de l'édition anglaise de la Théorie générale, Keynes[60] écrira que dans le Traité sur la monnaie « nous n'avions pas réussi à nous affranchir suffisamment de certaines idées préconçues ; et notre défaut d'émancipation se manifeste dans ce qui nous apparaît maintenant comme la faiblesse essentielle des parties théoriques de l'ouvrage (les livres III et IV), c'est-à-dire dans notre impuissance à fournir une explication complète des effets produits par les variations du volume de la production ».
[modifier] La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt, et de la monnaie
Le Traité sur la monnaie est discuté l'année qui suit la parution par le Cambridge circus (cercle de Cambridge) comprenant parmi les membres les plus connus Richard Kahn, Joan et Austin Robinson, James Meade, Piero Sraffa et d'autres[61]. Par étapes va émerger ce qui deviendra la Théorie générale ouvrage qui vaut à Keynes d'être considéré comme une figure majeure de l'économie (certains vont jusqu'à dire qu'il est la « figure tutélaire[62] » de la macroéconomie moderne). Durant l'élaboration de ce livre, Keynes soumettra ses travaux non seulement à des membres du cercle mais aussi d'autres économistes comme Ralph George Hawtrey ou Dennis Robertson[63].
Keynes ne vise pas à « élaborer, comme les classiques, une théorie de l'allocation des ressources, pour un niveau de production donné, en fonction des prix relatifs[64] ». Au contraire comme il l'écrit en préface de l'édition anglaise, son livre se penche sur « les forces qui gouvernent les variations de volume de la production et de l'emploi dans son ensemble[65] ». Keynes veut se démarquer des « Klassiques » (Olivier Favereau[66] écrit ce mot avec un K pour signifier que Keynes ne désigne pas seulement sous cette expression ceux que nous désignons de nos jours par classiques mais qu'il y inclut certains néo-classiques. Pour lui le point-clé de la théorie « classique » est la loi de Say qui veut que l'offre crée sa propre demande. Keynes au contraire va se focaliser sur la demande effective ou « plus précisément sur la demande prévue pour la production vue comme un tout[67] ». Pour Keynes une demande effective insuffisante peut conduire à un équilibre stable de sous-emploi[68].
Si l'on en croit Don Patinkin[69], dans la Théorie générale, « la voix est celle de Marshall mais les mains sont celles de Walras ». Pour cet économiste américain, Keynes en réduisant le nombre de variables-clé rend possible une utilisation pratique de l'équilibre général, c'est-à-dire que des enseignements intéressants pour le monde réel peuvent en être tirés[70]. Cette interprétation de Keynes inaugurée par l'article de 1937 de John Hicks intitulé Mr. Keynes and the Classics puis par le livre d'Alvin Hansen A Guide to Keynes de 1949 marquera la façon dont Keynes est perçu jusqu'à nos jours dans les manuels d'économie[71]. Mais l'œuvre de Keynes est susceptible d'être interprétée d'autres manières. Olivier Favereau[72] distingue dans les écrits même de Keynes deux projets : un projet pragmatique repris par l'école dite de la synthèse néo-classique et un projet plus radical qui va inspirer en France l'école dite de l'économie des conventions. Pour les post-keynésiens[N 11], l'esprit de ce que certains ont appelé « la révolution keynésienne » va bien au-delà : même la Théorie générale, son ouvrage le plus abouti, présenterait certains défauts d'émancipation vis-à-vis des analyses néoclassiques. Le vrai projet de l'économiste aurait été de décrire les lois du fonctionnement d'une économie monétaire de production par opposition à l'économie naturelle d'échange qui est celle des classiques, anciens et modernes.
Pour expliquer pourquoi ce livre que Paul A. Samuelson[73] juge « mal écrit, mal construit » va marquer autant l'économie, plusieurs arguments ont été avancés : d'une part Keynes a aidé les pays occidentaux à mettre fin au chômage et à la dépression dans un cadre démocratique[74] ; d'autre part la révolution théorique keynésienne intervient en même temps que la révolution opérée par Colin Clark et Simon Kuznets dans la mesure du revenu national[75] ; enfin John Hicks et d'autres jeunes économistes redécouvrent Léon Walras et réussissent une synthèse des deux courants[76].
[modifier] Keynes et le système économique international
Une crise cardiaque en 1937 va tenir Keynes éloigné de l’action publique jusqu’au déclenchement de la guerre[77]. Durant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à sa mort il jouera un rôle relativement important même s’il fut juste « Keynes », le conseiller du ministre des finances et qu’il se décrivit comme un « demi-semi-officiel »[78]. Durant cette période, il fut un des négociateurs du Lend-Lease et des accords de Bretton Woods.
[modifier] Libre-échange et protectionnisme chez Keynes
Keynes a évolué dans ses positions publiques sur le libre-échange et sur l’opportunité du protectionnisme. Dans une série d’articles publiés en 1922, dans le Manchester Guardian Commercial sur le thème de la reconstruction européenne, il se montre très en faveur du libre-échange[79]. En 1923, il est très critique envers les passages du programme des conservateurs en faveur de mesures protectionnistes. À partir de 1924, sa position sur le sujet évolue. En janvier 1928, il écrit « le libre-échange dans le futur ne doit pas être basé sur les avantages abstraits du laissez-faire que peu acceptent aujourd’hui mais sur les opportunités et les avantages concrets d’une telle politique[80] ». Mais d’un autre côté, il se décrit comme « terriblement effrayé par le protectionnisme comme politique de long terme[81] ». Au printemps 1931 il est en faveur de droits de douane puis suite à la dévaluation de la Livre sterling, il devient contre et s’oppose en 1932 aux conservateurs qui utilisent ses arguments de 1931 pour établir des barrières douanières[82]. Dans son œuvre majeure la Théorie générale, il n’aborde guère ce point mais le raisonnement est implicitement fait en économie fermée[83]. Dans les négociations sur la reconstruction d’un système économique international, même si pour Eichengreen[84] Keynes est d’accord sur la désirabilité de réductions tarifaires, il va surtout se focaliser sur les institutions financières internationales qu’il considère comme un préalable[85].
[modifier] Comment payer la guerre ?
Dans How to Pay the War? publié en 1940, Keynes cherche la façon de financer la guerre sans générer de l’inflation[86]. Néanmoins, la Grande-Bretagne sera très vite à court financièrement et les États-Unis leur proposeront le Lend Lease (crédit-bail). Il s’agit de fournir du matériel à la Grande-Bretagne qui paiera plus tard. Toutefois au terme de l’article VII ce pays doit accepter de revenir aux principes du libre-échange. Cet article provoque la colère de Keynes qui, bien que n'étant pas impérialiste en soi, n’est pas préparé à renoncer à la préférence impériale[87]. Cordell Hull le ministre des affaires étrangères de Roosevelt, son conseiller spécial Léo Pasvolsy de la Brookings Institution ainsi que Moulton le directeur de cette institution ont, depuis le début des années trente, préconisé d’établir au niveau international « un système de libre marché fort et bien construit[88] ». Dans cette optique, le département d’Etat (le ministère des affaires étrangères) veut créer une organisation internationale du commerce pour servir de support à l’article VII[89] alors que Keynes désire d’abord traiter les problèmes monétaires[90].
[modifier] Keynes et Bretton Woods
Aussi bien John Maynard Keynes que les Américains sont d’accord sur la nécessité de rebâtir un système monétaire mondial, mais les vues sont différentes. Keynes est favorable à un Système de compensation mondial et à une monnaie internationale, le Bancor[91]. Il établit plusieurs moutures à cet effet en 1941. De leur côté les Américains présentent le Plan White qui, finalement, servira de base aux accords de Bretton Woods. Les principaux points en sont un système de changes fixes par rapport au dollar lui-même convertible en or et la création de deux institutions le Fonds monétaire international et la Banque mondiale[92]. Durant la conférence de Bretton Woods, Keynes dirige la commission sur la Banque mondiale tandis que Harry Dexter White préside celle sur le FMI[93]. Keynes est opposé à ce que les Américains aient la présidence de la Banque mondiale et veut que les pays puissent adhérer à la fois à la Banque des règlements internationaux et au FMI[93], ce qu’il obtient. Pour Don Patinkin[94], les taux de change fixes avec marge de fluctuation du système de Bretton Woods sont une réminiscence des écrits de Keynes sur les points-or du Traité sur la monnaie.
[modifier] Les grands traits de la théorie keynésienne
Keynes raisonne d'emblée au niveau macro-économique et considère que la « théorie classique n'est applicable qu'au cas du plein emploi[95] ». Or, écrivant durant la période de crise de l'entre-deux guerres, ce qui l'intéresse, c'est ce qui se passe en période de sous-emploi. De cela découlent deux points clés : l'offre ne crée pas comme chez Jean-Baptiste Say sa propre demande mais dépend de la demande effective ; à la différence des classiques la monnaie n'est pas un « voile » mais influe sur l'économie réelle.
[modifier] Demande effective et loi de Say
La demande effective est la demande anticipée par les entrepreneurs. Ces derniers calculent la production qu'ils doivent réaliser afin d'offrir la quantité optimale de biens et de services demandée par les agents économiques. Le sous-emploi des facteurs de production est selon Keynes dû au fait que les entrepreneurs ont des anticipations pessimistes et sous-estiment la demande effective. Keynes à la différence de Jean-Baptiste Say et des néo-classiques ne raisonne pas dans le cadre d'une « parfaite rationalité des agents et... d'une information parfaite sur la situation présente et future[96] » aussi la demande effective dépend de prévisions d'agents qui peuvent ne pas conduire au plein emploi.
[modifier] Demande effective et marché du travail
Pour Keynes, le salaire n'est pas seulement un coût, c'est aussi un déterminant important de la demande. Par ailleurs, pour Keynes, le mécanisme des prix sur le marché du travail n'aboutit pas usuellement au plein emploi d'où l'introduction de la notion de chômage involontaire.
- Pour les classiques, l'offre de travail par les salariés dépend du salaire réel w/p. S'il y a du chômage c'est que le salaire réel w/p (w salaire nominal et p indice des prix) est supérieur à la productivité marginale du travail PmL. Le chômage ne peut être que volontaire c'est-à-dire venant du refus de travailler au nouveau salaire d'équilibre. Pour Keynes au contraire le refus des salariés de voir leur salaire baisser est finalement une bonne chose car elle évite une spirale déflationniste[97].
- Pour Keynes, les salaires nominaux w ne peuvent pas baisser pour plusieurs raisons :
- il y a une viscosité des salaires nominaux liés à la négociation des contrats[98] ;
- une baisse des salaires nominaux entrainerait une contraction de la demande qui provoquerait à son tour une baisse de la production. Alors que pour Jean-Baptiste Say l'offre crée sa propre demande. Pour Keynes, une demande effective insuffisante va déterminer une offre qui ne correspondra pas à une situation de plein emploi. « le seul fait qu'il existe une insuffisance de la demande effective peut arrêter et arrête souvent l'augmentation de l'emploi avant qu'il ait atteint son maximum »[99]. De sorte que pour lui le chômage peut être involontaire.
Toutefois Keynes ne récuse pas totalement la théorie classique[100]. En effet, s'il ne croit, ni possible, ni souhaitable une baisse du salaire nominal w, la baisse du salaire réel w/p suite à une montée de l'inflation symbolisée par une hausse de p est pour lui possible[N 12]. Cela conduira le courant de la synthèse néo-classique à utiliser la courbe de Phillips dans le cadre d'arbitrages entre inflation et chômage.
[modifier] Les composantes de la demande effective
En économie fermée[101] la demande effective D est égale à la somme de la consommation (C) et de l'investissement (I).
[modifier] Consommation et épargne
- La fonction de Consommation (C) :

- C : consommation
- c : propension marginale à consommer.« La loi psychologique fondamentale, à laquelle nous pouvons faire toute confiance, à la fois a priori en raison de notre connaissance de la nature humaine et a posteriori en raison des enseignements détaillés de l'expérience, c'est qu'en moyenne et la plupart du temps les hommes tendent à accroître leur consommation à mesure que leur revenu croît, mais non d'une quantité aussi grande que l'accroissement du revenu »[102]. Aussi pour Keynes[103] si C est la consommation et Y revenu alors dC/dY c'est-à-dire la propension marginale à consommer est positive et inférieure à un
- Y : revenu
- b : consommation incompressible ou revenu désépargné.
- La fonction d'Epargne (S) :

- S = épargne
- I = Investissement
- Y = C + I
- et Y = C + S
- donc S = Y − C ou I = S
Alors que chez les classiques l'épargne dépend du taux d'intérêt (i) chez Keynes, elle dépend du revenu Y. Le lien investissement–épargne a donné lieu à un débat entre John Maynard Keynes et les disciples de Knut Wicksell dont Dennis Robertson[104].
[modifier] L'investissement
Pour Keynes, l'investissement (I) dépend du taux d'intérêt et de l'efficacité marginale du capital qu'il définit comme « le taux d'escompte qui, appliqué à la série d'annuités constituée par les rendements escomptés de ce capital pendant son existence entière, rend la valeur actuelle des annuités égale au prix d'offre de ce capital[105] ». Si l'efficacité marginale est supérieure au taux d'intérêt, l'entreprise investira sinon il vaudra mieux placer l'argent. Aussi plus le taux d'intérêt est faible et plus les entreprises auront tendance à investir.
[modifier] La propension marginale à consommer et le multiplicateur
Le multiplicateur de l'investissement I dans le cas le plus simple est égal 1/(1-c)
C'est à dire qui si nous investissons 100 € et si c la propension marginale à consommer est de 0,8 alors la demande effective sera augmentée de 100 × 1/(1 − 0,8) = 100 × 5 = 500 €
Keynes a repris l'idée de multiplicateur à l'économiste R. F. Kahn[106].
[modifier] La monnaie
Pour Keynes, nous désirons de la monnaie pour trois raisons :
- motif de transaction « i.e. le besoin de monnaie pour la réalisation courante des échanges personnels et professionnels »[107]
- motif de précaution « i.e. le désir de sécurité en ce qui concerne l'équivalent futur en argent d'une certaine proportion de ses ressources totales »[108]
- motif de spéculation « i.e. le désir de profiter d'une connaissance meilleure que celle du marché de ce que réserve l'avenir »[109]
La demande de monnaie L1 (L pour Liquidity) pour motif de précaution ou de transaction dépend du revenu Y
- L1 = uY avec u > 0
La demande de monnaie pour motif de spéculation L2 « dépend principalement de la relation entre le taux d'intérêt courant et l'état de la prévision »[110]
- L2 = vi + L0 avec v < 0 pour deux raisons :
- plus le taux d'intérêt est faible et moins nous avons intérêt à placer l'argent.
- plus le taux d'intérêt baisse « plus la probabilité que son mouvement se retourne à la hausse augmente, ce qui incite à détenir son épargne sous forme d'encaisses monétaires plutôt que de prendre le risque croissant d'essuyer des moins-values sur les obligations, dont les cours sont en train d'atteindre les sommets... »[111]
Pour Keynes l'offre de monnaie Mo est exogène et dépend de la politique monétaire menée. L'équilibre sur ce marché s'écrit
- Mo = L1(Y) + L2(i)
[modifier] Le modèle IS-LM
Le modèle IS/LM est un modèle économique proposé par John Hicks en 1937[112] et aménagé par Alvin Hansen (d'où son autre nom de modèle Hicks-Hansen), pour transcrire de façon formalisée la Théorie générale de John Maynard Keynes. Il est devenu le « modèle standard » en macroéconomie. Il appartient au courant dit de la synthèse néo-classique. En dépit de sa relative simplicité, et malgré les contestations dont il a été l'objet notamment à la fin des années 1970, il reste le plus couramment enseigné.
Ce modèle se compose de deux courbes
- Une courbe IS représentant tous les couples de valeurs d'équilibre (i, Y) sur le marché des biens et services, (investments and savings, d'où IS),
- Une courbe LM représentant tous les couples (i, Y) d'équilibre sur le marché monétaire (liquidity preference and money supply, d'où LM).
Les deux courbes IS et LM sont réunies sur un même graphe, qui est donc l'interface entre la vision « réelle » et la vision « monétaire » de l'économie. L'intersection des deux courbes représente le point (unique) d'équilibre sur le marché des biens et services et de la monnaie. Il permet de déterminer le taux d'intérêt d'équilibre et le PIB d'équilibre. Mais dans la théorie keynésienne cet équilibre peut s'établir à un niveau inférieur au PIB potentiel de plein emploi de l'économie. Aussi dans ce cas des politiques budgétaires et monétaires seront mises en œuvre afin d'atteindre ce niveau qui correspond d'une certaine manière à l'équilibre général des néo-classiques qui n'est dans ce cas pas atteint automatiquement par le simple jeu des marchés.
[modifier] La révolution keynésienne
L'expression de « révolution keynésienne » est due au titre d'un livre de Lawrence Klein paru en 1947. Révolutionnaire, la théorie keynésienne l'est sur bien des aspects par rapport à la théorie classique. Toutefois deux faits sont particulièrement saillants :
D'une part, dans le domaine de l'économie, pour Beaud et Dostaler, la révolution keynésienne en masque une autre : la mathématisation des sciences économiques[113].
D'autre part, la mise en oeuvre de la théorie keynésienne intervient à un moment où, de façon indépendante, les juristes et les politiques développent, en suivant des voies différentes selon les pays, de nouvelles approches du gouvernement, et plus largement de l'État. De cette rencontre naît ce qu'on appelle le keynésianisme dont le contenu peut différer selon l'approche qu'en ont les gouvernements nationaux[N 13].
[modifier] Keynes et la politique économique
Keynes, nous l'avons vu, récuse la loi de Say, convaincu que le marché laissé à lui-même a peu de chance d'atteindre un optimum économique. Pour Don Patinkin[114], le manque de confiance de Keynes dans le processus d'équilibrage du marché dans un contexte macroéconomique ne date pas de la Théorie générale mais est également présent dans The Economic Consequences of MrChurchill de 1925. Quoi qu'il en soit, dans un tel contexte, le gouvernement doit fournir un ensemble d'incitations au marché à travers des politiques économiques budgétaires et monétaires afin d'arriver au meilleur état possible. Contre Lord Beveridge qui pensait qu'un taux de plein emploi inférieur à 3 % pouvait déclencher des pressions inflationnistes, Keynes fixait ce taux à 4,5 %[115]. Durant la Seconde Guerre mondiale il fut en faveur d'une socialisation des investissements et pour un contrôle assez large de l'activité économique par l'État[116].
Si Keynes va donner un fondement théorique à la politique économique, son œuvre sera approfondie par l'école de la synthèse néo-classique qui doit beaucoup à Harvard et au MIT. Alvin Hansen, professeur à Harvard, plaide dans son livre de 1947 nommé Economic Policy and Full Employment, pour la reconstruction d’une économie de marché dotée de nouvelles institutions incluant une stabilisation des fluctuations économiques par la gestion de la demande globale[117]. Il est en phase avec les termes d’une conférence tenue par Walter Lippmann[N 14]. à Harvard en 1934 et publiée sous le titre de The Method of Freedom. Dans ce texte, dans une démarche qu’il inscrit dans la méthode expérimentale issue de Edmund Burke, Lippmann soutient que le standard de vie des citoyens et le « management » de l’économie constituent une responsabilité collective et pas seulement individuelle[118]. Ces politiques, qui sont souvent qualifiées de keynésiennes, ont été mises en place dans des cadres institutionnels très différents selon les pays : « étatisme libéral au Japon et en Allemagne, tradition sociale-démocrate en Europe du Nord, interventionnisme et colbertisme en France »[119].
[modifier] Incertitude et épistémologie chez Keynes
Keynes insiste sur « l'incertitude face au futur, l'absence de déterminisme, l'ignorance. Comme l'homme de la rue, le décideur est confronté à cette réalité. Il n'y pas de lois naturelles, de sens de l'histoire, de telle sorte que les acteurs ont un rôle important à jouer. Ces acteurs, ce sont les décideurs, les hommes d'État qui ont l'œil sur le futur lointain et les politiciens qui ont le nez collé sur les problèmes immédiats. Les caractères psychologiques des individus qui sont en position d'agir sur les événements sont d'une grande importance dans l'histoire. Il attribue à la faiblesse des hommes d'État et des politiciens, à leur médiocrité, à leur stupidité et à leurs préjugés, les difficultés sociales, politiques et économiques....l'homme d'État et le penseur social doivent lutter pour que naisse le monde caractérisé par le calme, la stabilité et le progrès social, et par le respect de règles, des conventions et des traditions[120]. » Keynes insiste sur l'incertitude dans A Treatise of Probability un ouvrage qui influencera la pensée l'approche des phénomènes financiers et monétaires de Hyman Minsky.
Selon Mooridge, Keynes débutait avec une « intuition », puis utilisait tous les outils formels et mathématiques à sa disposition pour détailler et prouver cette intuition, et ce n'est que s'il n'y parvenait pas qu'il tentait d'inventer de « nouveaux instruments d'analyse ». Il croyait surtout que la « mathématisation ne dispensait pas d'avoir une science morale », ce qui le mènera à sa conception de l'économie comme étant un art plutôt qu'une science. Il « critique aussi sévèrement, autant sur le plan technique que sur le plan logique, la nouvelle science économétrique », l'accusant entre autres de dénaturer la logique intellectuelle de la modélisation en tentant d'ancrer le modèle dans la réalité avec des paramètres concrets[121].
[modifier] Les précurseurs de Keynes
Certains auteurs avant Keynes avaient mis l'accent sur l'importance de la demande et mis en cause la loi de Say qui veut que l'offre crée sa propre demande.
Thomas R. Malthus avait noté qu'une partie des revenus était épargnée ce qui pouvait provoquer un recul de l'activité économique. Par ailleurs, les produits ne s’échangent pas uniquement contre des produits, mais s’échangent aussi contre du travail. Or certains travaux sont improductifs (comme ceux des domestiques) alors que d’autres sont productifs ; il en résulte que le niveau de la production et le niveau de la demande ne sont pas nécessairement identiques. Le système capitaliste peut donc craindre une insuffisance de débouchés[122].
Aux États-Unis, Foster et Catchings[123] dans deux ouvrages Business Without a Buyer (1927) et surtout The Road to Plenty (1928) ont mis l’accent sur l’importance de la consommation dès avant la crise de 1929 et remis en cause la loi de Say.
[modifier] L'influence de Keynes
L'influence de Keynes va principalement se faire sentir à travers les divers courants keynésiens. La Théorie générale contenant deux projets : un projet radical et un projet pragmatique en faveur duquel Keynes aurait arbitré « lorsqu'il prit conscience (en 1933) du degré d'imprégnation de l'orthodoxie classique[124] », les disciples de Keynes peuvent être classés en deux grands groupes selon qu'on considère qu'ils acceptent un partie de l'orthodoxie néoclassique ou qu'ils la récusent. Incontestablement, les néo-keynésiens de l’école de la synthèse néo-classique font partie du premier groupe. Ils ont constitué le courant dominant de la révolution keynésienne de 1945 au début des années soixante-dix. a eu à lutter contre les postkeynésiens de l’université de Cambridge, Angleterre, ce qui donna lieu notamment à la controverse des deux Cambridge.
[modifier] Les courants keynésiens influencés par l'école néoclassique
Si le courant de la synthèse néoclassique a été dominant jusqu'aux années soixante-dix, à la fin des années soixante, il a été contesté par la théorie du déséquilibre, puis par l’école monétariste de Chicago et enfin par la nouvelle macroéconomie classique. Si la nouvelle économie keynésienne a pris la relève, au niveau macro-économique leurs modèles continuent d’être utilisés par les gouvernements et les grandes institutions économiques[125]. Par ailleurs, au niveau universitaire, les principaux livres d’économie publiés aux Etats-Unis portent encore leur empreinte[126]
[modifier] La synthèse néo-classique
La synthèse néo-classique centrée sur le modèle IS/LM débute avec l’article de 1937 de John Hicks Mr Keynes and the « classics ». L’article de 1944 de Franco Modigliani Liquidity Preference and the Theory of Interest and Money participe également à l'architectonique générale du modèle qui sera popularisé par Alvin Hansen et par Paul Samuelson à travers notamment son manuel intitulé Economics dont la première édition date de 1948. Pour Walter Heller qui présida le Council of Economic Advisers sous l'administration de John Fitzgerald Kennedy la révolution keynésienne a trois sources : John Maynard Keynes, l'américanisation de Keynes par Alvin Hansen et la « la "modernité" des années cinquante et soixante »[N 15]
En 1962, le modèle IS-LM s’est ouvert à l’économie internationale avec ce qui est maintenant connu comme le modèle de Mundell-Fleming. Très vite des économistes comme Abba Lerner] ont compris le rôle que pouvait jouer les politiques économiques. Se concevant plus selon Gregory Mankiw[127] comme des ingénieurs que comme des scientifiques, ils ont développé des outils à aider les politiques à prendre des décisions. C’est ainsi qu’ils ont contribué à la construction de modèles macroéconomiques destinés à aider les gouvernements à évaluer les impacts des politiques budgétaires, monétaires sur l’inflation et l’emploi. Parmi les économistes qui ont participé à ce mouvement, nous pouvons citer : Jan Tinbergen, James Meade, Robert Mundell, Robert Solow et bien d’autres. Cette façon de penser l'économie plus en ingénieur qu'en scientifique a permis à de nombreux néo-keynésiens comme de nos jours aux nouveaux keynésiens de devenir conseillers des gouvernements et des institutions internationales.
La courbe de Phillips quant à elle, est introduite dans le corpus néo-keynésien à partir de la fin 1959 par Paul Samuelson, Robert Solow et Robet Lipsey. Ils voient dans cette courbe la possibilité d'arbitrer entre l'inflation et le chômage. Initialement ce qui intéressait Phillips c'était surtout d'étudier l'influence du chômage sur le niveau des salaires[128]. Avec ce nouvel outil finit de se diffuser ce que Michel Beaud et Gilles Dostaler appellent un "keynésianisme hydraulique" c'est-à-dire « un keynésianisme simplifié, réduit à une mécanique des quantités globales ou à un hydraulique de fux et entièrement vidé des dimensions essentielles de Keynes : le temps, l'incertitude non probabilisable, les anticipations et donc la prise en compte des phénomènes monétaires.. »[129].
L'école de la synthèse néo-classique voit alors son influence politique fortement baisser. En effet, elle ne peut expliquer le phénomène de la stagflation et est supplantée par Milton Friedman et l'école monétariste de Chicago dont les solutions semblent plus adaptées aux turbulences économiques que connait le monde à compter de la fin des années soixante. Ils devront également faire face à des écoles beaucoup plus radicale dans leur rejet des principes keynésiens : la nouvelle macroéconomie classique et à la théorie des cycles réels popularisée par des économistes tels que Finn E. Kydland (« Prix Nobel » d'économie 2004), Edward C. Prescott (« Prix Nobel » d'économie 2004). Toutefois la synthèse néo-classique continuera à être enseignée dans les grandes universités américaines de la Côte Est (Harvard, Université de Princeton etc.) et Ouest (Université de Berkeley et d'autres), déterminant l'opposition actuelle entre les universités et les économistes dits Salt Water et ceux dit Fresh Water[N 16] (l'Université de Chicago est sur les grands lacs où l'eau n'est pas salée)
[modifier] Les nouveaux keynésiens
A partir des années quatre-vingt, les nouveaux keynésiens vont relever le défi lancé par la nouvelle macroéconomie classique et la théorie des cycles réels au Keynésianisme.
Gregory Mankiw[130] considère la Théorie du déséquilibre comme constituant la première vague de la nouvelle économie keynésienne. La seconde vague représentée par Stanley Fischer a cherché à intégrer les anticipations rationnelles dans un contexte de déséquilibre de marché, tandis que l'objectif de la troisième vague a été de comprendre pourquoi certains marchés sont déséquilibrés.
En règle générale, la nouvelle économie keynésienne comme les néokeynésiens se réfère à la notion d'équilibre général de l' école néoclassique mais elle en relâche l'hypothèse de l'information parfaite. Elle est également critique envers les politiques économiques usuellement prescrite par les néokeynésiens (déficit budgétaire et taux d'intérêts bas)[131] elles ne tiendraient pas assez compte des problèmes structurels liés au fonctionnement des marchés.
Par ailleurs, les nouveaux keynésiens à la différence de la nouvelle économie classique ne croient pas que les marchés s'équilibrent rapidement en suivant la loi de l'offre et de la demande. En effet, pour eux, les salaires et les prix ne sont pas flexibles mais visqueux. Pour expliquer cette viscosité est liée pour eux à des imperfections de l'information[132].
Alors que pour les nouveaux classiques, « les cycles s'expliquent par des chocs monétaires ou réels imprévisibles »[133], pour la nouvelle économie keynésienne, les récessions sont provoquées par une ou plusieurs grandes défaillances du marché. Ainsi, pour la nouvelle économie keynésienne à la différence de la nouvelle économie classique, certaines interventions économiques du gouvernement sont-elles justifiées[134]. A l'inverse des nouveaux classiques mais comme les monétaristes[135], ils pensent qu'une politique monétaire peut influer à court terme sur l'emploi et à la production.
Sont habituellement classés parmi les nouveaux keynésiens : Joseph Stiglitz, George Akerlof, James Mirrlees et Michael Spence, Janet Yellen, Gregory Mankiw Olivier Blanchard[136] l'actuel chef économiste du FMI, Lawrence Summers [137] etc.
[modifier] Les post-keynésiens
Si lord Keynes a profondément bouleversé l'analyse économique, sa pensée reste tributaire de certains axiomes que l'on peut rattacher à l'école néoclassique. Depuis la parution de la Théorie générale, l'originalité de son approche n'a cessé de faire débat. Aussi l'école post-keynésienne se veut-elle la plus fidèle à l'esprit de son oeuvre. Le point de savoir si Keynes n'était pas conscient de toute la radicalité de sa pensée, de la fécondité des nouveaux concepts qu'il a forgés, fait débat. Toujours est-il que l'on peut soutenir qu'il était resté prisonnier de trois axiomes principaux de l'école classique et néoclassique : la loi des rendements décroissants, l'exogénéité de la monnaie ainsi que l'égalité de l'épargne et de l'investissement.
D'où la facilité avec laquelle les analyses keynésiennes ont pu être récupérées par l'orthodoxie, via le modèle IS-LM qui, de l'aveu même de son principal architecte, John Hicks, souffrait d'un défaut majeur : « C'est relativement simple. Ces deux courbes [IS et LM] n'ont rien à faire ensemble. L'une est un équilibre de flux, l'autre est un équilibre de stocks. Elles n'ont rien à faire sur le même schéma. »[138] On pourrait ajouter : IS n'a, selon certains post-keynésiens, pas de sens. En effet, l'égalité de l'épargne et de l'investissement correspondrait à deux instants différents : c'est le désir d'investir ex ante et l'épargne réalisée ex post qui seraient nécessairement égaux[139]. Regrouper les deux sur un même schéma, démarche qui implique un horizon temporel commun, relèverait donc d'une confusion. « De manière comptable, l’épargne est égale à l’investissement, mais cette égalité ne vaut que pour » les grandeurs réalisées (ex post) « et ne signifie pas que n’importe quel niveau d’épargne trouvera un niveau équivalent d’investissement (ex ante) .»[140]
Par ailleurs, nombre de post-keynésiens[141] soutiennent que la monnaie est essentiellement endogène. La monnaie serait créée par les banques en vue de satisfaire les besoins de l'économie ; sa quantité ne saurait être fixée par la banque centrale, quoique son intervention ne soit pas dénuée d'influence sur les comportements des agents. C’est le taux directeur de cette dernière qui serait essentiellement exogène. « Les banques créent des crédits et des dépôts, et elles se procurent ensuite les billets de banque émis par la banque centrale et demandés par leurs clients, ainsi que les réserves obligatoires qui sont requises par la loi. »[142] De fait, les post-keynésiens voient dans l'échec des politiques monétaristes menées dans les années 1980 notamment par Paul Volcker, président de la FED, une illustration de la justesse de leurs vues. Ce point est naturellement controversé, tant les néoclassiques pensent être sortis du cadre de la théorie quantitative de la monnaie en menant des stratégies de ciblage d'inflation et de crédibilité[143].
Enfin, notons que les conclusions de Keynes ont pu rejoindre celles des orthodoxes, quoique avec des raisonnements différents, en ce qu'elles se basaient sur une même prémisse : la loi des rendements décroissants. Pour lui, une élévation de l'emploi se traduisant par une moindre productivité des facteurs employés à la production, les salaires réels devaient baisser afin d'assurer l'équilibre de l'économie. Cette baisse ne pouvant s'opérer par une diminution des salaires nominaux pour toutes sortes de raisons, il préconisait de laisser l'inflation grignoter les salaires réels. Sans doute n'est-il pas inutile de préciser que cette « loi » est aujourd'hui contestée, la réalité étant sans doute plus complexe. Aussi, selon Marc Lavoie : « le coût moyen de fabrication et les coûts marginaux d’un établissement sont[-ils] approximativement constants jusqu’au niveau de capacité pratique défini par les ingénieurs ». Or, « les entreprises n’utilisent habituellement que 70 % à 85 % de leur capacité. » En effet, « les entreprises doivent disposer d’un coussin afin de pouvoir répondre aux fluctuations […] de la demande […]. Le fait de disposer d’établissements ou de compartiments d’établissements temporairement inemployés permet de réajuster l’offre à la demande plus facilement. »[144] Il s’ensuit logiquement qu’une hausse de la demande effective n’a pas de raison de se traduire mécaniquement, à court terme, par une élévation du coût des facteurs de production ou par leur moindre productivité.
Les post-keynésiens reprennent pour ainsi dire ce qu'il y a de plus radical chez Keynes à savoir l'incertitude radicale, l'analyse circuitiste, l'endogénéité de la monnaie. Il est possible de distinguer plusieurs écoles dites post-keynésiennes même si la classification est plus ou moins changeante[N 17]).
- les keynésiens de longue période comme Roy Forbes Harrod.
- les keynésiens du chapitre XII comme G. L. S. Schackle.
- la macroéconomie kaleckienne qui part d'une synthèse entre le marxisme et le keynésianisme. Elle a été initiée par les travaux de Michal Kalecki.
- l'école de Cambridge ou post-cambridgiens. On y trouve des économistes renommés comme Nicholas Kaldor, Joan Robinson, Michal Kalecki, Piero Sraffa.
- l'école du circuit en France avec Frédéric Poulon, Schmitt, Barrère, Marc Lavoie, qui remettent au goût du jour les théories des physiocrates. Ils se focalisent sur la circulation monétaire. Ils développent en parallèle des réflexions très critiques envers la microéconomie.
[modifier] Les critiques adressées à Keynes
[modifier] Les critiques des libéraux classiques adressées a Keynes lui-même
[modifier] Friedrich Hayek
Hayek estimait que John Maynard Keynes ne possédait que des connaissances limitées en théorie économique[145] et il[146] tenait Keynes pour un constructiviste. Sur le fond, trois points peuvent être relevés :
- Pour Hayek[147], Keynes à travers la Théorie générale fit plus qu'aucun autre pour promouvoir la macro-économie et pour provoquer le déclin de la micro-économie. Keynes se trompe quand il pense qu'il existe des relations simples et constantes entre les agrégats économiques car, selon Hayek, la microéconomie montre l'inverse[148].
- Si l'école classique supposait que le système économique était toujours ou presque près du plein emploi, Keynes fait l'erreur opposée en supposant que l'économie est toujours près du sous-emploi. Or, pour Hayek, alors que les postulats classiques permettent de comprendre le fonctionnement du mécanisme des prix, l'hypothèse keynésienne rend le système des prix inintelligible[149].
- La croyance que la création de monnaie peut entraîner plus de production peut conduire à une forte inflation quand elle est comprise de façon ultra-simplifiée comme après-guerre. Sur ce point selon Hayek, Keynes était conscient du fait et avait fait montre d'une certaine volonté de lutter contre l'inflation. Ce que le représentant de l'École autrichienne lui reproche c'est, d'une certaine façon, de ne pas avoir anticipé ce qui pourrait être fait de sa théorie[150].
Keynes de son côté a lu le livre de Friedrich Hayek, La route de la servitude dans le bateau qui le menait à Bretton Woods. Dans un lettre du 28 juin 1944, adressée à Hayek, après avoir noté que le destinataire de la missive n'était pas opposé à toute intervention gouvernementale, il lui reproche de ne pas fournir le cadre analytique nécessaire pour distinguer une bonne intervention d'une mauvaise[N 18]. Pour Caldwell[151] ces critiques jointes à celles d'autres personnes pousseront Hayek à écrire plus tard The Constitution of Liberty
[modifier] Jacques Rueff
L'opposition de Jacques Rueff à John Maynard Keynes tient à une différence d'approche de la science économique. A une vision malgré tout très mécaniste des phénomènes économiques qui domine chez Rueff formé à Polytechnique, s'oppose une approche plus psychologique chez Keynes, comme le montre leur opposition sur le retour à l'étalon-or. A l'issue de la première guerre mondiale, tous les gouvernements européens avaient affiché leur intention de ramener leurs monnaies à la même parité or qu'elles avaient avant-guerre. Au plan pratique, un tel objectif revenait à attendre de tous les acteurs de l'économie qu'ils ajustent de façon symétrique les tarifs de leurs contrats, selon une démarche accompagnant la baisse générale des prix induite par la réévaluation-or de la monnaie. Les gouvernements de l'époque pensaient que cet ajustement déflationniste suivrait simplement le chemin inverse de l'ajustement inflationniste qui l'avait précédé[152]. Jacques Rueff pensait également la chose possible dans le cas de l'Angleterre où le différentiel avec le cours d'avant-guerre n'était que de 10 % (Ce chiffre pour Charles Kindleberger ce chiffre négligeait la necccsité d'adapter les calculs des parités de monnaie aux problèmes structurels nés de la Guerre)[153]. Par contre, comme Clément Colson[154], il ne pensait pas la même chose possible en France où le différentiel était plus important et ne le conseilla pas à Raymond Poincaré en 1926. Pour Rueff l'échec anglais s'explique par la rigidité des salaires et les mécanisme de protection du chômage[155] . Keynes ne croyait pas la solution possible pas simplement à cause des conflits sociaux mais également à cause des problèmes liés à des anticipations négatives. De fait dans la théorie keynésienne les salaires nominaux sont rigides à la baisse.
Si en 1976, Jacques Rueff fit paraître un article où il annonçait la fin de l'ère keynésienne[156] - en fait d'une certaine façon c'était la fin de la domination de l'École de la synthèse néo-classique-, c'est dans son article Les erreurs de la théorie générale de Lord Keynes[157] de 1947 que Jacques Rueff expose ce qui, sur le fond, l'oppose à Keynes. De cet article qui a donné naissance à une controverse avec James Tobin, quelques points peuvent être relevés
- Pour Rueff, « la théorie de l‘emploi que Keynes qualifie de « générale » ne vaut que pour des économies très particulières ; celles qui sont insensibles aux mouvements des prix et des taux »[158]
- Il considère que le nominalisme monétaire qui veut que « monnaies et créances ne sont que des signes vides de valeur » imprègne la Théorie générale. Il voit dans cette approche de la monnaie une erreur fondamentale[159]
- Il ne croit pas que l'offre de monnaie soit exogène, c'est-à-dire pour faire simple, que la quantité soit réglée par les banques centrales. Il note à cet effet : « je suis convaincu, au contraire que c’est le montant des encaisses désirées par les individus qui, par le mécanisme de la régulation, détermine la quantité de monnaie en circulation »[160]
[modifier] Les critiques des libéraux classiques adressées autant à Keynes qu'aux keynésiens
[modifier] Milton Friedman
[modifier] Milton Friedman et les keynésiens
Pour De Vroey et Malgrange[161], le sens du mot keynésien est double et désigne « d'une part un appareillage conceptuel, le modèle IS/LM, et, d'autre part, le projet politique au service duquel cet appareillage est mis, la défense d'intervention étatique visant à suppléer les défaillances du marché ». Concernant le premier point,Friedman partage avec Keynes une même filiation marshallienne, et il est « peu opposé au modèle IS LM en tant que tel...il s'agissait pour lui de plaider pour la validité de la version classique du modèle IS LM, qui suppose la flexibilité du salaire.. »[162], Friedman était beaucoup plus fortement opposé au keynésianisme au sens politique et aux politiques économiques d'inspiration keynésienne. Son angle d'attaque sera double
- En 1957, il élabore la théorie du revenu permanent qui veut que la consommation dépende du revenu que les agents anticipent sur une longue période. L'idée sous-jacente est que les politiques de relance qui injectent des liquidités sont inefficaces puisque les agents dans cette optique ne vont pas dépenser l'argent qu'ils savent ne recevoir que ponctuellement
- Dans les années soixante, quand commence la stagflation, Milton Friedman et avec lui l'école monétariste de Chicago insistent sur le fait que la courbe de Phillips ne permet pas d'en rendre compte. Milton Friedman met en avant la notion de chômage naturel. Les néo-keynésiens préfèreront utiliser un concept proche : le taux de chômage n'accélérant pas l'inflation NAIRU (voir Différence entre le NAIRU et le taux de chômage naturel).
Pour Franco Modigliani« le trait distinctif de l'école monétariste et le véritable sujet de désaccord avec les non-monétaristes n'est pas le monétarisme mais plutôt le rôle qu'on devrait probablement assigner aux politiques de stabilisation... le principal message d'ordre pratique de la Théorie générale [est] qu'une économie d'entreprise privée utilisant une monnaie intangible a besoin d'être stabilisée, et dès lors devrait être stabilisée par des politiques monétaires et budgétaires appropriées. Au contraire les monétaristes considèrent qu'il n'y a pas de besoin sérieux de stabiliser l'économie »[163]
[modifier] Milton Friedmann et Bretton Woods
Friedman a écrit en 1953 un article, The Case for Flexible Exchange Rates, qui théorisait des idées qu'il exprimait depuis plusieurs années[164]. Il y justifie le recours aux changes flottants par l'ajustement que ce système permet entre les devises des pays inflationnistes et des pays non inflationnistes. Le recours aux changes flottants a fini par s'imposer à compter de mars 1973 et a été lors des accords de la Jamaïque en 1976. Cela a conduit à la fin du système de Accords de Bretton Woods et a provoqué à une forte expansion des marchés financiers et des innovations financières.
[modifier] La Nouvelle macro-économie classique
A la différence de Milton Friedmann, ils refusent de s'inscrire dans la cadre méthodologique Keynésien. Robert Lucas Jr-« Prix Nobel » d'économie 1995-, Thomas Sargent, Robert Wallace etc. ont contesté les politiques économiques d'inspiration keynésiennes, en partant de trois principes assez fortement opposés aux préceptes keynésiens[165] : 1) Les marchés sont en équilibre car les prix y jouent le rôle qui leur est assigné par la théorie walrassienne; 2)les agents traitent de façon optimale une information imparfaite dont l'acquisition est coûteuse; 3)les agents font des anticipations rationnelles. La théorie des cycles réels a été popularisée par des économistes tels que Finn E. Kydland (« Prix Nobel » d'économie 2004), Edward C. Prescott (« Prix Nobel » d'économie 2004). Cette approche « considère que les fluctuations sont générées par des chocs au niveau de la productivité, heurtant des économies dans lesquelles les marchés sont continuellement en équilibre »[166]. Kydland et Prescott dans leur article de 1977 Rules Rather than Discretion ont mis l'accent sur la crédibilité des politiques économiques qui supposent que les dirigeants n'abusent pas d'expédients et donc sur la mecessité de ne pas abuser des politiques économiques keynésiennes.
[modifier] Les critiques marxistes
En France une revue marxiste la "Nouvelle critique" a consacré à Keynes une série d'articles parus en mars, mai, juin , juillet, août 1949. De son côté, Charles Bettelheim a publié quelques articles parus dans la Revue internationale à la fin des années quarante, début des années cinquante. Pour Cros[167], la critique marxiste à cette époque est double :« Keynes a présenté une théorie qui méconnait les vérités scientifiques définitivement établies par Marx » ; « Keynes fait partie de cette catégorie d'auteurs particulièrement dangereux pour la marche du processus révolutionnaire : les réformistes ».
[modifier] Les critiques diverses
[modifier] Alfred Sauvy
« Keynes le prophète, Keynes le sauveur, a fait beaucoup pour augmenter le chômage. Le concept de demande globale admissible pour une approche très grossière, devient vite un contresens et un faux guide ». [168].
La base de la critique d'Alfred Sauvy est que la structure de l'emploi doit correspondre à celle la demande escomptée des agents économiques. Mais les deux structures ne sont jamais tout à fait "emboitées". Pousser la demande par la dépense publique quand il y a des stocks disponibles de tout aura un effet d'entraînement ; mais dès qu'il faudra produire on va se heurter à des rigidités (l'image du doigt de gant) qui vont provoquer du chômage ou de l'inflation. Du chômage parce que les capitaux soustraits par les prélèvements publics vont entraîner un manque à gagner peu visible mais bien réel tôt ou tard ; de l'inflation parce que l'excès de création monétaire se transformera en tensions sur l'emploi dans certains compartiments de l'économie. En un mot l'ajustement entre la "population demandée" et la "population effective" n'est jamais réalisé par les moyens proposés par Keynes. Au contraire il produit "le monstrueux accouplement du chômage et de l'inflation".
[modifier] Œuvres
Keynes a écrit de nombreux livres et articles. Aussi il est intéressant de présenter à la fois une sélection de ses travaux et une liste complète. Notons que Donald Moggridge a édité les œuvres complètes de Keynes disponibles dans certaines bibliothèques universitaires. Sa personne et son œuvre ont fait l'objet de nombreux travaux. Les principaux articles et études consacrés à Keynes de 1936 à 1981 ont été regroupés dans un recueil comprenant 150 contributions[169].
- 1913 — La Monnaie et les finances de l'Inde (Indian Currency and Finance)
- 1919 — Les Conséquences économiques de la paix (The Economic Consequences of the Peace)
- 1921 — Traité des probabilités (A Treatise on Probability)
- 1923 — La Réforme monétaire (A Tract on Monetary Reform)
- 1925 — Les Conséquences économiques de M. Churchill (The Economic Consequences of Mr. Churchill)
- 1926 — La Fin du laissez-faire (The End of Laissez-Faire)
- 1926 — Réflexions sur le franc et sur quelques autres sujets
- 1930 — Traité sur la monnaie (A Treatise on Money)
- 1931 — Essais de persuasion
- 1933 - An Open Letter to President Roosevelt
- 1936 — Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (The General Theory of Employment, Interest and Money)
- 1940 — How to Pay for the War : A radical plan for the Chancellor of the Exchequer
- The recent economic events in India, 1909, EJ ;
- Principal averages and laws of error which lead to them, 1911, J of Royal Statis Soc ;
- Influence of parental alcoholism, 1911, J of Royal Statis Soc ;
- Irving Fisher's purchasing power of money, 1911, EJ ;
- W.S. Jevons's theory of political economy, 1912, EJ
- The foreign trade of the UK at prices of 1900, 1912, EJ ;
- J.A. Hobson's gold, prices and wages, 1913, EJ ;
- Indian currency and finance, 1913 ;
- Ludwig von Mises' Theorie des geldes, 1914, EJ ;
- The prospects of money, 1914, EJ ;
- War and the financial system, 1914, EJ ;
- The City of London and the Bank of England, 1914, QJE ;
- Walter Bagehot's works and life, 1915, EJ ;
- The economics of war in Germay, 1915, EJ ;
- The economic consequences of the peace, 1919 ;
- Ralph G. Hawtrey's currency and credit, 1920, EJ ;
- A treatise on probability, 1921 ;
- Revision of the treaty, 1923 ;
- The inflation of currency as a method of taxation, 1922, MGCRE ;
- A tract on monetary reform, 1923 ;
- Some aspects of commodity markets, 1923, Manchester Guardian ;
- A reply to sir William Beveridge's population and unemployment, 1923, EJ ;
- Population and unemployment, 1923, EJ ;
- The measure of deflation: an inquiry into index numbers, 1923, N&A ;
- Mr. Bonar law, 1923, N&A ;
- Currency policy and unemployment, 1923, N&A ;
- Does unemployment need a drastic remedy ?, 1924, N&A ;
- Edwin Montagu, 1924, N&A ;
- Alfred Marshall, 1842-1924", 1924, EJ and memorials of Alfred Marshall, 1925 ;
- Monetary reform, with E. Cannan, Addis and Milner, 1924, EJ ;
- A comment on Professor Cannan, 1924, EJ ;
- The gold standard Act, 1925, EJ ;
- The Balfour note and inter-allied debts, 1925, N&A ;
- The economic consequences of Mr. Churchill, 1925 ;
- A short view of Russia, 1925 ;
- Am I a liberal ?, 1925, N&A ;
- The end of laissez faire, 1926 ;
- Liberalism and labour, 1926, N&A ;
- Laissez faire and communism, 1926 ;
- Francis Ysidro Edgeworth, 1926, EJ ;
- Trotsky on England, 1926, N&A ;
- A note on economy, 1927, N&A ;
- A model form for statements of international balances, 1927, EJ ;
- The british balance of trade, 1927, EJ ;
- The United States balance of trade, 1928, EJ ;
- Amalgamation of the british note issue, 1928, EJ ;
- Postwar depression in the Lancashire cotton industry, 1928, J of Royal Statistical Society ;
- Lord Oxford, 1928, N&A ;
- The great Villiers connection, 1928, N&A ;
- Réflexions sur le franc, 1928 ;
- The french stabilisation law, 1928, EJ ;
- Frederic C. Mills' behavior of prices, 1928, EJ ;
- The war debts, 1928, N&A ;
- A rejoinder to Ohlin's : the reparation problem, 1929, EJ ;
- Can Lloyd George do it ? avec H.D. Henderson, 1929 ;
- Winston Churchill, 1929, N&A ;
- A treatise on money, deux volumes, 1930 ;
- The industrial crisis, 1930, N&A ;
- The great slump of 1930, 1930, N&A ;
- Economic possibilities for our grandchildren, 1930, N&A and Saturday Evening Post ;
- Frank P. Ramsey, 1930, EJ and 1931, NSN ;
- A rejoinder to D.H. Robertson, 1931, EJ ;
- Spending and saving, 1931, The Listener ;
- The problem of unemployment, 1931, The Listener ;
- On the eve of gold suspension, 1931, Evening Standard ;
- The end of the gold standard, 1931, Sunday Express ;
- After the suspension of gold, 1931, Times ;
- Proposals for a revenue tariff, 1931, NSN ;
- Some consequences of the economy report, 1931, NSN ;
- Essays in persuasion, 1931 ;
- The world's economic outlook, 1932, Atlantic Monthly ;
- The prospects of the sterling exchange, 1932, Yale Review ;
- The dilemma of modern socialism, 1932, Political Quarterly ;
- Member bank reserves in the United States, 1932, EJ ;
- The world's economic crisis and the way of escape avec A. Salter, J. Stamp, B. Blackett, H. Clay and W. Beveridge, 1932 ;
- Saving and usury, 1932, EJ ;
- A note on the long-term rate of interest in relation to the conversion scheme, 1932, EJ ;
- A monetary theory of production, 1933, in Festschrift für Arthur Spiethoff ;
- Mr. Robertson on saving and hoarding, 1933, EJ ;
- An open letter to President Roosevelt, 1933, New York Times ;
- The means to prosperity, 1933, Times ;
- National self-sufficiency, 1933, Yale Review ;
- The multiplier, 1933, NSN ;
- Essays in biography, 1933 ;
- The means to prosperity, 1933 ;
- Commemoration of T.R. Malthus, 1935, EJ ;
- The future of the foreign exchange, 1935, Lloyds Bank Review ;
- William Stanley Jevons, 1936, JRSS ;
- Herbert Somerton Foxwell, 1936, EJ ;
- The supply of gold, 1936, EJ ;
- Fluctuations in net investment in the United States, 1936, EJ ;
- General theory of employment, interest and money, 1936 ;
- The general theory of empoyment, 1937, QJE - (PDF version) ;
- Professor Pigou on money wages in relation to unemployment, avec N. Kaldor, EJ ;
- Alternative theories of the rate of interest, 1937, EJ ;
- The ex ante theory of the rate of interest, EJ ;
- The theory of the rate of interest, 1937, in Lessons of monetary experience : In honor of Irving Fisher ;
- Some economic consequences of a declining population, 1937, Eugenics Review ;
- Comments on Mr. Robertson's `Mr Keynes and finance', 1938, EJ ;
- Storage and security », 1938, NSN ;
- The policy of government storage of foodstuffs and raw materials, 1938, EJ ;
- Mr. Keynes's consumption function : a reply, 1938, QJE - reply to Holden (1938) ;
- Mr Keynes on the distribution of income and the propensity to consume : a reply, 1939, RES ;
- Adam Smith as student and professor, 1938, EJ ;
- Introduction to David Hume, an abstract of a treatise on human nature, avec P. Sraffa, 1938 ;
- James E. Meade's Consumers' credits and unemployment, 1938, EJ ;
- The process of capital formation, 1939, EJ ;
- Professor Tinbergen's method, 1939, EJ ;
- Relative movements of real wages and output, 1939, EJ ;
- The income and fiscal potential of Great Britain, 1939, EJ ;
- The concept of national income : supplementary note, 1940, EJ ;
- How to pay for the war : a radical plan for the chancellor of the Exchequer, 1940 ;
- Proposals for an International Clearing Union (Second Draft), 1941
- The objective of international price stability, 1943, EJ ;
- Mary Paley Marshall, 1944, EJ ;
- The balance of payments of the United States, 1946, EJ ;
- Newton the Man, 1947, Newton Tercentenary Celebrations, 1947.
[modifier] Notes et références
[modifier] Notes
- ↑ « For Keynes was, for want of a better word, a "neoliberal", perhaps the earliest. By his own admission, Keynes lay at the "liberal socialist" end of the broad spectrum of political and social thought that runs to Ludwig von Mises, Hayek and successors such as Milton Friedman at the other » Moggridge, 1976, p.42
- ↑ John Maynard Keynes est né, la même année que Joseph Schumpeter, dans un milieu bourgeois victorien caractérisé par le sens des affaires, le goût des belles choses, l'intellectualisme et l'élévation morale [1]
- ↑ Le parti libéral était un parti de centre-gauche formé par l'association du parti whig et des radicaux influencés par la pensée de Jeremy Bentham
- ↑ C'est un peu la démarche que recommande Gilles Dostaler Keynes et la politique, p. 4
- ↑ Keynes, membre de la délégation britannique à la Conférence de Paris et qui en démissionnera en avril 1919 pour rédiger son pamphlet, explique aux Européens qu’un comportement généreux serait le calcul le plus réaliste. Réintégrer l’Allemagne au flux normal des relations économiques — en un mot renoncer aux réparations — signifierait assurer sa propre prospérité et panser rapidement les plaies de la Grande Guerre (Le rôle clé de l'Allemagne en Europe).
- ↑ l'hyper-inflation allemande qui succèdera à la guerre sera évoquée à l'appui de ses thèses
- ↑ « L’ouvrage retentissant de Keynes est un pamphlet d'apparence scientifique qui a obtenu un succès de curiosité et de scandale par les paradoxes dont il est rempli. Il est devenu le manuel de tous ceux qui désirent que l'Allemagne ne paye pas ou paye le moins possible les frais de son entreprise manquée. La thèse de Keynes est bien connue. Elle a exercé une action certaine sur 1'opinion et sur le gouvernement britanniques. [...] Keynes voit noir pour les pays vaincus. Il est optimiste pour les vainqueurs. Son évaluation des dommages que la France a subis est très basse. [...] Dans son parti pris évident pour l'Allemagne, la thèse de Keynes est déjà jugée. Ce qu'elle a de futile en général tient dans cet exemple-là. » [l'exemple en question est celui de la France et de la Russie révolutionnaires, l'une comme l'autre financièrement détruites, ce qui ne fût pas un obstacle à leurs succès militaires]
- ↑ « Comme Keynes s'était montré inamical envers la France dans The Economic Consequences of the Peaces'... aucun économiste français ne s'intéressa à son oeuvre jusqu'à ce que les longues heures de l'occupation allemande leur en laissent le loisir » (Note l'auteur en note de bas de page de cette remarque un peu cinglante écrit que malgré tout une traduction de la Théorie Générale était prévue en 1938 mais fut retardée) in Charles Kindleberger, 1982 La Grande Crise Mondiale, 1929-1939, economica p.261
- ↑ Churchill a hésité et a posé au directeur et à des experts de la Banque D'Angleterre, des questions inspirés par l'attitude de Keynes ( Charles Kindleberger, La Grande crise mondiale de 1929-1939, Economica pp.44-45
- ↑ Keynes, introduction du livre d'Hubert Henderson, 1922, Supply and Demand (L’Offre et la demande), édition de 1926, p. v. « The Theory of Economics does not furnish a body of settled conclusions immediately applicable to policy. It is a method rather than a doctrine, an apparatus of the mind, a technique of thinking which helps its possessor to draw correct conclusions. Its is not difficult in the sense in which mathematical and scientific techniques are difficults; but the fact that its modes of expression are much less precise than theses, renders decidelly difficult the task of conveying it correctly to the minds of learners. Before Adam Smith this apparatus of thought scarcely existed. »
- ↑ Pour une bonne présentation des travaux de ce courant et des controverses qu'ils ont suscité, on se consultera Marc Lavoie, Foundations of Post-Keynesian Economics, Edward Elgar, 1992 et L'Économie post-keynésienne, La Découverte, 2004
- ↑ « alors que la main d'oeuvre résiste ordinairement à la baisse des salaires nominaux, il n'est pas dans ses habitudes de réduire son travail à chaque hausse du prix des biens de consommation » citation de Keynes in Combemale, 2006, p.21
- ↑ « Ces idées ont pu être reçus, après la guerre, aussi bien par des libéraux et des radicaux anglo-saxons que par des travaillistes britanniques, des sociaux-démocrates et socialistes réformateurs d'Europe, ou encore par des chrétiens démocrates, des réformateurs sociaux, des tenants du développement économique national, héritiers de Colbert, List ou Carey » cité in Beaud et Dostaler, 1996, p.86
- ↑ Pour le professeur Goodwin, « In fact, the essential Keynesian policy message was delivred to a large Harvard audience in the Godkin lectures of May 1934 by Walter Lippmann published as a book entitled The Method of Freedon (1935) » Goodwin C.D. (1995), "The Promise of expertise: Walter Lippmann and policy sciences", Policy Sciences, 28, Kluwer Academic Publishers, Netherlands, p.336
- ↑ Voir livre de Heller Nouvelles Perspectives de la politique économique Paris Calman-Lévy, 1968. Citation extraite de Beaud et Dostaler, 1996, p.93
- ↑ Pour désigner l'opposition entre les keynésiens et les libéraux classiques, aux États-Unis, on utilise usuellement l'expression Salt Water (sous-entendu les universités prés de la mer) versus Fresh Water [2]
- ↑ On distingue parfois les fondamentalistes, les sraffiens et les kaleckiens
- ↑ « You admit here and there that it is a question of knowing where to draw the line. You agree that the line has to be drawn somewhere, and that the logical extreme is not possible. But you give us no guidance whatever as to where to draw it » cité par Bruce Caldwell, 2004, Hayek’s Challenge : an Intellectual Biography of F.A Hayek University of Chicago Press, p.289
[modifier] références
- ↑ « Nul économiste n'a sans doute davantage influencé la pensée économique contemporaine que John Maynard Keynes » (Guy Caire, 1re phrase de l'article)
- ↑ Voir Hoover, 2003
- ↑ Estewell, 1987, p.47
- ↑ Skidelsky, 2003, p.40
- ↑ Mooridge, Maynard Keynes. An Economist's Biography, p. 25-29
- ↑ Skidelsky (2003), p. 50
- ↑ Beaud, 1993, p. 36
- ↑ Beaud, 1993,p. 36
- ↑ La vie et l'œuvre de Keynes
- ↑ Sidelsky, 2003, p. 105
- ↑ Skidelsky, 2003, p.108
- ↑ Skidelsky, 2003, p.110
- ↑ A. Samuelson, Les grands courants de pensée économique, PUG, 1990, p.397
- ↑ Don Patinkin, 1987, p.19
- ↑ Dostaler, 2005, p.286
- ↑ Moggridge, 1976, p.62
- ↑ Dostaler, 2005, p.286
- ↑ Sidelsky, 2003, pp.161-162
- ↑ Dostaler,2005, pp.134-135
- ↑ Skidelsky, 1945, pp.674-675
- ↑ Beaud, 2001, p.17
- ↑ Ronald Steel, 1998, Walter Lippmann and the American Century, Transaction Publishers, p.306.
- ↑ (en) Escoffier, Jeffrey. "Keynes, John Maynard." In Glbtq: An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture. glbtq, Inc.: Chicago, 2004
- ↑ Craufurd D. Goodwin « Chapter 2 : Art and culture in the history of economic thought » in V. A. Ginsburgh, David ThrosbyHandbook of the Economics of Art and Culture p. 61-66.
- ↑ voir article du New York Times 12 juin 2003
- ↑ Dostaler, 2002, p. 9
- ↑ Dostaler, 2002, p. 10
- ↑ Dostaler, 2002, p. 10
- ↑ Dostaler, 2002, p. 10
- ↑ Dostaler, 2002, p.10
- ↑ Dostaler, 2002, p.11
- ↑ Clerc (2000), p. 64
- ↑ Joseph Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, Paris, Galimard, 1983, tome 3, p. 567
- ↑ Ronald Steel, Walter Lippmann and the American Century, Transaction Publishers, 1998, p. 164-165.
- ↑ Une politique à courte vue ?
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 21-22
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 55
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 68-69
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 73
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 75
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 80-81
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 82
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 82-83
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 23
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 24
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 27
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 28
- ↑ Franck Van de Velde, Keynes, 2002, p. 29
- ↑ Keynes et la politique, p. 6
- ↑ Keynes et la politique, p. 7
- ↑ Keynes et la politique, p. 7
- ↑ Combemale (1999), p. 7
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 33
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 34
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 21
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 21
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 21
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 22
- ↑ Sur ce point voir Don Patinkin (1987), p. 23
- ↑ Keynes (1936), p. 11
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 23
- ↑ De Vroey, M. et Malgrange, P. (2006), La théorie et la modélisation macroéconomiques, d’hier à aujourd’hui, Working paper, N° 2006–33
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 23
- ↑ Pascal Combemale (2006), p. 66
- ↑ Keynes (1936), p. 11
- ↑ Le terme « Klassique » avec un K vient de Hutchinson (1978) et a été repris par Favereau (1985), p. 37
- ↑ « The demand schedule for output as a whole », JMK XIV, p. 83-86 cité in Patinkin (1987), p. 24
- ↑ Voir Don Patinkin (1987), p. 25
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 35
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 27
- ↑ Sur ce point voir, Pascal Combemale (2006), p. 12
- ↑ Combemale (2006), p. 14
- ↑ P. A. Muet, Théories et modèles de la macroéconomie, Tome 1, Paris, Economica, p.102
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 30
- ↑ Don Patinkin (1987), p. 30
- ↑ Voir Claude Ménard, « Le keynésianisme : naissance d'une illusion », Œconomia (Cahiers de l'I.S.M.E.A), n°3, 1985.
- ↑ Moggridge, 1976, p.113
- ↑ Moggridge, 1976, p.114
- ↑ Eichengreen, 1984, p. 364
- ↑ JMK, vol 19, p. 152, cité in Eichengreen 1984, p. 365
- ↑ JMK, vol 20, p. 115 cité in Eichengreen 1984, p. 366
- ↑ Eichengreen, 1984, p. 363
- ↑ Sur ce point voir Patinkin, 1987, p. 39
- ↑ Eichengreen, 1984, p. 368
- ↑ Eichengreen, 1984, p. 368
- ↑ Don Patinkin, 1987, p.33
- ↑ Skidelsky, 2003 p. 636
- ↑ Gooddwin, 1996, p. 91
- ↑ Mikesell, 1994, p.9
- ↑ Eichengreen, 1984, p. 369
- ↑ Keynes, Proposals for an International Clearing Union (Second Draft), 1941c.
- ↑ Voir Cepa.Newschool [3]
- ↑ a b Minc, 2006, p. 317
- ↑ Don Patinkin, 1987, p. 38
- ↑ Keynes, 1936, p. 45
- ↑ Brémond, 1987, p. 37
- ↑ Combemale, 2006, p. 23
- ↑ Combemale, 2006, p.23
- ↑ Keynes, 1936, p.57
- ↑ Voir Combemale, 2006, pp.20-21
- ↑ Combemale, 2007, p.47
- ↑ Keynes, 1936, p.117
- ↑ Keynes, 1936, p. 117
- ↑ Voir les termes du débat sur l'encyclopédie du CEPA [4]
- ↑ Keynes, 1936, p. 153
- ↑ Keynes, 1936, p. 133
- ↑ Keynes, 1936, p.184
- ↑ Keynes, 1936, p.184
- ↑ Keynes, 1936, p.184
- ↑ Keynes, 1936, p.211
- ↑ Combemale, 2006, p.35
- ↑ Vour l'article de Hicks Mr Keynes and the "Classics": A Suggested Interpretation.
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, p. 84
- ↑ Don Patinkin, 1987, p.29
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, p.81
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, p.82
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, p.89
- ↑ Walter Lippmann W. (1934), The Method of Freedom, George Allen 1 Unwin LTD, London, pp.7 et 57
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, pp.89-90
- ↑ Gilles Dostaler, Ibidem, p.9
- ↑ Schumpeter, Ten Great Economists, pp. 261, 287 et Mooridge, Maynard Keynes. An Economist's Biography, pp. 165, 553, 621.
- ↑ Marc Montoussé, Théories économiques, Paris, Bréal, 1999, p.25
- ↑ Schlesinger, 1971a, p. 156
- ↑ au sein du "jeu de langage" (au sens de Wittgenstein) que pratiquent les économistes voir Favereau, 1985, p. 29
- ↑ Mankiw , 2006, p.42
- ↑ Mankiw, 2006, p.43
- ↑ Mankiw, 2006, p.29
- ↑ Jean-Marc Daniel, "La courbe de Phillips", Le Monde du 08/03/2005
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, p.96
- ↑ 2006, p.35
- ↑ Voir Clerc, , 1999, p.1
- ↑ Stiglitz, 2004, p.314
- ↑ Pascal Combemale, 2008, p.17
- ↑ Mankiw,2008, p.4, consulté le 08/03/2009
- ↑ Mankiw,2008, p.4, consulté le 08/03/2009
- ↑ Clerc, 2007, p.1
- ↑ Clerc, 1999, p.2
- ↑ Klamer, A. (1989), « An Accountant Among Economists: Conversations with Sir John R. Hicks », Journal of Economic Perspectives, 3(4) : 167-80
- ↑ voir par exemple Pierre-Bruno Ruffini, Les Théories monétaires, Le Seuil, 1996
- ↑ Patrick Villeu, Macroéconomie : consommaton et épargne, La Découverte, 2002, p. 13
- ↑ on renvoiera encore aux ouvrages de Marc Lavoie pour une présentation exhaustive
- ↑ Marc Lavoie, L'Économie post-keynésienne, La Découverte, 2004, p.55
- ↑ voir le débat entre Edwin Le Héron et Philippe Moutot, Les Banques centrales doivent-elles être indépendantes ?, Éditions Prométhée, 2008
- ↑ Marc Lavoie, L'Économie post-keynésienne, La Découverte, 2004, p.41-44
- ↑ Hayek, Choice in Currency, A Way to Stop Inflation, The Institute of economics affair, 1976, p. 10 : « a man of great intellect but limited knowledge of economic theory ».
- ↑ F.A. Hayek, Droit, législation et liberté, puf 2004, p.104
- ↑ Friedrich Hayek, 1978,« Personnal Recollections of Keynes and the "Keynesian Revolution" », Hayek New Studies, Routledge & Kegan Paul, p.284
- ↑ Hayek, 1978, p.285
- ↑ Hayek, 1978, p.286
- ↑ Hayek, 1978, p.287
- ↑ Bruce Caldwell, 2004, Hayek’s Challenge : an Intellectual Biography of F.A Hayek University of Chicago Press, p.289
- ↑ Jacques Rueff Souvenirs et réflexions de l'âge de l'inflation, § Les politiques de stabilisation après la première guerre mondiale, conférence de 1956 reprise dans son ouvrage L'âge de l'inflation, Payot, 1963
- ↑ Charles Kindleberger, La Grande crise mondiale de 1929-1939, Economica p.46
- ↑ Jacques Rueff Souvenirs et réflexions de l'âge de l'inflation, § Les politiques de stabilisation après la première guerre mondiale, conférence de 1956 reprise dans son ouvrage L'âge de l'inflation, Payot, 1963
- ↑ Jacques Rueff, [5], Revue politique et parlementaire, 1925
- ↑ Jacques RueffLe chômage, les salaires et les prix, Le monde, 1976
- ↑ Jacques Rueff « Les Erreurs de la théorie générale de Lord Keynes »Revue d'Économie Politique, 57, janvier-février 1947, pp.5-33 ; version anglaise : « The Fallacies of Lord Keynes' General Theory », The Quarterly Journal of Economics, 61, mai 1947, pp.353-367
- ↑ Rueff, 1947, p.24
- ↑ Rueff, 1947, p.19
- ↑ Rueff, 1947, p.22
- ↑ De Vroey et Malgrange, 2007, p.13
- ↑ De Vroey et Malgrange, 2007, p.13
- ↑ Modigliani discours présidentiel de 1977 devant l'American Economic Association, cité dans Beaud et Dostaler, 1996, p.191
- ↑ Colloque de 2001 sur les taux de change flottants, Banque du Canada [pdf]
- ↑ Beaud et Dostaler, 1996, pp.195-196
- ↑ Beaud et Dostaler, 1966, p.200
- ↑ Jacques Cros,1951, Le néo-libéralisme : étude positive et critique, Librairie de Médicis, p.322
- ↑ Alfred Sauvy in L'économie du Diable Calman-Levy (ISBN 2702100988), 1976
- ↑ J.C.Wood, éd. ; « JMKeynes : critical assessments », 4 volumes, Beckenham, 1983. P.Delfaud « Keynes et le keynésianisme », Que sais-je ? n°1686, 3e édition, 1983 pour une approche simplifiée.
[modifier] Ouvrages utilisés
Livres
- Beaud M. Dostaler, 1993, La pensée économique depuis Keynes, Michel Beaud, Gilles Dostaler, Points économie édition utilisée 1996.
- Combemale Pascal, 2006, Introduction à Keynes, La Découverte.
- Dostaler G., 2005, Keynes et ses combats, de Paris, Albin Michel, 2005; nouvelle édition revue et augmentée, 2009.
- Heibroner R. L., 2001, Les grands économistes, Points économie.
- (en) Hoover K. R., 2003, Economics as Ideology Rowman&Littlefield publishers, inc
- (en) Moggridge D.E, 1976, Keynes, Fontana Books
- (en) Schumpeter J.A, 1953, John Maynard Keynes, in Ten Great Economists, from Marx to Keynes
- (en) Skidelsky R., 2003, John Maynard Keynes, Macmillan
Livres de Keynes cités dans l'article
- (fr) Keynes J.M, 1936, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, édition utilisée Bibliothèque scientifique Payot, 1990.
- (fr) Keynes J.M., 2002, La pauvreté dans l'abondance, Galllimard (cet ouvrage préfacé par Jean-Paul Fitoussi et Axel Leijonhufvud reproduit un certain nombre d'articles de Keynes dont « Suis-je un libéral » et « La fin du laissez-faire »).
- Franck Van de Velde introduction à l'ouvrage précédent
Articles et travaux universitaires
- (en) Eichengreen Barry,1984, « Keynes and Protection » The Journal of Economic History, vol XLIV, n°2
- (fr) Favereau, Olivier, 1985, « L'incertain dans la révolution keynésienne, l'hypothèse Wittgenstein », Économie et société, mars 1985.
- (fr) Claude Ménard,« Le Keynésianisme : naissance d'une illusion », Économie et société, mars 1985.
- (en) Don Patinkin, 1987, « Keynes, John Maynard (1883-1943)» in New Palgrave, tome 3
- (en) Mikesell Raymond. F. [1994], The Bretton Woods Debates : A Memoir, Essays in International Finance n°192, Princeton.
- (en) Goodwin Craufurd D., [1998], « Vision accomplished : Harold Moulton and Leo Pasvolsky of the Brookings Institution as Champions of a New World Order » in Rutherford M. (ed.), The Economic Mind in America : Essays in the History of American Economics, Routledge.
- Cahiers d'économie politique, numéro spécial Keynes : économie et philosophie, n°30-31.
- Gilles Dostaler, 2002, Keynes et la politique, document de travail Université du Québec à Montréal Dostaler, 2002
- (en) Gregory Mankiw, 2006, « The Macroeconomist as Scientist and Engineer », Journal of Economics Perspectives, volume 20, n°4, automne 2006.
- (fr) De Vroey Michel et Malgrange Pierre, 2007, "Théorie et modélisation macro-économiques", d'hier à aujourd'hui, Revue française d'économie, Volumme XXXI, janvier.
- (en) Gregory Mankiw, 2008,« New Keynesian Economics », The Concise Encyclopedia of Economics Lire en ligne
Articles de vulgarisation
- (fr) Clerc D., 2000, « Deux Keynes pour le prix d'une théorie » Alternatives économiques de mars
- (fr) Denis Clerc, 1999, « Nouveaux keynésiens, les chantres du salaire d'efficience », Alternatives économiques , n°168, mars 1999.
- (fr) Denis Clerc, 2007, « Les nouveaux keynésiens »,'Alternatives économiques Pratique, n°31, Novembre 2007.
- (fr)Pascal Combemale, « Keynes et les keynésiens », Cahiers français n°345, juillet-aoüt 2008.
- (fr) Guy Caire, Article « John Maynard Keynes », Encyclopædia Universalis en ligne.
[modifier] Sites web utilisés
[modifier] Pour aller plus loin
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens et documents externes
- Des textes de Keynes sont disponibles sur un site de l'Université du Québec à Chicoutimi Textes sur Les Classiques des sciences sociales (Attention : copyright variable selon les pays)
- La lettre à Roosevelt est consultable sur le New Deal Network [6]
- Keynes vu par la cepa ( Newschool New York)
- Biographie de Keynes, John Maynard
- Petite histoire de la famille de Keynes
- Biographie John Maynard Keynes avec des détails
- Keynésianisme
- Interview de Gilles Dostaler, auteur de "Keynes et ses combats".
[modifier] Bibliographie recommandée
- Cahiers d'économie politique, numéro spécial Keynes : économie et philosophie, n°30-31.
- Athol Fitzgibbons « Against Keynes Recantation »
- Anna Carabelli « Keynes on Probability, Uncertainty and Tragic Choices »
- Elke Muchlinski « The Philosophy of John Maynard Keynes (A reconsideration) »
- Gilles Dostaler, 2002, Keynes et la politique, document de travail Université du Québec à Montréal Dostaler, 2002
Manuels
- (fr)Herland M., 1991, Paris, Keynes et la Macroéconomie Economica, 1991, 276 p.
- (fr) Redslob A.,2008, Macroéconomie
- (en) Joseph Stiglitz, Carl E.Walsh, 2004, Principes d'économie moderne, De Boeck.
Ouvrages de vulgarisation
- (fr) Maris B., 1999, Keynes ou l'économiste citoyen de presses de Sciences-Po, 1999, 98 p.
- (fr) Minc, Alain, 2007 ; Une sorte de diable : les vies de John Maynard Keynes
- (fr) Henry G.M., 1997, Keynes, Gérard Marie Henry, Armand Colin(223 p.)
- (fr) Stewart, M., 1973, Keynes, éditions du Seuil (Points-Économie), 1973
- (fr) Bruno Ventelou, Lire Keynes et le comprendre, Vuibert, 1997


