Kevrenn Alré

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Kevrenn Alré

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Défilé du bagad lors du festival interceltique de Lorient 2009.

Informations générales
Pays d'origine France
Genre musical Musique bretonne
Années actives Depuis 1951
Labels Coop Breizh
Site officiel kevrennalre.com
Composition du groupe
Anciens membres Roland Becker, Pierre Guillet (fondateur), Pierre Kerino (fondateur), Jean Peron (fondateur)
Logo

La Kevrenn Alré (« le bagad et cercle celtique d’Auray » en breton) est un groupe de musique et de danse d'inspiration traditionnelle bretonne, créé en 1951, par des cheminots de la gare de triage d'Auray.

Huit fois champion national des bagadoù et dix fois champion national de danse bretonne, la Kevrenn Alré se place dans une position avant-gardiste d'un mouvement culturel breton (bagad, cercle celtique, spectacle/concert) et d'innovateur par des compositions et créations scéniques mêlant modernisme, fusions musicales et danses. Les musiciens, travailleurs dévoués avec une union qui fait leur force, se sont forgés un style, comme les sonorités jazz avec l'ajout d'un pupitre clarinette issue de l'école de musique, et des habitudes de travail, comme la semaine de répétition à Brech avant le concours de Lorient.

La formation est depuis ses débuts en relation avec les pays celtiques, dans sa musique comme dans ses voyages. Elle a aussi prouvé les possibilités d'exportation à l'étranger, en se faisant ambassadeur d'une musique et d'une culture, en Europe et dans le monde, avec des voyages dans des pays comme la Yougoslavie en 1962, les États-Unis en 1989 et 2007 (invitée par le groupe irlandais The Chieftains sur la scène du Carnegie Hall) et la Chine en 2008.

Historique[modifier | modifier le code]

Naissance d'un des premiers bagadoù[modifier | modifier le code]

Locomotive en gare d'Auray, d'où le bagad est issu.

À Auray, cinq ans après la guerre, le temps est à la reconstruction et à une France uniformisée (langue unique) et indivisible (sans revendications identitaires) dans un monde en évolution (échanges facilités par la technologie). La Bretagne se réapprend sur des pas de danse et créé de nombreux cercles celtiques, comme celui d'Auray, le « Jileteu Du » (les gilets noirs), en 1949. Quelques couples de sonneurs se sont reformés pour accompagner les danseurs. C'est au sein de cette formation très fermée que se créera la noyau de la future Kevrenn Alré.

Un couple de cheminots, Jean Péron et son épouse Marcelle arrivent à y rentrer, Jean étant le fils d'un conseiller municipal. En 1949, il rencontre à son travail dans les ateliers de la gare d'Auray Pierre Guillet, muté de Rennes, qui entre à son tour dans le cercle. Mais la musique ne se joue qu'en couple, comme celui que forme le fondateur Yves Pellaud avec Pierre Kerino. L'idée de former à Auray un groupe naît lorsque Jean Péron et Pierre Guillet découvrent pour la première fois un bagad, celui des cheminots de Carhaix, un jour de fête en 1950[1]. Avec Pierre Guillet, il échafaude les premiers plans et rédige un appel aux alréens et spécialement aux sonneurs du cercle pour les convaincre de les rejoindre et de relever le défi[2]. Huit jours plus tard, ils se retrouvent près d'une trentaine à vouloir tenter l'aventure[2]. Le couple Péron et les deux Pierre quittent donc le cercle pour se regrouper sous le nom de Kevrenn Alré [n 1]. Pierre Kerino, seul sonneur, assure les formations et la direction musicale. Boulanger de son état, il collecte dans les campagnes les airs traditionnels auprès des derniers sonneurs[n 2] (marches, cantiques, ridées, an dro, hanter dro, gavottes, veillées) qu'il retranscrit sur papier grâce à sa formation de musique classique en piano[3].

Pupitre de caisses claires écossaises au FIL 2012

Ne possédant pas de fonds, les instruments sont au départ achetés par les membres puis remboursés en jouant[4]. Dorig Le Voyer est le « luthier exclusif » de la B.A.S.. Parmi les jeunes cheminots du bagad, il y a Francis Laudren, l'un des précurseurs de la musique de bagad parmi lesquels Polig Monjarret. En plus d'avoir eu l'idée d'adapter les pipe bands, il sait fabriquer les cornemuses écossaises (biniou braz), grand frère du biniou koz. Ces nouveautés sont concrétisées en 1953 par la création de la Bodadeg ar Sonerion, l'assemblée des sonneurs qui fédère les groupes naissant à l'époque (Rennes, Kemper, Karaez, Bleimor, Saint-Malo et bientôt Auray).

Mise en place de l'unité qui fera sa force[modifier | modifier le code]

Oubliant de se déclarer à la préfecture dans la frénésie de moment, l'association type loi 1901 n'existe qu'un an plus tard, en 1951[4]. Dans ses statuts, il précise ses objectifs (être une « école de fierté bretonne », « œuvrer pour la renaissance du folklore breton, la défense de la langue bretonne et le maintien du caractère particulier des bretons. »…)[5]. En septembre 1951, trois mois après l'appel de Jean Péron et Pierre Guillet, le groupe effectue sa première sortie lors des fêtes du quartier de la gare d'Auray. Ils réussissent en moins d'un an à rembourser l'avance des sonneurs et peut même acheter une vraie batterie écossaise[n 3]. Cet élan immédiat est une façon d'exprimer leur fierté culturelle souvent méconnue. Ils sont attendus dans les innombrables fêtes bretonnes, puis en France et à l'étranger. Afin de parvenir à l'efficacité, les cheminots consacrent une à deux répétitions par semaine dans un esprit d'unité et de différenciation[5].

La Kevrenn Alré choisit ses couleurs, le noir pour le costume, directement inspiré de l'habit traditionnel de Locoal-Mendon, et le rouge pour les housses des poches de cornemuses (ornées de franges argentées et de l'insigne de la B.A.S.), tout cela cousu par Marcelle Péron. Concernant l'emblème, Jean découvre chez Dorig Le Voyer une ceinture de chouan et s'en inspire pour tailler dans des plaques de laiton le cœur chouan que chaque musicien portera. Pierre Guillet, lui, trouve l'autre emblème qui est la faux, plus symbolique de ce sentiment d'appartenance qui les anime. À chaque défilé, Job Gourif porte sa faux en tête tel un drapeau. Le drapeau breton sera orné du dernier emblème qu'est la chouette, une autre référence à la chouannerie, cette révolte paysanne contre le pouvoir révolutionnaire français, conduite en Basse-Bretagne par Georges Cadoudal[6].

Le train est en marche[modifier | modifier le code]

Presque tous issus du milieu corporatif des cheminots, les sonneurs sont encore jeunes, entre 25 et 35 ans. Avec une cohésion renforcée, l'ensemble devient très populaire[7]. Le groupe, qui ne cesse de grandir, s'élargira avec les premiers enfants des sonneurs qui suivent leurs papas lors des sorties avec leurs mamans jamais très loin. Par exemple, Georges Olliveaud, cinq ans, et Jean-Yves Péron, font leurs premières sorties en 1952[7]. Certains membres comme Claude Bouchez, l'un de la dizaine de non cheminots, ou le carnacois Jean Piedcoq, accompagnaient le cercle de Carnac. Les deux groupes se sont parfois regroupés comme pour les semaines folkloriques de Périgueux ou le centenaire de la ligne SNCF Paris-Le Mans en 1954. Avec la dispersion des danseurs, le cercle décide de se dissoudre et d'offrir sa caisse au bagad[8].

Les souvenirs du bagad sont marqués par ses passages aux fêtes de Cornouaille à Quimper, « chargés en émotions ». En 1953 notamment, alors que le bagad avance lentement derrière sa faux et le seul drapeau breton du défilé, le public puis les officiels de la tribune se lèvent dans un impressionnant silence[9]. La froideur de certaines grandes villes contraste avec la vie au pays. Ils défilent par exemple entre les immeubles et sans public à Athis-Mons en région parisienne ou en banlieue lyonnaise. Mais ils sont chaleureusement reçu à Bordeaux par exemple, accueillis par Jacques Chaban-Delmas[10], à Strasbourg, Toulouse, Orléans ou encore en Yougoslavie[9]. Grâce à son adhésion à l'Union Artistique et Intellectuelle des cheminots français, il bénéficie d'avantages pour voyager en train. Moins de dix ans après la guerre, il est invité en Allemagne et s'y rend sans difficultés.

En ces années 1950, la force du peuple dans son sursaut est porteuse pour la musique et la danse, qui apportent une alchimie en émotions. Le groupe joue sa « marche de Cadoudal », devenue son hymne de bataille, en se faisant aussi des « alliés »[11]. Le cercle celtique Tud an Hent Houarn (ceux du chemin de fer) de la SNCF à Paris devient un point de rassemblement des bretons émigrés, régulièrement renforcé par les femmes de la Kevrenn Alré qui trouvent un moyen d'expression par la danse. Elles dansent même parfois avec le cercle et le bagad rassemblés.

Entre doutes et espoirs[modifier | modifier le code]

Dès le milieu des années soixante, le bagad connaît un essoufflement et un déclin jusqu'à la fin des années 1960. Tout d'abord, la grande famille a donné naissance à beaucoup d'autres qui doivent concilier vie familiale, professionnelle et de groupe[11]. Des couples de sonneurs se forment pour animer fêtes et mariages. La B.A.S. entame un virage musical plus marqué. Des jeunes sonneurs vont réévaluer le niveau technique et se former en Écosse pour intégrer non plus le doigté de la veuze mais le jeu écossais et se procurer de vraies cornemuses écossaises. Cela amène certains à renoncer définitivement à la musique bretonne et à la Kevrenn Alré. La radio diffuse des musiques qui donnent des envies de changement et de danser librement. Les nouvelles recrues sont rares, l'incertitude est forte face à une cohésion et une force initiales sévèrement diminuées. D'autre part, la fermeture du dépôt SNCF d'Auray supprime plus d'une centaine de postes et le local de répétition. Un autre local est trouvé à la caserne Duguesclin mais les sonneurs sont mutés dans d'autres gares éloignées et c'est une perte pour l'économie locale. Le départ de plusieurs sonneurs est difficile à vivre : la grande famille se disperse[12].

Les fondateurs Jean Péron et Pierre Guillet cherchent à assurer la relève. Chez des jeunes dont la rupture était presque totale avec un héritage culturel non relayé, ils décident de le combler auprès des enfants des cheminots[13]. Chaque jeudi, Jean puis Pierre animent un atelier découverte sur l'histoire de la Bretagne, les légendes, le monde celtique, choses que leurs parents portaient en eux de manière naturelle sans penser à leur transmettre. Développant un fort sentiment d'appartenance, ils seront ainsi déterminants pour l'avenir du bagad[13]. Mais ce relai n'est pas sans faille, entre des vétérans qui ne se reconnaissent pas tout à fait dans la relève qui, sans état d'âme, se mettra à apprendre la musique avec une frénésie aussi rigoureuse que nouvelle. Cette technicité amène les anciens à remettre en cause leur jeu et l'apprentissage autrefois basé sur l'oralité[14].

Le passé prestigieux et le futur incertain ont finalement amorcé un dynamisme nouveau. Michel Demion, sonneur de la Kevrenn Brest Saint-Mark, apporte son expérience et sa créativité en 1965 pour que le bagad reprenne confiance[15]. Il sait que le renouveau passe par la formation des instrumentistes. Avec quelques membres, dont le penn soner Jean-Yves Peron, il participe à un voyage d'étude en Écosse.En 1966, Yves Hercelin, âgé de 15 ans, entre à la Kevrenn parrainé par Jacques Arhuis, sans savoir jouer d'un instrument mais attiré par les voyages. Malgré sa préférence pour la bombarde, Michel Demion l'oriente vers la cornemuse. Après des stages B.A.S., il rejoint le pupitre un an plus tard et en prend la direction en 1970. Ces stages sont une motivation supplémentaire pour les sonneurs.

Progressivement, entre 1968 et 1971, le bagad se met en marche et réussi à décrocher un titre de champion du Morbihan en troisième catégorie[16]. En 1971, après trois années de travail, la Kevrenn accède en seconde catégorie lors du premier championnat des bagadoù à Lorient. Le renouveau se dessine déjà après 1968. En effet, le batteur Georges Le Neillon se forme durant son service militaire d'un an auprès du bagad de la Lande d'Ouée et aux côtés d'Iffig Guillou, Yann Le Grand, deux tambours du bagad de Brest, et Patrick Duplesne, sonneur de la Kevrenn de Rennes, pour laquelle il compose des morceaux. La Kevrenn décide sur son exemple de faire appel à des formateurs extérieurs comme Yves Rouillard pour perfectionner les connaissances et la technique des jeunes et envisage une direction musicale plus élargie, avec des compositions par exemple[16]. Yves Rouillard, payé par le groupe, assure la formation pendant trois ans avec un cours par semaine. Le bagad, ayant connu une grande vague de recrutement, est amené à former des adolescents de 12 à 14 ans, ceux-là qui constitueront vingt ans après le noyau dur. La plupart fréquent le même collège et se produisent en fest-noz, bien qu'ils utilisent sans l'autorisation du bagad sa renommée. Parmi les membres de cette formation, fait partie Roland Becker (âgé de onze ans à son arrivée en 1969), Maurice Pommereuil, Patrice Corlay, Hubert Raud, Jacques Dujardin, Jean-Luc Le Guennec, Gilles Bonnec, Philippe Guigo… Avec le mouvement folk puis pop celtique, la Kevrenn se métarmorphose en véritable orchestre[17].

Mouvement revivaliste[modifier | modifier le code]

Clarinettistes du bagad au FIL 2012

Le début des années 1970 est marqué par le renouveau breton et l'émulation nationale. En 1972, après une résidence d'une semaine à Kermane (Brech), le bagad confirme son ascension en obtenant au concours de Lorient une troisième place en seconde catégorie. Le stage intensif, inspiré de ceux de Brest, est devenu une tradition pour le bagad[18]. Une petite tension naît lors de cette semaine entre Yves Hercelin, « penn-cornemuse », et le groupe, Yves souhaitant ne faire jouer que les jeunes sonneurs pour les motiver davantage, après avoir invité des moniteurs du bagad de Rennes[19].

Par la suite, le groupe connait des défections, certains découragés que leurs efforts ne soient pas récompensés en concours. Yves Hercelin rejoint le bagad Bleimor. En 1975, il ne reste plus que deux sonneurs dans le pupitre cornemuse, Patrick Corlay et Hubert Raud, quelques joueurs de bombardes dont le jeune Roland Becker, Georges Olliveaud revenu à la batterie au côté de Georges Le Neillon, « penn-batteur »[19]. Le pupitre cornemuse est renforcé par l'intégration de sonneurs en formation comme Pascal Guingo et des anciens du bagad de Lannion. La jeune génération portait une admiration pour Pierre Guillet, « l'âme » de la Kevrenn. Après la deuxième place du podium, le bagad monte sur la première marche en 1976 et accède en première catégorie. Le groupe qui retrouve l'élite ne joue plus sur son « effet de masse » mais il assure ses fondations sur des individualités fortes qui amènent un esprit novateur. Malgré quelques divergences, la motivation l'emporte avec l'envie de décrocher le titre. L'horizon s'élargie, avec un Roland Becker en innovateur. Avec plusieurs membres, il se dirige vers la création musicale, le fest-noz avec la mini formation qu'ils constituent et son groupe Kavaden, une formation d'inspiration celtique.

Sous la direction de Roland Becker, elle remporte le titre de Champion de Bretagne en 1979 avec une moyenne de 16,5 et une moyenne d'âge de 20 ans[20]. Il signe désormais compositions et arrangements du groupe qui devient l'un des moteurs d'une musique bretonne évolutive (1er prix de recherche musicale la même année)[21]. En succédant au bagad Kemper, titulaire du titre depuis trois années consécutives, il amorce une tendance, de même que la Kevrenn de Rennes avait joué ce rôle face à Bleimor. Avec son style particulier, à défaut d'obtenir une reconnaissance officielle, il obtient celle du public et lance un phénomène durable de création lors des concours du championnat. Son titre lui ouvre les portes de l'international.

En présentant l'année suivante à Lorient La Bataille d'Auray, le bagad alréen reconquiert le titre de champion en 1981. Conçue par Roland Becker, la musique s'inspire des évènements historiques d'Auray durant la guerre de succession des ducs de Bretagne en 1364. La Kevrenn signe une pièce maîtresse dans l’évolution de la musique bretonne contemporaine, par les compositions mais aussi dans la notion de « spectacles » et l'idée qu'un bagad peut avoir vocation à offrir des concerts[22]. En effet, remarquée par la Confédération musicale de France et par l'Alliance française lors du festival de Varsovie en septembre 1980, la Kevrenn se voit proposer de créer un spectacle de musique et danse bretonnes pour un festival international à Dublin en février. En quelques mois, l'ambitieux projet doit prendre forme en recréant un cercle d'une douzaine de danseurs et un chœur, intégrés pour l'occasion. Une étape décisive est franchie, car c'est la première fois que le bagad s'associe aussi étroitement avec un groupe de danseurs[22].

Des défis à relever[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, la Kevrenn entre dans une nouvelle ère ; son style s'est affirmé et il a muri en même temps que les sonneurs ont trouvé une sérénité. Le bagad retrouve une unité, autour d'un chef, Roland Becker. Yves Hercelin réintègre le bagad qu'il avait quitté dix ans plus tôt. Hubert Raud remporte avec Roland Becker des titres de Champions de Bretagne de sonneurs en couple, une maitrise reconnue de la musique traditionnelle qui leur permet de prétendre à la créativité[23]. Maurice Pommereuil participe à partir de 1983 avec Roland Becker à la composition rythmique de morceaux contemporains défiant la logique de l'époque.

1982 est une année importante, avec la création entière d'un spectacle. Pour le festival des Cinq Nations qui se tient à Dublin, il présente un spectacle musique et danse, une première qui marque aussi une présence plus importante des femmes dans la vie du bagad, avec des danseuses et des chanteuses[24]. La chorale continuera d'accompagner les sonneurs jusqu'en 1989, lassée de ne pas avoir une place suffisamment importante[25]. La danse ne sera possible que ponctuellement, comme pour le festival de Confolens, avec des danseurs occupés dans leur cercle et des sonneurs pas tous prêts à une telle ouverture. Après sa tournée en Irlande et en Algérie, il clôture le festival de Cornouaille devant 2 000 personnes, qu'il achève par l'hymne national breton, le Bro gozh ma zadoù, devant une foule debout[25]. Jacques Le Falhuin poursuit l'activité danse, rejoint par Armelle Gouedic du cercle dissout de Quimper, pour tenter de constituer à Auray une formation de danse. Une école de danse est créée au sein de la Kevrenn Alré. Les danseurs qui travaillent dans l'ombre se joignent aux musiciens pour quelques occasions comme à Vannes, où le bagad se présente hors championnat, puis en Suisse. En septembre 1985, André Arhuero prend la direction du petit groupe et lance un défi à Armelle et Jacques : présenter la Kevrenn Alré « Musique et danse » directement en première catégorie et la mener victorieuse du championnat de danse de Bretagne[26]. Avec leur connaissance aiguë du répertoire traditionnel, l'engagement des danseurs dans une cadence de travail et une « rigueur absolue dans l'apprentissage du répertoire », la formation remporte effectivement le concours de Guingamp et le titre de champion des ensembles chorégraphiques de la fédération Kendalc'h[27]. Le cercle ainsi créé en 1986, cumule successivement les titres de champion de Bretagne de danse traditionnelle, son septième en 1992.

En 1989, alors que Roland Becker a quitté le groupe, le bagad doute sur sa capacité à conserver son style particulier sans son inspirateur[28]. Dans un premier temps, il trouve un remède dans l'exotisme de la Louisiane et s'en tient aux titres enregistrés sur un CD et un clip vidéo, sans participer aux concours l'année 1990. Puis, Arnaud Ciapolino, arrivé du bagad Kemper à la fin des années 1980, succède au poste de penn-soner. Ce flûtiste-compositeur présentait des similitudes avec son prédécesseur : âgé de 19 ans comme Roland Becker lors de l'accession en première catégorie, musicien d'un autre instrument (flûte traversière), participation pendant un an à la formation personnelle « Jazz celtique » de Roland Becker... Cependant, il présente son propre univers sans revendiquer une filiation et c'est la Kevrenn elle-même qui porte une continuité[28]. Porté par d'autres fortes personnalités musicales, Alré prouve en 1991 son aptitude à maintenir son niveau technique et son sens de l'inspiration[n 4], jusqu'à décrocher une nouvelle fois le titre l'année suivante. En 1991, elle totalise 4 titres en première catégorie et 4 deuxièmes places (dont une en 1991). En 1992, Arnaud Ciapolino, qui réussit à mener le bagad et le cercle au sommet de la musique et de la danse en Bretagne, cède sa place à Fabrice Lothodé pour suivre des études au conservatoire de Rennes et de Paris[29].

Fabrice Lothodé à la bombarde et Marie Le Cam à la cornemuse au FIL 2012

Au poste de penn-soner, âgé d'une vingtaine d'années, Fabrice assure l'intérim pour seconder Roland Becker qui consacre plus de temps à sa carrière professionnelle (CD, livre, recherches, compositions, clarinettiste)[30]. Il poursuit dans le mélange de la musique traditionnelle et de modernité, style singulier fait d'audace et d'invention. Lors de la remise des prix de l'Ordre de l'Hermine en 1990, la Kevrenn Alré joue son spectacle au Centre Athéna d'Auray et souffle ses 40 bougies[31]. Le bagad prépare les concours sur le site du moulin de Treuroux à Brech. En 1993, le bagad et le cercle enregistrent une émission pour France 3 au Château de Trédion.

Fabrice est responsable du pupitre bombarde de 1994 à 1998, avant de prendre la direction artistique du bagad. Entre-temps, la Kevrenn remporte un sixième titre à Lorient, en 1996, sous la direction de Roland Becker[30]. Détentrice du titre de champion de Bretagne, elle décroche en 1997 à Brest la première place avec une moyenne de 17,52[32]. En février 1998, la première place lui échappe à Brest, sanctionnée pour une trop grande abondance des clarinettes et en août à Lorient elle est cette fois pénalisée pour ne pas avoir suffisamment utilisé ses caisses claires écossaises avec cependant le suffrage des juges d'ensemble[33]. Le bagad Kemper remporte une nouvelle fois le titre. En 1998, le directeur musical et compositeur, Roland Becker quitte la Kevrenn, entraînant dans son sillage le départ de 12 musiciens. Fabrice Lothodé devient le nouveau penn-soner et doit remonter une nouvelle équipe aux pupitres bombardes avec des jeunes[20]. Pour cela, le bagad se donne une année de transition avant de reprendre le chemin des concours[34].

Une autre moitié de siècle, entre créations et concours[modifier | modifier le code]

La Kevenn Alré « bagad et cercle » obtient en 1999 son 10e titre de champion de Bretagne à Guingamp et reçoit la médaille d'honneur de la ville d'Auray[35]. Ils bénéficient d'une nouvelle salle de répétition municipale pour créer en 2001 le spectacle de leur 50e anniversaire[36]. À cette occasion, il fête son demi-siècle et sort un CD. En 2002, Alré est battu sur le fil par Quimper, avec seulement deux dixièmes de points d'écart[37]. Selon Fabrice Lothodé, il existe une « émulation » entre bagadoù et les concours sont une motivation supplémentaire pour réaliser une musique de qualité, avec des entrainements qu'il compare aux « sportifs professionnels », sans perdre de vue l'aspect émotion[38]. En 2004, ils finissent 4e, une nouvelle fois battus par Quimper[39].

En 2007, après avoir remporté deux Maouts consécutifs, la Kevrenn ne participe pas au championnat, pour prendre le temps de perfectionner leur répertoire existant qu'ils jouent dans les églises et peaufiner leur cohésion avec les danseurs[40]. La Kevrenn a l'idée, après un concert en décembre 2006 à l'église d'Auray, de proposer un « voyage entre les terres de la Bretagne et des pays celtes, tantôt profane, tantôt sacré ». Ainsi, entre 2007 et 2009, elle propose le spectacle Alré en Iliz (Alré en Église) avec la chorale Kanerion Pleuigner, qui donne naissance le 5 décembre 2008 à un CD, accompagné d'un DVD retraçant les temps forts d'une année et demie de vie commune[41]. André Arhuéro est recruté pour être le coordinateur entre le bagad et le cercle et assurer la direction artistique ainsi que les animations

Julien Le Blé, penn soner, au FIL 2012

En 2009, Alré se fait devancer de peu par le bagad Cap Caval : 2e à Brest, il sera premier ex æquo à Lorient, pour finalement être donné gagnant ayant obtenu les meilleures notes des juges d'ensemble[42]. En 2010 il décide de faire l'impasse sur le concours de Lorient pour se concentrer sur la création Imoër qu'il présentait également au Festival interceltique. Il termine sur la troisième marche du podium pour le championnat de Bretagne 2011[43]. Fabrice Lothodé annonce son passage de relais après 20 ans en tant que penn-soner lors d'un spectacle au centre Athéna d'Auray, le 29 octobre 2011, jour qui marquait aussi ses 40 ans[44]. Pendant plus de dix ans, il a écrit les suites présentées par le bagad en concours. À 28 ans, Julien Le Blé lui succède après 15 ans au sein de la Kevrenn[45].Avec son nouveau penn-soner, le bagad se classe troisième à Brest lors de la première manche et remporte le prix Terroir avec le répertoire imposé du Kreiz-Breizh[46].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Structure[modifier | modifier le code]

Liste des présidents :

  • 1951-1954 : Pierre Kerino[47]
  • 1955-1957 : Hubert Le Roch[47]
  • 1958-1962 : Jean Denetz[47]
  • 1963-1969 : Jean Peron[47]
  • 1970-1981 : Pierre Guillet[47]
  • 1982 : Jean-Luc Le Guennec[47]
  • 1983 : Roland Becker[47]
  • 1984 : Gilles Bonnec[47]
  • 1985-1986 : Jean-Claude Vigouroux[47]
  • 1981 et 87-97 : Georges Le Neillon[47]
  • 1998-2002 : Hubert Rault [47]
  • 2002-... : Kaou Hulaud[n 5],[48]
  • 2006-2007 : Maurice Pommereuil[réf. souhaitée]
  • 2008-2012 : Tangi Saout[49]
  • depuis 2012 : Marie Le Cam[49]

La Kevrenn Alre est une association de type loi 1901, déclarée à la sous-préfecture de Lorient en septembre 1951 sous le numéro 056101100. Avec pour objet de pérenniser et de transmettre la culture traditionnelle bretonne et celtique, elle poursuit les objectif suivants : création et diffusion de spectacles de musique et danse traditionnelles bretonnes, participation aux concours danses et musique, animation d'une école de musique et de danse, animation de cours de loisirs (costume et patrimoine)[50].

La Kevrenn Alré trouve une unité entre le bagad et le cercle et une cohésion quand ils s'associent. Cette association réussie lui ouvre les portes de la scène internationale (festivals certifiés CIOFF par exemple). Bien que ce soit un groupe amateur qui s'appuie sur une organisation associative, il évolue néanmoins entre des formations de musique et danses composées d'artistes professionnels du monde entier. En 2011, l'association comptait 270 adhérents et l'école de musique traditionnelle était la première du département, en termes d'effectifs (70 élèves)[51].

La ville d'Auray met à disposition de l'association plusieurs locaux municipaux à titre gracieux, dont l'Espace Pierre Guillet (pour une valeur estimée à 17 686 € en 2012) et a décidé d'attribuer selon une convention du 24 septembre 2012 une subvention annuelle de 3 500 € pour le bagad et 1 000 € pour le bagadig jusqu'en 2015[52].

Bagad[modifier | modifier le code]

Cet orchestre traditionnel existe depuis les années 1950 sur le modèle du pipe band écossais. Regroupés en pupitres dirigés par un leader, les instruments sont la cornemuse écossaise, la bombarde, les caisses-claires et les percussions (grosse caisse, tambours médium et ténors…). Il a également utilisé le biniou koz, le violon et l'accordéon diatonique. Le « chef d'orchestre » est appelé penn-soner. Il a souvent cumulé la fonction de directeur musical et artistique, dont Roland Becker en est l'exemple. Après son arrivée à la tête, le bagad a envisagé de confronter la culture bretonne à d’autres expressions artistiques et influences telles que le jazz, la musique classique, le rock, d’autres traditions populaires… Leur prestations ont souvent été conçues comme des « suites thématiques et audacieuses qui font voyager »[53]. Outre l'exigence de travail, le bagad est marqué par une vie collective et des moments festifs, qui effacent les barrières sociales[18]. Chaque début d'année, elle donne une représentation à la salle Athéna d'Auray. Un club des amis de la Kevrenn est né en 2008 avec des personnalités du monde de la musique, de l'entreprise…

Bagadig[modifier | modifier le code]

La Kevrenn Alré a toujours donné des cours de musique, cependant le bagadig (petit bagad) n'est créé qu'en 1999. L'école de musique de la Kevrenn Alré, créée en 1996, enseigne la batterie, la bombarde, la cornemuse à des élèves âgés de 9 à 18 ans[54]. Les cours sont assurés par des musiciens du bagad, aidés par des intervenants extérieurs payés par la BAS. Avant de jouer des instruments, les élèves travaillent sur des practices, instruments d'études qui permettent, pour la cornemuse, de maitriser les gammes tempérées, et pour la batterie de maitriser les rythmes et les baguettes. L'élève en cornemuse souffle dans une colonne en ébène. « Cinq à six années sont nécessaires pour obtenir une autonomie », selon le professeur de batterie Raynal Bedard[54]. Le bagadig est non pas créateur de liens intergénérationnels comme le bagad mais une instance de socialisation où les jeunes se retrouvent entre eux, ce qui est une source supplémentaire de motivation. Leurs ainés prodiguent des valeurs comme la solidarité, la tolérance et la fierté [55].

À ses débuts, le bagadig participe aux concours de 5e catégorie à Carhaix et Locoal-Mendon. À Locoal Mendon, il concourt également pour le trophée Roñsed-Mor. Avec la création d'un nouveau bagadig en 2009, il monte en 3e catégorie. En 2011, il termine deuxième de sa poule de 4e catégorie. Un deuxième bagadig (bagad école), appelé Bagadigañ, est créé en 2009 et évolue dans la 5e catégorie du championnat des bagadoù[56]. En 2012, il termine sixième sur plus de 30 formations lors de la finale à Carhaix[57]. En 2013, il accède à la 3e catégorie en terminant deuxième au concours de 4e catégorie.

Cercle celtique[modifier | modifier le code]

Le cercle lors de la de la grande parade des nations celtes en 2012.

Dès 1981, des danseurs avaient montés un spectacle avec le bagad, mais sans qu'ils soient liés à l'association. Lorsque musique et danse font un tout en 1985, les danseurs sont désormais à « plein temps » pour le cercle et apprennent à travailler en lien direct avec le bagad, dans une véritable synergie. Leur objectif était de remporter le championnat de danse de Bretagne.

En 1986, le groupe, formé par plus de 80 musiciens et danseurs, décroche le premier titre de Champions de Bretagne à Guingamp. Chaque année, la Kevrenn prépare l'Emvod, le concours départemental de danse bretonne organisé par Kendalc'h et en cas de sélection le concours régional de la Saint-Loup à Guingamp. La Kevrenn a été onze fois championne de Bretagne, dont sept années consécutives de 1986 à 92. Ils créent ensuite deux nouvelles suites par an. Ceux qui le souhaite s'associent aux choix chorégraphiques du groupe, ce que font Armelle et Jacques, mais aussi Raphaël Hellec (ex de la Kerlenn Pondi), Michel Chevalier de Brest, Danielle Beauguion (ex du cercle de Carnac), Cathy Le Douarin, Gwen Petitbon, sans oublier André Arhuero[n 6]. De répétitions en répétitions, le style s'affine, entre cohérence créative et cohésion musicale[58]. Leur prestation au concours de Morlaix en 1987 en est une démonstration sur des compositions de Roland Becker, puisées dans le non traditionnel (mesures à 7, 10 et 24 temps…)[59].

La volonté créative est parfois durement contestée dans le monde de la danse ou de la musique. En effet, elle dépassait les limites de la danse traditionnelle, en recourant à des techniques empruntées à des genres aussi éloignés que les danses contemporaines ou africaines, auxquelles quelques danseurs s'étaient initiés ou avec l'apport des compétences extérieurs. Ce fut le cas dès 1986 avec la collaboration d'Élisabeth Bertrand, professeur de danse classique et moderne jazz à Auray, ou en 1989, lors d'un stage animé par Flora Thiefaine. L'envie novatrice s'appuyait néanmoins sur le traditionnel, comme le travail scénique dans la recherche de mouvements d'ensemble sans rompre avec la chaine traditionnelle tout en donnant plus d'élan à la chorégraphie. Les futurs danseurs étaient formés dans le grenier du penn-soner André Arthuero, transformé en salle de danse, avant d'intégrer le groupe[26]. André se retire de la direction scénique du cercle en 1992, mais continue de prendre part l'année suivante à la mise en scène de Boked Eured (Bouquet de noce), un spectacle sur le thème du mariage, programmé dans le cadre de l'exposition régionale Quand les Bretons passent à table.

Dans les années 1990 et pendant une quinzaine d'années, Krystel Mainguy est la chorégraphe et professeur de la Kevrenn[60], jusqu'à la naissance de sa fille Erelle. Les cours de danses sont ensuite assurés par deux anciens danseurs, Anne-Marie et Jean-Paul Kergozien puis par Rozenn Le Roy en 2001[20]. En 2006, l'une des membres est élue reine des fêtes d'Arvor à Vannes. Un nouveau cercle enfant est créé en 2009. Aujourd'hui, l'école de danse continue de transmettre aux plus jeunes la passion pour la danse traditionnelle. Alice Conan remplace Anaëlle Mezac à la tête de l'ensemble en 2011.

Costumes[modifier | modifier le code]

Cercle enfant et porte-drapeau (faux) au FIL 2012

Ils ont introduit dans la présentation de danses traditionnelles la notion du spectacle, impliquant des choix chorégraphiques en rupture mais aussi des choix nouveaux de présentation. Pour cela, d'importants efforts de recherche de costumes sont entrepris (études de documents anciens, photos du début du siècle comme celles de Lalaisse, croquis comme ceux de René-Yves Creston, témoignages). Ces études ont permis de reficeler les différents costumes entre époques et pays. Ainsi, Michel et Danielle Beauguion ont conçu des habits authentiques, cohérents, sans négliger l'aspect pratiques pour les enfiler rapidement et ne pas gêner les mouvements[61].

Les costumes sont des copies de ceux du pays d'Auray et du pays Pourleth (région de Guémené-sur-Scorff) entre 1840 et 1920. Ils sont reproduits suivant des sources distinctes :

  • Le costume dit « Lalaisse » des années 1850 décrit selon les lithographies de François Lalaisse.
  • Le costume de riche paysan, aux couleurs chatoyantes, et celui d'artisan avec son gilet tissé et ses bragou braz blanc (« culotte bouffante ») représentant Auray au XIXe siècle.
  • Le costume d'époque. Au costume de cérémonie d'Auray, qui montre l'apparition du tablier en velours brodé, s'ajoute un costume de marche du pays Pourlet avec son célèbre « capot ribot » pour les femmes et un gilet au droguet de laine blanche aux « mille boutons » pour les hommes.

Une commission est chargée chaque année de réfléchir sur l'aspet vestimentaire. L'association possède aussi un atelier de confection et couture, qui réalise des nouveautés en fonctions des créations artistiques[62]. Avant, un nouvel entrant devait se procurer son premier costume. Le système étant trop onéreux pour les jeunes, le groupe décide d'avancer les fonds et la personne peut racheter le costume plus tard. Cette mesure facilite l'intégration des jeunes. Pour la partie « traditionnelle » des concours, certains peuvent revêtir des habits d'époque, mais pour les parties scéniques ou les spectacles, seuls des costumes neufs sont utilisés. Afin de ne pas casser le rythme, un groupe de danseurs se change pendant qu'un autre est sur scène[63].

Productions artistiques[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1988 : Musique, chants et danses (K7)
  • 1990 : Kevrenn Alré (CD GREM)
  • 1997 : La.ri.don.gé ! (CD Arfolk/Coop Breizh)
  • 2001 : 50 ans (CD Coop Breizh)
  • 2006 : Dañs Ar Bleiz (double CD, Label Productions)
  • 2008 : Alre en Iliz (CD - DVD, dist. Coop Breizh)

Participations[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Bodadeg ar sonérion : daou ugent vloaz e servij sonerezh Breizh (Assemblée des sonneurs : 40 années au service de la musique bretonne ; deux disques 33 tours)[64]
  • 2003 : A toi et ceux - Dan Ar Braz[65]
  • 2006 : Bagad ! Une légende bretonne (DVD + CD Pathé)
  • 2006 : Phénomène Bagad (DVD) film de Barbara Froger
  • 2006 : Celtica (DVD) spectacles au stade de la Beaujoire, Nantes
  • 2007 : Nuit de la Saint Patrick à Bercy (CD live)
  • 2007 : Nuit Interceltique de Rennes (DVD live)

Répertoires et créations[modifier | modifier le code]

Depuis ses débuts, le bagad ne se limite pas un un terroir mais il explore tous le répertoire traditionnel de Bretagne, qu'il apprend en faisant appel à des spécialistes du genre. Il y apporte une touche personnelle et de modernité, grâce à de nouveaux arrangements, des harmonies… En 1978, au championnat des bagadoù de Lorient, la Kevrenn Alré présente la Gavotenn torr-pen (la danse casse-tête), une composition de Roland Becker adaptée de la rythmique à cinq temps du standard jazz Take Five. Elle se fait critiquer par les traditionalistes, mais elle pousse plus en avant ses idées et, l'année suivante, remporte son premier championnat[66]. Cherchant à ouvrir l'ambitus qui enferme les mélodies des bagadoù, elle est la première à adopter des bourdons en do aux cornemuses et jouer avec des bombardes en fa[n 7]. En plus d'avoir possédé la première vraie batterie écossaise, elle intègre les premières percussions[66]. En 1983, la Kevrenn, désormais présidée par Roland Becker, présente en championnat la composition Célébration du solstice d'été en 1983 avant Jésus Christ[67]. Depuis La bataille d'Auray par Roland Becker, le bagad construit un concert en cherchant une cohérence aux enchaînements des morceaux, une ligne directrice. En déclenchant des débats, cela a bousculé le schéma des prestations aux concours[n 8] : désormais on parle de concept, à l'image des albums à la mode ces années-là. Le travail d'écriture est visible en 1994 avec le répertoire des sœurs Goadec, de Gousperoù ar Raned jusqu'au final Ar Sorserezh, dans la création Hommage, suivie par celle des Maîtres sonneurs et la Noce en pays de Vannes en 1997, qui retrace le déroulement des festivités profanes et religieuses d'un mariage paysan[67]...

En 1995, la Kevrenn reçoit le prix régional de la création artistique pour son spectacle Les cent ans du cinéma, Hommage aux sœurs Goadec[68]. Depuis 1996, des clarinettes de l'école de musique d'Auray ont intégré l'ensemble[69]. Roland Becker tentera ici la seule expérience de création d'un quatrième pupitre - entièrement composé de clarinettes - dans un bagad en « formation concours »[70]. La Kevrenn faisait déjà appel à des intervenants extérieurs pour mener à bien ses projets : un accordéon chromatique pour rappeler le style particulier des gavottes des montagnes, des treujenn gaol (clarinettes) véritables pour mener une dañs plinn, un trio de biniou-kozh pour évoquer la mémoire des sonneurs mythiques du pays Pourlet... Le timbre, la rythmique, les harmonies sont considérablement enrichis par les instruments différents et touchent le chœur du public par l'aspect novateur. Toutefois, l'éloignement du cadre imposé par la BAS leur a parfois été pénalisant en championnat où le jury juge souvent la technique pure. Les recherches musicales de Roland Becker ont parfois conduits les pupitres à assurer des rôles contre nature, non dénués d'humour : accompagnement harmonique des bombardes en imitant des accords de basses d'accordéon, batteurs qui « chantent » leur partition rythmique au lieu d'employer leurs baguettes, martèlent des fûts métalliques à la manières des Tambours du Bronx en 1996, grattent les timbres de leurs tambours comme des cordes de guitare, sonneurs de biniou-kozh qui jouent des cymbales à la main... En 1998, la Kevrenn présente à Lorient des grands standards de vieilles chansons et d'airs populaires du pays vannetais, dont le chant Ko, Ko-ke-ri-ke-ro de Job Kerlagat. Roland Becker compose et arrange ces airs « que tout le monde fredonne » mais que les formations ne jouaient pas[66]. Le CD des 50 ans contient plusieurs suites marquantes et différentes comme Remue Ménage - Remue Méninge (1992, Arnaud Ciapollino), l'hommage aux sœurs Goadec (1994, Roland Becker), Ar Yarig Wenn (2000, Fabrice Lothodé)[71].

En 2003, le FIL lui donne carte blanche pour une création où il réinterprète quatre suites de 2002 et 2003 avec des invités[72]. Pour le concours à Nantes en 2002 ayant pour thème le terroir nantais, il intègre des veuzes (cornemuses du pays nantais) et une vielle[73]. En 2006, le terroir imposé du Léon-Trégor les motive car c'est un répertoire qu'ils n'avaient pas non plus exploré. Ainsi, ils terminent à la première place à Brest avec leur modernisation de la gwerz du Petit Sylvestre, obtenant même le prix terroir du jury[74].

En 2007-2008, dans leur création Alré An Iliz, ils jouent des pièces de différentes régions bretonnes et celtes, avec différentes formations, comme le chœur d'hommes des Kanerion Pleuigner, des organistes, des instruments irlandais (uillean pipe, samm pipe, bodrhan), la chanteuse-harpiste Anne Auffret… La Kevrenn Alré se produit avec les Chieftains lors de son séjour à New York, le 17 mai 2007, sur la scène du Carnegie Hall. Le 8 août 2008, au Festival Interceltique de Lorient, Paddy Moloney invite de nouveau tous les musiciens et trois couples de danseurs pour jouer et danser l'an-dro[75]. En 2009, sa création Amezeion (entre amis et voisins) est une prémisse du spectacle de ses 60 ans[n 9]. En 2011, le spectacle des 60 ans Imoër (mémoire) est l'aboutissement de trois ans de travail. La création avait déjà été présentée dans une version réduite lors du Festival interceltique 2010. Ce spectacle liait la musique et à la danse, le chant en breton et en gallo afin de présenter la richesse des différents terroirs de Bretagne, en faisant appel pour ce faire à des personnalités représentatives de leur secteur comme les frères Morvan, Marie-Noëlle Le Mapihan, David-Huguel, les chœurs d'hommes et de femmes du pays vannetais Kanerion Pleuigner, Diaoulezed et Triorezed[76]. Ici, plus de 200 chanteurs, musiciens et danseurs se mettent en scène à travers une succession de tableaux. Toute la Kevrenn est représentée : les bagadoù et le cercle, mais aussi l'école de musique et de danse et les anciens. Les tableaux sont inspirés des carnets d'Albert Trévidic, fondateur du cercle celtique carhaisien.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Championnat national des bagadoù[modifier | modifier le code]

Le bagad lors du championnat de 2012.

Troisième formation la plus titrée de l'histoire, la Kevrenn Alré a été sacré huit fois champion de Bretagne : 1979, 1981, 1983, 1986, 1992, 1996, 2005 et 2006. Il évolue en première catégorie du championnat national des bagadoù.

Il est vice-champion de Bretagne au Championnat national des bagadoù en 2007, 2008 et 2009 et fini de nombreuses années à la troisième place (en 2011 et 2012 dernièrement[77]).

Championnat national de danse bretonne[modifier | modifier le code]

La Kevrenn Alré a remporté dix titres de champion de Bretagne : de 1986 à 1992, puis en 1996, 1997 et 1999.

Elle est classée en catégorie « Excellence » de la confédération Kendalc'h.

Récompenses diverses[modifier | modifier le code]

  • 1er prix de présentation aux Fêtes de Cornouailles 1953
  • 1er prix à la fête des chemins de fer belges à Noisy
  • Lauréat FNCOF 88 des groupes qui œuvrent pour le maintien de l'Art et de la Fête
  • Meilleur groupe international au concert international de Dijon
  • Présélectionné au Printemps de Bourges 88 (Découvertes)
  • Médaille d'honneur des sociétés musicales et chorales, décernée par le ministère de la Culture
  • Mention spéciale du jury au Prix régional de la création 1989

Tournées, concerts, évènements[modifier | modifier le code]

L'hisoire de la formation est marquée par des prestations dans les grands festivals bretons, en particulier celui de Cornouaille à Quimper mais aussi dans des villes comme Lorient (Interceltique), Nantes (Celtomania), Guingamp (Saint-Loup), Rennes (Les Tombées de la nuit). Dès ses débuts, le bagad s'est déplacé dans toute la France : festival international de Marseille et Pardon des Terres Neuvas à Bordeaux en 1956, festival des Provinces françaises à Nancy en 1957, Fête des Bretons d'Aquitaine à Bergerac (Périgueux) en 1959. Depuis, il s'est par exemple produit au festival des Musiques vivantes à Ris-Orangis, au festival international de folklore de Montoire-sur-le-Loir, etc.

La Kevrenn est présente dans la plupart des grandes manifestations en Bretagne et donne aussi des représentations à l'étranger : Espagne (Semaine culturelle bretonne à Barcelone), Pologne, USA (Congrès mondial Silicones Vallée Castel-Clara Belle-Ile, Festival mondial de Waynesville en Caroline du Nord, Civic Auditorium à Jackonsville en Floride, Parc Epcot Center à Orlando (Walt Disney World), festival international de musique francophone de Lafayette (Louisiane), Hôtel Le Meridien New Orleans, Saint Patrick 2007[78]), tournée en Yougoslavie en 1962, Allemagne (Tritau en RFA en 1968, Fribourg), Belgique (Dinant, Fêtes de Wallonie en 1965, Tournai en 1963, Mechelen), Finlande (Festival de Kaustinen), Royaume-Uni, Irlande (Cardiff, fêtes de la Saint Patrick à Cork en 1977…). Le festival international de Confolens a été marquant lors de ses passages en 1970, 1978, 1983…

La tournée en Pologne en 1980 est un grand évènement. À Varsovie, il participe au congrès de l'ISME (International Society for Musical Education). Il organisera en retour une tournée bretonne du groupe traditionnel Male Slovianki. Le bagad est également choisi pour représenter la France parmi 40 nations à un festival de musique. Félicité par le chef de l'Orchestre à cordes de Paris, il leur propose de les accompagner avec l'orchestre philharmonique en soirée de clôture. Après la rencontre avec le président de la confédération de France, André Ameller, l'Alliance Française leur propose de créer un spectacle de musique et de danse bretonne pour le festival international des 5 Nations en Irlande l'année suivante. En six mois, la Kevrenn doit monter un spectacle de deux fois 45 minutes. Le bagad recrute André Arhuero et Jacques Le Falhun pour associer des couples de danseurs de différents cercles et monte un chœur pour interpréter deux chants en bretons, deux en français et un en anglais qu'il doit écrire, ainsi que l'interprétation de l'hymne breton, le Bro Gozh. Après huit jours de travail pour la mise en place à Quiberon en fin d'année, il répète tous les week-ends au centre Ti Kendalc'h de Saint-Vincent-sur-Oust. C'est un des premiers spectacles associant étroitement un bagad et un groupe de danseurs. Pendant cinq jours, ils effectuent les représentations à Dublin (National Concert Hall), Limerich et Cork et rencontrent leur authenticité un grand succès. Le festival est suivi par une tournée en Algérie, pour une semaine culturelle bretonne à Annaba et une prestation à Alger qui fut annulée par la visite du président Mitterrand. Pour l'occasion ils apprennent l'air d'un chant traditionnel algérien repris en chœur à Annaba[25]. En 1989, le bagad fait deux tournées aux États-Unis et continue d'asseoir sa notoriété outra-Atlantique par une troisième tournée en 1993[68].

L'ensemble est présent le 15 mars 2003 au Stade de France pour la Nuit Celtique. Il noue des contacts lors du Festival interceltique 2006 pour aller jouer une semaine en Australie en novembre. En 2007, il joue pour la Nuit de la Saint-Patrick à Paris-Bercy et pour la Breizh Touch aux Champs-Élysées[79]. Du 16 au 21 mars 2007, la Kevrenn Alré est à New York pour diverses manifestations, entre parades, concerts, festoù-noz[80]. En 2008 elle se fait l'ambassadrice de la Bretagne en Chine, au carnaval de Shanghai, du 13 au 17 septembre 2008, avec plusieurs représentations, dont la grande parade rue de Nankin[81].

Tout au long de son existence, la kevrenn a animé des rassemblements associatifs ou professionnels : Congrès européen des Jeunes Chambres Economiques à Nantes, 50e anniversaire de l'UAICF au Pavillon Baltard, Expo-Sciences International 1989 à Brest, congrès pour la société Allianz à Stuttgart, pour les PTT au port du Crouesty, pour EDF au château de Trédion, pour l'Equirando à Guingamp en 1990...

Tournages[modifier | modifier le code]

  • Le fils du diable, télé-film, FR3 Bretagne, 1987 (couple Hercelin-Hubert et cercle)
  • Chouans! de Philippe de Broca, 1988 (avec Philippe Noiret et Sophie Marceau entre autres).
  • « Ethno clip » de Xavier Bellanger pour Arte dans les années 1990[82]
  • Phénomène Bagad de Barbara Froger, film documentaire, 2006 (avec le Bagad Kemper)

Passages médiatiques dans les années 1990[modifier | modifier le code]

  • FR3 Pays de Loire lors de la Foire Internationale de Nantes
  • Antenne 2 pour le concert sur le Champ de courses d'Enhien
  • Émission sur la RAI à Rome
  • BBC à Glasgow pour la Glasgow Garden Festival
  • FR3 Bretagne, spectacle enregistrée en avril 1999 au Château de Trédion

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement, kevrenn signifie « partie, section ». An Alre est le nom de la ville d’Auray en breton.
  2. Joseph Guyonvarc'h (biniou, 1905-1978) de Brech, Xavier Burgain (bombarde, 1905-1990) de Crac'h, Joseph Hénault (bombarde, 1903-1993) de Local-Mendon, François Audic (biniou, 1888-1980) de Brec'h, ou en encore Louis Le Moing (bombarde, 1898-1964) de Carnac qui rejoint le bagad par la suite. Surnommé Bombarder, il scie l'une de ses bombarde pour sonner dans la tonalité de si bémol imposée par Dorig Le Voyer de la BAS.
  3. Pour obtenir ces fameux tambours, ils rusent en contactant à Jersey une connaissance susceptible d'aller les acheter en Écosse. Il reste ensuite à Pierre Guillet, Roger Le Gloahec et Claude Bouchez de passer les barrières douanières françaises et britanniques pour pouvoir les récupérer. Ils prennent l'avion habillés en costume breton avec leurs tambours de clique et sont contrôlés par les douaniers amusés. Sur place à Jersey, ils remplacent dans les étuis leurs tambours qu'ils laissent sur place par les batteries écossaises. Par les douaniers anglais, ils sont pris pour un quelconque groupe folklorique revenant d'une fête sur l'île de Jersey. C'est ainsi qu'il sera le premier bagad avec une vraie batterie.
  4. En 1991, étaient présents : Huert Raud, Pascal Guingo (souvent champion de Bretagne en couple avec Georges Botuha), Alain Kerneur, Jean-Luc Le Guennec et toujours Maurice Pommereuil désormais assisté de Gildas Rio à la direction du pupitre batterie.
  5. Première femme présidente dans l'histoire des cercles celtiques de Bretagne.
  6. André qui assure également la fonction de permanent formation danse de la fédération Kendalc'h à titre professionnel.
  7. Jorj Bothua, facteur d'instrument et sonneur occasionnel du bagad, s'inspire en 1986 d'une bombarde ancienne de la collection d'Yves Palamour pour en réaliser plusieurs en fa.
  8. Structure traditionnelle des concours composée d'une marche d'entrée et de sortie obligatoires, agrémentée de quelques danses et mélodies.
  9. Dont une carte blanche à Quiberon avec « Y'a cordes et voix » (3 musiciens du pays Gallo), Marie-Noëlle Le Mapihan au chant, Yannick Hardouin à la basse et Pierrick Lemou au violon.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kevrenn Alré 1991, p. 2
  2. a et b ArMen, p. 4
  3. « 50 ans d'un parcours sans fausse note », Le Télégramme,‎ 19 septembre 2001 (lire en ligne)
  4. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 3
  5. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 4
  6. Kevrenn Alré 1991, p. 5
  7. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 6
  8. Kevrenn Alré 1991, p. 7
  9. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 8
  10. « Anecdotes et souvenirs... « L'école de la vie » pour Hubert », Le Télégramme,‎ 19 septembre 2001 (lire en ligne)
  11. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 9
  12. Kevrenn Alré 1991, p. 10
  13. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 11
  14. ArMen, p. 6
  15. Kevrenn Alré 1991, p. 12
  16. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 13
  17. ArMen, p. 6-7
  18. a et b R. N., « La Kevrenn Alré « sonnée » de répétitions », Le Télégramme,‎ 25 juillet 2001 (lire en ligne)
  19. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 14
  20. a, b et c « L'histoire des... « Pen Alré, Pen Diaoul » », Le Télégramme,‎ 19 septembre 2001 (lire en ligne)
  21. Kevrenn Alré 1991, p. 15
  22. a et b ArMen, p. 7
  23. Kevrenn Alré 1991, p. 19
  24. « La Kevrenn Alré : Une Dimension Nouvelle », Liberté du Morbihan, février 1982
  25. a, b et c Kevrenn Alré 1991, p. 22
  26. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 24
  27. ArMen, p. 8, citation d'André Arthuero
  28. a et b Kevrenn Alré 1991, p. 23
  29. « Arnaud Ciapolino de la Kevrenn à Pouldergat », Le Télégramme,‎ 26 février 2012 (lire en ligne)
  30. a et b « Kevrenn Alré. Imoër lance la fête », Le Télégramme,‎ 16 septembre 2011 (lire en ligne)
  31. Ouest-France, septembre 1991, Le 21 septembre au Centre Athéna la Kevrenn Alre fête ses 40 ans.
  32. « La Kevrenn Alré meilleur bagad de Bretagne », Le Télégramme,‎ 4 février 1997 (lire en ligne)
  33. ArMen, p. 9-12
  34. « Festival de danses bretonnes : la Kevrenn Alré à Vannes », Le Télégramme,‎ 24 avril 1999 (lire en ligne)
  35. « La Kevrenn Alré : la ville honore ses champions », Le Télégramme,‎ 25 octobre 1999 (lire en ligne)
  36. « Kevrenn Alré. 50 ans d'émotions, de souvenirs et de respectabilité », Le Télégramme,‎ 26 septembre 2001 (lire en ligne)
  37. « Kevrenn Alré le meilleur jury, c'est le public ! », Le Télégramme,‎ 6 août 2002 (lire en ligne)
  38. Gwen Rastoll, « Bagadoù. La Kevrenn Alré en reconquête », Le Télégramme,‎ 10 février 2010 (lire en ligne)
  39. « Kevrenn Alré : « Déçus, mais confiants en l'avenir » », Le Télégramme,‎ 2 août 2004 (lire en ligne)
  40. « Concours des bagadoù. La Kevrenn Alré de retour ! », Le Télégramme,‎ 31 juillet 2008 (lire en ligne)
  41. « Kevrenn Alre. Un cinquième CD et un DVD », Le Télégramme,‎ 2 janvier 2009 (lire en ligne)
  42. « Championnat des bagadoù. La Kevrenn termine deuxième », Le Télégramme,‎ 2 août 2009 (lire en ligne)
  43. Championnat des bagadoù : la Kevrenn troisième !, Ouest-France, 8 août 2011
  44. « Kevrenn Alré. 600 spectateurs applaudissent son spectacle », Le Télégramme,‎ 31 octobre 2011 (lire en ligne)
  45. Mathieu Pélicart, « Bagad. Julien Le Blé nouveau directeur artistique », Le Télégramme,‎ 7 novembre 2011 (lire en ligne)
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  47. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Hommage à Pierre Kerino », Le Télégramme,‎ 19 septembre 2001 (lire en ligne)
  48. Loïc Blanchard, « « Kaou Hulaud présidente » », Le Télégramme,‎ 4 novembre 2002 (lire en ligne)
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  51. « Kevrenn Alré. Le début d'une nouvelle ère », Le Télégramme,‎ 6 décembre 2011 (lire en ligne)
  52. Conseil Municipal, « D.A.C. - Partenariat entre la Ville d'Auray et l'association Kevrenn Alré : approbation d'une nouvelle convention triennale (2013-14-15) », sur auray.fr,‎ 24 septembre 2012 (consulté le 30 avril 2013), p. 15-16
  53. Dossier de souscription
  54. a et b « Auray. Kevrenn Alre : relève assurée avec le Bagadig », Le Télégramme,‎ 28 février 2001 (lire en ligne)
  55. « La Kevrenn a 50 ans : témoignages », Le Télégramme,‎ 19 septembre 2001 (lire en ligne)
  56. « Kevrenn Alré. Sortie du coffret, et de nombreux projets », Le Télégramme,‎ 7 décembre 2008 (lire en ligne)
  57. Belle fin de saison pour le bagadigañ de la Kevrenn, Ouest-France, 18 Juillet 2012
  58. Kevrenn Alré 1991, p. 25
  59. Kevrenn Alré 1991, p. 26
  60. Aurélie Rocabois, « Danse. L'exemple du cercle celtique de la Kevrenn Alré », Le Télégramme,‎ 25 juillet 2001 (lire en ligne)
  61. Kevrenn Alré 1991, p. 27
  62. « Kevrenn Alré. L'association cultive la diversité des pratiques », Le Télégramme,‎ 22 avril 2011 (lire en ligne)
  63. ArMen, p. 10
  64. (notice BnF no FRBNF381000599)
  65. « CD de l'amitié : Dan Ar Braz, Ronsed-Mor et la Kevrenn Alré », Le Télégramme,‎ 10 mai 2003 (lire en ligne)
  66. a, b et c ArMen, p. 9
  67. a et b Michel Toutous, « Roland Becker, une plume sonore », ArMen, no 169,‎ mars-avril 2009, p. 53
  68. a et b ArMen, p. 8
  69. « La Kevrenn Alré : la modestie du talent », Le Télégramme,‎ 18 janvier 2002 (lire en ligne)
  70. Armel Morgant et Jean-Michel Roignant (photographie), Bagad : vers une nouvelle tradition, Spézet, Coop Breizh,‎ 2005, 160 p. (ISBN 2-84346-252-5), p. 52
  71. « Auray. La Kevrenn s'offre un CD et des nuits celtiques ! », Le Télégramme,‎ 12 décembre 2001 (lire en ligne)
  72. « La Kevrenn Alré joue la carte de l'innovation », Le Télégramme,‎ 6 août 2003 (lire en ligne)
  73. Régis Nescop, « Direction Nantes pour la Kevrenn Alré », Le Télégramme,‎ 30 mars 2002 (lire en ligne)
  74. « Leur « Petit Sylvestre » triomphe : la Kevrenn en liesse », Le Télégramme,‎ 21 février 2006 (lire en ligne)
  75. « Festival interceltique. La Kevrenn Alré retrouve les Chieftains », Le Télégramme,‎ 11 août 2008 (lire en ligne)
  76. « Kevrenn Alré. Une mémoire tournée vers l'avenir », Le Télégramme,‎ 16 août 2010 (lire en ligne)
  77. Bourgault, « Bagad. Pari gagné pour la Kevrenn Alré ! », Le Télégramme,‎ 6 août 2012 (lire en ligne)
  78. « Kevrenn Alre : « Bonjour New York »… », Le Télégramme,‎ 9 décembre 2006 (lire en ligne)
  79. « La Kevrenn à Paris dimanche pour la Breizh Touch », Le Télégramme,‎ 21 septembre 2007 (lire en ligne)
  80. « Programmes de prestige pour la tournée à New York du bagad breton La Kevrenn Alre », Agence Bretagne Presse,‎ 28 février 2007 (lire en ligne)
  81. Marie Rouarch, « La Kevrenn Alré, ambassadrice de la Bretagne en Chine », Ouest-France,‎ 18 septembre 2008 (lire en ligne)
  82. « Xavier Bellenger : une vie au rythme des musiques du monde », Le Télégramme,‎ 21 janvier 2008 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Milliot, « La Kevrenn Alré », ArMen, no 105,‎ août 1999, p. 2-13 (ISSN 0297-8644)
  • Kevrenn Alré, Kevrenn Alré (1951-1991) 40 ans, Auray,‎ 1991 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Roland Becker et Laure Le Gurun, La musique bretonne, Spézet, Coop Breizh,‎ 1996, 119 p.
  • Collectif, Musique bretonne, histoire des sonneurs de tradition, Le Chasse-Marée / ArMen,‎ 1996
  • Michel Demion, « Les conquérants de l'éphémère », 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]