Kenizé Mourad

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Kenizé Mourad à la foire du livre 2010 de Brive la Gaillarde

Kenizé Mourad est une romancière et journaliste française d'origine turco-indienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Paris en 1939, Kenizé Hussain de Kotwara est la fille d’une princesse turque, membre de la Dynastie ottomane (petite-fille du sultan Mourad V par sa mère Hatidjé Sultane) mariée à un rajah indien[1]. Sa mère, la princesse Selma se sent étrangère dans son environnement indien et désirant accoucher dans de meilleures conditions, elle part à Paris accompagnée de son fidèle eunuque, Zeynel.

Orpheline de sa mère, Kenizé Mourad est élevée dans un milieu catholique. À l’âge de 20 ans, la quête de ses origines l’amène à découvrir l’Islam dans textes des grands soufis. Percevant l’Islam comme une religion ouverte et tolérante, elle conçoit son identité musulmane comme « une appartenance plus qu'une religion » à une époque où elle adhère aux « valeurs gauchistes » ambiantes. Tout en effectuant de longs séjours en Inde et au Pakistan, elle suit des études de psychologie et de sociologie à la Sorbonne. Puis elle travaille comme journaliste indépendante. En 1970, elle entre au Nouvel Observateur.

D’abord attachée au service documentation, elle commence à y publier des articles en mars 1971. Chargée de couvrir le Bangladesh et le Pakistan, où elle a vécu quelque temps, elle voit sa situation régularisée en décembre 1971. Elle élargit son domaine de prédilection aux questions moyen-orientales. Correspondante de guerre au Bangladesh, en Éthiopie, au Liban, où elle passe trois mois pendant le siège de Beyrouth en 1982, elle couvre également la révolution iranienne pendant plus d’une année.

Mais au cours de ses reportages, elle se rend compte de l’importance de la psychologie et de l'Histoire dans les conflits politiques. C'est parce qu’elle n’a « pas la place d'en rendre compte dans ses articles  » qu’elle quitte le journal en septembre 1982 pour se lancer dans l’écriture. Après avoir enquêté en Turquie, au Liban et en Inde, elle publie en 1987 un roman racontant l’histoire de sa famille et l'Histoire de la première moitié du XX siècle: De la part de la princesse morte, chez Robert Laffont. Véritable best-seller international il est vendu à plusieurs millions d’exemplaires et traduit en 34 langues. Il a reçu le prix Anaïs Ségalas de l'Académie Française, et le prix des Lectrice de ELLE.

Après quelques papiers passés en 1984 et 1989, elle reprend une collaboration très épisodique à partir de 1990. En 1998, elle publie la suite de son premier roman, Le Jardin de Badalpour. axé sur les problèmes d'identité entre Orient et Occident.

En 2003 elle publie Le parfum de notre terre, voix de Palestine et d'Israël, un livre d'interviews et de portraits d'hommes, de femmes et d'enfants palestiniens et israéliens, pour tenter de faire comprendre le drame des deux peuples.

En 2010 elle publie Dans la ville d'or et d'argent, l'histoire véridique d'une reine indienne musulmane qui en 1857 fut l'un des principaux leaders de la première guerre d'indépendance contre la domination britannique.

Elle fait partie du jury du prix Palestine-Mahmoud Hamchari.

Elle préside le jury du prix littéraire France-Turquie.

En 2012 elle a été nommée Officier des Arts et des Lettres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview à Radio Made in Turkey http://www.radiomit.com/nos-invites

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le jardin de Badalpour, Paris, Éditions Fayard,‎ 1998, 553 p. (ISBN 978-2702819920)
  • De la part de la princesse morte, Paris, Éditions Robert Laffont,‎ 1999 (1re éd. 1987), 600 p. (ISBN 978-2221052181)
  • Le parfum de notre terre : Voix de Palestine et d'Israël, Paris, Éditions Robert Laffont,‎ 2003, 360 p. (ISBN 978-2221098226)
  • Dans la ville d'or et d'argent, Paris, Éditions Robert Laffont,‎ 2010 (ISBN 978-2221095249)