Kenelm Digby

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Kenelm Digby

Kenelm Digby () est né à Gayhurst dans le Buckinghamshire. Il est le fils de Everard Digby.

Célèbre par son esprit et sa science, il jouit de la faveur de Charles Ier d'Angleterre et s'attache à ce prince pendant la guerre civile. Emprisonné par ordre du Parlement, il obtient sa liberté, vient en France et est chargé par Charles Ier de plusieurs missions. Il se lie d’amitié avec Descartes et l'engage à chercher un moyen de prolonger indéfiniment la vie. Il se rallie à Cromwell et reste sans emploi à la Restauration.

Après la fin tragique de son père, il avait été élevé dans la religion protestante, mais l'avait abandonnée pour le Catholicisme, et avait écrit en faveur de sa nouvelle foi. Après avoir joué un rôle important lors des révolutions qui agitèrent l’Angleterre au milieu du XVIIe siècle, il se consacre exclusivement à la science.

On a de lui :

  • De la nature des corps ;
  • De la nature et des opérations de l'âme (1644) ;
  • Institutiones peripaleticse (1651).

Il partage en physique les convictions de son temps et croit à l'alchimie. Expliquant tout par les causes occultes, la fermentation, les effluves, il pense guérir, avec la « Poudre de sympathie », préparation de vitriol pulvérisé et calciné censée agir, même à distance, sur les plaies et les blessures. Il écrit en 1658 un Discours sur la guérison des plaies et la poudre de sympathie, très en vogue à la cour de Jacques Ier d'Angleterre, qui rappelle les curieuses expériences de Paracelse. Selon l'historien de l'écologie Donald Worster, il est à l'origine de la notion d'économie de nature, reprise par le botaniste Linné et qui a eu une importance considérable pour le développement de l'écologie végétale. Le mot économie est alors utilisé pour désigner à la fois la gestion des affaires domestiques et les desseins de Dieu[1].

Il a légué 238 manuscrits à la bibliothèque bodléienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Donald Worster, Les pionniers de l'écologie, Paris, Édition sang de la Terre, 1992. Édition originale : Nature's Economy, Cambridge University Press, 1977, p 55-56

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Theatrum Sympatheticum, In quo Sympathiae Actiones variae, singulares & admirandae tam Macro-quam Microcosmicae exhibentur... Opusculum luctu jucundum & utilissimum; Digbaei, Papinii, Helmontii... Editio altera, priori emendatior. Thomae Fantini, 1661.
  • Discours sur la vegetation des plantes, fait par le Chevalier Digby, le , en presence de Messieurs de l'Academie Royale d'Angleterre. Paris: Chez la veuve Moet, 1667.
  • Discours fait en une celebre Assemblée... touchant la Guerison des Playes par la Poudre de Sympathie.. Paris, Chez Augustin Courbé et Pierre Moet, 1658, Charles Osmont, Paris, 1681. [1] L’intérêt de son ouvrage réside non seulement dans ce qui concerne la Poudre de Sympathie elle-même, mais dans les exposés qu’il fait de certains phénomènes non expliqués, tel que le pouvoir de l’imagination des femmes enceintes, ainsi que d’un certain nombre de superstitions campagnardes.
  • Nouveau secrets expérimentez, pour conserver la beauté des dames, et pour guérir plusieurs sortes de maladies. Den Haag, Foulque, 1700

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Kenelm Digby » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)