Keith Joseph

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Keith Sinjohn Joseph (17 janvier 191810 décembre 1994), baron Joseph, connu durant la majorité de sa vie publique comme Sir Keith Joseph, 2e baronnet, fut un parlementaire britannique. Il fut ministre sous trois gouvernements (Harold Macmillan, Edward Heath et Margaret Thatcher) dans les années 1970 et 1980. Il est considéré comme l'éminence grise de l'élaboration du thatchérisme : il voulait « renverser la tendance collectiviste »[1], à rebours des politiques keynésiennes mises en œuvre après la guerre lors de la reconstruction.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il créa en 1974 le Centre for Policy Studies, think tank libéral auquel se joignit Margaret Thatcher. Il exerça une influence importante sur les idées politiques de cette dernière, comme elle le reconnut dans ses Mémoires en 1995[2].

Son apport principal fut l'application du monétarisme à la politique économique britannique.

Chef de sa mouvance, il compromet, à Birmingham, ses chances d'accéder au pouvoir lors du discours du 17 octobre 1974 sur la régulation des naissances dans les familles défavorisés ; il fut accusé d'avoir tenu des propos eugénistes, d'inspiration spencériste[3]. Suite aux attaques de la presse, Keith Joseph abandonne. Margaret Thatcher se lance et prend alors sa suite, obtenant une victoire inattendue contre Edward Heath[4].

Accusations de crimes sexuels[modifier | modifier le code]

En juillet 2014, Joseph a été identifié par l'ancien militant Anthony Gilberthorpe comme figurant parmi un certain nombre de responsables politiques de premier plan du Parti conservateur qu'il avait vus avoir des rapports sexuels avec des garçons lors d'ébats sous cocaïne, dans des chambres privées à des conférences en bord de mer. Gilberthorpe a affirmé avoir remis un dossier de 40 pages à Margaret Thatcher, en 1989, détaillant les ministres du gouvernement qui prirent part à ces orgies mais dit que cela lui avait été déconseillé par un fonctionnaire haut placé[5],[6].

Ces accusations ont été suivies d'un article dans Private Eye, l'équivalent britannique du canard enchaîné, rappelant le palmarèsde M. Gilberthorpe en matière de dénonciations fantaisistes[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Yergin et Joseph Stanislaw (trad. J.-P. Cerquant, P. Hersant et S. Lafon), La grande bataille : les marchés à l'assaut du pouvoir [« The Commanding Heights: The Battle Between Government and the Marketplace that is Remaking the Modern World »], Paris, Éditions Odile Jacob,‎ 2000, 592 p. (ISBN 978-2-738-10745-9).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Yergin et Joseph Stanislaw 2000, p. 123.
  2. Margaret Thatcher, Les chemins du pouvoir, Mémoires II, p. 55.
  3. Jean-François Baillon, Vivre et Survivre dans Raining Stones de Ken Loach (1993) in Cinéma anglophone et politique de Trudy Bolter (sous la direction de), L'Harmattan, p. 114
  4. Daniel Yergin et Joseph Stanislaw 2000, p. 121.
  5. (en) Matt Chorley, « I was asked to find underage boys for sex at drink and drug-fuelled Tory party conferences, claims former activist », Daily Mail,‎ 14 juillet 2014 (lire en ligne).
  6. (en) Vincent Moss, « Tory child abuse whistleblower: 'Margaret Thatcher knew all about underage sex ring among ministers' », The Daily Mirror,‎ 14 juillet 2014 (lire en ligne).
  7. Private Eye, numéro 1372, Mr Gilberthorpe's Tory paedo files, Unreliable Witness, rubrique street of shame