Kazimierz Ajdukiewicz

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Kazimierz Ajdukiewicz, né le 12 décembre 1890 à Tarnopol (en Galicie, appartenant à cette époque à l’Empire austro-hongrois), mort le 12 avril 1963 à Varsovie, philosophe polonais.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Après les études supérieures à l’Université de Lviv (en philosophie, mathématiques et physique), Ajdukiewicz obtient le titre de docteur en 1912, avec un mémoire consacré à la philosophie de l’espace d’Emmanuel Kant – il fera partie de la seconde génération de l’École de Lvov-Varsovie, ses professeurs (Kazimierz Twardowski, Jan Lukasiewicz) en étant la première. Ajdukiewicz part pour Göttingen, où il étudie les fondements des mathématiques sous les auspices de David Hilbert ainsi que la philosophie avec Edmund Husserl. Engagé dans les combats de la Première Guerre mondiale, il retourne à la vie universitaire en 1920 et publie, en 1921, un texte « Z metodologii nauk dedukcyjnych » (De la méthodologie des sciences déductives). Maria Twardowska, fille de son professeur, devient son épouse.

Pendant la période d’entre-deux-guerres, il enseigne aux universités de Lviv et de Varsovie, passe la guerre à Lviv (il participe à l’enseignement clandestin), et obtient, après la Seconde Guerre mondiale, la chaire de logique à l’Université de Poznań (dont il est le recteur dans les années 1948-1952). En 1955, Ajdukiewicz retourne à Varsovie, où il travaille jusqu’à son départ à la retraite en 1961.

Travail philosophique[modifier | modifier le code]

Ajdukiewicz fut un des philosophes les plus influents parmi les membres de l’école de Lvov-Varsovie. Sa vie, pour ainsi dire, philosophique, se divise en quelques périodes bien distinctes : celui du conventionnalisme radical (avec de claires influences françaises de Edouard Le Roy et de Henri Poincaré – bien qu’il se soit clairement distingué de ce second) – où le rôle principal est joué par l'apparat conceptuel propre à un système de connaissances et impossible à traduire vers un autre langage, et où le progrès scientifique s’opère à travers les remplacements d’un apparat par un autre. À cette même époque, dans les années 1930, Ajdukiewicz élabora une théorie de « connexion syntaxique », une formalisation de la théorie des catégories sémantiques de Stanislaw Lesniewski, elle-même inspirée du concept de catégorie de signification que Husserl définit dans sa IV Recherche Logique.

À partir de 1937, Ajdukiewicz abandonne le conventionnalisme radical, pour se tourner plutôt vers l’empirisme extrême. En même temps, tout son travail philosophique reste imprégné par la réflexion sur la signification, et, auxiliairement, sur le problème des universaux.

« L’importance, pour la méthodologie et pour la théorie de la connaissance, de la notion […] de signification des expressions vient, entre autres, du fait que les thèses des sciences ne sont rien d’autre que des significations de certaines propositions, assignées à ces propositions dans un langage déterminé, et la connaissance (contrairement aux actes cognitifs), du moins dans sa forme la plus mûre, c’est justement cette signification de certaines propositions et, éventuellement, d’autres expressions. » (« Sprache und Sinn », Erkenntnis 4 (1934), 100-38)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Principaux travaux:
  • Die syntaktische Konnexität, Studia Logica 1, 1935, p. 1-27.
Travaux principaux traduits en anglais:
Etudes en français :
  • Pascal Engel, « Anti-irrationalisme logique de Kazimierz Ajdukiewicz », Critique, no 440-441, t. 40 (1984), pp. 42-51.

Liens externes[modifier | modifier le code]