Kaya Magan Cissé

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Kaya Magan Cissé était un roi soninké du Wagadou. Fondateur de la dynastie des Cissé Tounkara, qui domineront l'Empire du Ghana (VIIIe siècle-XIIIe siècle)[1].

L'Empire du Ghana[modifier | modifier le code]

L’Empire du Ghana fût créé vers l'an 300 ap notre ère par des noirs africains ( Soninkées), plus précicément par les tous premièrs éléments des vagues migratoires qui fuyaient l'Égypte, lors de l'invasion de la grande métropôle noire par les Perses . Il s’étendait à son apogée depuis le Diaka sur l'ouest du Niger jusqu'à l'océan atlantique et du nord au sud depuis le Sahara jusqu'à la lisière du Mali (Gadiarou, Garentel et Iresni étaient aussi inclus dans l'empire). Il était réputé pour son abondance en or et ses dispositions géographiques qui généraient un grand commerce de caravane. Il atteignit son apogée vers les Xe et XIe siècles.La société se veut animiste et matrilinéaire en particulier pour la succession au trône, la dynastie royale était celle des Sarakollé Cissé, comme nous le dit El Bekri dans son livre "Route de Ghana à Tadmekka": "Chez ce peuple l'usage et les règlements exigent que le roi ait pour successeur le fils de sa sœur; car, disent t-ils, le souverain a la certitude que son neveu est bien le fils de sa sœur; mais il ne peut pas être assuré que celui qu'il garde comme son propre fils le soit en réalité." , On retrouve dans cet empire des similitudes avec l'Égypte, ainsi le roi qui se faisait appeler Tounkara et Kaya-Magan avait un emploi du temps qui tenait compte pour beaucoup des traditions en vigueur; le matin, suivit de sa cour et de ses animaux (girafes, éléphants) il faisait à cheval le tour de sa capitale afin d'écouter les doléances de ses sujets et les résoudre. L'après-midi, il se devait d'effectuer le même parcours, mais cette fois-ci tout seul. Cette activité était considérée comme la plus importante pour les rois africains.

L'empereur vivait dans un château fortifié, en pierre bâti en 1116 remarquablement décoré de sculptures et de peintures. Ce château fut décrit par plusieurs voyageurs (Bekri, Idrissi etc.) comme le lieu de toutes les merveilles architecturales. L'or élément principal permet l'opulence et le luxe, l'empereur, ainsi que les chevaux, les chiens du roi, et les pages étaient tous couverts d'or. Les autres personnes qui comme le Kaya-Magan respectaient la tradition portaient des vêtements faits de soie, de coton ou de brocart, les hommes se rasaient la barbe, mais se tressaient les cheveux et les femmes, elles se rasaient la tête.

Le puissant empire du Ghana était protégé par 200 000 guerriers dont 40 000 archers, sa capitale se voulait cosmopolite et internationale de par son commerce, ses habitants (noirs, et (Berbères et Arabes sous la domination des noirs)..), ses érudits et ses jurisconsultes. Le monde méditerranéen et le monde arabe étaient les plus importants clients de l'empire, en 990 Aoudaghost, centre berbère était gouverné par un farba noir (consul) qui percevait au nom de l'empereur les taxes et les redevances douanières. Il est à noté qu'en ce temps-là, les peuples berbères et arabes se haïssaient, mais respectaient les lois du royaume.

Chaque jour, assis sur une estrade en or rouge aux portes du palais le roi offrait 10 000 repas à ses sujets. Les réserves d'or du pays entreposées dans la ville de Ghïarou permettaient cela et l'abondance du précieux métal était telle que le roi laissait au peuple tout l'or en poudre qu'il pouvait extraire des mines de l'empire. Lors de cette période, la misère, l'insécurité et l'injustice n'existaient pas en Afrique, tout étranger était bien reçu tant qu'il respectait les règles de vie établie par le roi et ses jurisconsultes.

L'empire du Ghana s'étendit sur toute l'Afrique du Nord, les Omeyyades tentèrent à maintes reprises de reconquérir cet espace furent défait à chaque tentative. Le roi permit aux quelques survivants de s'installer dans la ville de Silla (Sénégal). On appelait ses survivants les Honeihîn. On suppose que de ce métissage naît une fraction des toucouleurs, les Lam toro, appartenant à la dynastie régnante.

Nous pouvons dire sans exagération que l'Empire du Ghana précédait de cinq cents ans celui de Charlemagne ( l'an 800 ans, début du premier effort de centralisation depuis la chute de l'Empire romain au IVe siècle), et que l'Europe pendant la période du Moyen Âge n'a jamais eu une forme de politique supérieure à celle des états africains.

Guerrier Almoravide

Les Almoravides sont à l'origine de l'islamisation de l'Afrique et du déclin de l'empire, suite à leurs nombreuses attaques sur le Ghana qui durera de 1076 à 1087 c'est-à-dire jusqu'à la mort d'Aboubecker-Ben-Omar(Abu bakr b.Umar).On sait que ce dernier voulait contrôler les voies commerciales reliant le Ghana avec les pays arabes. Au nord, les pays arabes possédaient le sel que l'empire du Ghana échangeait contre de l'or. En s'emparant de l'empire, Abu bakr b.Umar mettait ainsi fin à la dépendance aurifère qu'avaient les pays arabes envers le Ghana en annexant les montagnes du Bambouk. Mais, comme nous le rapporte le voyageur Al-Bekri, les conquêtes d' Abu bakr b.Umar n'étaient pas seulement motivées par des raisons commerciales. En effet, les considérations religieuses furent mises aussi en avant. Dès lors, l'empereur Tinkamanin se voit obliger d'embrasser la religion musulmane, de reconnaitre la suzeraineté d'Abu bakr b.Umar et de lui verser un tribut. Cette conquête semble avoir été complète: non seulement les Almoravides prirent la ville, pillèrent les biens des habitants, massacrèrent une partie de la population, forçant le reste à s'enfuir ou à embrasser la religion musulmane. Mis à terre, pillé, massacré, l'empire ne se relèvera, jamais, permettant ainsi aux vassaux Sosso une marche sur la capitale qui ouvrira la route à Soundjata Keita. En 1240, soundjata keita s'empare du Ghana, de là naît le mali.

Empire du Mali[modifier | modifier le code]

Mandingue ou du mali (Mandé) Créé au XIIIe siècle par Sundjata Keïta. Il connut son apogée au XIV siècle, s'étendant entre le Sahara, l'Océan Atlantique et la Boucle du Niger soit sur les actuels pays : Sénégal, Gambie, Guinée, et Mauritanie. Selon les griots (personne qui transmettent les traditions orales), Sundjata Keïta est né handicapé et ce n'est que tard qu'il a pu marcher.Persécuté par son frère aîné Dankaran Tuman, il s'exile à Néma. En 1230, il devient roi, réunit les clans malinkés à Siby. Il sera à la tête d'une armée composée de dix mille cavaliers et cent mille fantassins contre le roi du Sosso. En 1235, Sundjata Keïta bat l'armée de Soumaoro à Kirina. Selon la légende, Soumaoro disparaît dans les montagnes. Sundjata Keïta conquiert alors tous les royaumes de la région qu'il unifie pour former l'Empire du Mali.

Il est proclamé « Mansa » ce qui signifie « Roi des rois ». Il met en place sous l'impulsion de son fils Ko Madi, une organisation administrative et militaire. La population est répartie en 30 clans : 16 clans d'hommes libres; 4 clans de griots; 5 clans maraboutiques, et 5 clans d'artisans. Pour rassembler ces clans, il instaure le système de parenté et met en place deux gouvernements militaires au Nord à Soura et au sud à Sankaran.

Il établit la capitale de l'empire du Mali à Niani disparue depuis dont on pense qu'elle était localisé entre soit la Guinée soit le sud-est du Mali actuel. Le roi nommait les généraux était à la tête des opérations militaires, l'armée était divisée en petit groupe dans chaque état de l'empire, mais restait sous le commandement de chaque gouverneur (civil) que l'on nommait Diamanatigui ou Farba. Dans les villages l'autorité est exercée par le chef politique, en accord avec le grand prêtre qui sont tous deux sous l'égide du Farba garant de l'autorité de l'empereur. Le Diamanatigui était celui qui prélevait les impôts dans le royaume, mais aussi auprès des peuples résidant à la périphérie de l'empire.

Après toutes ces conquêtes, le règne de Sundjata Keïta fut synonyme de paix, de prospérité et de liberté avec la proclamation de la Charte du Manden. L'empire du Mali regroupait alors des populations issues de différentes ethnies (Malinkés, Bambaras, Wolofs, Toucouleurs)

Sundjata Keïta meurt en 1255, vraisemblablement par noyade.

Successeur de Sundjata, Mansa Oule renouvelle la tradition inaugurée par Barandana (anciennement roi du Mandigue qui se converti à l'Islam), en se rendant à La Mecque. Il agrandit L'empire en annexant vers l'Ouest, le Bambouk, le Boundou et la vallée de la Gambie . À sa mort, ses successeurs se disputent l'empire et l'affaiblissent créant ainsi des révoltes. En 1285, un esclave affranchi nommé SAKOURA prend le pouvoir, rétablit l'ordre et continu l'œuvre de ses maîtres et prédécesseurs. L 'empire s'agrandit au Nord Est (Peuls du Macina) et au Nord Ouest jusqu'au Sénégal (royaume Toucouleur du Tékrour). Sakoura développa le commerce vers la tripolie et le Maroc. De retour d'un pèlerinage à La Mecque il fut assassiné sur le chemin du retour par un Éthiopien qui en voulait à son or. Ses restes furent séchés et ramenés au mandingue ou et il recevra des funérailles grandioses.

KANKAN Moussa (ou Kango Moussa, ou Kankou Moussa, ou Mansa Moussa), qui régna de 1307 à 1322 porta l'empire Mandingue à son apogée. En 1324, il se rendit à La Mecque avec un cortège de 15 000 à 60 000 personnes.

Tout au long de son parcourt, il fait distribuer de l'or en quantité suffisante, faisant ainsi chuté le cour du précieux métal pendant des années. À La Mecque, il éveillera l'intérêt et la curiosité de beaucoup d'hommes de lettres, et fera la connaissance Ibrahim Es Sahéli architecte, qui lui construira des Moquets à Gao sous le règne du roi Dia et à Tombouctou ou ce dernier possédera une terrasse crénelée à minaret pyramidal .

L'empire connut alors un développement jamais atteint. Des caravanes transportant de l'or, des tissus, des tapis, feront la liaison entre le Maroc, l'Égypte et le pays de l'or. KANKAN Moussa entretenait des relations amicales et suivies avec des personnages tels que le sultan du Maroc et les potentats d'Afrique du Nord (Égypte, Bornou...). De ce fait, Tombouctou et Gao devinrent des carrefours de la vie commerciale et intellectuelle.

À sa mort en 1332, l'empire s'étendait de l'atlantique à la rive orientale des bords du Niger

Successeur de Kankan, Maghan eut beaucoup de mal à faire asseoir son autorité.

En 1352 Mansa Souleïman arrive au pouvoir et pendant 18 ans s'attellera à rendre à l'empire ses lettres de noblesse.

Décadence et chute de l'empire[modifier | modifier le code]

En 1400, les Mossis du Yatenga occupent les provinces de l'Est. Les Touaregs en 1443 s'emparent de Tombouctou et de Djenné. Les Mossis attaquent Oualata en 1480. Le Songhaï indépendant depuis le règne de Maghan annexe en 1465 les provinces de la région du Niger. Au XVIe siècle, il domine les provinces Nord.

La Grande Mosqué de Djennée au Mali

Soni Aliber dit Ali le Grand remplacent l'empire du Mali et libèrent les Songhaï. Son règne durera 27 ans il sera vaincu par le pacha Djouder ce qui entamera l'essor de Gao, Tombouctou et Djenné plaques tournantes du commerce de l'or. Les Bambaras se révoltent au XVIe siècle.

Georges Spitz alors gouverneur honoraire des Colonies Françaises dira au sujet de l'empire : "L’empire de Mali ou empire Mandingue, qui dura du XIe au XVIIe siècle, a été le plus puissant des empires soudanais "

L'histoire Antique du Mali fût dépossedée de toute sa substance Africaine par des Musulmans qui réussirent à occuper des postes très importants du gouvernement. le Mali avait en son sein une mafia qui contrôlait le commerce (caravaniers et ports commerciaux) et elle encourageait les rois Africains à embrasser l'islam

Empire Songhaï[modifier | modifier le code]

(Songhay ou Songhoy)

Introduction[modifier | modifier le code]

À la suite du Ghana puis du Mali, émerge l’empire Songhaï à l’Est de la boucle du Niger. Les songhaï forment autour de Gao, un état musulman dont la puissance est à la fois religieuse, commerciale et militaire. L’empire fut dirigé par deux grandes dynasties : les Sonni et les Askia.

Sources et origines[modifier | modifier le code]

Les sources de l’histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire des songhaï nous est rapportée par les écrivains arabes tels que Ibn Khaldun, Al Omari et surtout Ibn Battouta qui le parcourut et par les œuvres de lettrés soudanais: le Tarich el fettach et le tarikh es soudan. Les griots traditionnalistes ont aussi contribué à cette découverte.

L’origine de l’empire[modifier | modifier le code]

Plusieurs légendes expliquent l’origine. L’une d’elles rapporte que l’ancêtre Faran Makan Boté né d’un père Sorko et d’une mère génie, se serait allié avec les gow chasseurs et les sorkos pêcheurs dont un ressortissant faisait office de kanta, grand prête ; il établit ainsi son pouvoir sur un peuple de paysans dans la région de Tillabéry.

Une autre raconte que vers l’an 500, des princes berbères ou des arabes du Yémen seraient arrivés sur les bords de la boucle du Niger et là ils auraient débarrassé les riverains (pêcheurs Sorko et paysans Gabidi) de la terreur d’un poisson fétiche, dont les Sorkos se servaient pour extorquer des offrandes au Gabidi. La reconnaissance des Gabidi aurait porté, Za Aliamen, l’auteur de cet exploit, sur le trône. Et les Za ou Dia auraient régné jusqu’en 1335 à Koukya sur une île du Niger. C’est vers 1009 que le roi Dia Kossoi aurait fixé sa capitale à Gao. Il fut le premier à embrasser l’islam.

Le Royaume de Gao sous le règne des Sonni[modifier | modifier le code]

Gao, un vassal du Mali[modifier | modifier le code]

Au XI°s, Gao est une importanta place commerciale aussi riche que le Ghana. En 1325, un lieutenant de Kankou Moussa s’empare de Gao. Mais les princes songhai, Ali Kolen et son frère Souleiman Nar réussissent à s’enfuir après la mort de Kankou Moussa. Ali Kolen est proclamé roi de Gao et prend le titre de Sonni. Il fonda la dynastie des Si ou Sonni. Malgré une attaque du Mali, les Songhai résistent victorieusement et gardent leur indépendance ; plus tard, c’est à leur tour d’attaquer le Mali.

Sonni Ali à la conquête du Mali[modifier | modifier le code]

Avec Sonni Ali (1464-1493), on assiste à un renversement de l’hégémonie sur la boucle du Niger. Surnommé Ali Ber c’est-à-dire Ali le Grand, ou encore Dâli, c’est-à-dire le très haut, Sonni Ali était un expert en magie, un courageux chef de guerre, mais un impie, cruel et sans scrupules. Il persécutait les savants et oulémas qu’il soupçonne de complicité avec les nomades sahariens. En 1468, il saccage Tombouctou, en 1473 il s’empare de Djenné, puis c’est le tour du Macina ou les peuls notamment les Sangaré sont décimés. Mais les mossi du Yatenga dont il avait ravagé quelque temps auparavant le territoire, se livrent à leur tour à un raid sur Oualata qui est détruit. Ils sont pourchassés par Sonni Ali qui lance une expédition vers les falaises du Bandiagara jusqu’au Gourma. C’est de retour de ce dernier pays qu’il meurt en 1493, noyé dans un fleuve. En 10 ans de conquêtes, il s’était rendu maître de la moyenne vallée du Niger.

Les Askia et l’apogée de l’empire[modifier | modifier le code]

L’Askia Mohammed[modifier | modifier le code]

L’impiété et la cruauté de Sonni Ali amènent ses sujets à proclamer roi, non son fils, mais un de ses lieutenants, le sarakhollé, Mamadou Touré, originaire du Fouta Toro et gouverneur de Hombori. Il règne sous le nom d’Askia Mohammed (1493-1528). Bon musulman, il gouverne avec l’appui des savants musulmans et les consultent sur les grandes décisions à prendre.

Dès le début de son règne, il effectue un fastueux pèlerinage à La Mecque en 1496. Escorté de 500 cavaliers et 1 000 fantassins, il emportait 300 000 pièces d’or dont le tiers est distribué en aumônes. Il fonde à Médine une fondation pour les pèlerins soudanais. Il reçoit du Grand Cherif de La Mecque, les insignes de Calife (bonnet vert, turban blanc et sabre) du Soudan.

Tombe d'Askia Mohammed au Mali

De retour de la Mecque, il fait la guerre sainte aux mossi du Yatenga d’où il ramène de nombreux captifs qu’il convertit à l’islam. Puis il conquiert le Galam aux dépens du Mali et accapare ses mines d’or. En 1528, son fils aîné, Moussa à la tête d’un complot le contraint à quitter le pouvoir. C’est sous le règne de l’Askia Mohammed que l’empire atteint son apogée.

L’organisation de l’empire[modifier | modifier le code]

a. L’organisation politique et administrative
L’Askia Mohammed organise solidement un vaste empire. À la tête, se trouve l’empereur. Il crée une armée de métier sous les ordres du dyna koy. Elle était divisée en plusieurs corps dont l’un servait de garde impériale, les autres étant repartis entre les provinces. Les provinces sont administrées chacune par un gouverneur ou fari qui surveille les chefs locaux ou koy. Le Gourma fari était le plus important ; il portait le titre de chef supérieur (kanfari) et contrôlait une province considérée comme le grenier de l’empire. Il y’avait aussi le Hi Koy, sorte de ministre de la navigation fluviale, choisi toujours dans le clan des Sorkos, le fari mondyo, inspecteur général des collecteurs d’impôts, le horé farima grand prêtre du culte des ancêtres et des génies.
b. L’organisation économique

Marchand Songhai

L’Askia Mohammed avait favorisé le commerce et aussi l’enseignement coranique qui a fait la fortune et la célébrité des villes d Gao, Oualata et surtout Tombouctou et Djenné. L’empire tire sa richesse de l’élevage, la riziculture sur de vastes domaines cultivés par des esclaves prélevés sur les populations vaincues et souvent offerts en cadeaux aux dignitaires et savants musulmans. Les royaumes vassaux payaient un tribut. L’Askia Mohammed s’était emparé de la production des mines d’or, le commerce des esclaves et du sel. Les populations payaient de lourds impôts représentés par d’importantes quantités de grains, de bétail. Des taxes étaient prélevées sur tous les grands marchés de l’empire. L’or, le sel et les cauris servaient de monnaient. Pour éviter les fraudes, les poids et les mesures étaient uniformisés. Afin d’améliorer la production, il entreprend les travaux de canalisation du fleuve Niger.

Le déclin de l’empire[modifier | modifier le code]

Les causes[modifier | modifier le code]

Elles sont à la fois internes et externes. Au plan interne, l’empire se désorganise à la suite de l’éviction de l’Askia Mohammed et son exil sur une île du Niger par ses fils (Askia Moussa, Askia Mohammed Bounkan 1531-1537, Askia Ismaêl 1537-1539, Askia Ishak I 1539-1549). Ils dilapidèrent le trésor impérial, s’entretuèrent, pillèrent leurs provinces. Les royaumes vassaux comme le Trékour, se révoltèrent et devinrent indépendants. L’empire est aussi affaibli par la baisse de la production d’or.

L'empire Songhai Face à l'avancée marocaine en 1591

Au plan extérieur, les mines d’or de l’empire sont convoitées par le Maroc en proie à des difficultés financières suite à la reconquête de l’Espagne par les rois catholiques, le développement de la navigation européenne. Après plusieurs tentatives, les soldats marocains sous le commandement du Pacha Djouder, défaits les Songhay à Tomdibi en 1591 où l’Askia Ishak est tué. Puis ils occupent Gao la capitale, Tombouctou. L’empire des Askia est ainsi détruit.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

La destruction de l’empire Songhay entraîne la ruine des cités florissantes où s’échangeaient les productions de la Méditerranée et du monde noir, et où les lettrés musulmans étaient nombreux. Elle met fin à une période de sécurité dans le Soudan qui est ravagé par des famines et des épidémies. Les régions du sahel sont ruinées et dépeuplés par les pillages des nomades.

Conclusion[modifier | modifier le code]

L’empire Songhay s’est illustré par une parfaite organisation caractérisée par une hiérarchisation et une décentralisation du système politique et économique. Grâce à sa force militaire, l’empire dominait une grande partie de l’Afrique Occidentale sahélienne. Malheureusement l’empire s’écroule sous les effets conjugués de la mauvaise gestion des héritiers et des agressions extérieures.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (ou : Kaya Magan) Gravrand, Henry, "La civilisation Sereer, Cosaan : les origines", Nouvelles Éditions africaines, 1983, p. 75-76, ISBN 2723608778