Katia Granoff

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Granoff.

Katia Granoff (née le 16 juillet 1895 à Mykolaïv, en Ukraine, et morte le 16 avril 1989 à Paris) est une galeriste, fondatrice notamment de la galerie Larock-Granoff, et une poétesse française d'origine russe.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Katia Granoff naît à Nicolaëv dans le foyer de Théodore Granoff et Eudoxie Feldman. Lorsque ses parents décèdent, Katia a tout juste seize ans. Leurs tuteurs les envoient, elle et sa sœur Rose, poursuivre leurs études en Suisse, où Katia passe une licence de lettres.

Elle se marie avec un médecin dont elle divorce peu de temps après. Lorsqu’elle arrive à Paris en 1924, Katia Granoff travaille d’abord comme secrétaire au salon des Tuileries.

La galeriste[modifier | modifier le code]

Elle ouvre ensuite sa première galerie d’art en 1926 à Paris, au 166 boulevard Haussmann. Découvreuse de talents, Katia Granoff expose Georges Bouche, Marc Chagall, etc. La galerie devient célèbre et déménage quai de Conti. Sa propriétaire est naturalisée française en 1937.

L’occupation de Paris par les Allemands la force à fuir la capitale. Elle se réfugie avec sa sœur, son neveu et le peintre Georges Bouche dans un château médiéval, à la Voulte-sur-Rhône, en Ardèche.

La guerre finie, elle ouvre deux galeries en province, à Honfleur et à Cannes, ainsi qu’une nouvelle galerie à Paris, place Beauvau. Elle est l'une des premières à redécouvrir et à exposer le tableau de Monet, les Nymphéas, dès 1955, réputés invendables.

Katia Granoff choisit souvent d’exposer des artistes femmes, parmi lesquelles la sculptrice Chana Orloff, d’origine russe comme elle. Elle expose également les peintres de la nouvelle génération, tel le créateur du « subconscientisme », Pierre-André De Wisches, ou encore Georges Dufrénoy, Pierre Brune, Georges Gimel, Dan Solojoff, Jean Guitton[1], Edith Desternes ou Charles André Wolf (1907-1999), peintre et poète qui lui dédiera un poème en janvier 1981.

Elle se retire en 1987 des affaires artistiques, laissant son neveu, Pierre Larock, et ses enfants reprendre la galerie.

La poétesse[modifier | modifier le code]

Katia Granoff est aussi une femme de lettres aux multiples facettes. En 1964, elle reçoit le prix Georges Dupau de l’Académie française pour son Anthologie de la poésie russe (1961), recueil[2] de poèmes russes traduits en vers rimés, fort louée aussi bien par les écrivains que par la presse. Dans son introduction elle écrit :

« Les poètes russes, prestigieux traducteurs, ont enrichi leur patrimoine de chefs-d’œuvre étrangers ; je souhaite que les trésors de la poésie russe entrent à leur tour dans le domaine poétique français. Traductrice-messagère, je voudrais que ces versions françaises des poèmes russes fussent à la fois des traductions littérales et des correspondances lyriques. »

— Katian Granoff.

Elle est également l'auteur des Amants maudits, un recueil d'une cinquantaine de poèmes en alexandrins consacrés aussi bien à des auteurs (Desbordes-Valmore, Leopardi, Nerval, Baudelaire, etc.) qu'à des personnages littéraires et historiques (La Reine de Saba, Don Juan Tenorio, la Princesse de Clèves, Carmen, Nana, etc.).

Son œuvre poétique personnelle est éditée en plusieurs recueils. Certains poèmes ont aussi été enregistrés, lus par elle-même ou par Pierre Brasseur. Quelques-uns furent chantés par Monique Morelli en 1967, d'autres mis en couleur par Édith Desternes (des gouaches ont été exposées et des textes publiés, en 1984).

À la fin de sa vie, Katia Granoff se livre davantage dans des ouvrages autobiographiques. En 1986, elle consacre son dernier livre aux relations entre juifs et chrétiens.

Elle décède à Paris, à l’âge de 93 ans.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir À la croisée des chemins de Jean Mansir(Google books) p.6.
  2. Réédité dans la collection Gallimard Poésie.