Karl Joseph von Hefele

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Karl Joseph von Hefele, évêque de Rottenburg

Karl Joseph von Hefele (15 mars 1809 – 6 juin 1893) était un théologien allemand. Il était né à Unterkochen dans le Wurtemberg, et fit ses études à Tübingen où, en 1839, il devint professeur titulaire d'Histoire de l'Église et de patristique à la faculté de théologie catholique.

De 1842 à 1845, il siégea à l'Assemblée nationale du Wurtemberg. En décembre 1869, il fut intronisé évêque de Rottenburg. Son activité littéraire, qui avait été considérable, ne fut en rien diminuée par son élévation à l'épiscopat. Parmi ses nombreux travaux de théologie on peut mentionner sa célèbre édition des Pères apostoliques, publiée en 1839, sa Vie du cardinal Ximenes, publiée en 1844[1], et sa Conciliengeschichte encore plus célèbre (Histoire des Conciles, traduite en français par dom H. Leclercq), en sept volumes, parus entre 1855 et 1874.

Les opinions théologiques de Hefele l'inclinaient vers les interprétation libérales à l'intérieur de l'Eglise catholique romaine, ce qui ne l'empêcha pas de recevoir des marques de faveur importantes de la part des autorités ecclésiastiques, et il fut membre de la commission préparatoire pour le Premier Concile du Vatican (1870).

À la veille de ce concile, il publia à Naples sa Causa Honorii Papae[2], qui visait à démontrer l'impossibilité morale et historique de l'infaillibilité pontificale. Vers la même époque, il fit paraître un ouvrage en allemand sur le même sujet. Dans les discussions du Concile il joua un rôle de premier plan, en s'associant avec Félix Dupanloup et avec Georges Darboy, archevêque de Paris, dans son opposition à la doctrine de l'infaillibilité, et il soutint leurs arguments grâce à sa vaste connaissance de l'histoire de l'Église. Au cours des discussions préliminaires, il vota contre la promulgation du dogme. Il était absent de l'importante séance du 18 juillet 1870[3], et attendit jusqu'en 1871 pour envoyer sa soumission aux décrets ; il expliqua alors dans une lettre pastorale que le dogme « ne concernait que la doctrine proclamée ex cathedra, et par là les seules définitions nécessaires, mais non ses preuves ni ses explications ».

En 1872, il prit part au congrès convoqué par les ultramontains à Fulda et, en minimisant les choses, il réussit habilement à empêcher dans son diocèse toute tentation de participer au mouvement vieux-catholique. On a dit que les quatre derniers volumes de la deuxième édition de son Histoire des Conciles s'étaient adaptés avec souplesse à la situation nouvelle créée par les décrets du Vatican. Pendant les dernières années de sa vie, il cessa néanmoins de faire des recherches au nom de son Église, mais prit une sorte de retraite dans la vie privée.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Der Cardinal Ximenes und der kirchlichen Zustände Spaniens am Ende des 15. und am Anfange des 16. Jahrhunderts, Tübingen 1844, 2ème édition Tübingen 1851, le texte est numérisé
  2. Le défunt pape Honorius Ier avait été accusé par le troisième concile de Constantinople d'avoir versé dans l'hérésie monothéliste et l'anathème avait été prononcé contre sa mémoire. C'était le principal argument des adversaires de l'infaillibilité pontificale.
  3. Au cours de laquelle le dogme fut voté par la majorité des évêques.

Références de traduction[modifier | modifier le code]