Karl Ivanovitch Weber

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Karl Ivanovitch Weber

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Tombe de Karl Ivanovitch Weber, ainsi que de sa femme Eugénie (1850-1921) et de son fils Ernst (1873–1917) à Radebeul en Allemagne.

Naissance 17 juin 1841
Décès 8 janvier 1910 (à 68 ans)
Nationalité Flag of Russia.svg Russe
Profession
Consul, diplomate
Formation
Le roi Kojong.

Karl Ivanovitch Weber ou Carl von Waeber (17 juin 1841 - 8 janvier 1910) est un diplomate de l'empire de Russie qui fut un ami personnel du roi coréen Kojong. Il est surtout connu pour avoir été le premier consul général de Russie en Corée de 1885 à 1897[1],[2].

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Weber est issu d'une famille de classe moyenne, et exprima un intérêt pour l'histoire de l'Asie dès son plus jeune âge. Il sortit diplômé de l'Université de Saint-Pétersbourg en 1865 et rejoignit le service diplomatique l'année suivante. Son premier poste à l'étranger fut à Pékin. Il devint par la suite consul de Russie à Tianjin en 1882[2].

En Corée[modifier | modifier le code]

Weber signa le traité d'amitié et de commerce russo-coréen le 25 juin 1884, puis il devint l'année suivante le premier représentant officiel de Russie en Corée[2]. Il s'installa ainsi à Séoul avec sa femme et une domestique alsacienne, Antoinette Sontag[3],[4]. Sa femme se brouilla personnellement avec différents membres des communautés russes et allemandes de Séoul. Elle est en particulier soupçonnée d'être à l'origine de rumeurs disant que le consul allemand Ferdinand Krien organisait des orgies au sein de la légation allemande[4]. Dès le début de son service, Weber se lia d'amitié avec le roi coréen Kojong, et, lorsque le gouvernement russe fit savoir sa volonté de muter Weber dans un autre pays, le roi Kojong écrivit une lettre au tsar Nicolas II de Russie, datée du 2 juillet 1895, dans laquelle il saluait la sagesse de Weber et il demandait à ce qu'il soit permis à ce dernier de rester plus longtemps en Corée. Sa requête fut entendue et le remplaçant prévu de Weber, Alexei Speyer, fut finalement posté à Tokyo au Japon[2].

Suite à l'assassinat de la reine Min en 1895, Weber offrit personnellement à Kojong la possibilité de se réfugier dans le bâtiment de la légation russe à Jeongdong (actuel arrondissement de Jung-gu) où le souverain vécu de février 1896 à février 1897[2]. Cette période marque l'apogée de l'influence russe en Corée. Weber persuada Kojong de former un gouvernement pro-russe mené par Yi Wan-Yong, Yi Beom-Jin, Yi Yun-Yong, et, en mai 1895, il signa le mémorandum Komura-Waeber avec son homologue japonais Jutarō Komura, garantissant à la Russie le droit de stationner quatre compagnies militaires dans la péninsule coréenne, et obligeant les Japonais à reconnaitre le nouveau gouvernement[2]. Kojong fut aussi très impressionné par Antoinette Sontag, la domestique de Weber, et l'employa à son service dès son retour au palais[3].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Speyer remplaça finalement Weber en septembre 1897, après quoi ce dernier rentra à Saint-Pétersbourg[5]. Weber fit une visite officielle à Séoul en avril 1903, à la veille de la guerre russo-japonaise, et eut des entretiens avec Kojong. Il est récipiendaire de l'ordre de Saint-André, le plus important ordre honorifique russe[2]. Il meurt et est enterré à Radebeul en Allemagne. Sa tombe fut dessinée par Otto Rometsch et Adolph Suppes, avec des sculptures de Ernst Thalheim[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ko) Gwang-sik Gang, 英國의 對韓半島政策 展開樣式에 관한 硏究 Modèle:Bracket, Academy of Korean Studies,‎ Spring 1986, 97–121 p. (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f et g (ru) M. Volkov, Русские в Корее- имена и судьбы (Russians in Korea - Names and Fates), vol. 23, Center for Contemporary Korean Studies, Russian Academy of Sciences,‎ mai 2004 (lire en ligne)
  3. a et b Hans Alexander Kneider, Deutsche Persönlichkeiten im Königreich Joseon, vol. 5,‎ 2010, 84–85 p. (lire en ligne); available in English as: Remarkable Germans in the Choson Kingdom, German Embassy in the Republic of Korea (lire en ligne)
  4. a et b Robert Neff, First gentlemen’s club in Seoul established in 1889,‎ 2010-10-20 (lire en ligne)
  5. Peter Duus, The Abacus and the Sword: The Japanese Penetration of Korea, 1895-1910, University of California Press,‎ 1998, 118–121 p. (ISBN 0520213610)
  6. Stadt Radebeul, SAX-Verlag,‎ 2007 (ISBN 978-3-86729-004-3)