Karl Brandt

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Karl Brandt

Description de l'image  Karl_Brandt_SS-Arzt.jpg.
Naissance 8 janvier 1904
Mulhouse (Ville allemande à l'époque,
française aujourd'hui)
Décès 2 juin 1948 (à 44 ans)
Landsberg, Allemagne
Nationalité Allemande

Karl Brandt (8 janvier 1904 Mulhouse - 2 juin 1948 Landsberg am Lech, Allemagne) était un professeur de médecine et le médecin personnel d'Adolf Hitler, Brigadeführer-SS.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bien que né en Alsace, Brandt n'était pas de parents alsaciens, son père, commissaire de police, avait été muté à Mulhouse.

Brandt quitte l'Alsace en 1919 et poursuit ses études à Dresde où il passe son Abitur, puis commence ses études de médecine à Dresde, Iéna, Berlin puis Fribourg-en-Brisgau. À Bochum, il se spécialise dans la chirurgie des traumatismes crâniens et obtient son diplôme en 1928. Il émet alors le vœu de partir à Lambaréné au Gabon, afin de rejoindre le docteur Schweitzer, mais n'ayant pas opté pour la nationalité française en quittant l'Alsace, il renonce à ce projet.

C’est en 1933, alors que Brandt et sa fiancée Anna Rehborn suivent le cortège menant Hitler du restaurant où ils venaient de dîner ensemble au Berghof, que la Mercedes du Führer quitte la route[1]. Adolf Hitler est indemne, mais le chef de sa garde personnelle, Wilhelm Brückner, est gravement blessé. L’intervention du Dr Brandt lui sauve la vie[2]. C’est Brückner en personne qui propose le Dr Brandt comme médecin personnel du Führer et l’appelle le 13 juin 1934 pour lui demander de venir de suite à Munich afin d’accompagner Hitler lors d’un voyage en Italie. On considère le jour de cet accident comme celui ou la vie du Dr Brandt a basculée, mais les faits nous montrent qu’il ne se trouvait pas là, par hasard[3].

Il rejoint d'abord la Ligue national-socialiste des médecins et le NSDAP dès 1932, en soulignant ne pas vouloir appartenir ni à la SS ni à la SA, mais il devient finalement membre de la SA en 1934, pour rejoindre ensuite les SS fin 1934, devenant Untersturmführer, le grade d'officier le moins élevé. Il terminera néanmoins la guerre avec le grade de Brigadeführer SS (Médecin-général SS). En novembre 1938, il est envoyé à Paris après l'attentat de Ernst vom Rath.

Dès 1939, Brandt dirige l'administration du programme d'euthanasie T-4 chargé d'expurger l'Allemagne de ses aliénés et autres handicapés. Il inventa alors l'injection létale, utilisée encore aujourd'hui dans certains États des États-Unis pour appliquer la peine de mort. Il cumula les grades et les charges de SS-Brigadeführer, lieutenant général de la Waffen-SS et de commissaire général pour la Santé et les Affaires sanitaires. Il fut impliqué dans un programme d'expérimentation humaine, aux côtés du psychiatre Werner Heyde et d'autres médecins.

Brandt fut jugé en 1947 durant le procès que l'on surnomma le Procès des médecins et condamné à mort pour appartenance à une organisation criminelle, crime de guerre et crime contre l'humanité. La peine de mort par pendaison fut prononcée le 19 août et Brandt fut exécuté avec six autres accusés (dont l'un de ses collaborateurs Viktor Brack) le 2 juin 1948 à la prison de Landsberg.

Sans être ministre de la Santé publique, Karl Brandt détenait l'autorité médicale suprême sous le IIIe Reich. Sa condamnation à mort et son exécution soulevèrent pourtant de vives protestations, même parmi les Alliés[4].

Les derniers mots de Karl Brandt avant de mourir furent les suivants : « Vous n'avez pas de leçons à nous donner, vous êtes les vainqueurs et vous avez jeté une bombe sur Hiroshima. »

Le procureur McHaney de la cour de Nuremberg ayant jugé Karl Brandt prononcera cette phrase ayant encore plus alimenté la polémique sur le bien-fondé de la sentence prononcée à l'encontre du médecin du Reich [4]: « Le procès a montré que Karl Brandt n'a rien su des expériences, mais il est coupable parce qu'il aurait dû savoir. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MÖLLER Horst - Die tödliche Utopie - Munich 1999, page 54
  2. SCHMIDT Ulf - Hitlers Arzt, Karl Brandt ; Medizin und Macht im Dritten Reich, 1.Auflage - Berlin 2009, page 54
  3. Archives Nationales de Nuremberg - KV Anklage, Dokumente, NO-202, SS-Personalakte Karl Brandt
  4. a et b "Les Médecins de la mort" de Philippe AZIZ. Éditions Famot

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]