Karim Achoui

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Karim Achoui

Nom de naissance Karim Achoui
Naissance 7 octobre 1967 (46 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence France
Profession
(Avocat radié en 2011)
Activité principale
Président de la Ligue de défense judiciaire des musulmans
Autres activités
Formation
Droit civil et pénal

Karim Achoui, né le 7 octobre 1967 à Boulogne-Billancourt, est un ancien avocat français, connu pour ses liens supposés avec le milieu et pour son implication dans plusieurs affaires, ce qui lui a valu le surnom d'« avocat des voyous »[1] dans les médias.

Il est le fondateur de la Ligue de défense judiciaire des musulmans.

Une ascension rapide[modifier | modifier le code]

Débuts de parcours[modifier | modifier le code]

Karim Achoui débute sa carrière d'avocat à la Cour de Paris en janvier 1993. Il s'associe alors à son ancien maître de conférences, Jean-Marc Florand, qu'il a connu sur les bancs de la faculté de Paris XII Saint-Maur.

Dans son cabinet, Karim Achoui travaille sur certains dossiers de Jacques Vergès dont par exemple l'affaire Patrick Dils[2].

Dossiers[modifier | modifier le code]

Karim Achoui ouvre son propre cabinet en 2000 et obtient plusieurs succès qui seront médiatisés, notamment un non-lieu pour Michel Lepage dit « le Gros », un poids lourd du « gang de la banlieue sud »[3], la libération de Marc Hornec, alias « le Forain », l'un des trois frères de la famille de Montreuil-sous-Bois. Plusieurs islamistes ont aussi eu recours à ses services, ce qui aurait suscité l’intérêt de la Direction de la surveillance du territoire[2].

Karim Achoui aurait compté parmi ses clients Karl Zéro, Richard Gasquet, Jamel Debbouze, Les Frères Hornec, Romane Bohringer, Farid Khider, Christine Chauvet[4].

Affaires[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 2008, il est condamné par la cour d'assises de Paris à une peine de sept ans de prison pour complicité de tentative de meurtre, complicité d'évasion d'Antonio Ferrara et association de malfaiteurs. Karim Achoui interjette appel de cette décision et a été remis en liberté sous caution le 5 février 2009. Pendant cette liberté provisoire, à la suite d'un arrêt rendu par la cour d'appel de Versailles et confirmé par la Cour de cassation, dans le cadre d'un faux commis au préjudice de son ex-femme, il n'a plus le droit d'exercer sa profession d'avocat pour cinq années. Dès lors, avec le comédien Smaïn, il se reconvertit dans la restauration avec l'ouverture en collaboration d'un établissement appelé le « Zarma des Prés » à Paris, et utilise frauduleusement la signature de son frère qui portera plainte[5]. Le 22 octobre 2010, il est finalement acquitté par la cour d’assises d’appel de Paris. Le 4 mai 2012, la Cour de cassation rejette son pourvoi contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui l'avait radié du tableau de l'ordre des avocats pour de graves infractions à la discipline. Le 20 mai 2012 il est relaxé dans l'affaire de menaces et violences sur son épouse, laquelle, par le biais d'une lettre d'aveu adressée à la cour, reconnait ses torts et retire sa plainte[réf. nécessaire].

Extorsion de fonds[modifier | modifier le code]

Karim Achoui est mis en examen en 2005 pour subornation de témoin dans une affaire d'extorsion de fonds commise par le clan Hornec en 2002. Karim Achoui aurait exercé des pressions sur un témoin pour qu'il retire sa plainte selon un policier[6]. Il bénéficie d'un non-lieu.

Blanchiment d'argent[modifier | modifier le code]

Karim Achoui est placé en garde à vue le 20 septembre 2007 dans une affaire de blanchiment d'argent. Le parquet de Meaux avait ouvert une information judiciaire en 2006 à la suite de la vente d'un commerce appartenant à une figure du grand banditisme mort assassiné. Karim Achoui est soupçonné d'avoir perçu une commission lors de la vente de ce commerce[7].

Complicité de faux[modifier | modifier le code]

Karim Achoui est poursuivi pour avoir utilisé la signature de sa femme, à son insu, afin de monter une société de vente de chaussures en 2004. À ce titre, il est accusé de « complicité de faux, fourniture d'indication fausse ou incomplète en vue d'une immatriculation au registre du commerce et des sociétés et exécution d'un travail dissimulé ».

Le 22 juin 2007, il a été condamné à un an de d'emprisonnement avec sursis, 10 000 € d'amende et 5 années d'interdiction d'exercer la profession d'avocat.

Le jugement en appel a abouti le 20 février 2008 à l'aggravation de sa condamnation à 1 an de prison avec sursis, 20 000 € d'amende et 5 années d'interdiction d'exercer la profession d'avocat. Cet arrêt est devenu définitif à la suite du rejet de son pourvoi le 14 janvier 2009 par la chambre criminelle de la Cour de cassation[8].

Évasion d'Antonio Ferrara[modifier | modifier le code]

Karim Achoui, avocat d’Antonio Ferrara en 2003, est soupçonné d’avoir participé à l’évasion de ce dernier de la maison d'arrêt de Fresnes, en donnant le « top départ » de l’opération par l'intermédiaire d'un de ses collaborateurs, lors d'un parloir. Il est interpellé le 28 novembre 2005 par l'Office central pour la répression du banditisme et mis en examen le soir même pour « complicité d'évasion » et laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre versement d’une caution de 30 000 € à régler en deux fois.

Il déclare être étranger aux faits qui lui sont reprochés dans l'émission télévisée de Marc-Olivier Fogiel, On ne peut pas plaire à tout le monde sur France 3, le 4 décembre 2005.

Il est jugé par la cour d'assises de Paris durant les mois d'octobre à décembre 2008. L’accusation s’appuie notamment sur plusieurs écoutes téléphoniques : lors d'une conversation entre les complices de l’évasion de Ferrara l’un d’eux dit « On passera par le baveux pour faire passer le feu vert au petit » (surnom de Ferrara) ; lorsque l’un des membres du commando cherchait un médecin pour soigner un blessé à la suite de l’opération : « Il a un médecin, Achoui ? »[9].

Karim Achoui est condamné dans la nuit du 14 au 15 décembre à une peine de sept ans de prison[10] et placé en détention[11],[12]. Ses avocats, Patrick Maisonneuve et Francis Szpiner, font appel[13]. Karim Achoui est libéré sous caution le 4 février 2009. La caution de 50 000 € est versée dans la journée par Rachid Nekkaz et Jean-Bruno Roumégoux, président de la Coordination nationale des prisonniers sans preuves.

Il est acquitté par la cour d’assises d’appel de Paris le 22 octobre 2010.

Radiation du barreau de Paris[modifier | modifier le code]

Karim Achoui est radié du barreau de Paris par un arrêt rendu par la cour d'appel de Paris le 13 janvier 2011 qui infirme totalement la décision du conseil de discipline de l'ordre des avocats de Paris qui avait jugé qu'il ne pouvait plus être puni[14]. Les magistrats retiennent qu'il a illégalement perçu, au moyen d'un faux document imitant la signature d'un client, la somme de 1 501 euros qui devait revenir à celui-ci.

La cour d'appel lui a également reproché d'avoir employé pendant de très nombreuses années[évasif] des personnes qui n'étaient pas déclarées (secrétaire et femme de ménage).

Les juges ont enfin considéré que ces faits, ajoutés à sa condamnation en 2008 à la peine d'un an d'emprisonnement avec sursis pour complicité de faux, étaient incompatibles avec la profession d'avocat et justifiait la radiation du tableau de l'ordre des avocats au barreau de Paris. Karim Achoui forme un pourvoi en cassation[15] qui est rejeté par la première chambre civile de la Cour de cassation le 4 mai 2012, rendant ainsi définitive la décision de la cour d'appel[16].

Liquidation judiciaire[modifier | modifier le code]

Karim Achoui a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de grande instance de Paris, pour un passif déclaré supérieur à 500 000 euros auprès de ses créanciers.

Cette décision a été confirmée par la cour d'appel de Paris.

Tentative d'assassinat[modifier | modifier le code]

Karim Achoui est blessé par deux tirs par balles le 22 juin 2007 en sortant de son cabinet parisien. Il quitte l'hôpital européen Georges-Pompidou après une hospitalisation d'une quinzaine de jours.

Peu de temps avant son agression, Karim Achoui aurait, selon lui, fait part au bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris d'une tentative d'infiltration de son cabinet par la police. Il a expliqué : « Le 4 juin, j'ai été informé que l'une de mes secrétaires renseignait un service de police. J'ai informé le bâtonnier et licencié la secrétaire. Je suis persuadé que l'attentat contre moi est lié à cette infiltration. »[17].

Dans l'affaire de son agression, quatre personnes sont interpelées. L’une d’elles, Ruddy Terranova, s'avère être un indicateur de la police qui est inscrit, entre novembre 2006 et le 20 octobre 2007, au bureau central des sources du Service interministériel d'assistance technique et dont il est renvoyé en raison de sa dangerosité et de son inefficacité[18]. Il est reconnu par Karim Achoui comme étant le tireur. Les trois autres hommes sont considérés comme appartenant au grand banditisme et comme n'ayant eu qu'un rôle d'intermédiaires[19].

Karim Achoui attribue cette tentative à des policiers corrompus de la Brigade de répression du banditisme qui souhaiteraient lui faire payer ses succès de prétoire et le fait d'avoir fait échouer plusieurs enquêtes[20]. L'enquête révèle que Ruddy Terranova avait eu des contacts téléphoniques avec l'officier de police qui l'avait employé comme indicateur, la veille et le jour de l'attaque (ce que Karim Achoui considère comme la preuve du complot policier), mais ne permet pas d'établir que cet officier est en rapport avec la tentative de meurtre.

En septembre 2008, dans un second livre intitulé Un avocat à abattre (voir infra) (son précédent ouvrage, L'Avocat du milieu (voir infra), ayant été publié en mars 2008), Karim Achoui écrit à ce sujet : « Une frange de la police, plus particulièrement versaillaise, a trempé jusqu’au cou dans mon affaire », avant de citer le nom d'un commissaire de la police judiciaire de Versailles. Ce dernier a réclamé l'interdiction de l'ouvrage, mais le juge ne l'a pas fait en raison de deux vices de forme. À la demande du syndicat policier Synergie[21],[22], la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie dépose plainte contre Karim Achoui pour « diffamation envers la police nationale » à la suite d’une interview de l'intéressé parue dans France-Soir le 10 septembre 2008 et dans laquelle il donne le nom du commissaire[23].

De son côté, le commissaire dépose une dizaine de plaintes en diffamation contre le livre de Karim Achoui et contre les médias qui ont évoqué cette accusation. Le tribunal correctionnel de Paris a retenu la responsabilité pénale de M. Achoui dans un certain nombre de cas[évasif] et l'a condamné à des amendes et des dommages-intérêts.[réf. nécessaire]

Au procès des agresseurs présumés, l'instruction présente des courriers saisis auprès de ceux-ci qui tendent à montrer que l'agression aurait été justifiée par des motifs financiers[24]. La thèse d'un complot d'un policier n'a pas été retenue. Les accusés sont acquittés par la cour d'appel de Paris le 4 octobre 2013[25].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Un avocat à abattre, Paris, Le Cherche midi, coll. « Document »,‎ 19 septembre 2008, 14×22 cm (ISBN 2749112982)
    Livre faisant suite à sa tentative d'assassinat.
  • Numéro écrou 31208, Paris, Le Cherche midi, coll. « Document »,‎ 20 mai 2009 (ISBN 978-2-7491-1514-6)
    Le journal de son incarcération.
  • Musulmans, quels sont vos droits ?, Hors lignes Éditions, 19 octobre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note
Références
  1. Mathieu Grégoire, Karim Achoui, l'avocat des voyous, une image qui lui coûte cher, 20 Minutes, 15 décembre 2008
  2. a et b « Les dossiers noirs de l’avocat du milieu, Karim Karim Achoui », Paris Match, 6 août 2007
  3. Christophe Cornevin, « Le caïd de la région parisienne rejoint son père en prison », 5 décembre 2007
  4. Parrain et Caïds, Frédéric Ploquin, Fayard
  5. Sarah Belmont, Quand les stars mettent le couvert, Le Point, 8 octobre 2013
  6. Les liaisons dangereuses de Maître Karim Achoui, Libération, 25 juin 2007
  7. Affaire blanchiment d'argent, Le Nouvel Observateur, 21 septembre 2007
  8. L'avocat de Ferrara Karim Achoui définitivement condamné pour complicité de faux, AFP, 15 janvier 2009
  9. Evasion de Ferrara: l'avocat Karim Achoui en vedette des débats lundi au procès, Le Parisien, 6 octobre 2008
  10. Patricia Tourancheau, « Affaire Achoui : les étranges coups de fil d’un indicateur », dans Libération, 21 juin 2008.
  11. « Ferrara condamné à 17 ans, Me Achoui à 7 ans », Le Parisien, 14 décembre 2008.
  12. « « Un verdict scandaleux » pour l'avocat d'Achoui », Le Parisien, 15 décembre 2008.
  13. Clément Mathieu, « Karim Achoui remis en liberté », sur parismatch.com, Paris Match,‎ 4 et 5 février 2009 (consulté le 27 juin 2014).
  14. « L'avocat Karim Achoui radié par la cour d'appel » sur leparisien.fr
  15. « Radié à vie, Karim Achoui se confie » sur FranceSoir.fr
  16. Karim Achoui radié du barreau, Le Figaro, 4 mai 2012.
  17. « Karim Achoui soupçonne la police », L'Express, 5 juillet 2007
  18. Alexandra Guillet, « Affaire Achoui : Le tireur était un "indic" », sur lci.fr, 24 avril 2008.
  19. Ségolène de Larquier, « Agression de l'avocat Achoui : quatre personnes mises en examen », sur lepoint.fr, 21 avril 2008.
  20. Gérard Davet et Piotr Smolar, « Me Achoui contre la police », Le Monde,‎ 6 juillet 2007 (lire en ligne).
  21. « Un policier mis en cause : Alliot-Marie porte plainte pour diffamation contre Me Achoui », sur NouvelObs.com, 23 septembre 2008.
  22. « Un syndicat de police demande des « poursuites » contre Me Achaoui », AFP, 18 septembre 1008, reproduit sur le site de Synergie.
  23. « Plainte de Michèle Alliot-Marie contre l'avocat Karim Achoui », AFP via Google Actualités, 22 septembre 2008.
  24. Blog Chroniques judiciaires : Le procès Achoui, entre farce et terreur
  25. « Six acquittements au procès Karim Achoui », in lepoint.fr, 4 octobre 2013.