Karel Kramář

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Karel Kramář (né le à Vysoké nad Jizerou et décédé le à Prague) est un homme politique tchèque. Il fut le premier président du conseil de la Tchécoslovaquie.

Autriche-Hongrie[modifier | modifier le code]

Kramář étudie le droit à Prague. Il s'engage très rapidement dans la politique. En 1899, il participe à la création du Parti réaliste avec Tomáš Masaryk, mais le parti éclate rapidement, en raison de leurs points de vue différends sur les relations internationales.

En 1891, il est élu au Reichsrat, le parlement autrichien, en tant que membre du Parti des jeunes Tchèques, dont il prend bientôt la direction. Il obtient des positions de plus en plus élevées au sein du parlement et s'occupe notamment de politique étrangère. C'était pourtant un domaine, où les députés tchèques osaient rarement s'engager.

Panslaviste, Kramář pensait que l'alliance avec la Russie impériale était le meilleur moyen pour les Tchèques d'obtenir leur autonomie. En cela, il s'oppose à Masaryk beaucoup plus tourné vers l'ouest et les États-Unis. Le parti réaliste qu'ils avaient fondé se dissout, en partie à cause de ce différend.

Lors d'un voyage en Russie, il rencontre sa future femme. Elle aura une grande influence sur son action politique. Puisqu'elle est mariée, ils doivent cacher cette relation pendant près de dix ans, jusqu'à l'obtention du divorce.

Karel Kramář.jpg

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, il est accusé de trahison par les autorités autrichiennes et condamné à mort par un tribunal militaire, peine commuée par François-Joseph à 15 ans de prison[1]. Il supporte mal cette période et ne comprend pas comment un homme politique peut être ainsi emprisonné et condamné. Cette peine galvanise l'opinion nationaliste tchèque. L'empereur Charles Ier d'Autriche lui accorde son amnistie en 1917.

Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

Lors de la naissance de la Tchécoslovaquie, Karel Kramář reconnaît l'autorité de son adversaire Masaryk, en tant que président. Il devient lui-même président du conseil. Il est également le leader du parti démocratique national (Československá národní demokracie) de Tchécoslovaquie.

Pendant toute la durée de son gouvernement, Karel Kramář est en France, où il participe à la Conférence de paix de Paris (1919). Il dirige son gouvernement de manière épistolaire. C'est sans doute pourquoi il s'écroule très rapidement. À son retour de Paris, Karel Kramář n'est plus que député. Il n'obtiendra plus de hautes fonctions.

En mai 1919, un anarchiste nommé Alois Šťastný tente de l'assassiner.

Pendant les années 1920, il aide énormément les Russes exilés en Tchécoslovaquie, à la suite de la révolution bolchévique. Il s'oppose aux relations de la Tchécoslovaquie avec la Russie soviétique.

Il meurt en 1937, peu de temps après sa femme.

Héritage[modifier | modifier le code]

Le rôle important de Karel Kramář dans la formation de la Tchécoslovaquie sera largement minoré par l'occupant nazi puis par les communistes en raison ses positions anti-bolchéviques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie. Autriche-Hongrie 1914-1920, Tallandier 2014, p. 232