Karikal

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Karikal
Karaikal / காரைக்கால் / कराईकल / కారైకాల్
La Grande mosquée de Karikal.
La Grande mosquée de Karikal.
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Territoire de Pondichéry
District District de Karaikal
Index postal 609 602
Fuseau horaire IST Indian Standard Time
(UTC+5.30)
Indicatif +91 4368 xxxxxx
Démographie
Gentilé Karaikalais, Karaikalaise
Population 227 569 hab. (est. 2009)
Densité 1 422 hab./km2
Géographie
Coordonnées 10° 55′ 20″ N 79° 50′ 32″ E / 10.92223, 79.84219610° 55′ 20″ Nord 79° 50′ 32″ Est / 10.92223, 79.842196  
Superficie 16 000 ha = 160 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.chennai.tn.nic.in/

Karikal (en hindi: कराईकल , telugu: కారైకాల్ ), parfois Karaikal, selon la graphie anglaise (plus rarement Kârikâl)[1], est une ville du territoire de Pondichéry en Inde. Il s'agit d'un des anciens établissements français de l'Inde, autrefois administré depuis Pondichéry et depuis 1954 dans l'état fédéral indien.

Origine du toponyme[modifier | modifier le code]

Le nom de Karikal viendrait de Âditya Karikâla, souverain Chola du IIe siècle qui donna son nom à une petite dynastie de la région. Sous la direction de cette dynastie, le peuple a réalisé de grands travaux d'irrigation dans le delta de la Kâverî, fondé le port de Pukâr. Cette dysnastie guerrière aurait été victorieuse des Chera et des Pândya.

Géographie[modifier | modifier le code]

Karikal est située à 140 km au sud de la ville de Pondichéry, sur la côte de Coromandel, enclavée dans l'État du Tamil Nadu. Sa population s'élève à 170 640 habitants (recensement 2001). On y parle l'hindi, le telugu, le tamoul et le malayalam.

Ce district de l'état du Tamil Nadu à 250 km au sud de Madras se trouve entre 10 ° 51' et 11 ° de latitude nord et entre 79 ° 43' et 79 ° 52' de longitude est. Les températures moyennes s'échelonnent entre 36º en été et 21º en hiver. Il ne comporte ni reliefs, ni forêts.

La ville de Karikal est située dans le delta de la Kâverî, précisément au sud de celui-ci. Elle est au centre du district avec les villes de Cotchéry au nord, Nédouncadu au nord-ouest, Tirunallar à l'ouest, Néravy et Tirumalrayanpattinam (connu aussi sous le nom de la Grand'Aldée et T.R.Pattinam dans les documents de l'Inde française) au sud.

La juridiction de Karikal s'étend sur la ville elle-même et sur les 100 villages (ou villes) dont un est inhabité. Karikal surtout connue pour son port de pêche, son artisanat traditionnel et sa station balnéaire compterait en 1980 environ 26 100 habitants et son district entre 60 500 et 80 000 habitants.

Histoire[modifier | modifier le code]

Prise de possession par la France[modifier | modifier le code]

Ancienne carte de Karikal de l'époque où elle était un des territoires des Établissements français de l'Inde

En 1738, le gouverneur Pierre-Benoît Dumas (1735-1741), un fin diplomate qui sera élevé au rang de nabab par le Grand Moghol, initie une campagne d'expansion des territoires français par la négociation. Il traite ainsi avec le râja Sahujî de Tanjore pour obtenir la zone de Karikal, la forteresse de Karakalcheri et cinq villages pour 40 000 chakras. Selon les autorités françaises en 1880, la ville a été offerte au gouverneur Dumas, représentant la France, par le souverain de Tanjore en échange de son aide car il était alors en lutte contre un compétiteur féroce.

Le 14 février 1739, les Français prennent possession de la ville de Karikal malgré le changement des conditions imposés par Sahuji, qui souhaite emprunter une forte somme sans intérêt sur trois ans contre la cession d'un plus grand nombre de villages. Pratap Singh, le successeur de Sahuji, continue sa politique d'emprunts auprès des Français, attribuant plus de villages encore.

Guerres franco-anglaise[modifier | modifier le code]

Au gré des conflits, la région passe deux fois sous administration anglaise avant de revenir à la France par le traité de Paris de 1763. Par la suite, au fil des guerres entre la France et l'Angleterre, Karikal, de même que les autres possessions françaises de Chandernagor, Pondichéry, Yanaon et Mahé, est occupée puis restituée à la France par les Anglais, jusqu'à ce que le Traité de Paris de 1814 restitue définitivement les cinq établissements à la France, qui s'engage à ne pas y construire de fortifications et à n'y maintenir qu'un nombre de soldats suffisant pour assurer le maintien de l'ordre.

Développement sous le protectorat français[modifier | modifier le code]

En 1850, Karikal avoisine 10 000 habitants pour 2 669 ha, son territoire 60 000 habitants pour une superficie totale de 16 184 ha. Karikal possède un tribunal de première instance, et est une colonie efficacement administrée en cinq manganoms ou petits districts : Karikal, Tirnourlar, Nellajendour, Nedourgadou et Ketchéry. Il existe une centaine d'agréables villages traditionnels proprets dénommés aldées : leurs hautes maisons élancées sont environnées de bois épais, et l'ensemble de la configuration architecturale et environnementale permet de garder le maximum de fraîcheur. Six petites rivières ou bras du delta du Cavery sont aménagés et servent de prises à quatorze grand canaux d'irrigations. Les cultures irriguées permettent deux récoltes par an.

Jeunes élèves de lécole de Karikal (Photo d'archive)

Karikal poursuit une rapide croissance démographique. Outre le commerce de variétés de riz, elle fabrique des toiles bleues très estimées. La construction navale traditionnelle prend un essor industriel. Par la mer, Karikal est à 114 km de Pondichery, à 11 km de Tranquebar. La ville est placée alors à 3 km de l'Arselar, une des branches du Cavery obstruée par les sables à la saison sèche. Or la saison chaude et sèche durent de janvier au 15 octobre, affichant des températures souvent voisine de 41°C en journée et de 27°C pendant la nuit. Mais l'hivernage permet aux eaux de l'Arselar à nouveau gonflé de remanier les dépôts et d'offrir une issue vers la mer. La saison humide se caractérise par des pluies violentes ou régulières, des températures fraîches oscillant entre 25°C en journée lumineuse et 13°C la nuit. Elle transforme les rives de l'Arselar en port actif de charge et de décharge des petits navires jour et nuit. La remontée de bâtiments à varangues plates de 200 à 250 tonneaux sur lest est possible.

En 1880, Karikal ceinte de murailles compte dans son district 92 672 âmes dont 57 Européens. C'est la résidence d'un administrateur civil, le siège d'un tribunal de première instance et d'une justice de paix. Il existe 109 aldées qui s'occupent de 9 149 ha de terres en culture. Les villageois en priorité cultivent différentes espèces de riz, l'indigo ou soignent les cocotiers. De façon secondaire, le tabac, la canne à sucre, les oléagineux, les arbres fruitiers et de moins en moins le coton accaparent leur labeur. Quatre indigoteries, trois savonneries, 114 huileries sont recensées. L'industrie manufacturière produit pour le grand commerce différents tissus de coton, indiennes et surtout des pagnes rouges recherchés par les femmes indiennes. La construction navale se lit dans les statistiques d'entrée et de sortie portuaire : 45 navires français entrant rentrés pour 336 sortis, 336 navires étrangers entrant et 379 ressortant durant l'hivernage 1880. L'essentiel de la commande est française.

Ce petit territoire des établissements français de l'Inde, affirme l'administration de Pondichéry, est prospère et affiche chaque année un budget croissant. Elle importe en 1880 pour 2,3 millions de francs et exporte pour 6,6 millions de francs en valeur.

Économie[modifier | modifier le code]

Port de Karikal.

Karaikal port est un nouveau port en eau profonde de l'eau de mer dans TR Pattinam (vanjore), Karaikal. Plus de 600 acres (2.4 km2) de terrain ont été loué à la Société MARG en l'an 2005 pour les 30 ans et peuvent être renouvelé pour 10 ans par la suite. Dans 30 ans, Karaikal port sera nationalisé.

Le port aura un total de neuf places et est construit pour le transport primaire de charbon, le textile et le ciment. Le port de Karaikal est destinée à gérer surtout du ciment et du charbon pour servir l'arrière-pays Ariyalur, Perambalur et Tiruchirapalli. L'installation portuaire est également prévue pour offrir une alternative aux ports de Chennai et de Tuticorin[2].

Elle est l'une des villes en Inde du Sud avec un coût de vie élevé en raison de la présence franco-indienne (NRI).

Galerie[modifier | modifier le code]

Annexion indienne[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance indienne de 1947, comme les autres comptoirs, Karikal reste sous juridiction française jusqu'au 13 juin 1954 avant de rejoindre finalement l'Union indienne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Statistique des établissements français de Pondichéry (1860-1880)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les atlas anciens et modernes, les documents officiels, les historiens de l'empire colonial, de la Compagnie des Indes et de l'Inde française (A. Sarraut, A. Martineau, J. Weber, etc.) écrivent exclusivement « Karikal ».
  2. « http://karaikal.nic.in/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-05-16

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]