Kamo no Chōmei

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Kamo no Chōmei, vu par Kikuchi Yōsai
Kamo no Chōmei est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Kamo no, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).

Kamo no Chōmei (鴨長明, 11551216) est un auteur japonais, poète (waka), et essayiste. Il est appelé aussi Kamo no Nagaakira.

Il est le fils d'un prêtre, officiant principal du temple bouddhiste de Tadasu. À la mort de son père, perdant l'espoir de lui succéder, il se consacre à la poésie et au biwa. En 1201, il est rattaché au Bureau de la Poésie de la cour impériale. Mais malgré le soutien de l'ex-empereur Go-toba qui le tient en grande estime, il ne parvient pas à obtenir la charge de son père. Déçu, il se retire dans un ermitage vers l'âge de 50 ans. Plus tard, il se construit une "cabane de 10 pieds" au sud de Kyoto, et y vit très simplement jusqu'à sa mort.

Travaux[modifier | modifier le code]

  • Hōjōki (方丈記) - (Notes de ma cabane de moine) . Ce texte comporte deux parties : la première est une chronique émouvante de bouleversements de son époque (changements politiques, déplacement de la capitale, incendies, famines, tremblements de terre...), la seconde raconte sa vie paisible d'ermite. Traduction en français édité chez Le Bruit du Temps en 2010.
  • Mumyōshō (無名抄) - (Notes sans titre). Recueil de propos sur les poètes et la poésie, ainsi que quelques notes sur la langue, l'histoire contemporaine de Kamo no Chōmei. Traduction en français édité chez Le Bruit du Temps en 2010.
  • Hosshinshū (発心集)

Extraits (notes de ma cabane de moine)[modifier | modifier le code]

Certains tombaient, suffoqués par la fumée, d'autres périssaient subitement enveloppés par les flammes ; d'autres encore qui avaient de justesse échappé au danger, impuissants à sauver leurs biens et leurs meubles, voyaient, là, sous leurs yeux, tous leurs trésors réduits en cendres. Qui pourrait estimer ces pertes ?
Cette fois-là, l'incendie a dévoré seize demeures seigneuriales. En plus, d'innombrables maisons ont disparu. Un tiers de la ville a brûlé, dit-on. Plusieurs milliers de personnes, hommes et femmes, sont mortes ; impossible de dire le nombre de victimes parmi le bétail.
Au fond, toutes les entreprises humaines sont stupides et vaines ; que penser des hommes qui ont dépensé leur fortune, et ont peiné pour construire leurs maisons au milieu d'une ville aussi exposée au danger ? N'est-ce pas éminemment pitoyable ?

Depuis que j'ai quitté le monde, et que j'ai choisi la voie du renoncement, je me sens libre de toute haine comme de toute crainte. J'abandonne ma vie au destin, je ne désire, ni vivre longtemps, ni mourir vite. J'assimile ma vie à un nuage inconsistant, je n'y accroche pas mon espoir et n'éprouve pas non plus de regret. Pour moi le plaisir suprême est celui que j'éprouve sur l'oreiller d'une sieste paisible, et l'ambition de toute ma vie est de pouvoir, selon les saisons, contempler un beau paysage.
...
L'essentiel de l'enseignement de Bouddha aux hommes est qu'il ne faut pas s'attacher aux choses de ce monde. Même le fait d'aimer ma chaumière devient un péché, et mon attachement à ma tranquille solitude est aussi un obstacle à ma libération. Comment puis-je employer un temps si précieux à raconter des satisfactions inutiles ?

Voir aussi[modifier | modifier le code]