Kalaat Senan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Kalaat Senan
Administration
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Le Kef
Délégation(s) Kalaat Senan
Maire Noureddine Boughanmi[1]
Code postal 7130
Démographie
Population 5 044 hab. (2004[2])
Densité 6 151 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 45′ 54″ N 8° 20′ 43″ E / 35.765, 8.345335° 45′ 54″ Nord 8° 20′ 43″ Est / 35.765, 8.3453  
Altitude 1 271 m
Superficie 82 ha = 0,82 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Tunisie (administrative)

Voir la carte administrative de Tunisie
City locator 14.svg
Kalaat Senan

Géolocalisation sur la carte : Tunisie (relief)

Voir la carte topographique de Tunisie
City locator 14.svg
Kalaat Senan

Kalaat Senan (قلعة سنان) est une ville du nord-ouest de la Tunisie, située à quelques kilomètres de la frontière tuniso-algérienne.

Rattachée administrativement au gouvernorat du Kef, elle est au centre d'une délégation de 16 454 habitants en 2004 tandis que la municipalité qu'elle forme compte 5 044 habitants[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Profil de la Table de Jugurtha

La région est connue pour la Table de Jugurtha, haut plateau de 1 271 mètres d'altitude qui domine les sommets des formations de Boujabeur, de Slata et de Boulahnech. La Table de Jughurta est une curiosité naturelle formée de falaises tombant à pic de tous les côtés. Couvrant une superficie de plus de 80 hectares, ce rocher deviendra une forteresse (kalaat) de rebelles résistant longtemps aux troupes du bey de Tunis sous la direction de leur chef Senan. Cet épisode donnera son nom à la cité, le nom senan pouvant être dérivé du mot assnam fréquemment utilisé par les œuvres des historiens médiévaux et utilisé par les autorités coloniales françaises puis tunisiennes jusqu'aux années 1990.

De plus, ce plateau abrite de nombreuses sources d'eau. La source d'Aïn Senan assure ainsi à la population locale une alimentation continue et de qualité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les recherches historiques concernant la région sont peu nombreuses, malgré l'existence de plusieurs grands sites et l'existence de ruines apparentes qui couvre l'histoire des civilisations capsiennes, berbère, punique, romaine, byzantine, arabo-musulmane. La ville a servi de forteresse aux armées numides de Jugurtha. Après avoir perdu devant l'armée romaine à Cirta Nova Sicca (Le Kef), Vaga (Béja), Thala, Capsa (Gafsa), Tissidium, Zama (Jemma) en Tunisie, Suthul près de Calama (Guelma) en Algérie et Leptis Magna en Libye, Jugurtha occupe momentanément des places fortes inaccessibles à la cavalerie ennemie dont tel ce plateau qui prendra son nom.

Certains Berbères vivant à Tajerouine ou à Kalaat Senan ainsi que de nombreuses associations culturelles du Kef se revendiquent ainsi de la descendance de Jugurtha.

Économie[modifier | modifier le code]

Au niveau économique, la principale activité de la ville est l'agriculture : blé, avoine et élevage extensif de bovins et d'ovins permettent aux habitants de vivre malgré l'aridité du climat (environ trois mois sans précipitations).

La source de M'rada, située à plus de 1 000 mètres d'altitude, est exploitée et commercialisée via une mise en bouteille à Kalaat Senan sous la marque d'eau minérale Dima ; l'usine d'un coût de six millions de dinars est inaugurée le 27 mai 2009[3].

Durant la saison estivale, beaucoup d'expatriés reviennent dans la région, ce qui engendre des retombées économiques au niveau local. Le poste frontalier avec l'Algérie permet par ailleurs un flux commercial plus ou moins contrôlé par les services douaniers.

De 1903 à 1925, les autorités françaises exploitent un gisement de phosphate et mettent en place une infrastructure ferroviaire qui est longtemps abandonnée, juste qu'à une disparition partielle dont l'autre partie est reconquise par la végétation. Depuis quelques années[Quand ?], l'infrastructure est en cours de restauration, sans doute suite à la construction d'un nouveau barrage sur l'oued Sarrath, à quelques kilomètres du plateau.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 10 juillet 2012 portant nomination de délégation spéciale dans la commune du Kalâat Snane, Journal officiel de la République tunisienne, n°56, 17 juillet 2012, p. 1662
  2. a et b (fr) Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)
  3. Faïza Ghozali, « Une nouvelle eau venue du Kef », Jeune Afrique, 14 juin 2009, p. 80