Königsfelden

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Königsfelden
Image illustrative de l'article Königsfelden
Le couvent de Königsfelden à Windisch
Présentation
Géographie
Pays Suisse
Commune Windisch
Coordonnées 47° 28′ 58″ N 8° 13′ 00″ E / 47.482778, 8.21666747° 28′ 58″ Nord 8° 13′ 00″ Est / 47.482778, 8.216667  

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Königsfelden

Königsfelden est un ancien couvent de Clarisses et de Franciscains à Windisch dans le canton suisse d'Argovie. Fondé en 1308 par les Habsbourgs il fut sécularisé en 1528 après la Réforme. Les bâtiments servirent ensuite de résidence aux landvogts de Berne et, depuis 1868, ils abritent une clinique psychiatrique. Le cycle des vitraux du XIVe siècle dans l'église du couvent est considéré comme une œuvre d'art importante dans l'histoire culturelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction du couvent est due à l'initiative des Habsbourgs, dont le lieu d'origine était à environ deux kilomètres au sud-ouest de Windisch. Le 1er mai 1308, non loin du passage de la Reuss, à Windisch, le roi Albert Ier avait été assassiné par son neveu, le duc Jean de Habsbourg, dit « Jean le Parricide ». En mémoire de cette tragédie familiale la veuve du roi, Élisabeth de Carinthie, fonda un couvent de Clarisses, qui fut appelé Königsfelden. Dès le début, à l'écart du couvent des Clarisses, on ajouta un petit couvent de Franciscains pour assurer l'aumônerie. Les premiers moines arrivèrent en 1311, les religieuses l'année suivante.

La fille d'Albert, Agnès de Habsbourg, veuve du roi André III de Hongrie, vécut à partir de 1317 à Königsfelden. Grâce à des achats de terres importants et à ses talents de gestion, ce fut l'âge d'or du monastère. En 1320 fut inaugurée la nef de l'église. En 1397 les ducs de Habsbourg accordèrent au monastère son autonomie administrative avec l'ensemble des droits seigneuriaux qui en découlaient. Après la mort d'Agnès, en 1364, un lent déclin n'en avait pas moins commencé.

Avec la conquête de l'Argovie occidentale par la ville de Berne le lien avec les fondateurs fut brisé. L'introduction de la Réforme en 1528 entraîna la suppression du couvent. Les bâtiments connurent de nombreuses transformations et servirent de siège aux landvogts bernois de Königsfelden, et un intendant prit en charge la gestion des biens de l'ancien monastère. En 1804 l'ancien couvent devint propriété du canton d'Argovie fondé l'année précédente, et le nouveau propriétaire en fit un établissement de soins. De 1868 à 1872 on le transforma en clinique psychiatrique, ce qui entraîna la démolition d'une grande partie du couvent des Franciscains.

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Le cénotaphe des Habsbourgs au centre de la nef

On admirera le parc de l'ancien couvent et surtout l'église. Des vastes bâtiments sont restées les archives et la cave du Trésor du cloître des Franciscains, la résidence des intendants bernois en style gothique tardif avec son portail Renaissance, et une partie de l'ancien couvent des Clarisses.

L'église a été construite entre 1310 et 1330 et fait partie des principales réalisations architecturales des ordres mendiants en Suisse. Après que les landvogts bernois eurent temporairement transformé l'église du couvent en grenier à grains, la construction fut partiellement restituée dans son état original, entre 1891 et 1893. La nef centrale abrite un cénotaphe de marbre, dont l'ancien caveau, a servi jusqu'en 1770 comme tombe de famille aux Habsbourgs. À cette date les restes ont été transférés à Sankt Blasien (Forêt-Noire), puis en 1807 à Sankt Paul (Carinthie).

Vitraux[modifier | modifier le code]

Le cycle des vitraux du chœur, réalisé entre 1325 et 1330, a été conservé dans sa plus grande partie ; il compte parmi les plus importantes des œuvres d'art européennes du XIVe siècle. C'est la famille du roi de Germanie Albert Ier, assassiné en 1308 qui les a fait réaliser, d'après des indications précises quant aux scènes à représenter. La plupart des hautes fenêtres gothiques montrent des scènes en cinq parties, chacune consacrée à un thème. Sur le côté sud, toutes les fenêtres n'ont pas été conservées. À l'extrémité du chœur est représentée la Passion du Christ, flanquée par des vitraux consacrés à l'Incarnation et la Résurrection du Christ. La paire de vitraux suivante montre le précurseur, Jean-Baptiste (accompagné de sainte Catherine), et le successeur, l'Apôtre Paul (accompagné de Marie). La troisième paire de vitraux est consacrée aux apôtres. Les deux paires de vitraux suivantes sont dédiées à des saints avec lesquels l'Ordre ou la famille fondatrice avait une relation particulière : saint François, saint Nicolas, sainte Anne et sainte Catherine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stettler (michael), Les vitraux de Königsfelden. XIVe siècle ; P., Plon (coll. Iris), [1949].
  • Zschokke (fridtjof), Vitraux du Moyen Age en Suisse ; trad. S. & S. Stelling-Michaud ; Bâle, éd. Holbein, 1947.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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