Jutland (cheval)

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Jutland
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Chevaux jutland au pâturage
Chevaux jutland au pâturage

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Jutland, Drapeau du Danemark Danemark
Caractéristiques
Morphologie Cheval de trait
Robe Généralement alezane aux crins lavés.
Pieds Fanons abondants
Autre
Utilisation Attelage

Le Jutland (danois : Den jyske hest) est une race de cheval de trait originaire du Danemark et tenant son nom de la péninsule de Jutland, à l'ouest du pays. De robe habituellement alezane, c'est un cheval compact et musclé réputé pour son calme et son bon tempérament.

Les images du IXe siècle montrent un cheval semblable au Jutland utilisé par les Vikings, dans ce qui est de nos jours la Grande-Bretagne. La première trace écrite sur la race remonte au XIIe siècle, où ils semblent être très populaires comme chevaux de guerre. Des infusion de sang d'autres races ont lieu pendant le XVIIIe siècle, mais le développement du type moderne du Jutland n'a pas commencé avant 1850, avec de nombreux croisement, principalement des races de trait. Un registre d'élevage a été créé tardivement au XIXe siècle, et la population de Jutland a atteint un maximum d'environ 15 000 têtes en 1950. Leur nombre a diminué par la suite, et en 2011, on estime qu'il reste seulement environ 1000 chevaux .

La race a été initialement développée pour une utilisation dans l'agriculture, mais est de plus en plus souvent vue dans les milieux urbains et en concours hippique. Quelques-uns des membres les plus connus de la race sont employés par la brasserie Carlsberg pour tirer les chariots de bière à Copenhague, lors de compétitions et de démonstrations.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien que ses lointaines origines ne soient pas certaines ni suffisamment documentées, il est possible que les ancêtres du Jutland aient été utilisés par le Vikings au début du IXe siècle. Les représentations de l'époque montrent des raids vikings sur ce qui est maintenant la Grande-Bretagne avec des chevaux semblables en apparence au Jutland moderne. Certains de ces chevaux ont pu être laissés sur place, contribuant à la naissance de la race du Suffolk Punch. Les chevaux du Jutland sont exportés vers l'Angleterre, l'Allemagne et la France au Moyen Âge[1]. Ils sont populaires pour les chevaliers du Moyen Âge, particulièrement en joute équestre[2].

La première mention certaine de la race remonte au XIIe siècle, ils sont décrits comme des chevaux de guerre dotés de nombreux attributs utiles[3]. Le cheval réapparaît dans le folklore populaire danois du Jutland, précisément la ballade Svend Felding's Kamp med Risen, dans laquelle le héros mythique Svend Fælling va en pèlerinage à Rome et rencontre sur son chemin un géant. D'autres chevaux se révélent trop timides ou trop faibles pour lui permettre de faire face au géant, Svend obtient donc un cheval Jutland d'un passant meunier, qui affirme qu'il est suffisamment solide pour supporter quinze skippunds (15 x 150 kg environ). Monté sur ce Jutland, Svend réussit à tuer le géant[4].

Le Frederiksborg, une autre race danoise, influence le Jutland au XVIIIe siècle. Le Frederiksborg, qui possède du sang espagnol, donne au Jutland de meilleurs allures[1].

Vers 1850, la sélection du cheval connu de nos jours se met en place, le Jutland est croisé avec des Suffolk Punch, des Cleveland Bay, et des ardennais[2]. Son modèle semble être fortement influencé par le Suffolk Punch et le Shire. Des Cleveland Bay et carrossiers du Yorkshire (croisement de Cleveland Bay et de Pur Sang) complètent les influences au XIXe siècle[1]. Le développement de la race est considérablement influencé par un étalon nommé Oppenheim LXII, importé au Danemark en 1862. Les sources divergent quant à savoir si Oppenheim était un pur Suffolk Punch ou un croisé Suffolk / Shire. Six générations après Oppenheim, son descendant, Aldrup Menkedal (orthographié Oldrup Munkedal selon certaines sources), naît. Aldrup Munkedal est considéré comme l'étalon fondateur de la race moderne. La plupart des Jutlands que l'on trouve de nos jours peuvent voir leur ascendance retracée à deux de ses fils, Hovding et Prins af Jylland[2],[1]. Le Jutland ressemble fortement au trait du Schleswig, une autre race de trait lourd avec des origines similaires, influencée par Oppenheim LXII et ses descendants[2],[5],[1].

Description[modifier | modifier le code]

Marquage au fer, constituant un label de conformité au standard de la race

Le Jutland est un cheval lourd et compact, avec de courtes jambes recouvertes de fanons abondants. La taille va de 1,52 m à 1,65 m, et son poids de 650 à 800 kg. Le profil de la tête est convexe, l'encolure est courte et arquée, le garrot peu sorti. La poitrine est large, l'épaule droite et la croupe légèrement inclinée. Dans l'ensemble, c'est une race compacte et musclée[2].

Robe[modifier | modifier le code]

Sa robe est typiquement alezane avec des crins lavés, mais la race peut aussi être baie, grise, noire ou rouanne, fréquemment avec des marques blanches. Au début des années 1900 la majorité des chevaux étaient bais ou noirs, mais ces robes sont désormais en minorité car l'alezan est considéré comme la couleur nationale du Jutland, et un élevage sélectif a été entrepris pour en augmenter la fréquence[2],[6].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

Leur tempérament est calme et énergique, et ils sont considérés par les amateurs de la race comme des travailleurs volontaires[7].

Utilisations[modifier | modifier le code]

L'attelage de la brasserie Carlsberg à Copenhague.

À l'origine élevé exclusivement pour les travaux de la ferme[7], le Jutland est peu employé à cet usage de nos jours, et se retrouve plutôt dans des shows de présentation et du travail en zone urbaine[1]. Bien qu'il soit de taille plutôt réduite pour un cheval de trait, le Jutland peut développer une grande puissance au travail, historiquement mise à profit pour la traction hippomobile et le transport de personnes ou de matériaux. En 1897, une publication du United States Bureau of Foreign Commerce (bureau du commerce étranger des États-Unis) a remarqué l'aptitude de ce cheval à la traction et signalé que « pour ce genre de travail et le trait lourd en général, il n'est sans doute pas de meilleur animal que le Jutland, une bête lourde et puissante »[8],[9].

L'un des plus célèbres ambassadeurs de la race est la brasserie Carlsberg, qui emploie des Jutland opour tracter des chariots de bière depuis 1928. La brasserie a possédé à elle seule jusqu'à 210 Jutlands, et de nos jours en emploie toujours 20 popur transporter la bière dans les rues de Copenhague. Les chevaux de Carlsberg se retrouvent en compétition et en présentation à de nombreuses occasions, assurant la promotion de la bière et de la race Jutland[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Edwards 1994, p. 275–275
  2. a, b, c, d, e et f Bongianni 1988, p. entrée 102
  3. (en) Johannes Erich Flade, The compleat horse, David & Charles,‎ 1987 (ISBN 978-0-668-06530-6, lire en ligne), p. 202
  4. (en) Northern mythology: comprising the principal popular traditions and superstitions of Scandinavia, north Germany, and the Netherlands, E. Lumley,‎ 1851, 143–144 p. (lire en ligne)
  5. a et b (en) « Jutland », Oklahoma State University (consulté le 16 décembre 2007)
  6. (da) « Avlsmål », Avlsforeningen Den Jydske Hest (consulté le 1er janvier 2011)
  7. a et b Hendricks et Dent 2007, p. 243–244
  8. For this class of work and for heavy draft generally there is probably no better animal than the Jutland horse—a heavy, powerful beast
  9. (en) Consular reports: Commerce, manufactures, etc, G.P.O.,‎ 1897 (lire en ligne), p. 392

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Maurizio Bongianni, Simon & Schuster's Guide to Horses and Ponies, Simon & Schuster, Inc.,‎ 1988 (ISBN 0-671-66068-3)
  • (en) Elwyn Hartley Edwards, The encyclopedia of the Horse, New York, Dorling Kindersley,‎ 1994 (ISBN 1564586146)
  • (en) Bonnie L. Hendricks et Anthony A. Dent, « Jutland horse », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, University of Oklahoma Press,‎ 2007, 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848)