Juste de Tibériade

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Juste de Tibériade était un écrivain et historien juif du Ier siècle qui fut l'un des dirigeants du soulèvement des juifs de Galilée contre les Romains en 66.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le peu d'indications biographiques le concernant n'est connu qu'au travers d'un écrit de l'un de ses adversaires politique et littéraire expressément rédigé contre lui, la Vita de l'historien juif Flavius Josèphe[1], commandant des troupes juives en Galilée, passé ensuite du côté romain.

Juste est né à Tibériade et était un juif de culture hellénique qui devint par ses talents oratoires un citoyen important de sa ville natale. Il prend une part active lors de la première guerre judéo-romaine (66 - 70), s'opposant aux romains et à Flavius Josèphe dont il avait été proche un moment. Emprisonné par Flavius Josèphe avec d'autres tibériens, ce dernier l'élargit avant que Juste ne se rebelle à nouveau. Après la reconquête de la Galilée par les romains Vespasien réclama son exécution mais Juste est alors protégé par la princesse juive Bérénice qui demande à son frère, le tétrarque Agrippa II, de l'épargner[2]. Celui-ci en fait son secrétaire, avant de finalement le chasser. Dans leurs œuvres respectives, Juste et Josèphe semblent se reprocher mutuellement les origines des soulèvements.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur d'une Guerre des juifs, probablement écrite en grec[3], qu'il ne publie qu'après la mort d'Agrippa (100) qu'il présente sous un jour défavorable. Cette œuvre est mentionnée par Eusèbe de Césarée[4] et Jérôme de Stridon[5], mais indirectement, Flavius ayant probablement œuvré à la disparition des travaux de son rival.

Juste est également l'auteur d'une Chronique du peuple juif, de Moïse à la mort d'Hérode Agrippa II. Photius de Constantinople la décrit comme étant rédigée dans des formes sommaires. Il est vraisemblable que plusieurs auteurs plus tardifs aient utilisé ce matériau dans leurs propres travaux, à l'instar de Sextus Julius Africanus, Eusèbe et de l'historien byzantin Syncellus. Certains chercheurs pensent que Flavius Josèphe a utilisé Juste pour ses Antiquités.

De ces deux œuvres, il ne reste que quelques fragments. Jérôme de Stridon en mentionne une troisième, un court commentaire sur les Écritures sans qu'on en sache davantage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son autobiographie (en grec Ἰωσήπου βίος / Iôsephou Bios) qui forme un complément de la Guerre des Juifs, dans lequel Flavius Josèphe justifie son choix d'avoir suivi les Romains
  2. Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 498
  3. Probablement intitulée Ιστορία ἡ τοῦ Ιουδαϊκοῦ Πολέμου τοῦ Οὐεσπασιανοῦ (Étienne de Byzance, Ethniques [détail des éditions], s.v. Τιβεριάς), cité par Richard Gottheil, Samuel Krauss, op. cit.
  4. Histoire ecclésiastique III, 10, 8.
  5. De viris illustribus, 14.

Sources[modifier | modifier le code]