Jupiter Férétrien

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Feretrius est l'une des épiclèses du dieu romain Jupiter, et le temple de Jupiter Férétrien (Iuppiter Feretrius) était un temple de Rome.

Jupiter Férétrien était invoqué dans cette capacité pour être témoin de la signature de contrats et de mariages. Un serment était prononcé appelant Jupiter à frapper à terre toute personne prêtant faussement serment.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Dès l'Antiquité, plusieurs explications ont été avancées sur la signification de l'épithète Feretrius : selon l'une d'entre elles, il serait dérivé de fero, feretrum, le cadre sur lequel les dépouilles opimes étaient fixées. D'après Plutarque[1], ce terme proviendrait de ferire, un terme synonyme de ferre pacem, utilisé dans le sens de porter des coups dans la bataille, ou frapper un ennemi, et qui pourrait être rapproché du rituel fœdus ferire, lequel consistait en l'immolation d'un ennemi pour conclure un traité. Le silex du temple en serait la marque, et Jupiter Férétrien a été assimilé à Jupiter Lapis, utilisé pour les serments particulièrement solennels.

Une étymologie plus moderne[2] fait remonter cette épithète à "fero", dans le sens de porter ou remporter, en particulier des richesses.

Le temple de Jupiter Férétrien[modifier | modifier le code]

Le temple de Jupiter Férétrien, censé avoir été le premier à Rome, aurait été érigé par Romulus sur le Capitole, et dédié à la commémoration de sa victoire sur Acron, roi des Céniniens, et à la conservation des dépouilles opimes qu'il y déposa à cette occasion.

Par la suite, d'autres dépouilles opimes furent déposées par deux fois dans ce temple :

Bien qu'agrandi par Ancus Marcius, le temple aurait été très petit, et selon Denys d'Halicarnasse, il ne mesurait pas plus de 15 pieds de long.

Un denier frappé par P. Cornelius Lentulus Marcellinus vers -44, représente Marcellus, le vainqueur de Viridomaros et de Syracuse, se tenant sur le haut stylobate d'un temple rectangulaire, et tenant les dépouilles opimes dans sa main. Les colonnes supportent un entablement surmonté d'un fronton sans décor, représentant sans aucun doute la structure de ce temple avant Auguste, temple qui avait été négligé et qui avait même perdu son toit.

Sur le conseil d'Atticus, Auguste le restaura, probablement vers -31.

On ne trouve nulle mention d'une statue du dieu à l'intérieur, mais seulement la mention d'un sceptre et d'un silex, sans que l'on sache si cela ne se rapporte qu'au sanctuaire primitif.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Plutarque, Vie de Romulus, XVI:6
  2. Plutarque, Vies Parallèles, édité par François Hartog. Gallimard, 2001, p. 104.