Jun Ishikawa (écrivain)

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Jun Ishikawa (石川 淳, Ishikawa Jun?, 7 mars 1899 - 29 décembre 1987) est le nom de plume d'un écrivain moderniste, traducteur et critique littéraire japonais de l'ère Shōwa. Son véritable nom (écrit avec le même kanji) est Ishikawa Kiyoshi.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'un banquier, Ishikawa naît dans le quartier populaire Asakusa de l'arrondissement Taitō à Tokyo. Il est diplômé en littérature française de l'école des langues étrangères de Tokyo ( (東京外国語学校?), future université de Tokyo des études étrangères). Après ses études, il sert un tour de service dans la marine impériale japonaise de 1922 à 1923, après quoi il est employé par l'Université de Fukuoka en tant que professeur de littérature française. Au début de sa carrière, il s'applique à la traduction en japonais d'œuvres telles que Le Lys rouge d'Anatole France et L'Immoraliste d'André Gide, tous deux futurs prix Nobel de littérature.

L'année suivante, il démissionne de l'université en raison d'une controverse sur sa participation à des mouvements de protestation des étudiants. Il retourne à Tokyo et commence une existence bohème, vivant dans des pensions bon marché tout en traduisant Les Caves du Vatican d'André Gide et Le Misanthrope et Tartuffe de Molière.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Sa carrière littéraire commence en 1935, quand il écrit une série de nouvelles, à commencer par Kajin (佳人, « Dame »), et Hinkyu mondo (贫穷 问答, « dialogue sur la pauvreté ») dans lesquelles il dépeint la lutte d'un écrivain solitaire essayant de créer une fiction parnassienne. En 1936 il est lauréat de la quatrième édition du prix Akutagawa de littérature pour son récit Fugen (普賢, « Le Bodhisattva »)[1].

Au début de 1938, quand la guerre du Japon contre la Chine est à son apogée, Ishikawa publie le brillamment ironique Marusu no uta (マルス の 歌, « Chanson de Mars »), une histoire contre la guerre bientôt interdite pour incitation à fomenter des pensée antimilitaristes [1]. Son premier roman, Hakubyo (白描, « Simple esquisse », 1940) est une critique du stalinisme. Pendant les années de guerre, il se détourne de la fiction et écrit des biographies de Mori Ōgai et Watanabe Kazan. Toutefois, son principal intérêt réside dans les vers comiques composés durant l'ère Tenmei de l'époque d'Edo (狂歌, Kyoka), dont il devient un spécialiste. Il écrit de la poésie sous le nom de plume d'Isai (夷斎?). Avec des gens comme Osamu Dazai, Sakaguchi Ango et Sakunosuke Oda, Ishikawa est connu comme membre du mouvement Buraiha (littéralement « Ruffian ») de littérature anti-conventionnelle. Au cours de la période d'après-guerre, il écrit Ogon Densetsu (黄金 伝説, « Légende de l'or », 1946) et Yakeato no Iesu (焼跡 の イエス, « Jésus dans les cendres », 1946). L'écrivain Kōbō Abe devient son élève.

Il poursuit également la rédaction d' essais qui se présentent sous deux formes. Dans Isai hitsudan (夷 斎 笔谈, « Les Discours d'Isai », 1950-1951), il couvre un large éventail de sujets allant des arts à la littérature en passant par les affaires courantes, dans un style irrévérencieux et parfois amer. D'autre part, Shokoku Kijinden (諸国 畸人伝, « Excentriques et galants de tout le pays », 1955-1957), est une série de notices biographiques de personnes exceptionnelles provenant de divers périodes dans l'histoire du Japon. Il se tourne aussi vers l'histoire du Japon ancien, avec la publication en feuilleton de Shinshaku Kojiki (新釈 古事記, « Autre traduction du Kojiki »), Hachiman Engi (八幡 縁起, « Origines des dieux Hachiman », 1957) et Shura (修羅, « Démons », 1958), dans lesquels il explore l'origine de la nation japonaise et des conflits entre les peuples Jōmon et Yayoi.

En 1964, il part en voyage en Union soviétique et en Europe de l'Ouest en compagnie de Kōbō Abe. De son premier voyage à l'étranger il résulte Seiyu Nichiroku (西游 日録, « Compte-rendu d'un voyage en Occident », 1965). En 1967, il se joint à Kawabata Yasunari, Mishima Yukio et Kōbō Abe en publiant une déclaration pour protester contre la destruction de l'art chinois durant la révolution culturelle. Ishikawa est immensément populaire dans la période d'après-guerre, et remporte de nombreux prix littéraires. Son Edo-bungaku-shōki (江戸 文学 掌記, « Bref aperçu de la littérature d'Edo », 1980), est couronné du prix Yomiuri de littérature.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1936 Prix Akutagawa pour Fugen (普賢)
  • 1981 Prix Yomiuri dans la catégorie critiques/Biographies pour Edo bungaku Shoki (江戸文學掌記)
  • 1982 Prix Asahi pour sa contribution à la littérature contemporaine avec une édition complète en 17 volumes

Titres (sélectionl)[modifier | modifier le code]

  • 1935 Kajin (佳人)
  • 1937 Yamazakura (山桜)
  • 1937 Fugen (普賢)  
  • 1938 Marusu no uta (マルスの歌)  

Traductions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ja) « 芥川賞受賞者一覧 », Bungeishunjū (consulté le 27 janvier 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source de la traduction[modifier | modifier le code]