Julian Barbour

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Julian Barbour (né en 1937) est un physicien britannique habitant à Oxford, Angleterre, dont les intérêts de recherches concernent la gravité quantique.

Il maintient l'idée controversée selon laquelle « le temps n'existe pas », et que la plupart des problèmes des physiques résultent de supposer que celui-ci existe. Il argue du fait que nous n'avons aucune preuve du passé autre que notre mémoire, et aucune preuve du futur autre que notre croyance à son égard. Le temps est toute une illusion : il n'y a donc aucun mouvement et aucun changement. Selon lui, est l'illusion du temps ce que nous interprétons par ce qu'il appelle des capsules du temps, qui sont n'importe quel modèle fixe qui crée ou code un aspect de mouvement, de changement ou de l'histoire.

Une caractéristique remarquable de ce chercheur tient au fait qu'il a travaillé à sa recherche hors des institutions en vue d'éviter le syndrome du « publish or perish », afin de bénéficier d'une totale liberté. Il avait ainsi acheté une petite ferme près d'Oxford et a vécu de la traduction en anglais d'ouvrages universitaires russes. Il a en réalité peu publié mais a eu une influence importante sur les théoriciens de la gravité quantique. C'est un contre-modèle pour la manière dont est menée la recherche actuellement dans le monde[1].

La vision radicale de Julian provient de l'équation de wheeler Dewitt, un exercice mathématique des années 60 qui cherchait à réconcilier la relativité d'Einstein avec la mécanique quantique. Quand on l'exécute il se passe quelque chose d'étrange : on se retrouve avec une équation qui ne contient pas le paramètre t du temps. Barbour considère que l'univers est comme une énorme collection d'instantanés qui sont immensément et richement structurés ; ils ne sont pas en communication les uns avec les autres ; ce sont des mondes à eux seuls. Notre cerveau assemble ces arrêt sur image et les passe dans notre esprit ainsi que des photographies qui, passées à 24 images par seconde, créent l'impression que les images sont en mouvement, alors même que rien ne bouge. Ce qu'on appelle le temps est finalement une illusion.

"Le temps n'est rien qu'une mesure des positions changeantes des objets. Un pendule oscille, les aiguilles de l'horloge avancent". Que le temps soit la mesure de quelque chose n'a rien de novateur. Aristote disait à peu près la même chose : le temps est la mesure du mouvement selon l'antéro-postérieur. Mais Barbour va plus loin : le temps n'est que le résultat d'une activité humaine : la mesure du changement. En soi, pourrait-on dire, il n'est rien. Ce qui compte, pour Julian Barbour, c'est la façon dont les objets interagissent dans des arrêts sur image d'espace.

Mais Julian Barbour dit n'être pas assez bon mathématicien pour donner un sens à sa propre théorie et avoir besoin que d'autres gens plus sérieux le fasse pour lui. Or, de l'aveu même de DeWitt, "il est très improbable que la puissance des mathématiques puisse conduire à une solution unique de l'équation de Wheeler-DeWitt". Aussi Barbour est-il prévenant : "Si je disais que mon passé n'existe plus, c'est comme si je disais que le nombre 13 disait que le nombre 11 est mort ; les mathématiciens trouveraient cela ridicule".

De nombreux physiciens critiquent le flou autour de ses concepts physiques. L'énoncé « le temps n'existe pas » est physiquement confus, mais, en apparence, philosophiquement « clair ». Philosophiquement, l'existence et le temps ne sont pas des concepts dont l'articulation va de soi. D'autre part, affirmer l'existence d'instants et la non-existence du temps est pour le moins paradoxale, d'autant plus que Barbour affirme que le temps est une illusion : la non-existence du temps nous renvoie donc à une position réaliste. D'un autre côté, Barbour affirme également que le temps n'étant pas utile à la théorie physique, il n'est rien, il n'existe pas, sinon comme illusion.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Fin du temps
  • La Découverte de la dynamique
  • Le Mouvement absolu ou relatif ?

Il a également coécrit des livres avec Vladimir Pavlovich Vizgin et avec Herbert Pfister.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Recherche, n° 442, juin 2010, p 47

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Giordano Bruno

Hugh Everett

Carlo Rovelli