Julia Mamaea

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Julia Mamaea
Julia Mamaea
Julia Mamaea
Titre
Impératrice romaine
222235
Prédécesseur Julia Maesa
Biographie
Titre complet Impératrice romaine
Dynastie Sévères
Nom de naissance Julia Avita Mamaea
Date de naissance v. 180
Lieu de naissance Syrie
Date de décès 19 mars 235
Lieu de décès Mogontiacum (Mayence)
Nature du décès assassinat
Père Gaius Julius Avitus Alexianus sénateur
Mère Julia Maesa impératrice romaine
Fratrie Julia Soaemias
Conjoint Marcus Julius Gessius Marcianus
Enfant(s) Théoclia
Sévère Alexandre empereur romain

Julia Avita Mamaea (née v. 180, morte le 19 mars 235) est la sœur cadette de Julia Soaemias, fille de Julia Maesa et nièce de Julia Domna, l'épouse de Septime Sévère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Son père Gaius Julius Avitus Alexianus est un sénateur romain de rang équestre, d'origine syrienne. Sa mère Julia Maesa est la fille d'un grand-prêtre d'Emèse[1] et possède une grande fortune. Lorsque sa tante, Julia Domna devient impératrice en 193, sa mère et sa sœur la suivent à Rome. En 217, à la mort de son cousin l'empereur Caracalla, rapidement suivie de celle de sa tante Julia Domna, sa mère Julia Maesa et sa sœur retournent à Emèse où le fils de Julia Soaemias, est fait grand-prêtre du dieu Élagabal.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Au début du IIIe siècle, Julia Mamaea épouse un ancien consul dont on ignore le nom et qui meurt rapidement. En secondes noces, elle épouse le promagistrat Marcus Julius Gessius Marcianus, un chevalier syrien et vit à Arca (Tell Arqa, Liban). Elle met au monde une fille Théoclia et un fils Marcus Julius Gessius Bassianus Alexianus.

La vie à la cour de Rome[modifier | modifier le code]

Après 218, quand son neveu Bassianus (l'empereur Héliogabale) est proclamé Auguste et part régner à Rome avec sa mère Julia Soaemias et sa grand-mère Julia Maesa, elle s'installe aussi à Rome avec Alexianus. Contrairement à sa sœur, Julia Mamaea a la réputation d'être une femme vertueuse, qui n'est jamais impliquée dans des scandales. Elle est très attentive à l'éducation de son fils qu'elle prépare à devenir empereur de Rome. Alexianus porte une écoute attentive aux conseils de sa mère.

L'accession au trône de Sévère Alexandre[modifier | modifier le code]

Assez vite, Héliogabale se rend odieux à une bonne partie de la noblesse sénatoriale et de la garde prétorienne. Sa grand-mère tente de le raisonner mais sa mère soutient son comportement. En 221, après son mariage avec une vestale, pour prévenir une révolte, Julia Maesa persuada Héliogabale d'adopter comme César (associé et successeur désigné) son jeune cousin de 14 ans, Alexianus, renommé Severus Alexander (l'empereur Sévère Alexandre).

En 222, Héliogabale revient sur cette adoption et cherche à éliminer son « fils » (en fait son cousin). Une mutinerie des prétoriens éclate en faveur de Sévère Alexandre. Héliogabale et sa mère Julia Soaemias sont assassinés. Julia Maesa, qui protège alors Julia Mamaea et Severus Alexander, fait proclamer Auguste son autre petit-fils, prétendant qu'il était lui aussi le fils de Caracalla qui avait eu aussi une liaison avec sa cousine Julia Mamaea (stratagème déjà utilisé pour justifier l'arrivée sur le trône d'Héliogabale). Julia Mamaea devient Augusta. Julia Maesa reste la dirigeante de fait de l'Empire pendant la première partie du règne de Sévère Alexandre, régente avec sa fille car l'empereur n'a que 14 ans.

Une impératrice toute puissante[modifier | modifier le code]

Vers 224, à la mort de sa mère Julia Maesa, le pouvoir revient au couple mère-fils formé par Julia Mamaea et Sévère Alexandre. Julia Mamaea, prend la succession de sa propre mère qu'elle fait déifiée.

Tétradrachme à l'effigie de Julia Mamaea.Description revers : Buste de Sérapis, coiffé du modius, vêtu de l’himation ; une palme devant .

Elle annule les lois scandaleuses mises en place par Héliogabale, choisit seize sénateurs comme conseillers ainsi que le célèbre avocat Ulpien, d'origine syrienne lui aussi. Sévère Alexandre confirme le respect qu'il éprouve pour sa mère en la nommant consors imperii (impératrice consort). Avec ce titre, elle peut accompagner son fils lors de ses campagnes militaires, tradition débutée par sa tante, Julia Domna.

Sur les conseils de sa mère, Sévère Alexandre épouse la très belle Orbiane, en 225[2]. Alors que sa belle-fille reçoit le titre d'Augusta, Julia Mamaea se montre hostile envers elle, la traitant si cruellement qu'Orbiane cherche refuge auprès de son père. En 227, le père d'Orbiane tente de la protéger de la jalousie de sa belle-mère mais son action est perçue comme une trahison impériale. Il est exécuté et Orbiane est répudiée et exilée. Julia Mamaea se retrouve de fait la véritable patronne de l'empire, ne se séparant jamais de son fils.

De fait, hormis de rares pièces montrant Orbiane, seule sa mère Julia Mamaea est représentée sur les monnaies de son règne[3].

Fin de règne[modifier | modifier le code]

L'influence affichée de Julia Mamaea est souvent reprochée à son fils qui se trouve confronté à des révoltes sporadiques de ses troupes qui craignent son irrésolution.

A Rome, en 233, l'empereur donne des Jeux Persiques à la suite d'une campagne contre les Perses en 232 qui n'est qu'un demi-succès mais ces jeux ne suffisent cependant pas à le rendre populaire. En 234[4], il se rend à Mogontiacum (Mayence) pour repousser les Germains, en particulier les Alamans, mais hésite à combattre et préfère acheter la paix. Ce choix décide de son destin, il est taxé de mollesse par l'armée qui se révolte. Julia Mamaea et Sévère Alexandre sont assassinés sous leur tente par les soldats qui proclament empereur l'un des leurs, Maximin.

C'est le début de la période d'anarchie militaire qui va durer jusqu'aux règnes d'Aurélien et de Dioclétien. La dynastie des Sévères prend fin comme elle a commencé, par un coup d'État. L'armée, qui a été son principal soutien, est désormais consciente de sa force : elle va jouer un rôle prépondérant dans la période qui s'ouvre.

Références et sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) «  » [archive], sur Encyclopaedia Britannica (consulté le 22/07/14)
  2. Roger Michael Kean, OliverFrey, The complete chronicle of the emperors of Rome, Thalamus, 20 oct. 2005.
  3. « , Revue numismatique, Volume 8, 1843, p. 267 (lire en ligne [archive])
  4. H.G. Adams, A Cyclopedia of Female Biography, Julia Mamea, Kessinger Publishing, 2007, Pg. 426.