Julia Maesa

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Julia Maesa
Denier à l'effigie de Julia Maesa
Denier à l'effigie de Julia Maesa
Titre
Impératrice romaine
218 – v. 224
Biographie
Titre complet Impératrice romaine
Date de naissance vers 170
Lieu de naissance Emèse
Date de décès vers 224
Père Julius Bassianus
Fratrie Julia Domna
Conjoint Julius Avitus
Enfant(s) Julia Soaemias
Julia Mamaea

Julia Maesa (vers 170 - vers 224), d'origine syrienne, est impératrice romaine de 218 à (env.) 224. Belle-sœur de Septime Sévère, tante de Caracalla, elle organise l'arrivée au trône de ses petits-fils, Héliogabale et Sévère Alexandre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une matrone issue d'une famille noble[modifier | modifier le code]

Née dans la seconde moitié du IIe siècle (vers 170), Julia Maesa était la fille (aînée ?) de Julius Bassianus, grand-prêtre d'Emèse (aujourd'hui Homs, en Syrie)[1], et la sœur de Julia Domna.

Elle épousa Gaius Julius Avitus Alexianus , un sénateur romain de rang équestre, d'origine syrienne, dont elle eut deux filles : Julia Soaemias Bassiana et Julia Avita Mamaea. Quand sa sœur Julia Domna, qui avait épousé Septime Sévère, devint impératrice à partir de 193, Julia Maesa alla s'installer à Rome avec sa fille Julia Soaemias. À la mort en 217 de son neveu l'empereur Caracalla, rapidement suivie de celle de sa sœur Julia Domna soit de maladie soit par suicide , elle retourna à Emèse où son petit-fils Varius Avitus Bassianus, fils de Julia Soaemias, avait été fait grand-prêtre du dieu Élagabal. Le nouvel usurpateur Macrien ne l'exile pas et l'autorise à conserver sa fortune.

La restauration des Sévères[modifier | modifier le code]

Selon Dion Cassius, en 218, de retour en Syrie, elle s'entendit avec Eutychinanos Comazon, préfet de camp de la Legio III Gallica, pour renverser l'empereur Macrien et faire proclamer Auguste son petit-fils, âgé de 14 ans. Elle utilise une partie de sa fortune à réaliser cette victoire en payant les soldats. Elle répandit le bruit que ce dernier n'était pas le fils du mari de Julia Soaemias, mais de Caracalla qui aurait eu une liaison avec sa cousine. La mutinerie de la IIIe Légion réussit, Maesa et sa fille Soemias se trouvent sur le champ de bataille et descendent de leurs chars pour exhorter les soldats à sa battre[2]. Macrin fut battu et tué, et Julia Maesa partit s'installer à Rome avec sa famille : Julia Soaemias, le jeune Bassianus renommé "Marcus Aurelius Antoninus Pius" (l'empereur Héliogabale), son autre fille Julia Mamaea avec son fils Alexianus.

Une femme politique puissante[modifier | modifier le code]

Héliogabale honora Julia Maesa en lui attribuant le titre d'Augusta avia Augusti (Augusta, grand-mère d'Auguste). Elle entra avec Soemias au sénat avec le nouvel empereur, elle y donna son avis comme membre de la compagnie, et elle fut nommée à la tête du sénatus-consulte comme ayant assisté à sa rédaction: il s'agit d'un exemple unique dans l'histoire romaine, aucune autre princesse n'a revendiqué ces prérogatives[3].

De fait, de 219 à 221, Julia Maesa dirigea les affaires de l'Empire avec Comazon, nommé préfet du prétoire. Son petit-fils l'empereur Héliogabale ne s'occupait que de questions religieuses, car ses fonctions de grand-prêtre du dieu Élagabal passaient pour lui avant celles d'empereur.

Assez vite, Héliogabale se rendit odieux à une bonne partie de la noblesse sénatoriale et de la garde prétorienne. Sa grand-mère tente de le raisonner mais sa mère soutient son comportement. Après son mariage avec une vestale, pour prévenir une révolte, Julia Maesa persuada Héliogabale d'adopter comme César (associé et successeur désigné) son jeune cousin de 14 ans, Alexianus, renommé Severus Alexander (l'empereur Sévère Alexandre).

L'organisatrice du règne de Sévère Alexandre[modifier | modifier le code]

En 222 Héliogabale revint sur cette adoption et chercha à éliminer son « fils » (en fait son cousin). Avec la bénédiction de Julia Maesa, une mutinerie des prétoriens éclata en faveur de Sévère Alexandre. Héliogabale et sa mère Julia Soaemias furent assassinés, et Julia Maesa fit proclamer Auguste son autre petit-fils, prétendant qu'il était lui aussi le fils de Caracalla qui avait eu aussi une liaison avec son autre cousine Julia Mamaea. Le sénat décrète l'interdiction aux femmes d'assister à ses délibérations.

Julia Maesa resta la dirigeante de fait de l'Empire pendant la première partie du règne de Sévère Alexandre. Elle mourut vers 224, et c'est sa fille l'impératrice Julia Mamaea, mère de l'empereur, qui prit sa succession. A sa mort, elle fut déifiée comme sa sœur Domna.

Numismatique[modifier | modifier le code]

Les évènements historiques montrent que Julia Maesa a véritablement le pouvoir à Rome durant le règne d'Héliogabale et durant le règne de Sévère Alexandre. Pourtant, toutes les monnaies au nom de Julia Maesa sont attribuées au règne d'Elagabal mais aucune n'a été assignée au règne de Sévère Alexandre.

On conserve de nombreuses monnaies de Maesa de type Pudicitia, représentant la Pudeur assise. Ces monnaies exposent un portrait très vieilli de la grand-mère de l'empereur et le revers ne présente jamais l'étoile, élément caractéristique du monnayage d'Héliogabale.

Les monnaies de type Felicitas offrent aussi un visage âgé de Julia Maesa mais une étoile dans le champ au revers permet d'attribuer ce type au règne d'Héliogabale[4].

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Julia Maesa », sur Encyclopaedia Britannica (consulté le 22/07/14)
  2. Jean Baptiste Louis Crevier, Histoire des empereurs romains depuis Auguste jusqu'a Constantin, Volume 5, Paris, Didot le Jeune,‎ 1819 (lire en ligne), p. 190
  3. Jean Baptiste Louis Crevier, Histoire des empereurs romains depuis Auguste jusqu'a Constantin, Volume 5, Paris, Didot le Jeune,‎ 1819 (lire en ligne), p. 305-306
  4. « Attribution de monnaies de Julia Maesa au règne d'Alexandre-Sévère », sur iNumis.com (consulté le 22/07/14)