Jules Grandjouan

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Jules Grandjouan (né le 22 décembre 1875 à Nantes - mort le 12 novembre 1968 dans la même ville) est un dessinateur, peintre, affichiste et syndicaliste révolutionnaire libertaire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jules Grandjouan est issu par son père d'une famille de la bourgeoisie nantaise[1], dont est notamment issue l'industriel Paul Grandjouan (1841-1907)[2] ; il est le cousin de Jean Émile Laboureur. Il suit le cursus scolaire lycée-faculté de droit, mais son goût pour le dessin l'emporte sur l'étude notariale où il effectue ses débuts professionnels en 1897.

Le syndicaliste révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Chef d'un groupe de soldats face à une foule assemblée devant une usine disant à son supérieur à cheval : « Osez, maintenant, commander le feu ! »
Une du Conscrit de février 1906 par Grandjouan.
Gaston Couté par Jules Grandjouan.

Précurseur en matière d'affiches sociales et politiques, il est à partir de 1900, année de son installation à Paris, un dessinateur de presse prolifique, illustrant et popularisant ses convictions syndicalistes révolutionnaires. Sa participation à L'Assiette au Beurre de 1901 à 1912 permet de dégager ses thèmes favoris : Antimilitarisme, antipatriotisme et anticléricalisme.

Jusqu'à l'année 1914, il dessine pour deux types de journaux et revues : d'une part la presse syndicaliste et libertaire à laquelle le rattachent ses idées, Le Libertaire, La Voix du Peuple, Les Temps nouveaux, La Guerre sociale, La Bataille syndicaliste, Le Travailleur du bâtimentetc.[3] et pour l'autre part la presse humoristique, dont l'abondance des titres montrent un lectorat friand de rire, plus que de politique révolutionnaire, Le Rire, Le Sourire, Le Charivari. À côté de cela reste L'Assiette au Beurre[4], inclassable dans ces deux catégories.

Le crayon au service du communisme (1920 - 1930)[modifier | modifier le code]

Après la guerre, admirateur de la Révolution d'Octobre, il prend parti de mettre son talent au service du communisme[5]. En 1924 il est candidat du Bloc ouvrier et paysan en Loire-Atlantique, en tête de liste. Il obtient 2 495 voix (sur plus de 73 900 suffrages exprimés[6]. Jusque vers 1930, il publie ses dessins sous deux médias :

  • il collabore à la presse du Parti communiste et de la CGTU. En 1926 L'Humanité fait paraître sur plusieurs numéros une série de ses dessins consacrée à l'URSS. Il dessine aussi pour La Vie ouvrière.
  • Il utilise l'édition de cartes postales pour populariser ses idées. La CGTU est son principal éditeur, et il s'auto édite à l'occasion. Ainsi vers 1925 il publie une série de cinq cartes postales dont l'objet serait, par cinq timbres poste, dont il propose la maquette à un hypothétique Soviet des PTT, d'illustrer sa vision de la société communiste future, la République soviétique française[7].

Décès[modifier | modifier le code]

Il meurt le 12 novembre 1968 à Nantes, et est enterré dans cette ville, au cimetière La Bouteillerie[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Grandjouan (catalogue d'exposition) ; Nantes, Bibliothèque municipale & éd. MeMo, 1998 (en marge de l'exposition : Jules Grandjouan 1875-1968).
  • Jules Grandjouan créateur de l'affiche politique illustrée en France, Somogy, édition d'Art, Paris, 2001. (ISBN 2-85056-195-8[à vérifier : ISBN invalide])[9]
  • L'art social à la Belle Époque : Aristide Delannoy, Jules Grandjouan, Maximilien Luce : trois artistes engagés, plaquette de l'exposition 19 novembre 2005 - 16 janvier 2006, Adiamos 89, Musée-Abbaye Saint Germain d'Auxerre, 2005, (ISBN 2-909418-26-X)[10].
  • Jacques Lethève, La caricature et la presse sous la IIIe République, Armand Colin, Paris, 1961. Dans la collection Kiosque.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Grandjouan, catalogue de l'exposition nantaise de 1998, pages 105.
  2. Yves Rochcongar, "Capitaines d'industrie à Nantes au XIXe siècle", éditions MeMo , Nantes, 2003
  3. Solo, Dico Solo (Plus de 5 000 dessinateurs de presse et 600 supports en France de Daumier à nos jours), éditions Aedis, Vichy 2004. Notice Grandjouan
  4. Élisabeth & Michel Dixmier, L'Assiette au Beurre, François Maspero, Paris 1974.
  5. Notice "Jules Grandjouan", dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, rédigée par Jean Maitron
  6. Journal Le Temps, 13 mai 1924, site Gallica de la BNF
  7. Cf. Christian Henrisey, Postiers en grèves 1906-1909, CE PTT sud-est, Paris, 1995 : en page 198, les cinq futurs timbres.
  8. Éric Lhommeau et Karen Roberts, Guide du cimetière de la Bouteillerie Nantes, Nantes, Le Veilleur de nuit,‎ 2009, 88 p. (ISBN 978-2-9528652-5-8), p. 24.
  9. Ouvrage collectif, sous la direction de Fabienne Dumont, Marie-Hélène Jouzeau et Joël Moris.
  10. Institut international d'histoire sociale - notice.

Liens externes[modifier | modifier le code]