Jules Grün

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Jules Grün

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Jules Grün vers 1904

Nom de naissance Jules-Alexandre Grün
Naissance 26 mai 1868
Paris
Décès 24 janvier 1938
Neuilly-sur-Seine
Maîtres Jean-Baptiste Lavastre
Antoine Guillemet

Œuvres réputées

Un vendredi au Salon des Artistes français (1911), musée des beaux-arts de Rouen.

Jules Grün[1], né à Paris 4e le 26 mai 1868[2], et mort le 24 janvier 1938 à Neuilly-sur-Seine, est un peintre, illustrateur et affichiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un vendredi au Salon des Artistes français (1911), musée des beaux-arts de Rouen.

Jules Grün est un élève de Jean-Baptiste Lavastre, peintre-décorateur de l'Opéra de Paris, et du peintre paysagiste Antoine Guillemet. Ses thèmes de prédilection sont les natures mortes (bassines et fontaines de cuivre dans le goût de Chardin), les portraits et les scènes de la vie parisienne. En 1881, Rodolphe Salis ouvre le Cabaret du Chat noir au 84 boulevard Rochechouart, à proximité immédiate du magasin de brocante de sa mère Mathilde Grün (sis au no 86). Fasciné par les soirées de théâtre d'ombres, le jeune Jules Grün devient naturellement l'auteur de piécettes pour La Corneille (108 boulevard Rochechouart) ou Le Décadent's Concert (16 bis rue Fontaine).

À la suite de sa rencontre, en 1890, avec Léon Xanrof, il débute une carrière d'illustrateur qui l'amènera au dessin satirique pour la presse. La même année, il signe également sa première affiche pour le comique troupier Polin. De 1890 à 1931, il en dessinera environ 135. S'il travaille pour l'Imprimerie Chaix, dirigée par son ami Jules Chéret, son style se distingue de ce maître de l'affiche par le recours à l'opposition franche des noirs et des blancs avivés par le rouge en saillie. Citons ses placards publicitaires pour les fêtes (La Vachalcade de 1897), les music-halls (Moulin rouge, Au Violon. Café Riche), et les cafés-concerts montmartrois comme Le Carillon ou Le tréteau de Tabarin puis touristiques, avec Les chemins de fer de l'Ouest. Paris Londres[3].

Le point d'orgue de son œuvre peint est la commande reçue en 1909 du sous-secrétaire d'État aux beaux-arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, pour célébrer en 1911 le 30e anniversaire du Salon des artistes français. L'audace de l'ample composition et la virtuosité du pinceau du tableau Un vendredi au Salon des artistes français restituent bien plus que la vanité d'un soir de vernissage mondain réputé lancer la saison des soirées printanières et offrir l'occasion de montrer ses toilettes à la page. Cent quatre personnalités de l'époque y sont reconnaissables, dont les peintres Henri Harpignies, Fernand Cormon, Léon Bonnat ou Charles Léandre ; l'architecte Victor Laloux ; la chanteuse Yvette Guilbert ; le compositeur Gabriel Fauré ; le caricaturiste Sem ou les comédiennes Geneviève Lantelme et Renée Maupin.

Le 12 avril 1904, Jules Grün épouse Marie-Juliette Toutain (1877-1948)[4] à l'église Saint-Louis des Invalides.

En 1920, 1921 et 1927, Jules Grün expose en Argentine, à la galerie Witcomb de Buenos Aires. Très attachée à son œuvre, cette galerie lui consacre une exposition rétrospective posthume en 1948.

De 1898 à son décès, Jules Grün est membre de la Société artistique et littéraire Cornet, créée au Cabaret de l’Âne rouge par Bertrand Millanvoye, Paul Delmet, Albert Michaut et Georges Courteline. Sa caricature en chat d'un membre du Cornet : l'artiste peintre et philanthrope Léon Huber, paraît dans la revue du Cornet en juin 1908[5].

Dès 1934, Jules Grün souffre de la maladie de Parkinson. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît Noël, Véronique Herbaut, Jules Grün, trublion de Montmartre, seigneur du Breuil-en-Auge, Sainte-Marguerite-des-Loges, Éditions BVR, 2012.

Document utilisé pour la rédaction de l’article * Alain Weill et Israël Perry, Les affiches de Grün, New York, Queen Art Publishers Inc., 2005.

  • Jules Grün, no 15 de la série Drogues et Peintures, éditée par les laboratoires Chantereau, vers 1935.
  • Paul Duverney, « A Chat with Grün » [Une causerie avec Grün], interview parue dans la revue The Poster – Illustrated Monthly Chronicle, Londres, Ransom, Woestyn & Co., Volume 2, Issue 9, March 1899.
  • Jules Grün, « Nos collaborateurs », article paru dans le journal Le Courrier français, 23 janvier 1898.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Né Jules-Alexandre Grün.
  2. Archives de Paris, état civil, acte de naissance n° 4/1524/1868 (acte du 28 mai, précisant « né avant-hier »). Mention marginale : mariage en 1904 avec Marie Juliette Toutain
  3. Trois affiches furent reproduites dans la revue Les maîtres de l'affiche (1895-1900).
  4. Native de Trouville-sur-Mer, Juliette Toutain est la fille de Marie-Théodorine-Justine Poret, factrice de pianos et de Jules-Onézime Toutain qui finira sa carrière Trésorier général des Invalides de la Marine. Elle obtient en 1896 un premier prix de piano au Conservatoire national de musique (classe de Pugno) où elle est entrée en 1891. Il sera suivi de celui d’accompagnement (classe de Vidal), d’orgue (classe de Guilmant), d’harmonie (classe de Chapuis) et de composition (classe de Gabriel Fauré). Par la suite, elle mènera une solide carrière de pianiste, d’organiste et de compositrice. Elle signe notamment la musique du film muet L’Enfant prodigue de Georges Berr (1908).
  5. Illustration de la biographie de Charles Huber par Félix Courtois, parue dans Le Cornet, juin 1908, page 2.

Liens externes[modifier | modifier le code]