Jules-Auguste Lemire

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Jules-Auguste Lemire
Image illustrative de l'article Jules-Auguste Lemire
Fonctions
Député du Nord (1898-1928)
Gouvernement Troisième République
Groupe politique Non-inscrit (1893-1919)
RDG (1919-1924)
GR (1924-1928)
Biographie
Date de naissance 23 avril 1853
Date de décès 7 mars 1928 (à 74 ans)
Religion Catholique
Résidence Nord

Jules-Auguste Lemire (né le 23 avril 1853 à Vieux-Berquin et mort le 7 mars 1928 à Hazebrouck), connu sous le nom d'abbé Lemire, est un ecclésiastique et homme politique français, député du Nord de 1893 à 1928.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né le 23 avril 1853 à Vieux-Berquin, un petit village à proximité d'Hazebrouck où ses parents exploitaient une modeste ferme de 14 hectares. Il a eu deux sœurs et deux frères. Sa mère meurt alors qu'il n'a que huit ans. Élevé par ses tantes cultivatrices, il obtient son baccalauréat en 1872. Prêtre en 1878, il est nommé à Hazebrouck ; il apprend rapidement le flamand qu'on ne parle pas dans son village d'origine. Au collège Saint-François-d’Assise, sous la direction de Jacques Dehaene, il enseigne le latin, le grec, la philosophie, la poésie. Dès septembre 1892, il sera à l'origine de la fondation de l'Institution Saint-Jacques dont la construction sera terminée en 1893.

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Le jeune professeur Jules-Auguste Lemire, influencé par la lecture de L'Univers, et du cardinal Pie, commence par suivre le prétendant au trône, le comte de Chambord. Il collabore même au journal légitimiste local l'Écho de la Flandre. Après la trentaine, il aspire à une réconciliation de l'Église et des classes populaires, selon les idées d'un modèle de catholicisme social instauré par le cardinal Manning sur lequel il écrit un essai. En fin de compte, il est tout à fait en accord sur ce plan avec la doctrine officielle de l'Église, qui sur l'invitation pressante du cardinal Lavigerie conduit à une reconnaissance par les catholiques, royalistes par tradition, de la République naissante. Il est en outre très probable qu'il ait aussi été inspiré par l'encyclique Rerum Novarum et, dans une moindre mesure, par Albert de Mun à une époque où le catholicisme social entend faire obstacle au socialisme matérialiste.

Il apparaît d'abord auprès des autorités ecclésiastiques comme l'une des figures marquantes de la démocratie chrétienne. Jusqu'au congrès de Bourges de 1900, il est élu député sans rencontrer d'opposition catholique en 1893 et 1898. Partisan de la politique de Waldeck-Rousseau, et bien qu'opposé à celle de Combes, il est favorable à la loi de séparation de 1905, tout en désapprouvant la manière forte. Sa situation près de sa hiérarchie devient de ce fait de plus en plus difficile. Il est pourtant réélu en 1902 et 1906. Pour la première fois en 1910, il est élu avec les voix des républicains contre un concurrent catholique. L'évêque de Lille, Mgr Charost, lui ayant interdit toute nouvelle candidature, il est frappé de suspense lorsqu'il se représente en 1914, réélu pour la sixième fois. Trois semaines plus tard, il n'en est pas moins élu maire d'Hazebrouck. Le pape Benoît XV lèvera la sanction dès 1916.

Pour sa conduite pendant la guerre, il est fait chevalier de la Légion d'honneur et chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique. Il adhère au groupe de la Gauche radicale en 1924, il demeure maire d'Hazebrouck et député du Nord jusqu'à sa mort le 7 mars 1928, des suites d’une congestion pulmonaire.

Militant contre la peine de mort, il conduit par exemple une pétition pour la grâce de l'anarchiste Vaillant qui, le 9 décembre 1893, l'avait blessé en lançant une bombe dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, il lutte aussi pour la limitation du temps de travail à onze heures par jour, la réglementation du travail de nuit des femmes et des enfants, pour le repos hebdomadaire, les allocations familiales, contre le cumul des mandats des élus...

Cet esprit brillant a fondé et publié un journal, Le Cri des Flandres.

Les jardins ouvriers[modifier | modifier le code]

Rue Abbé-Lemire, fondateur des jardins ouvriers, à Caluire-et-Cuire.

L'abbé Lemire fut à l'origine du développement en France des jardins ouvriers ; il fonda en 1896 la Ligue française du Coin de Terre et du Foyer, dont est issue la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs.

En 1996, pour célébrer le 100e anniversaire des jardins ouvriers, une rose Abbé-Lemire, qu'on peut admirer dans les jardins de l'Élysée et au jardin botanique de Monaco, est créée.

Mémoire de l'abbé Lemire[modifier | modifier le code]

L'association Mémoire de l'abbé Lemire « a pour but de pérenniser le souvenir de l’abbé Lemire, de son œuvre sur le plan communal, national et international par tous les moyens de communications » (statuts de l'association).

Elle propose notamment des visites commentées de la maison de l'abbé à Hazebrouck.

Son grand projet actuel vise la publication les cahiers de l'abbé Lemire, de 1893, jusqu'à sa mort en 1928. Elle espère parvenir à les éditer en 2013.

Musée[modifier | modifier le code]

Musée de l'Abbé Lemire d'Hazebrouck

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Principaux ouvrages de l'abbé Lemire

L'Abbé Dehaene et la Flandre, Lille, Deman, 1891.

Le Cardinal Manning et son action sociale, Paris, Lecoffre, 1893.

Sur l'abbé Lemire

  • Jean-Marie Mayeur, L'Abbé Lemire, 1853-1928, un prêtre démocrate, éditions Casterman (collection religion et sociétés), 1968, 698 pages (thèse de doctorat).
  • Lucien Suel, La Justification de l'abbé Lemire, éd. Mihaly, 1998 (poésie).
  • Le fonds d'archives Lemire-Arbelet est conservé aux archives municipales de Hazebrouck.
  • L'Abbé Lemire, Jean-Pascal Vanhove, préface de Martin Hirsch, Marais du Livre éditions (2013)
  • Marguerite Yourcenar évoque la figure de l'abbé Lemire dans ses mémoires, volume Quoi ? L'Éternité, chapitre La terre qui tremble, 1916-1918, p. 1397-1402, collection de la Pléiade, Gallimard,1991.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]