Jules-Antoine Taschereau

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Caricature de Jules Taschereau par Cham

Jules-Antoine Taschereau (19 janvier 1801, Tours - 10 novembre 1874, Paris) est un érudit et un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant en droit à Paris, il collabora au Courrier français, à la Revue de Paris, et à La Revue française. Il s'était acquis une certaine réputation comme publiciste, lorsque l'édition qu'il donna des Œuvres complètes de Molière (1823-1824), celle des Œuvres de Boufflers (1827), celle de la Correspondance littéraire de Grimm et de Diderot (1829-1830), et son Histoire de la vie et des ouvrages de Corneille (1829), lui valurent un rang distingué parmi les érudits. Ses relations avec Armand Carrel et les chefs du parti libéral arrivés au pouvoir en 1830, ne furent pas inutiles à sa fortune.

Secrétaire général de la préfecture de la Seine au lendemain de la révolution de juillet, puis maître des requêtes au conseil d'État, il se sépara du gouvernement en 1831, quitta ses fonctions administratives pour briguer, comme candidat indépendant, la députation dans le 4e collège d'Indre-et-Loire (Chinon), et échoua, le 15 novembre 1832 face à Piscatory et Lafond, médecin; il s'agissait de remplacer Amédée Girod de l'Ain, nommé pair de France. Taschereau se mêla alors, dans la presse, aux luttes de l'opposition libérale, tout en continuant ses travaux d'érudition. Il édita (1833-34) avec Louis Monmerqué, les Historiettes de Tallemant des Réaux, et fonda la Revue rétrospective, vaste recueil historique formé de mémoires et de documents inédits. Après avoir échoué une seconde fois, le 21 juin 1834, dans la même circonscription face à Piscatory, député sortant, et Ravez, il réussit à entrer à la Chambre, le 2 mars 1839, comme député du 3e collège d'Indre-et-Loire (Loches).

Il vota généralement avec l'opposition modérée. En 1842, il épousa en avril une irlandaise, fille d'un brasseur ruiné par le blocus continental, Henriette Darley (Dublin, 1823-Paris, 1870) ; l'état de ses affaires ne lui permettant plus de payer le cens exigé par la loi électorale, il renonça à se représenter à l'élection de juillet. Il reprit alors sa plume de journaliste, écrivit dans le Siècle et dans l'Illustration, et mena de vives campagnes contre Émile de Girardin, protégé de Guizot. Après la révolution de février 1848, Taschereau reprit la publication de sa Revue rétrospective. Il y fit paraître, sous le titre de Déclarations faites par *** devant le ministre de l'Intérieur, une sorte de dénonciation ou de rapport de police contre les sociétés secrètes, qui fit beaucoup de bruit et que l'on attribua à Blanqui; celui-ci protesta énergiquement et accusa de faux Taschereau, qui riposta par un procès en diffamation. Une enquête fut ouverte, qui n'aboutit à aucun résultat positif, l'original de la pièce n'ayant pu être produit.

Le 23 avril 1848, Taschereau fut élu, le 5e sur 8, par 47,310 voix, représentant d'Indre-et-Loire à l'Assemblée constituante. Il siégea à droite, et opina avec, les conservateurs, pour le rétablissement du cautionnement et de la contrainte par corps, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, contre l'abolition de la peine de mort, contre l'amendement Grévy, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac, pour la proposition Rateau, contre l'amnistie, pour l'interdiction des clubs, pour les crédits de l'expédition romaine.

Réélu, le 13 mai 1849, représentant du même département à l'Assemblée législative, il se rallia de plus en plus aux conservateurs, attaqua avec beaucoup de vivacité à plusieurs reprises le parti démocratique, opina pour la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, pour la loi sur le suffrage universel, et, bien qu'il eût soutenu naguère la candidature du général Cavaignac à la présidence de la République, adhéra pleinement à la politique de l'Élysée. Partisan du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut nommé par Louis-Napoléon Bonaparte administrateur-adjoint à la Bibliothèque nationale de France, et chargé des catalogues (24 janvier 1852). En 1858, il succéda à Joseph Naudet comme administrateur général de la Bibliothèque impériale réorganisée. Il poursuivit la publication du Catalogue des imprimés et exerça ses fonctions jusqu'au 10 septembre 1874, époque de sa mise à la retraite, sur sa demande. Il mourut le 10 novembre 1874, des suites d'une attaque de paralysie.

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