Judicaël (saint)

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Saint Judicaël
Image illustrative de l'article Judicaël (saint)
Statue de saint Judicaël
(Abbatiale Notre-Dame de Paimpont)
Naissance c. 590
Décès c. 652 
Gaël
Vénéré à Paimpont (Ille-et-Vilaine)
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 17 décembre

Judicaël (né vers 590 - mort le 16 ou 17 décembre 647/652) est un saint breton. Fils du roi Judhaël de Domnonée et de la reine Pritelle, il est roi de Domnonée au VIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit vers l'an 590. Fils aîné de Judaël ou Judhaël, roi de Domnonée et de la reine Prizel, fille d'Ausoch, comte du Léon. Il était l'aîné de quinze frères[1] et de cinq sœurs[2] dont plusieurs font partie de la longue liste des saints bretons Josse et saint Guinien (saint Guinian ou saint Vignen) [3].

À la mort de Judaël vers 605, pourtant aîné et héritier, il préfère se retirer au monastère Saint-Jean de Gaël que Saint Méen venait d'ériger à la suite de l'usurpation de l'un de ses puînés Haëloc poussé par son « gouverneur » (latin nutritius) nommé Rethwal [4].

La mort en 615 d'Haëloc, converti par Maclou en 610, lui permet d'occuper le trône. Judicaël quitte alors son monastère pour prendre la direction du royaume de Domnonée. Pendant vingt ans, il gouverna le royaume avec autorité et sagesse. Après s'être marié à Morone vers 630.

L'évêque Ouen de Rouen dans sa vita d'Eloi de Noyon et le pseudo Frédégaire dans sa « Chronique » relatent qu'en 635/636 sous le règne de Dagobert Ier, les bretons agressaient les frontières des Francs. Menacé de l'intervention de l'armée de Bourgogne qui venait de vaincre les basques de la Soule, leur roi Judicaël accepte de venir rencontrer le roi dans sa villa de Clichy. Judicaël échange des présents avec Dagobert reconnait sa suzeraineté et conclut la paix mais comme il était « un homme très religieux et avait une grande crainte de Dieu », effrayé par la licence qui règne à la cour royale, il refuse son hospitalité et préfère se rendre à la résidence du « référendaire » Dado le futur Saint Éloi qu'il savait « respectueux de la religion  » [5]

Vers 642, Judicaël se serait de nouveau retiré au monastère de Gaël, certains disent au monastère de Paimpont qu'il avait fondé. Il laisse le trône à son frère Judoc (ou Josse). Ce dernier ayant embrassé à son tour la vie monastique on ignore qui occupe le trône et son héritage semble avoir été partagé[6]. Judicaël serait mort dans la nuit du dimanche 16 au /652. Il fut enseveli à côté de son maître saint Méen.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses héritiers naturels : Judoc son frère et Winoc (de façon chronologiquement plus vraisemblable, son fils ou neveu) s'étant eux aussi définitivement désistés du pouvoir pour se retirer dans des monastères, on ne sait pas qui prit ensuite la tête du royaume de Domnonée.

Dans un acte du Cartulaire de Redon de 869 une noble dame Roiantdreh, disposant d'un important patrimoine foncier, veuve et après la mort de son fils Ewen, adopte et institue comme héritier le roi Salomon de Bretagne. À la fin de l'acte elle détaille sa lignée paternelle sur huit générations: « Jedechael genuit Urbien, Urbien genuit Judon, Judon genuit Custentin, Custentin genuit Argant, Argant genuit Judwal, Judwal genuit Louenan , Louenan genuit Roiantdreh  ». Certains historiens dont encore récemment Alan J. Raude estiment que du fait de la présence de noms issus de la famille des prince de Domnomée dans cette généalogie (Judon, Judwal, Urbien, Jedechael...), l'ancêtre de Roiantrdreh est le roi Judicaël du début du VIIe siècle[7]. Arthur de la Borderie en doutait déjà en son temps du fait de l'absence de mention du « double titre de roi et de saint » encore présent dans toute les mémoires selon lui au IXe siècle, de Judicaël dans le document[8]

Dom Morice interprétant sur une vita du roi Judicaël rédigée au XIe siècle par le moine Ingomar dans laquelle ce dernier précise que « tous les princes qui ont régné en Bretagne depuis Judicaël étaient issus de ce roi » en fait un ancêtre d'un pseudo « Erispoë comte de Rennes et de la race des anciens rois de Bretagne » qu'il désigne comme le père de Nominoë[9] !

Légende[modifier | modifier le code]

Alain Bouchart en 1514 dans ses « Grandes Chroniques », complète la liste des « Rois de Bretagne » dont l'origine remonte à Geoffroi de Monmouth en y incluant dans la descendance de Conan Mériadec un 10e roi à qui il attribue le nom du roi historique de Domnonée; Judicaël. Ce personnage fictif sera maintenu au XVIIIe siècle par Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois dans ses travaux.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eoc, Eumaël, Judoc dit Josse, Doëthwal, Worhaël, Largaël, Riwas, Riwal, Judworet, Haëloc, Judon, Winnoc ou Wenoc, Wenian ou Guinian, Judaël, posthume
  2. Urielle, Onenna, Bredwen, Cléor, Prwst
  3. http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Guinien
  4. Arthur de la Borderie Histoire de Bretagne Joseph Floch, imprimeur éditeur à Moayenne 1975, Tome premier p. 470
  5. Frédégaire « Chronique des Temps mérovingiens » Brepols, Turnhout Belgique 2001, (ISBN 2503511511) Année 635 p. 179
  6. Arthur de la Borderie op.cit p. 488
  7. L'origine géographique des Bretons armoricains Dalc'homp Sonj 1996 p. 69
  8. Arthur de la Borderie Histoire de Bretagne Tome premier p. 488-189 et note n° 4.
  9. Histoire ecclésiastique et civile de la Bretagne Origine de Nominoë: volume I, note XXXVIII c-966-967

Sources[modifier | modifier le code]

  • Arthur de la Borderie Histoire de Bretagne Joseph Floch, imprimeur éditeur à Mayenne 1975, Tome premier p. 470-489

Pour les relations avec le roi Dagobert Ier et Saint Éloi:

Liens externes[modifier | modifier le code]

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