Județ de Constanța

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44° 16′ N 28° 19′ E / 44.27, 28.31

Județ de Constanța
Blason de Județ de Constanța
Héraldique
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région StemaDobrogea.jpg Dobrogée
Chef-lieu Flag of Constanța.svg Constanța
Code ISO RO-CT
Indicatif (+40) x41
Démographie
Population 718 330 hab. (2007)
Densité 102 hab./km2
Géographie
Superficie 707 100 ha = 7 071 km2
Localisation
Localisation du județ au sein de la Roumanie
Localisation du județ au sein de la Roumanie
Liens
Conseil du județ http://www.prefectura-ct.ro/
Préfecture http://www.prefectura-ct.ro/

Constanța est un județ de Roumanie en Dobrogée, au bord de la Mer Noire. Son chef-lieu est Constanța. Le județ possède une frontière avec la Bulgarie au sud.

Le județ de Constanța en 2010[1].

Liste des municipalités, villes et communes[modifier | modifier le code]

Municipalités[modifier | modifier le code]

(population en 2007[2])

Villes[modifier | modifier le code]

(population en 2007)

Communes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le département de Constanța a été formé lorsque la Dobrogée (Dobrogée dans les documents français anciens, mais Dobrogea en roumain et Dobroudja en bulgare, occupée par les Turcs depuis 1421) a été rattachée à la Roumanie en 1878. De 1916 à 1918, il a été sous occupation bulgare, la Roumanie étant alors alliée de la France et de la Grande-Bretagne, tandis que la Bulgarie, qui revendiquait aussi la Dobrogée, s'était jointe aux puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie, Turquie). En 1949, il a été supprimé et intégré à la région de Constanța qui groupait plusieurs des anciens départements. Il a été rétabli en 1971 dans ses limites actuelles.

Très rural sous le régime turc, qui avait toutefois fait construire par les Britanniques une voie ferrée de Cernavodă à Constanța en 1865, il a été l'objet d'un développement surtout agricole depuis 1878, avec un début d'industrialisation à Constanța. Celle-ci s'est accentuée après 1930. Dans les années 1949-1954 et 1975-1989, le régime communiste a donné, comme ailleurs, la priorité à l'industrie lourde, développant les chantiers navals de Constanța et Mangalia.

Depuis 1989, le département de Constanța se développe cette fois sur le plan qualitatif et c'est l'un de ceux où le PIB par habitant est le plus élevé en Roumanie.

Au travers des différentes dominations successives, les Constantains ont toujours su garder intactes leurs traditions de tolérance religieuse et culturelle entre musulmans, chrétiens orthodoxes ou d'autres confessions, entre Roumains, Grecs, Turcs, Tatars, Aroumains, Arméniens, Juifs, Rôms, Circassiens, Bulgares, Lipovènes et bien d'autres[3].

Géographie et économie[modifier | modifier le code]

La côte de la Mer Noire entre Tuzla et Costinești.
La Mer Noire gelée en hiver, à Constanța.

Le département de Constanța est limité à l'ouest par le Danube, au nord par le département de Tulcea, à l'est par la Mer Noire, et au sud par la Bulgarie, avec une superficie de 7 071 km2. Son altitude moyenne est de 70m et il culmine à 235m au Dealul Crucii ("colline de la Croix"). C'est un plateau lœssique vallonné, du quaternaire, déposé sur un substrat calcaire allant du Crétacé au Miocène, avec un petit affleurement de l'Éocène à Ion-Corvin ; dans le nord du département, ce sont des grès siluriens qui affleurent sur les hauteurs. Les substrats situés sous le lœss, sont également visibles aux pieds des falaises de la Mer Noire. Un peu à l'ouest de Mangalia se trouve la grotte inondée de Movile, totalement isolée du monde extérieur depuis (peut-être) un demi-million d'années, et abritant une faune endémique d'invertébrés, unique au monde.

Le climat est continental atténué d'influences méditerranéennes l'été, avec des étés plus secs qu'ailleurs en Roumanie et donc des rivières (Oltina, Urhaia, Pestera, Tibrinu, Topologu...) et de fleuves (Alba, Casimcea) qui connaissent un étiage estival. Le maximum des cours d'eau a lieu en février-mars, lors de la fonte des neiges. La pluviométrie, faible, est très inégale : il neige rarement en hiver (alors que la neige est abondante dans le reste du pays) et les orages d'été sont plus rares qu'ailleurs ; les précipitations, alors violentes, tombent surtout en automne et au printemps. La mer Noire, moitié moins salée que la Méditerranée (en moyenne 16 g de sel par litre), peut geler certains hivers le long du littoral. Certains printemps et automnes, lorsque l'air se refroidit alors que la mer reste chaude, une intense condensation et évaporation produit des brouillards côtiers.

La population locale compte 720.000 habitants mais dépasse très largement le million de juin à septembre en raison de l'afflux touristique, ce qui contribue au développement économique mais crée des nuisances en termes de circulation, de pollution et de niveau de vie (inflation). Plus de la moitié de cette population vit sur la côte, dont environ 450.000 dans les agglomérations de Constanța et Mangalia (qui sont aussi les plus anciennes villes, âgées de 2600 ans).

L'économie fonctionne sur trois piliers : le tourisme estival, l'industrie de transformation et d'appareillage (notamment navale) et les services (commerce international). L'agriculture et la pêche, jadis très importantes (avec notamment l'élevage ovin, entre autres de mérinos, et la pêche de l'alose pontique Alosa caspia) ont fortement décliné, la première en raison de la concurrence surtout turque, la seconde en raison de la surpêche, de la pollution, de l'épuisement des stocks. Seule subsiste la viticulture, en particulier autour de l'A.O.C. de Murfatlar. Du point de vue industriel, le département de Constanța comporte plusieurs héritages du régime communiste : une raffinerie géante à Năvodari (Petromidia), une centrale nucléaire à Cernavodă (sous licence canadienne), un immense port surdimensionné à Constanța (le deuxième en Europe derrière Rotterdam, en termes de longueur de quais) et un canal navigable reliant le Danube à la Mer Noire (qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de prisonniers politiques et reste largement sous-utilisé, d'autant que le Danube rejoint de toute façon la Mer Noire dans le département voisin, celui de Tulcea[4]) ; ces équipements surdimensionnés et sous-utilisés ont eu des effets secondaires négatifs sur les nappes phréatiques et l'environnement.

Par sa position sur la rive droite et au sud du bas-Danube, le département de Constanța fait partie de la péninsule des Balkans.

Culture[modifier | modifier le code]

Le județ de Constanța est, avec ceux d'Ilfov (où se trouve Bucarest), de Sibiu et de Iași, l'un de ceux qui ont le plus de monuments, de musées, de festivals en Roumanie. Le grand nombre de monuments historiques remontant à l'antiquité ou religieux (monastères orthodoxes), une tradition artistique (la côte a toujours attiré les créateurs, notamment des peintres) et l'afflux de jeunes touristes (propice aux festivals d'été) n'y sont pas pour rien. Les festivités maritimes d'été, perpétuant les traditions de pêche et de marine, font également partie des spécificités de la région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. D'après Harta generală a județelor RSR, 1980, domaine public (époque communiste), actualisée, corrigée et redessinée par S.I.Cepleanu en 2010.
  2. Population des villes du judet sur le site de l'Institut National de Statistiques de Roumanie
  3. Voir : Communauté ethnique (Roumanie).
  4. Victor Frunză, Histoire du Communisme en Roumanie, E.V.F., Bucarest, 1999, ISBN 973-9120-05-9, pp. 340-355.