Juan de Borbón y Battenberg

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Juan de Borbón
comte de Barcelone
Image illustrative de l'article Juan de Borbón y Battenberg
Juan de Borbón, comte de Barcelone
Succession(s)
Prétendant au trône
28 avril 1941 - 1er avril 1993
(&&&&&&&&&&01896651 ans, 11 mois et 3 jours)
Titres Infant d'Espagne
Prince des Asturies
Comte de Barcelone
Dynastie Maison de Bourbon
Couronne Espagne
Biographie
Date de naissance 20 juin 1913
Lieu de naissance Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg San Ildefonso (Espagne)
Date de décès 1er avril 1993 (à 79 ans)
Lieu de décès Flag of Spain.svg Pampelune (Espagne)
Père Alphonse XIII
Mère Victoire Eugénie de Battenberg
Conjoint(s) María de las Mercedes de Borbón-Sicilias
Enfants Infante Pilar de Borbón, duchesse de Badajoz
Prince Juan Carlos de Borbón, prince d'Espagne Red crown.png
Infante Margarita de Borbón, duchesse de Soria et d'Hernani
Infant Alfonso de Borbón
Héritier Prince Juan Carlos, prince d'Espagne
link=PrédécesseurAlphonse XIII, roi d'Espagne Prédécesseur
Alphonse XIII, roi d'Espagne
Successeur
Juan Carlos Ier, roi d'Espagne
link=SuccesseurJuan Carlos Ier, roi d'Espagne

Image illustrative de l'article Juan de Borbón y Battenberg


Le prince Juan Carlos Teresa Silvestre Alfonso de Borbón (en français : Jean de Bourbon), prince des Asturies puis comte de Barcelone, est né au palais royal de la Granja de San Ildefonso, près de Ségovie, en Espagne, le 20 juin 1913, et est décédé à Pampelune le 1er avril 1993. Père du souverain espagnol actuel Juan Carlos Ier, il a été prétendant au trône d'Espagne sous le nom de « Juan III ».

Sommaire

[modifier] Famille

Le prince Juan est le troisième fils et l'avant-dernier enfant du roi Alphonse XIII d'Espagne (1886-1941) et de son épouse la princesse anglo-hessoise Victoire Eugénie de Battenberg (1887-1969). Il appartient donc à la branche « alphonsiste » de la famille royale d'Espagne.

Le 12 octobre 1935, il épouse à Rome la princesse María de las Mercedes de Borbón, sa cousine, elle-même fille de l'infant Charles de Bourbon-Siciles (1870-1949) et de sa seconde épouse, la princesse française Louise d'Orléans (1882-1958).

De ce mariage, naissent quatre enfants :

et une fille hors mariage en 1939

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse

Troisième fils du roi Alphonse XIII d'Espagne, l'infant Juan n'est d'abord nullement destiné à succéder à son père. Il reçoit donc une éducation soignée mais beaucoup plus simple que celle réservée à un héritier du trône. Il réalise ainsi ses études à Madrid avant d'intégrer l'école navale. La proclamation de la Seconde République espagnole en 1931 l'oblige à arrêter ses études et à partir en exil. Il obtient cependant du gouvernement britannique l'autorisation de poursuivre sa formation militaire au Royaume-Uni et intègre par la suite la Royal Navy. Il passe alors plusieurs années sur les mers et sert notamment dans le port de Bombay, en Inde.

[modifier] Héritier du trône

En 1933, la vie du prince Juan est totalement bouleversée et il doit interrompre brutalement sa carrière dans la marine. Cette année-là, les frères aînés du prince renoncent tour à tour à leurs droits à la couronne espagnole et à leur titre de prince des Asturies : Alphonse de Bourbon (1907-1938), l'infant hémophile, le fait pour épouser une roturière cubaine, Edelmira Sampedro y Robato (1906-1994), tandis que son frère Jacques Henri de Bourbon (1908-1975), l'infant sourd-muet, agit davantage sous la pression de son père. Du jour au lendemain, don Juan passe donc du statut de cadet à celui de futur chef de famille et participe activement aux actions des monarchistes « alphonsistes » aux côtés de son père.

Le 29 septembre 1936, le dernier prétendant carliste, Alphonse Charles de Bourbon (1849-1936), duc de San Jaime, trouve la mort dans un accident de la circulation à Vienne. Une partie des traditionalistes espagnols (ainsi que l'ensemble des légitimistes français) reconnaît dès lors Alphonse XIII comme l'unique roi légitime. Certains parmi les carlistes placent leurs espoirs dans la personne du prince des Asturies plutôt qu'en celle de son père, dont le règne est jugé trop libéral.

La position de don Juan en tant que chef de famille est encore confortée le 15 janvier 1941, lorsque le roi Alphonse XIII abdique officiellement en sa faveur, et le 28 février suivant, quand celui-ci décède. Quelques semaines plus tard, le 8 mars 1941, le prince abandonne officiellement son titre de prince des Asturies et se proclame « comte de Barcelone » pour marquer son nouveau statut de prétendant au trône.

[modifier] Don Juan et l'Espagne franquiste

Durant la Guerre Civile espagnole, don Juan tente à plusieurs reprises d'intégrer l'armée nationaliste pour lutter contre la République. Mais, en Espagne, tous les partisans du soulèvement militaire (et en particulier la Phalange) ne le soutiennent pas et le général Francisco Franco lui refuse l'autorisation de participer au combat. Arrivé dans son pays d'origine sous la fausse identité de « Juan Lopez » en 1936, il est ainsi arrêté dans la localité d'Aranda de Duero puis expulsé. Malgré tout, les relations du prince (et de son père) avec les autorités nationalistes restent cordiales et les Bourbons d'Espagne sont alors persuadés que la victoire du général Franco amènera la restauration monarchique.

Cependant, la fin du conflit en 1939 ne débouche pas sur le retour du souverain déchu et Alphonse XIII et sa famille restent condamnés à l'exil. La dictature du général Franco s'installe et les relations du général avec le nouveau prétendant se dégradent pendant la Seconde Guerre mondiale. À partir de 1943, le comte de Barcelone se présente de plus en plus ouvertement comme le représentant d'une monarchie démocratique, opposée au fascisme et à la dictature. Cherchant à recevoir l'appui des Britanniques et des Américains -qui envisagent quelque temps d'envahir l'Espagne- don Juan fait connaître publiquement ses idées libérales en publiant un Manifeste aux Espagnols en 1945. Malheureusement pour le prétendant, les Anglo-Saxons abandonnent rapidement l'idée de renverser le caudillo et don Juan doit se contenter d'incarner une certaine opposition au général Franco.

En 1946, le comte de Barcelone, son épouse et leurs enfants quittent la Suisse et s'installent à Estoril, au Portugal. De là, le prétendant est en contact étroit avec ses partisans espagnols et les puissances étrangères. À plusieurs reprises, il rencontre le général Franco mais ses entretiens avec le dictateur le convainquent que ce dernier n'a aucune intention d'abandonner le pouvoir.

[modifier] De prétendant à père de roi

Monument à la mémoire de don Juan de Borbón à Madrid.

En 1948, le « comte de Barcelone » autorise cependant son fils à partir étudier en Espagne et à y vivre sous la tutelle du dictateur. À première vue anodin, cet événement marque pourtant profondément l'avenir de l'Espagne et de la Maison de Bourbon. Pendant plusieurs années, le caudillo cherche en effet à façonner le jeune prince dans l'idéologie franquiste et à l'opposer à son père. En 1969, le général fait même officiellement de Juan Carlos son successeur et lui octroie le titre de « prince d'Espagne ». Entre le comte de Barcelone et son fils, l'amertume s'installe.

Pour parachever les dissensions au sein de la Maison royale, le prince Jacques Henri de Bourbon, frère aîné de don Juan, revient sur sa renonciation au trône le 6 décembre 1949. En 1963, celui-ci se déclare ainsi chef et souverain de l'ordre de la Toison d'or, en tant qu'héritier du trône d'Espagne, puis il prend, en 1964, le titre de « duc de Madrid », en tant que successeur de la branche carliste. En 1969, le prince renonce finalement à ses prétentions en faveur de Juan Carlos mais le mariage de son neveu, Alphonse de Bourbon (1936-1989), avec la petite-fille préférée du général Franco en 1972 ravive les craintes de dissensions au sein de la famille royale.

En 1975, la mort du général Franco fait du prince Juan Carlos le nouveau roi d'Espagne : entre le comte de Barcelone et son fils la rupture est alors très nette. Don Juan et son épouse rentrent malgré tout dans leur pays en 1976 et la comtesse de Barcelone joue les réconciliatrices entre son époux et son fils. Conscient que la couronne est pour lui inaccessible et que son fils est largement accepté par les milieux monarchistes, le comte de Barcelone renonce finalement à la couronne le 14 mai 1977.

En 1978, le comte de Barcelone est nommé amiral honoraire de l'Armée espagnole. Le 4 décembre 1988, il est promu au titre de capitaine général de l'Armée espagnole.

En 1980, le comte de Barcelone est diagnostiqué d'un cancer du larynx au Memorial Hospital de New York. Il meurt le 1er avril 1993 à la Clinique Universitaire de Navarre, à Pampelune. Son corps est inhumé au monastère de l'Escurial, avec les honneurs réservés aux souverains.

[modifier] Sources

[modifier] Bibliographie

  • Ricardo de la Cierva, Don Juan de Borbón: por fin toda la verdad, Fénix, Madrid, 1997.
  • Ismael Fuente, Don Juan de Borbón: hijo de rey, padre de rey, nunca rey, Prensa Ibérica, Barcelone, 1992.
  • Fernando González-Doria, Don Juan de Borbón: el padre del Rey, Editorial Mirasierra, Madrid, 1976.
  • Victor Salmador, Don Juan de Borbón: grandeza y servidumbre del deber, Planeta, Barcelone, 1976.
  • Luis Suárez, Don Juan. La defensa de la legitimidad, Ariel, 2007.
  • José María Zavala Chicharro, La maldición de los Borbones, Plaza & Janés, 2007.

[modifier] Liens externes

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