Juan Sánchez Cotán

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Nature morte au gibier, légumes et fruits, signé « Th. Sanchez cotan f./1602», Musée du Prado, Madrid, huile sur toile (69×89 cm).

Juan Sánchez Cotán, né à Orgaz (Tolède) le 25 juin 1560 et mort à Grenade le 8 septembre 1627 (à 67 ans), est un peintre espagnol, disciple de Blas de Prado (es) et influencé par des artistes qui ont travaillé sur l'Escurial comme Luca Cambiaso ou Juan Fernández Navarette.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sánchez Cotán a travaillé à Tolède, où il a eu une importante clientèle, jusqu'à ce qu’en 1603, il décide d'entrer comme un frère convers à la Chartreuse, l'un des ordres religieux les plus stricts, s'installant à Grenade jusqu'à sa mort le 8 Septembre 1627, fête de la Nativité de la Vierge. Antonio Palomino indique qu’il fait sa profession de foi, en 1604, le 8 septembre également.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'essentiel de son travail sont les peintures religieuses, un très grand nombre réalisées pour Chartreuse de Grenade. Il a aussi travaillé le portrait et le paysage, mais est célèbre pour ses natures mortes, notamment depuis l’exposition à Madrid, en 1935 Vases et natures mortes dans la peinture espagnole, qui permit de redécouvrir les natures mortes espagnoles[1]. Parmi les pièces exposées à cette occasion se trouvaient deux toiles de Sánchez Cotán : Nature morte au gibier, légumes et fruits (Musée du Prado) et Nature morte au chardon (Musée des beaux-arts de Grenade), qui devint l'« une des pierres angulaires de l'histoire de la nature morte en Espagne[2] ».

Les critiques — Cavestany Emilio Orozco — ont donné à l’austérité de ses compositions et leur sobriété, comme par la suite de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur leur distance avec les « natures mortes opulentes » de la peinture flamande, soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèles avec la littérature espagnole ascétique du siècle d’or[3] ». En revanche, Julian Gallego[4], tout en récupérant le langage allégorique des fleurs et des fruits, oppose la simplicité présumée de ces natures mortes, la valeur que ces viandes et fruits avaient en son temps et qui pourraient être considérés comme d’authentiques friandises, rappelant que Guzman de Alfarache avait « eu l'eau à la bouche » devant le tableau de « Monseigneur l’ Illustre cardinal », son maître romain :

« Il y avait la poire bergamote d’Aranjuez, la prune de ginovisca, le melon de Grenade, le citron de Séville, l’orange et le pamplemousse de Plasencia, le citron de Murcie, le concombre de Valence, les cannes îles, les aubergines de Tolède, les abricots d’Aragon, la pomme de terre de Málaga. Il y avait de la pomme, carotte, citrouille, confitures de mille façons et encore un nombre infini de différences qui me rendirent l'esprit agité et l’âme inquiète[5]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Javier Portus, « La collection de natures mortes espagnoles du Musée du Prado. Notes pour une histoire sans fin » dans L’imitation du vrai (2006), p. 41.
  2. Portús, p. 43.
  3. Portús, p. 44.
  4. Gallego, p. 196-197.
  5. Matteo Alemán, Guzman de Alfarache, livre III, chap. VII.

Liens externes[modifier | modifier le code]