Juan Mariano de Goyeneche y Gamio

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Juan Mariano de Goyeneche y Gamio (né le 4 février 1834 à Arequipa, Pérou - mort le 6 juillet 1924 à Saint-Sébastien, Espagne), comte de Guaqui, Grand d'Espagne de « Primera Clase », marquis de Villafuerte était un homme politique et diplomate péruvien de la seconde moitié du XIXe et du début du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Juan Mariano de Goyeneche est un membre d'une famille historique d'Espagne, originaire de la Navarre, propriétaire d'une exploitation agricole (finca[1]) dans la vice-royauté du Pérou à la fin du XVIIIe siècle et lié à la faction royaliste durant les guerres d'indépendances.

Lorsque, en 1821, le Pérou se déclare indépendant de sa métropole, les parents de Juan Mariano décident de ne pas retourner sur la péninsule et c'est là qu'il naît avec la nationalité péruvienne.

Il reçoit sa première éducation au collège séminariste de la ville blanche d'Arequipa, la complétant, à ses quatorze ans, en Espagne. D'abord à Madrid sous la direction de P. Ramón Escudero Sáez, et ensuite dans le collège de Vergara[2]. Il terminera son cursus d'études de jurisprudence à l'université centrale.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il retourne sur les terres de ses parents, il veut participer à la vie publique péruvienne étant élu député d'Arequipa au Congrès national, formant dans les rangs du parti conservateur (1860, 61, 64 et 71-76). Il apporta de grands services au Pérou durant la guerre contre le Chili.

En 1871 il reçoit la proposition de se présenter à la présidence de la République, proposition qu'il repoussera. À la prise en charge du gouvernement, Manuel Pardo[3] lui offre le portefeuille de l'Intérieur, qu'il décline également. Des années plus tard, en 1880, il lui offre le ministère des Relations extérieures, qu'il refusera encore. Durant sa gestion, il passe un accord très avantageux avec les créanciers du Pérou leur offrant l'exploitation directe du guano comme garantie de la dette et des nouveaux prêts qu'il consentiraient à octroyer au pays.

Représentant diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1877 il est nommé ministre plénipotentiaire à Paris et en 1880 à Madrid. On lui doit la signature du traité de paix et d'amitié avec l'Espagne qui mettra fin définitivement aux disputes existantes avec de nombreuses nations depuis la proclamation d'indépendance[4] en 1821. En 1887, il sera nommé ministre plénipotentiaire devant le Saint-Siège et en 1918 ambassadeur de Sa Sainteté le Pape.

Durant ses voyages en Europe il étudie toutes les avancées qui pourraient être appliquées ensuite au Pérou, prenant des notes qu'il faisait parvenir à Lima.

Autres charges[modifier | modifier le code]

La Croix de Santiago, emblème de l'ordre.

Il est nommé académicien à l'Academia Lauretana de Ciencias y Artes[5], président de la commission péruvienne de l'exposition universelle de 1878, délégué pour le Pérou dans le congrès postal de Paris et membre de l'union postale universelle.

En Espagne, Goyeneche est nommé Grand (Prócer en espagnol) du royaume et chevalier de l'ordre militaire de Santiago[6].

L'idéal qu'il poursuit tout au long de sa vie publique est d'arriver à une paix complète et solide entre l'Espagne et les républiques latino-américaines qui doivent leur origine à la formation d'une ligue insoluble et puissante qui a pour objet la protection mutuelle de leurs intérêts, tant moraux, de races et religions que matérielles, de commerce, d'industries et agricoles.

Le Pape Gregorio I Magno

Il est décoré, entre autres, des Grands Croix, de l'ordre royal de Charles III, du poncife San Gregorio Magno[7], Grand Dignitaire et Grand Croix de l'ordre Impérial de la Rosa du Brésil et de la Sol du Pérou.

Il épouse Doña Juana de la Puente y Risco, marquise de Villafuerte, dans le palais de l'archevêque de Lima, avec la bénédiction de son oncle José Sebastián de Goyeneche, ancien évêque d'Arequipa, archevêque de Lima et primat du Pérou.

Château de Javier.

Avec ses frères il apporte les fonds nécessaires pour la construction du superbe hôpital Goyeneche[8] d'Arequipa ainsi que pour la restauration du château de Javier[9] en Navarre ainsi que l'édification d'une basilique adossée à celui-ci et de constructions annexes. Il donne personnellement une image du Christ de 9 mètres qui couronnait le monument au Sacré-Cœur de Jésus de la butte de Los Angeles[10] qui sera dynamité par les miliciens marxistes durant l'été 1936.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une finca, également appelée en droit « fundo » ou « predio » est une propriété immuable qui se compose d'une partie délimitée de terrain. La délimitation, appelée « linde », peut être physique, au travers d'une clôture, bornes ou tout autre système, ou simplement juridique, au travers d'un acte de propriété.
  2. La Noble et Loyale ville de Vergara (en basque et officiellement Bergara) est une municipalité de la province du Guipuscoa au Pays basque (Espagne), appartenant à la comarque de Debagoiena.
  3. Manuel Pardo y Lavalle (Lima 1834 - 1878) était un homme politique péruvien qui occupa la présidence du Pérou dans la période constitutionnelle de 1872 à 1876 comme candidat du "Partido Civil", par le fondé.
  4. La guerre d’indépendance du Pérou, qui se déroula de 1820 à 1824 et qui se termina par la bataille d’Ayacucho le 9 décembre 1824 et la capitulation d’Ayacucho.
  5. L'Academia Lauretana fut la première institution culturelle fondée à Arequipa après l'indépendance du Pérou, et la première laïque. Elle fut un centre culturel de la ville, et depuis elle s'est impulsé la création en 1828 de l'Université, qui naquît sous le nom de Universidad Nacional del Gran Padre San Agustín.
  6. L'Ordre Militaire de Santiago fut un ordre religieux et militaire né en au XIIe siècle dans le royaume de León et doit son nom au patron national de l'Espagne, Santiago el Mayor (Jacques le Majeur), et dont l'objectif était de bouter les musulmans hors de la péninsule Ibérique.
  7. Gregorio I, vénéré comme San Gregorio et dit "Magno" pour ses écrits théologiques importants (590 à Rome – †12 mars 604), fut le soixante quatrième pape de l'église catholique; il fut le premier moine à accéder à la dignité pontificale, et probablement la figure définissant la position médiévale de la papauté comme pouvoir séparé de l'Empire romain.
  8. L'hôpital Goyeneche est une institution hospitalière péruvienne située sur l'Avenue Goyeneche de la ville d'Arequipa. Le Président José Pardo posa la première pierre en 1904 et il fut inaugurée avec solennité en 1912.
  9. Le château de Javier (Xabier gaztelua en basque) est situé sur une colline de la localité de Javier, communauté forale de Navarre (Espagne), à 52 km à l'est de Pampelune/Pamplona, la capitale et à 7 km à l'est de Sangüesa.
  10. La butte de los Ángeles est située dans la municipalité de Getafe, à quelque 10 km au sud de Madrid (Espagne). Sa renommée réside dans le fait qu'elle est considérée comme le centre géographique de la péninsule ibérique. Sur l'esplanade située au sommet de la butte se trouve l'Ermitage de Nuestra Señora de los Ángeles, du XIVe siècle, et le Monument au Sagrado Corazón (Sacré Cœur), construit en 1919 et inauguré par le roi Alfonse XIII, né Alfonso León Fernando María Jaime Isidro Pascual Antonio de Borbón, à Madrid, le 17 mai 1886, décédé à Rome le 28 février 1941.