Juan José d'Autriche

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Juan José d’Autriche

Don Juan José d’Autriche, comte d’Oñate, né en 1629 et décédé le 17 septembre 1679, est un homme politique et général espagnol qui a notamment été gouverneur des Pays-Bas espagnols de 1656 à 1659 et premier ministre de l’Espagne de 1677 à 1679.

Biographie[modifier | modifier le code]

Reconnu comme fils bâtard par Philippe IV d'Espagne, sa mère, María Calderón (ou Calderona) était une actrice dont la vie dissolue avait rendu sa paternité problématique. Cependant, le roi le légitime et lui fait suivre une éducation soignée à Ocaña où il apprend les bases de la vie militaire. Le père jésuite et mathématicien Jean-Charles della Faille est son précepteur.

En 1647, il est envoyé à Naples avec une escadre militaire pour venir en aide au vice-roi Rodriguez Ponce de Léon alors aux prises avec la révolte populaire emmenée par Masaniello. La restauration de l’autorité sera toutefois plus due à l’épuisement des insurgés et à la folie de leur chef français, le duc Henri de Guise qu’à la force militaire.

Il est ensuite envoyé comme vice-roi de Sicile, d’où il est rappelé en 1651 pour terminer la "pacification" de la Catalogne (en révolte contre la Castille depuis 1640, secondée par la France de Richelieu et de Mazarin et par le Portugal) des Bragance. Les excès de l’armée française, appelée à la rescousse par les indépendantistes, ont toutefois passablement refroidi les ardeurs de ceux-ci et don Juan n’arrive guère qu'à temps de diriger le siège final de Barcelone et la signature en octobre 1652 d'une convention qui après douze ans de guerre essayera de mettre fin au soulèvement catalan, qui pourtant ne sera abandonnée par Mazarin contre la cession castillane du Roussillon catalan qu'au Traité des Pyrénées de 1659.

Dans les deux cas, il tient le rôle du défenseur de la paix armée : son air sympathique couplé avec ses manières plaisantes et son physique avantageux (en particulier sa longue chevelure noire, contrastant largement avec le physique blond et palot, ingrat, des princes d'Habsbourg) en font un homme populaire parmi ses compatriotes castillans. En 1656, il est envoyé dans les Flandres, alors en révolte elles aussi contre la couronne de Castille. Lors de la charge de cavalerie sur le camp français de Valenciennes en 1656, il montre un grand courage personnel.

Bien qu’il prenne part au commandement de l’armée lors de la Bataille des Dunes de 1658 contre Turenne et les forces britanniques envoyées par Cromwell, son armée est complètement battue, en dépit des efforts de son allié, le Prince de Condé.

À la suite du Traité des Pyrénées de 1659, lequel libéra les forces castillanes des fronts français, où Olivarès avait cédé le Roussillon à Richelieu en échange de la conquête hypothétique du Portugal, la Castille tourne contre celui-ci l'ensemble de sa force guerrière, en concentrant enfin ses moyens militaires sur la frontière portugaise. Entre 1661 et 1662, don Juan José reçoit le commandement en chef de cette armée occidentale, dont les tercios sont traditionnellement composée aussi par un grand nombre de mercenaires européens payés avec l'or d'Amérique, armée qu'il dirige contre le Portugal depuis l'Extremadure castillane.

Ces troupes multinationales sont frappées de maladie, mal payées et peu fiables, tout comme les portugaises, mais plus nombreuses que leurs opposants, ce qui leur assure à leur tour quelques succès frontaliers qui apparemment auraient pu être mieux exploités. Ce sera pourtant don Juan d'Autriche qui ira diriger la première grande invasion du Portugal, depuis le début de la Guerre d'Acclamation, essayant de la mener jusqu'à Lisbonne : s'il obtient une victoire partielle en 1663 en conquérant une partie du sud du Portugal autour d'Évora, qui tombe pour peu de temps entre ses mains, et qu'il fait réprimer avec cruauté, en revanche il est à nouveau défait lorsque, finalisant la campagne de cette année, les Portugais sont eux aussi renforcés par un contingent de mercenaires français, suisses, anglais et allemands, placés sous le commandement du maréchal allemand Armand-Frédéric de Schomberg, indiqué par Mazarin, qui le bat durement lors de la bataille d'Ameixial, le 8 juin.

Armoiries du Juan José d'Autriche.

Malgré toutes ces défaites, don Juan José d'Autriche garde la confiance de son père jusqu'à ce que la reine Marie-Anne, mère du seul héritier légitime du trône, le futur Charles II, n’intrigue pour le faire tomber en disgrâce et envoyer en exil. À la mort du roi Philippe IV, en 1665, il prend la tête de l’opposition au gouvernement formé par la régente qui fera assassiner l’un de ses serviteurs.

En réaction, le bâtard royal prend la tête d'un soulèvement en Aragon et en Catalogne, qui aboutira à l’expulsion du confesseur et conseiller de la reine régente, le jésuite Johann Eberhard Nithard. Il doit toutefois se contenter de la vice-royauté de l’Aragon. En 1677, la reine s’étant attiré les foudres du gouvernement suite à ses faveurs envers Fernando de Valenzuela, don Juan José parvient à la faire expulser de la cour et à se faire choisir premier ministre. Il ne peut tenir les espoirs mis en lui et en son gouvernement car il décède peu de temps plus tard, en septembre 1679.

En dépit de sa grande popularité en Castille, et de son renom à l'étranger, ni sa vie militaire, ni sa vie politique avaient finalement réussi à arriver à bon port, au havre du succès et du pouvoir stabilisé.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Colin Dunlop, Memoirs of Spain 1621-1700, 1834.
  • (en) Goodman (E.), « Conspicuous in Her Absence : Mariana of Austria, Juan José of Austria, and the Representation of Her Power » dans Queenship and Political Power in Medieval and Early Modern Spain, Earenfight (Th.) (éd.), Ashgate, Aldershot – Burlington, 2005, p. 163-184.
  • González Esenjo (E.), Don Juan José de Austria y las artes (1629-1679), Fundación de Apoyo a la Historia del Arte Hispanico, Madrid, 2005.
  • Ruiz Rodríguez (I.), Don Juan José de Austria en la Monarquía hispánica, Entre la política, el poder y la intriga, Dykinson, Madrid, 2007.
  • Ruiz Rodríguez (I.), Juan José de Austria : un bastardo regio en el gobierno de un imperio, Dykinson, Madrid, 2005.