J-pop

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Jpop)
Aller à : navigation, rechercher

Jpop

Origines stylistiques Dance
Rock
Kayōkyoku
Origines culturelles Drapeau du Japon Japon
Instruments typiques Chant
Guitare électrique
Guitare basse
Boîte à rythmes
Échantillonneur
Synthétiseur
Popularité En vogue au Japon depuis les années 1990

La pop japonaise (souvent appelée J-pop (ジェイポップ, jeipoppu?) est un sous-genre de la musique japonaise.

Le terme de Jpop fut « inventé » par J-Wave, une station de la radio de la bande FM, pour décrire ce qui était jusque-là appelé « New Music »[1]. Le terme est largement utilisé au Japon pour décrire plusieurs genres musicaux incluant de la pop, du rock, de la dance, du rap, et de la soul. Dans la région de Nagoya le terme de Z-pop est utilisé pour décrire des chansons populaires dans la région. J-rock, Visual Kei et J-Rap sont généralement considérés comme des sous-catégories de la JPop: les magasins japonais divisent habituellement leur musique en quatre sections : Jpop, Enka (une forme traditionnelle de ballade), classique, et Anglais/international. Certaines chansons, comme celles de Miyuki Nakajima et Anzenchitai, représentent une fusion entre l'Enka et la Jpop. Cependant le J-rock, le Visual Kei et le J-punk (ja) sont différents de la Jpop[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de la Jpop, peut être suivie en même temps que celle du jazz qui devint populaire durant le début de l'Ère Shōwa. Le Jazz réintroduisit plusieurs instruments de musique, auparavant utilisés seulement pour jouer de la musique classique ou des marches militaires, dans les bars et les clubs. Le jazz ajouta également l'élément de fun à la scène musicale japonaise. Comme résultat, les Ongaku Kissa (音楽喫茶?, lit. bar à musique) devinrent très populaires grâce à ce renouveau musical.

Sous la pression de l'armée impériale durant la Seconde Guerre mondiale, la pratique de musique jazz fut temporairement stoppée. À la fin de la guerre, les soldats américains et le Far East Network - qui occupèrent le Japon à cette époque - introduisirent un certain nombre de nouveaux styles musicaux dans le pays. Le Boogie-woogie, le Mambo, le Blues, et la musique country étaient joués par des musiciens japonais pour les troupes américaines. Des chansons comme le "Tokyo Boogie-Woogie" de Shizuko Kasagi (1948), "Tennessee Waltz" de Chiemi Eri (1951), "Omatsuri Mambo" de Hibari Misora, et "Omoide no Waltz" de Izumi Yukimura devinrent populaires. Des musiciens étrangers et des groupes dont Jazz at the Philharmonic et Louis Armstrong vinrent jouer au Japon. 1952 fut déclarée l'année du Boom du Jazz mais le genre lui-même demandait un haut niveau technique et était difficile à jouer. Comme résultat, plusieurs musiciens japonais amateurs se tournèrent vers la musique country, bien plus facile à apprendre et à jouer. On assista à une prolifération de ce genre musical au Japon.

En 1956 la folie du rock 'n' roll commença grâce à un groupe de musique country connu sous le nom de Kosaka Kazuya and the Wagon Masters et leur reprise de Heartbreak Hotel d'Elvis Presley. Le mouvement rock atteint un sommet en 1959 avec la réalisation d'un film comprenant des performances de plusieurs groupes japonais de musique rock. Cependant, la scission du rock 'n' roll aux États-Unis fut rapidement suivie par celle au Japon. En effet de nombreux groupes japonais étaient très influencés par leurs équivalents américains. Quelques artistes tentèrent de fusionner la musique pop traditionnelle japonaise avec le rock. Parmi ceux qui y parvinrent, Kyu Sakamoto avec la chanson "ue wo muite arukō" (lit. "Regardons en l'air et avançons"), connue ailleurs dans le monde comme "Sukiyaki". D'autres artistes décidèrent de jouer de la musique et de traduire les paroles de chansons populaires américaines, ce qui a fait naître la cover pop. Leur popularité diminua cependant lorsque la radio et la télévision donnèrent à tout un chacun l'occasion d'écouter les artistes à l'origine de ces chansons. Cependant, le concept de karaoké et sa popularité peuvent sans doute être attribués à ce phénomène.

Durant la période allant du début des années 1970 jusqu'au milieu des années 1980, on passa de chansons simples avec une seule guitare en accompagnement à des arrangements musicaux plus complexes connus sous le nom de New Music. En lieu et place de messages à caractère social les chansons se concentrèrent sur des événements ou les sentiments de la vie comme l'amour. Takuro Yoshida et Yosui Inoue sont deux artistes notables de cette New Music.

Dans les années 1980 le terme City Pop fut utilisé pour décrire un type de musique populaire avec un thème citadin principal. Tokyo en particulier inspira de nombreuses chansons de ce genre. Il est difficile de déterminer une limite précise entre la City Pop et la New Music et de nombreuses chansons correspondent aux deux catégories. La Wasei Pop (lit. la pop du Japon) devint rapidement une expression courante pour décrire à la fois la City Pop et la New Music. Au début des années 1990, J-pop devint le terme courant pour décrire la plupart de ces chansons populaires.

La fin des années 1980 avait vu l'émergence de l'un des groupes de rock japonais les plus populaires de tous les temps, Chage and Aska. Duo de chanteurs et compositeurs masculins très populaire formé de Chage (Shuji Shibata) et de Ryo Aska (Shigeaki Miyazaki), ils réalisèrent une série de hits sans précédent durant les années 1980 et 90, et devinrent les artistes les plus célèbres du rock asiatique. Leur tournée "Asian Tour II / Mission Impossible" fut la tournée la plus importante jamais organisée par un groupe japonais - les tickets pour les 61 dates au Japon, Hong Kong, Singapour, et Taïwan furent tous vendus dès le premier jour. Ryo Aska est largement considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands auteur-compositeurs du Japon. Toutefois, avec l'émergence de la dance-pop music japonaise inaugurée par Namie Amuro (avant de se tourner vers le R'n'B) et Tetsuya Komuro durant la fin des années 1990, la popularité de groupes de rock tels que Chage & Aska diminua.

Formé aussi à la fin des années 1980, c'est le groupe dénommé B'z qui constitue aujourd'hui le plus grand groupe japonais, avec plus de 80 millions de disques vendus et maints records (comme le plus grand nombre de disques consécutivement no 1 au classement Oricon). Le meneur du groupe, le guitariste Tak Matsumoto, est d'ailleurs l'unique Asiatique à posséder une signature Les Paul Gibson et a l'empreinte de ses mains sur le Boulevard RockWalk à Los Angeles (ainsi que son partenaire, le chanteur Koshi Inaba). À l'image de nombreux groupes japonais, B'z touche à de nombreux genres. Si l'on peut le définir comme un groupe pop-rock, B'z possède des aspects rock très présent, quand ce n'est pas hard-rock, sans oublier le jazz. En effet, Tak Matsumoto, qui a une carrière solo parallèle instrumentale, a remporté le Grammy Award du Best Pop Instrumental Album en 2011 avec le guitariste américain Larry Carlton, pour un album de jazz instrumental justement.

Le R'n'B devint populaire au Japon vers la fin des années 1990, avec les débuts de Utada Hikaru et son premier single "Automatic/time will tell". Son premier album, "First Love" s'est vendu à environ 7 500 000 d'exemplaires, réalisant la plus grosse vente d'albums de tous les temps, et la meilleure vente pour un premier album. Pendant ce temps, la musique pop était toujours aussi populaire au Japon avec des artistes solo féminins comme Ayumi Hamasaki, Mai Kuraki et Ami Suzuki, et des groupes féminins comme SPEED et Morning Musume.

Depuis le début des années 2000, les influences R'n'B et hip-hop sont plus fortes que jamais. Des groupes que l'on pourrait qualifier de J-Hiphop/rock comme Orange Range et Ketsumeishi sont au top des classements Oricon, avec quelques groupes de pop/rock plus anciens comme Mr. Children, B'z et Southern All Stars. Namie Amuro est aujourd'hui considérée comme une des artistes R'n'B japonaises de référence.

Impact sur la culture populaire[modifier | modifier le code]

La musique Jpop fait partie intégrante de la culture japonaise. Elle est utilisée partout : anime, magasins, publicités, films, émissions radio ou télévisuelles, et jeux vidéo.

Les chansons de J-pop sont souvent jouées à un rythme rapide, et certaines personnes ont du mal à l'apprécier. Dans les anime ou les émissions télévisuelles, et en particulier les drama, les chansons d'ouverture et de fin sont souvent changées plusieurs fois par an. Comme la plupart des programmes ont une chanson d'ouverture et une de fin, il est possible pour un programme d'avoir jusqu'à huit chansons en une seule saison.

Le nombre important de chansons qui sont réalisées implique un renouvellement constant de la Jpop. Plusieurs artistes ne feront qu'un seul album et quelques singles avant de disparaître dans l'anonymat. Il est très difficile de rester sur le devant de la scène, et les artistes qui parviennent à conforter leur popularité sur une décennie sont considérés comme très talentueux. Des groupes comme Dreams Come True, Chage & Aska, B'z, Southern All Stars, The pillows, et TUBE qui ont eu du succès durant plus de 15 ans peuvent être considérés comme des succès phénoménaux.

Les cinq dernières années ont connu l'émergence d'un étrange nouveau phénomène provenant du sud du Japon. Autour de Fukuoka et Ōita, des groupes formés à la fois d'artistes japonais et étrangers ont vu leur popularité progresser subitement. Cette popularité a attiré l'attention de plusieurs grandes compagnies musicales, comme Sony Japan. On peut citer par exemple des groupes Fever, Dr. Funkinstein, Flower, The Routes, Def Tech, F8, et The James Heneghan Acoustic Roadshow.

Sous-genres[modifier | modifier le code]

La Jpop inclut la plupart des musiques produites au Japon, et souvent des genres considérés comme distincts dans d'autres pays.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. (ja) « New Music », Who.ne.jp (consulté le 13 juin 2011) (Translation)
  2. (ja) « CDショップに聞いてみた「どっからどこまでがJ-POP?」 », Excite Japan,‎ 10 novembre 2008 (consulté le 17 septembre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]