Journées mondiales de la jeunesse

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Les JMJistes à Rio de Janeiro en 2013
Les JMJistes à Copacabana, juillet 2013

Les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) sont un événement organisé par l'Église catholique romaine rassemblant des jeunes catholiques du monde entier.

Des « Journées mondiales de la jeunesse »[1] sont célébrées chaque année, dans chaque diocèse du monde, lors du dimanche des Rameaux, avec généralement un rassemblement plus important à Rome. En outre, tous les deux ou trois ans, un grand rassemblement international a lieu, à l'invitation du pape. Chaque édition de l'événement dure plusieurs jours, se déroule dans une ville différente, et s'achève par une messe présidée par le souverain pontife réunissant plusieurs centaines de milliers de participants. Ainsi, en 1995 à Manille, près de 5 millions de fidèles s'étaient rassemblés pour un des plus grands rassemblement de l'histoire.

Le 13 avril 2014, Jean-Paul II en est nommé le saint patron par le pape François[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Elles commencent généralement par une messe d'ouverture présidée par l'évêque local le mardi après-midi, suivie d'un concert. Les matins sont ponctués par de la catéchèse enseignées par différents évêques. Les après-midi sont rythmés par les festivals de la jeunesse (concerts, expositions, pèlerinages, ...). Le pape est accueilli le jeudi après-midi et un chemin de croix est effectué le vendredi, quelquefois sous forme de théâtre (comme cela fut le cas à Toronto et à Sydney). Le samedi, tous les pèlerins du monde marchent pour rejoindre le lieu de rassemblement final, qui comporte une veillée de prière, une nuit à la belle étoile, les laudes et la messe finale, célébrée par le pape.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Les JMJ sont nées à l'instigation du pape Jean-Paul II. Lors de l'année sainte proclamée en 1983-84 sur le thème de la Rédemption, environ 250 000 jeunes venus de nombreux pays participent à un « Jubilé international des jeunes » le jour de la fête des Rameaux[3]. L'année suivante, ayant été proclamée année internationale de la jeunesse par l'ONU, le pape renouvelle son invitation et réunit à nouveau environ 300 000 jeunes à Rome pour la fête des Rameaux. Les journées mondiales de la jeunesse sont alors instituées pour pérenniser le succès de ces premières rencontres.

L'idée des JMJ est à rapprocher des rencontres européennes de Taizé, créées en 1978. L'idée des JMJ présente des similitudes avec les Jamboree, journées mondiales de la jeunesse scoute, créées en 1920.

Évolutions sous le pontificat de Jean Paul II[modifier | modifier le code]

En 1987, c'est la première rencontre internationale hors d'Italie, à Buenos Aires, en Argentine. À partir de l'édition suivante, en 1989 à Saint-Jacques-de-Compostelle, les rencontres incluent trois jours de catéchèse avant la célébration finale.

L'édition 1997 des JMJ a apporté une évolution significative, conservée depuis : la mise en place des journées diocésaines et le festival de la jeunesse. Les jeunes sont appelés à passer une semaine dans les différents diocèses du pays puis à un « festival de la jeunesse » de trois jours juste avant le rassemblement final dans la ville hôtesse des JMJ. L'Église catholique en France avait en effet souhaité que le dynamisme et les rencontres de ce rassemblement ne bénéficient pas seulement à Paris et à l'Île-de-France, mais que tous les diocèses français puissent également participer.

Évolutions sous le pontificat de Benoît XVI[modifier | modifier le code]

Après la disparition de Jean-Paul II, plusieurs commentateurs doutaient que son successeur maintienne ce type de rencontres, dont le format paraissait taillé sur mesure pour le pape défunt. Benoît XVI a pourtant participé aux JMJ de Cologne en 2005, puis établi de nouveaux rendez-vous en 2008, 2011, 2013. Il a introduit ses propres innovations : adoration eucharistique depuis 2005, et, depuis 2011, la confession sacramentelle de quelques jeunes par le pape en personne[4].

Le vaticaniste Sandro Magister analyse ainsi les trois évolutions principales que connaissent les JMJ sous le pontificat de Benoît XVI :

  • l'apparition de temps de silence prolongés et intenses, au contraste accentué avec l'atmosphère générale très festive. Ces temps forts de silence donnent un relief particulier au chemin de croix, à la veillée d'adoration eucharistique commune avec le pape (autre innovation de Benoît XVI) ou à la communion durant la messe de clôture.
  • l'âge moyen très bas des participants (22 ans), dans lequel Magister voit un signe de renouvellement très encourageant pour le recrutement de futurs leaders des communautés catholiques dans le monde.
  • le fait que les participants, loin de s'impliquer dans des combats internes pour faire évoluer l'Église, acceptent que celle-ci se montre exigeante et se tournent résolument vers l'évangélisation du monde[5].

Les éditions successives des JMJ[modifier | modifier le code]

Rassemblements internationaux
Année Dates Pape présent Lieu Assistance Thème Articles détaillés
1984 15 avril Jean-Paul II Cité du Vatican, Vatican Vatican 300 000 Année jubilaire de la rédemption
1985 31 mars Jean-Paul II Cité du Vatican, Vatican Vatican 300 000 Année internationale de la jeunesse
1987 11-12 avril Jean-Paul II Buenos Aires, Drapeau de l’Argentine Argentine 1 000 000 Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru (Jean 4,16) IIIe JMJ
1989 15-20 août Jean-Paul II Saint-Jacques-de-Compostelle, Drapeau de l'Espagne Espagne 500 000 Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie (Jean 14,6) IVe JMJ
1991 10-15 août Jean-Paul II Częstochowa, Drapeau de la Pologne Pologne 1 600 000 Vous avez reçu un esprit de fils (Rm 8,15) VIe JMJ
1993 10-15 août Jean-Paul II Denver, Drapeau des États-Unis États-Unis 500 000 Moi, je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance (Jean 10,10) VIIIe JMJ
1995 10-15 janvier Jean-Paul II Manille, Drapeau des Philippines Philippines 5 000 000 Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie (Jean 20,21) Xe JMJ
1997 19-24 août Jean-Paul II Paris, Drapeau de la France France 1 200 000 Maître, où demeures-tu ? - Venez et voyez (Jean 1,38-39) XIIe JMJ
2000 15-20 août Jean-Paul II Rome, Drapeau de l'Italie Italie 3 000 000 Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous (Jean 1,14) XVe JMJ
2002 23-28 juillet Jean-Paul II Toronto, Drapeau du Canada Canada 800 000 Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde (Matthieu 5,13-14) XVIIe JMJ
2005 16-21 août Benoît XVI Cologne, Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 000 000 Nous sommes venus l'adorer (Matthieu 2,2) XXe JMJ
2008 15-20 juillet Benoît XVI Sydney, Drapeau de l'Australie Australie 500 000 Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins (Actes 1 verset 8) XXIIIe JMJ
2011 16-21 août Benoît XVI Madrid, Drapeau de l'Espagne Espagne 2 000 000 Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi (cf. Colossiens 2:7) XXVIe JMJ
2013 23-28 juillet François Rio de Janeiro, Drapeau du Brésil Brésil 3 700 000 Allez ! De toutes les nations, faites des disciples (Matthieu 28, 19) [6] XXVIIIe JMJ
2016 26-29 juillet François Cracovie, Drapeau de la Pologne Pologne Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. (Matthieu 5:7) [7] XXXIe JMJ
Journées diocésaines
Date Thème Articles détaillés
23 mars 1986 Soyez toujours prêts à justifier l'amour qui est en vous (1P 3,15)
27 mars 1988 Tout ce qu'il vous dira, faites-le (Jn 2,5)
8 avril 1990 Je suis la vigne et vous êtes les sarments (Jn 15,5)
12 avril 1992 Allez dans le monde entier et proclamez l'Évangile (Mc 16,15)
22 mars 1994 Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie (Jn 20,21)
31 mars 1996 Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle (Jn 6,68)
5 avril 1998 L'esprit vous enseignera toute chose (Jn 14,26)
28 mars 1999 Le Père vous aime (Jn 16,27)
8 avril 2001 Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive (Lc 9, 23)
12 avril 2003 Voici ta Mère ! (Jn 19, 27)
4 avril 2004 Nous voulons voir Jésus (Jn 12, 21)
6 avril 2006 Une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route (Psaume 119,105) XXIe JMJ
31 mars 2007 Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jean, 15,12)
5 avril 2009 Nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant (1Tm 4,10) XXIVe JMJ
28 mars 2010 Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? (Mc 10, 17-30)
1er avril 2012 Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur (Philippiens 4,4)
13 avril 2014 Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux (Mt 5,3)

Analyses et critiques[modifier | modifier le code]

Un évangélisme catholique ?[modifier | modifier le code]

Le vaticaniste John Allen considère que les JMJ marquent la montée en puissance d'un courant qu'il qualifie (avec d'autres observateurs) d'évangélisme catholique. Ce courant s'est formé au contact du vaste mouvement de sécularisation de l'Occident, qui voit le christianisme passer du statut de culture commune à celui de culture minoritaire.

Allen indique qu'un des points marquants et visibles de ce nouveau courant sont la défense de l'identité et des enseignements catholiques traditionnels  : orthodoxie doctrinale, remise à l'honneur de la liturgie et des dévotions catholiques. Pour autant, il ne s'agit selon lui ni de traditionalisme ni de conservatisme. L'évangélisme catholique accepte en effet la sécularisation comme un défi bienvenu qui oblige à quitter le modèle d'une religion simple héritage culturel pour celui d'une religion choisie, ce choix devant être défendu et manifesté. Dès lors, les catholiques sont soucieux de se montrer missionnaires, agents de transformation de la culture ambiante à la lumière des principes évangéliques, plutôt que de s'impliquer dans les controverses au sein de leur propre Église.

Livrant sa propre analyse sociologique de l'assistance aux JMJ, Allen considère que les jeunes qui relèvent de l'évangélisme catholique y occupent une position centrale et y jouent un rôle moteur, qu'il considère comme spontané, soutenu beaucoup plus que suscité par la hiérarchie. L'objectif pastoral de ces rencontres lui semble être d'attirer quelques jeunes initialement plus tièdes dans le cercle des enthousiastes[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]